PROFIL- MP PROFIL- MP PROFIL- MP •• Il semblerait qu'une chèvre ou bien un bouc, personne ne sait vraiment de quoi il s'agit, se balade dans les couloirs du château. Parfois même, des élèves affirment entendre le rire mesquin de cette maudite bestiole sans jamais pouvoir mettre la main dessus. Le directeur affirme pourtant qu'aucune chèvre ou bouc ne se balade dans les couloirs. Affaire à suivre.

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 Une place pour moi [Fini]

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Poufsouffle • Cinquième année
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Poufsouffle • Cinquième année
MessageSujet: Une place pour moi [Fini]   Mar 24 Jan - 23:02

On ne le répétera jamais assez, se repérer à Poudlard, ce n’était pas si simple. Les personnages des tableaux se rendaient visite, les armures se déplaçaient sans cesse, tout comme les escaliers, et il fallait parfois passer derrière des tapisseries ou d’autres passages étranges pour arriver exactement là où l’on voulait. Pour Val, évidemment, la tâche était encore plus ardue. Pendant sa première année, il arrivait en retard à au moins trois cours sur quatre, maintenant, c’était peut-être à un sur cinq, comme quoi il y avait du mieux. À défaut de voir, le jeune homme avait appris à écouter, à sentir même, chaque couloir avait son propre son, la pierre résonnait différemment d’un étage à l’autre, les sous-sols étaient plus frais et humide, près de salle commune des Poufsouffle, on sentait les odeurs de cuisine. C’était une autre façon de voir, un autre univers, le sien.

Heureusement, ce soir-là rien ne pressait, le dernier cours de la journée venait de se terminer, Val était sorti en dernier, ce qui lui évitait d’être bousculé par des élèves plus rapides que lui, et il partait maintenant vers la bibliothèque. C’était une habitude qu’il avait prise depuis longtemps, commencer ses devoirs le plus tôt possible, dans une atmosphère calme et feutrée, lui évitait d’être rapidement débordés. Il ne savait vraiment pas comment faisaient ceux qui s’y prenaient au dernier moment pour se mettre au travail, pour lui c’était simplement impossible, jamais il ne s’en sortirait.

Il y avait un peu de monde venu travailler comme lui à la bibliothèque, Val contourna les tables déjà pleines et se chercha un coin un peu à l’écart où il pourrait s’étaler à son aise. C’est entre le rayon de magizoologie et celui d’histoire de la magie qu’il reconnut une silhouette familière, installé seul à une table. Il se rapprocha quand même pour être sûr de ne pas se tromper de personne, et finit par sourire largement.

« Bonsoir Octans ! Comment vas-tu ? »

Visiblement ravi, il vint s’asseoir à côté de lui et sorti quelques affaires de son cartable pour les étaler sur la table, des livres en braille, un rouleau de parchemin vierge, une plume, de l’encre et sa loupe. Ce faisant, il continuait à parler.

« Je ne sais pas pour toi, mais Mr Velasco nous a encore donné un devoir interminable, je me demande ce qu’il peut avoir en ce moment. J’espère que j’arriverais à le terminer avant la fin de la semaine, je ne voudrais pas passer encore un dimanche soir à disserter sur la vie secrète des strangulots. »

Il passa les doigts sur ses livres pour trouver celui de défense contre les forces du Mal, et rangea les autres dans son sac. Val allait ouvrir son manuel, mais soupira simplement en se chatouillant la joue du bout de sa plume. Il n’était vraiment pas motivé, la seule chose qui le poussait à avancer était de se dire que s’il laissait les choses traîner, ce serait pire.

Son regard à moitié aveugle dériva sur Octans, même aussi proche, les traits de son visage ne lui apparaissaient pas nettement. Difficile d’évaluer son expression du coup. Il se demandait parfois s’il le dérangeait, à venir s’asseoir avec lui dès qu’il le voyait. Si tel était le cas, il ne l’avait encore jamais montré, ou bien Val n’avait jamais compris. Pour entamer un peu le dialogue, et retarder le moment de se pencher sur son devoir, il baissa son regard vers le livre que lisait son camarade en penchant la tête sur le côté et plissant les yeux, mais il n’arriva pas à en lire le titre.


Dernière édition par Val Tourtebuse le Sam 28 Jan - 20:19, édité 1 fois
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Serpentard • Sixième année
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Serpentard • Sixième année
MessageSujet: Re: Une place pour moi [Fini]   Mer 25 Jan - 12:00

Les Contes de Beedle le Barde. Un ouvrage que tout enfant de sorcier a un jour lu dans sa vie paraît-il. C'est du moins ce que le vendeur m'a sorti le jour où je m'en suis détourné au profit d'autres livres plus complexes, moins enfantins, pour me faire revenir sur ma décision. Et ça a fonctionné. Je l'ai attrapé, comme si je refusais qu'il sache que j'ai été élevé par des moldus, que je ne suis pas comme eux. Alors nous sommes repartis ensemble. Moi, buté, le nez plongé vers les pavés, et le bouquin serrée dans mes doigts crispés. Je l'ai posé, et l'ai oublié dans son coin pendant longtemps. Des jours transformés en semaines, en mois, mais au retour des vacances de Noël je l'ai trouvé dans ma valise. Caché entre mes vêtements, sans souvenir aucun de l'avoir glissé là. J'ai soupçonné mon père, il n'a pas avoué. Alors aujourd'hui j'ai décidé de lui offrir sa chance, allant m'installer à la bibliothèque, seul à une table comme souvent, et j'ai découvert "Le sorcier et la marmite sauteuse", "Babbitty Lapina et la souche qui gloussait" et d'autres encore. J'aurais pu ne pas m'en extirper jusqu'à la fin. Fatiguer mes yeux sur les mots, rester plongé corps et âme dans les lignes. Continuer d'ignorer le monde constamment en mouvement autour de moi et la course du temps qui se poursuit elle aussi, inlassablement, toujours plus rapidement.

Mais on vient se poser près de moi. Devant moi. Il me faut quelques secondes pour m'arracher à l'histoire, mes paupières fatiguées papillonnent, les cils battent gracieusement. Puis les prunelles rencontrent les siennes, bleues, belles, mes lèvres s'étirent en un léger sourire. Val. Val et son enthousiasme, ses bavardages incessants qui me sortent un peu de mon morne quotidien. Val au visage enfantin, à la joie évidente, qui ne me demande jamais rien d'autre que de l'écouter. Je souris de plus belle. Entrouvre les lèvres pour répondre à sa question, mais déjà il a continué à parler, m'évitant la peine de m'exprimer, alors que je n'en ai pas l'habitude. La dernière fois que je l'ai fait, je me suis planté en tout point et j'ai senti la honte me brûler la poitrine alors que l'autre serpentard me remettait froidement à ma place. Pourtant c'est Val. Un Poufsouffle, mais pourtant pas un ennemi. Un garçon que j'apprécie, je crois. Pas tout à fait un ami, du moins je ne crois pas. Mais qu'est-ce que c'est réellement un ami ? Je secoue légèrement la tête, me lève pour aller m'installer à côté de lui. Je ne lui ai jamais posé de questions sur ses yeux et sa vision, mais s'il y a une chose que j'ai rapidement compris, c'est bien qu'il n'y voit presque rien et qu'être à une si grande distance doit lui être difficile.

"Ce sont Les Contes de Beedle le Barde. Tu les as lu ?" Presque instinctivement mes doigts attrapent les siens, jouent avec. "Si tu veux de l'aide pour ton devoir, n'hésite pas."

Même si les êtres de l'eau ne m'inspirent pas confiance. Et que les eaux du lac noir me semblent bien trop dangereuses. Mais des devoirs on en a fait. Des cours sur les créatures aussi. Je serre sa main dans la mienne, la porte à mes doigts et pose un baiser dessus. Et je les ignore, les regards outrés qui convergent dans notre direction à cette simple marque de tendresse, la moquerie ou le dégoût peint sur leurs visages. Qu'est-ce qui leur passe par la tête en cet instant ? Je n'en sais rien et je décide de ne pas m'en occuper, vient échouer tranquillement ma tête sur son épaule dans un soupir de bien être en jetant un coup d'œil aux livres posés devant lui. En braille, comme toujours.

"Sinon pour répondre à ta première question, je vais bien. Et toi ? Comment s'est passée ta journée ?"

Des banalités qui n'en sont pas vraiment puisque je ne les échange jamais avec personne. Mais lui il est particulier. Contrairement aux autres il est venu vers moi et m'a adressé la parole. Sans jamais rien me demander en retour. Val n'est pas comme les autres. Définitivement. Et ce n'est pas pour me déplaire.
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Poufsouffle • Cinquième année
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Poufsouffle • Cinquième année
MessageSujet: Re: Une place pour moi [Fini]   Mer 25 Jan - 14:21

Quand on avait grandi dans une famille 100 % sorcière, c’était facile d’oublier qu’il existait un tout autre monde, où les balais ne nettoyait pas les saletés d’eux-mêmes, où les horloges se contentaient de montrer l’heure et où la dinde farcie n’apparaissait pas toute seule dans les assiettes. Quel monde étrange ça devait être, celui des moldus ! Octans en avait fait partie, son père en était un d’après ce qu’il savait, mais Val avait tendance à l’oublier. C’était dans les détails que cela lui revenait, les choses que l’un connaissait bien, qui lui semblait naturelles, mais qui ne l’était pas du tout pour l’autre. Les contes de Beedle le barde, Val en connaissaient pleins, sa mère les lui racontait quand il était petit, il avait même appris à lire avec eux, comme d’autres avec les fables de la Fontaine. Alors voir quelqu’un de son âge lui poser la question le fit sourire.

« Bien sûr, je les ai lus et relus, ils sont très célèbres, tu sais… »

Val fut surpris de sentir des doigts s’entrelacer avec les siens, il n’avait pas vu venir ce geste d’affection. Octans lui proposa son aide pour le devoir, il le faisait souvent, mais le Poufsouffle attendait toujours d’être vraiment bloqué pour demander de l’aide. Ce n’était pas par fierté, mais Val avait besoin de se prouver qu’il pouvait se débrouiller seul, et il ne voulait pas paraître pour un poids aux yeux des gens qui comptaient pour lui.

Il allait répondre quelque chose quand Octans lui fit un baisemain. Un baisemain de gentleman. Les yeux de Val s’arrondirent encore plus qu’à l’accoutumé, il n’était pas sûr de comprendre, mais un frisson lui parcourut la colonne vertébrale, le faisant tressaillir. Son cœur accéléra, son camarade avait-il la moindre idée de ce que ce genre de gestes pouvaient représenter pour lui ? Val avait toujours préféré les hommes, il s’en était rendu compte bien avant le début de son adolescence, mais il avait gardé ça secret. C’était mal, c’était sale, non ? En tout cas c’était dangereux, toute sa vie pourrait être brisé si quelqu’un apprenait la vérité. Le jeune homme jeta un coup d’œil alentour, la bibliothèque était sombre, les robes noires des élèves se détachaient tout juste des meubles gris foncés. Quelques taches claires indiquaient les visages. Est-ce qu’on les regardait ? Impossible à dire. Est-ce que c’était vraiment ce qui comptait en cet instant ?

Val vit le Serpentard se pencher pour poser sa tête sur son épaule, et fut persuadé que dans cette position il pouvait entendre son cœur battre. Il resta immobile, tendu, alors que son camarade reprenait la parole. Il ne se serait pas attendu à des questions aussi simples vu leur position, peut-être que cela n’avait rien de spécial pour lui, peut-être que les moldus étaient comme ça. Il se détendit peu à peu, ce n’était pas désagréable de recevoir un peu de tendresse. Sa joue finit par tomber avec légèreté sur les cheveux d’Octans, et ses doigts par s’entremêler un peu plus dans les siens. Il mit du temps à réaliser qu’il était resté silencieux depuis un bon moment.

« Je… Ça va très bien. Il ne s’est rien passé de spécial aujourd'hui, même en potion je ne m’en suis pas trop mal sorti. En tout cas, mon chaudron n’a pas fondu cette fois »

Il eut un rire léger, avant de soupirer en pensant à la suite, faisant se soulever quelques mèches des cheveux d’Octans.

« En cours de vol, je suis resté au sol, évidemment. C’est dommage, mais bon, j’ai étudié à la place. »

Val était du genre à voir toujours le bon côté des choses, mais il paraissait quand même un peu triste de ne pas pouvoir voler. Les sensations devaient être fantastiques, en tout cas c’était ce qu’il imaginait. Il continua à raconter quelques anecdotes sur ses cours, les élèves et les profs, et de sa main libre se mit à caresser les cheveux d’Octans. Ils étaient doux, et Val se sentait étrangement apaisé maintenant la surprise passé. Il aurait pu rester comme ça des heures, et avait complètement oublié son devoir.
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Serpentard • Sixième année
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Serpentard • Sixième année
MessageSujet: Re: Une place pour moi [Fini]   Mer 25 Jan - 16:36

Mon sourcil se hausse en voyant les yeux bleus chercher les autres élèves et son visage s'affoler, suivi par un sourire doux, peut-être un peu narquois, qu'il ne verra pas vu son éphémérité. Il s'efface au bout d'une seconde, attendri à nouveau en sentant la joue venir se déposer contre mes cheveux. C'est doux. Plaisant. Et je me laisse faire, tranquille, mes paupières à demi abaissées alors que mes doigts serrent avec force le livre qu'ils tenaient avec beaucoup plus de douceur auparavant. Il y a ce cœur qui bat fort au fond de mon torse alors que je pourrais avoir ce geste pour n'importe qui. Et mes joues qui finissent par rougir légèrement. Je passe ma langue contre mes lèvres, caressant distraitement le dos de sa main du bout de mon pouce tandis que le silence dure. Mais ça n'a rien de désagréable. C'est comme une pause dans le temps. Le monde qui se stoppe pour une ou deux minutes, alors qu'en fait il n'y a que nous deux qui sommes immobiles. Comme deux statues. Mais lorsqu'il reprend la parole, ce n'est pas pour parler de cette position dans laquelle nous sommes, non, bien au contraire. C'est pour répondre à ma question. Pour me donner des réponses, qui me brisent lorsque j'entends comment se passent des cours qui auraient dû être merveilleux tant qu'on n'a pas le vertige. La colère vient empourprer mon visage. Je ramène nos doigts liés contre mon torse, les serrant avec plus de force encore.

"Val. Je vais t'emmener dehors et tu vas me suivre sans poser de questions. Après tu reviendra ici pour faire ton devoir."

Pas question de le laisser ainsi. Qu'il ne sente jamais le vent fouetter son visage, les soubresauts du balais. Impossible, non, qu'il n'ai pas le droit de goûter à ça lui aussi alors que tout le monde dans les couloirs en parlent. Que les premières années s'extasient devant les matchs de Quidditch et s'entraînent dur pour pouvoir intégrer nos rangs l'année suivante. Il entend tout ça. Chaque exploit. Chaque victoire. Mais il ne peut ni les voir, ni les ressentir. Non, ce n'est pas juste. J'attrape ses livres et les plaque contre mon torse, gardant sa main dans la mienne alors que je me lève. Je le tire à travers les couloirs. Sans prendre garde à ses plaintes s'il en a, me calant sur un rythme qui lui permettra de me suivre malgré tout. Et l'injustice de sa situation continue de me tourner dans la tête. Moi je sais ce que c'est, de foncer dans les airs. Lui il n'en a que la fade idée, mais n'a jamais pu la toucher du doigt. Je grogne. Accélère légèrement le pas en tentant d'évaluer cette colère caractéristique qui me donne la hargne lors des matchs. Qui me pousse à être celui que je suis là haut. Un salopard. Sa main est lâchée une fois dehors et ma baguette tournoie pour appeler le balais. Un accio qui ne laisse que peu de doute sur mes intentions.

"N'essaye pas de protester Val, c'est hors de question que je ne te laisse tranquille sans que tu n'aies jamais posé ton derrière sur un balais."

L'objet arrive finalement. Avec lui le symbole de sa délivrance. Je le glisse entre ses jambes, grimpe devant lui, l'oblige encore à quelque chose en faisant passer ses bras autour de ma taille. Les miens libérés des livres que j'ai laissé préalablement aux bons soins de la bibliothécaire. Et on s'envole. D'abord doucement, et un rire passe ma bouche alors que je tourne autour du château. C'est bon de voler. D'être en haut, alors que le quotidien m'oblige à rester cloué au sol. Je ris comme un gamin que l'on emmène au manège, que l'on amuse. Avec l'innocence que je n'ai jamais eu parce que la constante confrontation avec la mort brise quelque chose en nous, même dans le plus cruel des hommes. C'est parfois un simple petit morceau. Quelque chose dont on ne se rend pas compte mais qui ressort toujours au mauvais moment.

"Ça te plais j'espère ?"

Je crie un peu pour qu'il m'entende, accélère un peu brutalement alors que mes réflexes reprennent le dessus.
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Poufsouffle • Cinquième année
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Poufsouffle • Cinquième année
MessageSujet: Re: Une place pour moi [Fini]   Mer 25 Jan - 18:32

« Comment ? »

Octans était comme ça, en un claquement de doigts il pouvait passer d’un calme paisible à une vivacité pétrie de détermination. Val l’avait déjà remarqué, il avait déjà été désarçonné par ses réactions, et il l’était encore aujourd’hui. Ils n’avaient juste pas le même rythme, les humeurs du Poufsouffle évoluaient lentement, il lui fallait du temps pour se mettre en colère et au moins autant pour se calmer, il avançait dans la vie à un rythme lent et précautionneux. Alors il ne comprit pas tout de suite quand son camarade s’empara soudainement de ses livres et l’entraîna dans les couloirs. Qu’est-ce qui avait bien pu briser leur tranquillité à ce point ?

Le Serpentard avançait vite, sans doute pas autant que s’il avait été seul, mais à un rythme inhabituel pour Val. Ce dernier calquait ses pas dans les siens, surtout pour éviter les marches traîtresses et les pierre glissantes qu’on rencontrait parfois. C’est en chemin qu’il comprit, c’était l’histoire du cours de vol qui avait dû le faire réagir. Val n’en avait jamais vraiment parlé à qui que ce soit, parce que les gens étaient tous tellement enthousiaste quand il s’agissait de Quidditch ou de vol, il ne voulait pas leur gâcher ça.

« Ce n’est pas… ce n’est pas si important. Je ne peux pas, c’est tout, on y peut rien. »

Les matchs auxquels il avait assistés lui revinrent en mémoire, il y allait, bien sûr, tout le monde y allait, mais il ne voyait rien, et se fiait aux commentaires pour imaginer ce qu’il se passait. Ce n’était pas des moments joyeux pour lui, c’était de ces moments où l’on sent un fossé nous séparer des autres, l’orée d’un monde d’où l’on est définitivement exclu. C’était des moments de solitude. Val comprenait que pour un joueur de Quidditch, ce devait être incompréhensible de se dire que quelqu’un comme lui ne pouvait pas voler, mais que pouvait-il y faire. Ses parents avaient tout fais pour soigner ses yeux, ils s’étaient déplacé en Angleterre pour se rapprocher des plus grands médicomages, mais il n’y avait rien à faire. Quand Octans lui lâcha la main en lui disant de ne pas protester, le jeune homme s’insurgea davantage, la voix légèrement hystérique.

« C’est impossible, je vais m’écraser au sol dans le meilleur des cas ! Tu ne te rends pas compte, je suis pratiquement aveugle Octans. Je… j’adorerais, mais il y a des choses que je ne pourrais jamais faire, c’est comme ça ! »

Peine perdu, c’était bien tenté, mais Val se retrouva avec un balai entre les jambes et une mine déconfite. Puis Octans monta à son tour. Alors c’était ça son idée ? Ils pouvaient vraiment tenir à deux là-dessus ? Il n’avait jamais vu ça. Bon, il y avait beaucoup de chose qu’il n’avait jamais vu, mais même.

« Est-ce que tu m’écoutes quand je te paaaaaaahh… »

Et ils s’envolèrent, Val s’agrippa aux hanches d’Octans et plaqua sa tête entre ses épaules, les yeux fermés. Il sentait le vent glacé lui mordre les oreilles et le bout des doigts, et sa cape claquer dans son dos. Ils s’envolaient, vraiment ? Le rire de son camarade lui fit ouvrir les yeux. Le soleil caché par les nuages n’était pas trop éblouissant, les tours du château se détachait du ciel gris comme des fantômes dans le brouillard, et le sol était si loin qu’il aurait pu ne pas exister du tout. Tout était complètement différent d’ici. Ils virèrent de bord, les sensations étaient… fantastiques, vertigineuses, il ne trouvait pas les mots pour ça. Il comprenait enfin pourquoi le vol sur balais ne laissait personne indifférent. Il poussa un cri, pas un cri apeuré, mais le cri de quelqu’un qui se sent libre comme jamais auparavant.

« C’est fabuleux ! »

Quand ils retouchèrent le sol, Val sautilla comme un enfant en tapant dans ses mains gelées.

« À mon tour ! À mon tour ! Je veux essayer, une minute ou deux, c’est tout ! »

Là aussi, il ne laissa pas le choix à son camarade, enfourcha le balai à son tour en laissant Octans monter à l’arrière, et il tapa le sol du pied avec conviction pour s’envoler à nouveau. Val allait lentement, en restant relativement près du sol, il alla tout juste taquiner la cime des arbres à l’orée de la forêt interdite avant de revenir se poser gentiment devant l’entrée. Mais il riait comme jamais il n’avait ri avant. Son sourire ne le quitta pas une fois les deux pieds au sol.

« C’était… waouh ! Je n’aurais jamais pu imaginer cela. Merci, sincèrement, d’avoir partagé ce moment avec moi. »

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Serpentard • Sixième année
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Serpentard • Sixième année
MessageSujet: Re: Une place pour moi [Fini]   Mer 25 Jan - 21:57

Il aurait pu s'insurger. Me frapper. Me lancer un sort avant que je ne l'oblige à se hisser sur le balais. Il aurait également pu pleurer ou me hurler dessus, perdre la raison face à la peur qui vient tous nous habiter lorsque nous sommes confronté à l'inconnu. Mais non. Il s'est accroché à moi de toutes ses forces lorsqu'on a décollé, et il a profité dans le plus grand des silences. Puis enfin le cri. Celui que j'attendais. Teinté de bonheur et d'ivresse, resplendissant de liberté. Ses mots m'arrachent un frisson. Me font prendre conscience du plaisir que je prends à lui faire découvrir les sensations que j'aime tant, et je souris de plus belle, bien incapable de cesser, alors que nous plongeons vers le sol. Je m'arrête doucement pour ne pas qu'il tombe. Pose un pied à terre, le laisse descendre. Mais si je l'ai senti apprécier notre balade, je ne pensais pas qu'il allait désirer à son tour essayer. Bah, pourquoi pas. Et puis je serais là pour le guider en cas de besoin, non ? Je m'installe derrière lui, enroule fermement mes bras autour de sa taille en me collant au maximum à lui. Mon menton sur son épaule, pour observer, vérifier que tout se passe bien et intervenir en cas de besoin. Son pied vient frapper le sol et nous nous envolons à nouveau, affolant mon cœur et ma respiration, augmentant le nombre de frémissements qui me parcourent. Voler... J'ai toujours plus qu'adoré ça. Et devenir oiseau une fois la potion avalée était un soulagement pour moi.

Je cesse de réfléchir à tout ça à l'instant même où son rire éclate et mes bras le serrent plus fort alors que mon rythme cardiaque augmente encore contre son dos. Nous volons et ce n'est pas moi qui mène. Je me contente de me laisser bercer par la mélodie de ses rires et la chaleur de son corps, d'apprécier ce moment en sachant qu'il se terminera trop vite. Plus que quelques minutes. Quelques secondes. Et nous voilà déjà au sol. Mon sourire ne s'efface pas de mon visage alors que je le fixe, balais en main, incapable de faire autre chose que de le regarder. Il rit. Grâce à moi. Comment je me sens en voyant ça ? Transporté. Ému. Heureux. Ma main se lève sans que je ne la commande et le bout de mes doigts se posent maladroitement sur sa joue. L'esquisse d'une caresse qui se veut maladroite, avant que le bras ne retombe bêtement contre la hanche, s'échouant avec lassitude. Retourner à la bibliothèque et travailler me semble impossible désormais. Mais parce que nous n'avons pas le choix, je reprends sa main doucement et le tire vers moi, un sourire triste posé sur ma bouche. Je ne veux pas croire que nous allons simplement retourner nous installer à une table. Etudier pour lui, moi continuer mes contes. Reprendre le cours de notre vie, juste ainsi. Pourquoi certains moments semblent merveilleux pour disparaître la seconde d'après ? Ne peuvent-il pas durer ? Juste un peu plus ? Je souffle doucement.

"Je te ramène à la bibliothèque. Mais on recommencera. D'accord ?"

C'était bien. Plus que bien. Je devrais le lui dire, non ? Lui avouer que j'ai aimé qu'il nous guide dans le ciel, adoré lui faire confiance. Le conduire puis le suivre dans cette aventure. Mais je n'y arrive pas, il n'y a rien qui passe ma bouche. Pas de mots assez forts, je crois. Alors je me contente de serrer à nouveau sa main, et de reprendre le chemin que nous avons déjà parcouru peu de temps auparavant, dans le sens inverse. Je prends le temps cette fois-ci. Comme dans les complaintes amoureuses, observe ce qui nous entoure sans prononcer le moindre mot, traversant les couloirs distraitement, sans me presser. Murmures peu discrets d'un groupe d'élèves. Rires et moqueries. Pure indifférence de ma part. Il est encore une fois le seul à importer. Au détour d'un couloir vide, je tourne finalement la tête vers lui, fronce les sourcils.

"Tu ne m'as jamais dit ton âge." Moi non plus. Juste une année jetée là comme une information précieuse. "Ni ton prénom complet. Val, ça ne court pas les rues n'est-ce pas ?" Mais Octans non plus. "Ça fait longtemps que tu les as lu ? Les contes de Beedle le Barde. A vrai dire si tu ne les avais jamais lu, je t'en aurais fait la lecture un jour ou l'autre."

Parce que c'est apaisant.
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Poufsouffle • Cinquième année
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Poufsouffle • Cinquième année
MessageSujet: Re: Une place pour moi [Fini]   Jeu 26 Jan - 17:48

Val s’était rarement senti aussi bien, il n’avait pas envie d’abandonner tout de suite les sensations merveilleuses que lui avait procurées ce premier vol. Il aurait pu en reparler des heures sans se lasser, visualiser dans sa tête les tours et détours qu’ils venaient de réaliser sur les toits de l’école. Et il suffirait qu’il s’emballe à peine un peu plus pour aller déposer sa candidature au poste d’attrapeur chez les Poufsouffle. Bon, peut-être pas, mais voler à nouveau un jour, ça lui semblait impératif maintenant qu’il y avait goûté. Il regarda Octans avec des étoiles pleins les yeux quand il posa sa main tiède sur sa joue. Est-ce qu’il ressentait la même chose que lui en cet instant ? Lui aussi souriait et malgré leur silence, il sentit qu’il était ému. Mais il fallait repartir, déjà. Même si les strangulots étaient le dernier de ses soucis en ce moment-même, Val serra la main de son camarade pour repartir à la bibliothèque.

« Oui, c’est sûr. Je ne te laisse pas le choix. »

Et il sourit de plus belle. La chaleur du grand hall le surprit, avec toutes ces émotions il en avait oublié le froid. On était pourtant encore en plein hiver, et ses oreilles gelées se mirent à chauffer. Les murmures et les rires d’une bande d’élèves lui firent tourner la tête. Les silhouettes qui entrevoyaient n’avaient pas beaucoup de sens pour lui, mais il se rapprocha un peu plus du Serpentard. C’était quoi, leur problème ? Val trouvait bien plus confortable d’être guidé comme ça, cette main dans la sienne avait quelque chose de réconfortant, et en suivant les pas d’Octans il évitait les pièges sur le trajet. Il n’y avait pas de mal à ça.

Là encore, leur silence ne le gênait pas, il était apaisant, et lui permettait de ne pas passer tout de suite à autre chose. Au détour d’un couloir, cependant, Octans posa des questions qui firent immédiatement réfléchir Val. Il ralentit. Depuis combien de temps se connaissaient-ils ? Il n’aurait su le dire avec exactitude, mais ils se voyaient régulièrement depuis longtemps maintenant. Val lui avait beaucoup parlé, de ses cours, de ses problèmes, ou de son humeur du moment. Et depuis tout ce temps il n’avait pas pris la peine de lui donner ne serait-ce que son nom ou son âge. C’était une faute, il s’en voulut d’avoir était si négligent. Il avait gardé pour lui tout ce qu’il était profondément, comme si son camarade, qui l’écoutait pourtant sans sourciller, n’avait pas le droit de savoir. Il s’arrêta sans lâcher sa main.

« Il y a beaucoup de choses qui n’ont jamais été dites entre nous. Je suis désolé, je ne m’en suis même pas rendu compte. »

L’air contrit, il chercha par où commencer, peut-être par son nom, ça semblait le plus logique.

« Valérian, mon nom c’est Valérian Uther Tourtebuse. C’est plutôt étrange, même pour un sorcier, et même en France. Ici, personne ne sait prononcer mon prénom alors je l’ai simplifié, et puis je m’y suis habitué. J’ai dix-sept ans, ça, j’avoue éviter de le dire pour ne pas montrer que j’ai redoublé. »

L’idée qu’Octans puisse lui lire des contes le fit rire, il l’imaginait prenant la voix d’un grand méchant ou d’une vieille sorcière comme quand on parle à un enfant.

« Ça fait très longtemps que je ne les ai pas lus, je devais avoir sept ou huit ans. Je les ai un peu oubliés pour tout t’avouer. Mais je me souviens du conte des trois frères, c’était mon préféré. Je rêvais d’avoir une cape d’invisibilité quand j’étais petit, je faisais même semblant d’en avoir une en prenant un drap. J’étais un peu bête. »

Il se remit à marcher, le front plissé, l’air en pleine réflexions. Il lâcha soudainement.

« J’adore les framboises, c’est mon fruit préféré. Par contre je supporte pas la sauce tomate, même l’odeur me donne envie de vomir. Hum... J’ai peur dans le noir complet, ça me donne l’impression d’avoir perdu la vue pour de bon. J’ai toujours aimé nager, mais ici le lac n’est pas très rassurant. En fait j’aime la nature en général, les animaux, les plantes, marcher dehors, grimper aux arbres. Encore aujourd’hui je pourrais m’amuser à faire des cabanes dans les bois. Oh, il y a tant de choses que je devrais te dire. Tu sais que je te considère comme un très bon ami, Octans ? Ce que tu m’as fait vivre aujourd’hui, je n’aurais jamais osé en rêver... »

Val en avait presque les larmes aux yeux, il s’en voulait de ne pas s’être ouvert plus tôt, il avait envie de s’excuser encore mais ne trouver pas les mots. Il ne trouvait pas non plus comment rattraper tout ce temps perdu.
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Serpentard • Sixième année
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Serpentard • Sixième année
MessageSujet: Re: Une place pour moi [Fini]   Jeu 26 Jan - 19:46

Voir naître sur son visage la flamme de la honte et celle du chagrin n'était pas ce que j'avais espéré en lui disant ça. C'était juste une tentative pour en apprendre un peu plus. Des demandes afin de montrer que non, je ne suis pas totalement désintéressé ni hors du monde, mais aussi qu'il m'est important malgré mes façons maladroites de le lui prouver. Quelques gestes et tentatives. Une joue effleurée, des doigts serrés, et des sourires jetés ci et là, doux ou déterminés, ou encore simplement étincelants. C'est ma manière à moi. Mon moyen d'expression. Celui que certaines personnes peinent à comprendre simplement parce que le commun des mortels aime à utiliser des mots. Je soupire et serre d'avantage les doigts chauds, par rapport au bout des miens qui se borne à rester glacé dans la plupart des situations. Et bien que la paume réussisse à garder une température tout à fait normale, ce n'est jamais le cas des extrémités. C'est une marque de soutien, de les serrer ainsi. De lui dire que je ne lui en veux pas, également. Peut-être également pour qu'il comprenne que s'il ne veut pas parler, je ne l'oblige pas. Chacun à des choses qu'il ne souhaite pas partager. Des secrets, plus ou moins importants. J'en ai moi aussi. Comme tous les autres. Mais les donner à quelqu'un ne me semble cependant pas insurmontable, car il n'y en a que peu qui valent réellement le coup. Qui sont vraiment importants.

"Valérian..."

Le prénom est prononcé distinctement pour ne pas l'écorcher, les lèvres sont précautionneuses. La difficulté du r passée, le prénom se termine sur une touche harmonieuse, qui résonne de façon plutôt agréable aux oreilles. Et puis son âge me frappe, et je prends conscience qu'il est plus vieux que moi malgré le visage aux traits doux, enfantins. Je penche la tête, le détaille un moment, cligne des yeux d'un air perplexe. En temps normal, et avec un inconnu, je lui aurais ri au nez, me serais outrageusement moqué de cette tête d'ange. Mais parce que c'est quelqu'un que j'apprécie, je ne songe même pas un instant à le faire, préférant enregistrer les informations qu'il me donne, ce que je fais très bien. Ma mémoire ne me fait pas défaut lorsque je me concentre, et je retiens tout ce qui me semble important. Toutes ces choses qu'il me dit. La framboise, la sauce tomate. Le fait qu'il sache nager et moi non. Les cabanes dans les arbres. Je songe au fait que je n'en ai jamais fait, que je n'ai jamais su non plus grimper. Mais je sais voler, n'est-ce pas là une forme de compensation ? Je cale mon rythme sur le sien alors que nos pas nous mènent là où ils le veulent. Peut-être que lui le sait. Moi j'ai cessé de penser à notre destination à l'instant même où le flot de paroles s'est abattu sur mon esprit, et où les larmes lui sont montées aux yeux.

"Ne pleures pas..." Je le regarde avec inquiétude. "Ce n'est pas de ta faute. Et puis nous avons parlé de beaucoup d'autres choses." Ou plutôt il m'a  parlé. Parce que je n'étais jamais très causant. "Valérian..."

Ma gorge s'étouffe sur les larmes qui montent vers mes orbes de jais, alors que je prends enfin la mesure de ce qu'il m'a dit. Un ami. Un très bon ami. J'inspire profondément pour ne pas les laisser s'écouler. Les repousse au fond de moi. Ce n'est pas l'heure des pleurs, je devrais plutôt me jeter à son cou. Embrasser ses joues. Le remercier pour ce qu'il m'offre alors que je n'ai jamais su en faire de même. Mais je ne fais que l'obliger à s'arrêter une nouvelle fois pour enfoncer le bout de mes doigts glacé dans sa joue, dans un nouveau contact maladroit qui se révèle dur au lieu d'être tendre comme je le voudrais. Tout se bouscule dans ma tête, j'ignore ce que je dois faire. Mais je finis par sourire, par sourire avec une émotion non dissimulée tandis que mes joues se colorent d'une légère teinte rouge. Tu n'es pas digne d'être à Serpentard qu'on penserait en me voyant. Et ça arrive souvent que l'on me fasse la remarque, mais si je suis ici, c'est parce que le Choixpeau a trouvé que j'y avais ma place. Il y a une raison à tout.

"Moi j'aime à peu près tout. Mais pas le lac noir, il m'effraie. A vrai dire je ne sais pas nager. Ni grimper aux arbres. Je n'ai jamais fait de cabane, et je n'ai jamais eu d'amis ces 16 années pour en faire. Mais ce n'est pas très grave, j'ai eu une belle vie quand même. J'aime aussi beaucoup voler. Sur un balai, ou lorsque je me transforme. Je suis un animagus, mais peu de personnes le savent ici, j'essaye d'être discret pour ne pas qu'on me pourchasse ou pour qu'on me trouve encore plus étrange."

Tu n'es pas Serpentard. Pas Serpentard... Pas digne... Trop gentil... Trop doux... Trop pacifique. Et pourtant déterminé, rusé, intelligent. Je trouve toujours une situation pour m'en tirer. Pour sauver ma vie. Je sais être fort quand il le faut, prendre les rênes quand vient le bon moment. Et je ne me laisse pas faire au Quidditch.

"Ça me fait bizarre de te le dire. Je n'avais pas pensé informer quelqu'un ainsi. Mais si je suis ton ami, alors je peux le faire. Tu es mon premier ami."

Andrew était mon frère. Pas de mon sang, mais plus qu'un ami. C'était presque mon jumeau, de 7 ans de plus que moi certes, mais un jumeau quand même. Et Val... Oui, c'est réellement le premier, et ça me fait sincèrement plaisir.


Dernière édition par Octans Svanes le Ven 27 Jan - 7:56, édité 1 fois
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Poufsouffle • Cinquième année
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Poufsouffle • Cinquième année
MessageSujet: Re: Une place pour moi [Fini]   Jeu 26 Jan - 22:49

Valérian. Cela faisait longtemps qu’il n’avait pas entendu son prénom prononcé entièrement, même dans sa famille, on avait fini par l’appeler Val. L’application et le léger accent d’Octans quand il le disait était irrésistible, ce n’était peut-être pas un si mauvais prénom finalement. Quand il parla de son âge, Val remarqua tout de suite la surprise dans le visage de son camarade. C’était assez rare qu’il voit les expressions que faisaient les gens quand il leur parlait, mais les deux garçons étaient si proches l’un de l’autre qu’il ne put rater sa moue perplexe. Il savait qu’il ne faisait pas son âge, avec ses grands yeux et ses traits arrondis, ce qui l’arrangeait un peu, son redoublement passait inaperçu.

Ce fut au tour d’Octans de se dévoiler, et à Val d’écouter. La vie de son camarade avait été difficile, il le savait un peu, mais le fossé qui séparait leurs deux enfances apparut dans toute son ampleur quand il parla. Pas de baignades, pas de cabanes, pas d’amis, mais une belle vie quand même ? Pour beaucoup de personne cela aurait parut contradictoire, mais Val pensait comprendre, avec son handicap les gens se disaient souvent qu’il devait être malheureux, mais lui le vivait bien. On ne voit pas les choses dont on manque depuis naissance. Val eut quand même un pincement au cœur en pensant à l’enfance qu’avait dû être celle d’Octans. Avant d’ouvrir des yeux ronds en entendant que son ami était capable de se transformer en oiseau.

« Mais ça, ce n’est pas étrange, c’est… prodigieux. Il faut énormément de temps et de travail pour devenir un animagus, beaucoup n’y parviendront jamais. C’est incroyable que tu y sois arrivé aussi jeune, et en plus tu peux voler, waouh. Ne t’en fais pas, je n’en parlerais à personne si ça risque de te poser problèmes. »

Val était tout simplement admiratif, il avait toujours trouvé le Serpentard doué, mais là ça dépassait de loin ce qu’il imaginait. Il pensa à ses propres secrets, il en avait quelques-uns de croustillants, dont il n’avait jamais parlé à personne, mais comme Octans venait de parler de son don, Val pensa avant tout au sien, même s’il aurait plutôt appelé ça une malédiction.

« Moi j’ai… Je peux... » Il soupira « Je ne sais pas comment parler de ça sans passer pour un fou. J’ai parfois des visions, je vois des choses qui ne se sont pas encore produites, enfin je crois. Ça ne m’est pas arrivé assez souvent pour que je comprenne tout à fait, mais ce genre de choses est vraiment étrange, même pour le monde sorcier. C’est pour ça que j’aimerais connaître mes origines même si elles semblent impossibles à retrouver. Ce genre de chose se transmet généralement au sein d’une même famille, et j’ai besoin de comprendre. »

Il n’y a pas que cela que Val aurait aimé savoir s’il retrouvait sa famille cela dit. Sa première question serait sans doute « Pourquoi m’avoir abandonné ? », mais il était illusoire d’espérer. Sa famille d’origine, quelle qu’elle soit, l’avait laissé seul devant un hôpital, voilà tout ce qu’il y avait à savoir sur eux.

« Mais, où sommes-nous ? »

Voilà ce qui arrive quand on marche sans faire attention dans Poudlard, étaient-ils au troisième étage, au deuxième, ailleurs ? Val regarda autour de lui, sans rien reconnaître sur le moment. Il soupira.

« Encore ces maudits escaliers, j’ai parfois l’impression qu’ils me font volontairement tourner en bourrique. »
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Serpentard • Sixième année
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Serpentard • Sixième année
MessageSujet: Re: Une place pour moi [Fini]   Ven 27 Jan - 11:10

Des frissons naissent tout au fond de mon cœur, des fourmillements remontent le long de ma colonne vertébrale. Valérian est surprenant. Impressionnant. Ses réactions, ses mots. Il dégage toujours tellement d'optimisme, tellement de force et de lumière que j'ai parfois l'impression d'être terne et sans vie à ses côtés. Trop calme. Trop tout. Et il me fait rougir avec ce qui semble être des compliments. Enfoncer le nez dans mon écharpe que je garde quasiment toujours serrée autour de ma nuque d'ivoire afin de masquer ma gêne, esquisse un semblant de sourire. Devenir animagus est sûrement l'élément qui a sauvé ma vie. Qui l'a rendue plus belle. Je n'étais qu'un homme cloué au sol, maltraité par les aléas et la cruauté qui règnent dans les rues. En m'envolant pour la première fois sur un balais, je me suis senti transporté. En déployant mes ailes, j'ai pris le contrôle sur mon destin. Je me suis arraché à ce carcan insupportable dont je ne savais plus comment me libérer, j'ai découvert le monde à ma façon. Depuis les airs, alors que les moldus sont condamnés à fouler les pavés, ignorant ce qu'ils perdent. Et c'est comme si Val comprenait ce que je ressens lorsque je me transforme. Comme s'il était au courant de toutes ces années passées dans les rues qui ont fait de moi ce que je suis, qui m'ont fait détester les cages et les barreaux, tout comme le mot impossible.

Impossible de devenir animagus si jeune, d'être un bon Serpentard, de rencontrer les centaures sans me faire massacrer. De retrouver ma famille. Toute phrase commençant par ce mot m'oblige à relever le défi. Et lui aussi le doit. S'il veut retrouver ceux qui l'ont mis au monde il en a le droit. Même si ça prend des mois, des années, qu'on tente de lui mettre des bâtons dans les roues, de l'en empêcher. Il ne peut pas abandonner. Surtout pas alors qu'il est doté d'un don aussi important qu'il doit apprendre à maîtriser et à décrypter pour pouvoir l'utiliser. Sa remarque finit par me tirer de ma réflexion. Je jette un regard étonné autour de moi, fronce les sourcils, avant de repérer les toilettes des garçons un peu plus loin, au milieu d'un dédale de couloirs qui effraient généralement lorsqu'on est en première année et qu'on ne souhaite pas se perdre. Ce qui m'est arrivé plus d'une fois, à la réflexion, et je n'ai pas envie de recommencer ces expériences plutôt désagréables même si on retrouve immanquablement son chemin au bout d'un certain temps.

"Le 6ème étage. Ce n'est pas sain de discuter en marchant il faut croire."

Je ris un peu et nous voilà à faire demi tour. Heureusement il n'y a jamais foule ici, et personne pour remarquer notre erreur. Une fois de plus on prend les escaliers, mais je nous ramène à bon port, récupérant ses bouquins, le parchemin vierge et la plume, avant de lui tirer une chaise pour qu'il puisse s'asseoir. Mon propre bouquin s'échoue sur la table, ma joue retrouve le chemin de son épaule contre laquelle elle s'appuie afin de l'observer travailler. Comme lui, j'ai pris l'habitude de toujours tout faire immédiatement pour ne pas être débordé par la suite.

"En ce qui concerne ta famille, je suis d'accord avec toi. Tu dois la rechercher pour avoir des réponses. Même si, don ou pas, personne n'a le droit d'abandonner son enfant comme ça..."

Je murmure pour ne pas que les autres entendent ces histoires qui ne concernent que nous. Son histoire. Que je ne comprends que trop bien. Je serais mort si on ne m'avait pas donné à Andrew. S'il avait décidé de me laisser là, de tourner les talons. Ça aurait été compréhensible, je lui ai d'ailleurs souvent demandé pourquoi il ne l'avait pas fait, me laisser mourir dans la rue ou me poser devant un orphelinat, éviter de mettre plus sa vie en danger à cause d'un fardeau. Il ne m'a jamais répondu. Et si j'ai toujours été sûr qu'il m'a simplement aimé au premier regard, je ne le saurais jamais. Parce que la vérité est morte sous les roues du fiacre, au son de ses os brisés.

"Bon alors ! Ces strangulots !"

Je m'en voudrais de l'empêcher de travailler. Et je tente de me sortir de mes souvenirs, de ne pas revivre une fois de plus cette scène qui ne me quitte jamais vraiment. De ne pas revoir le corps sanglant de mon frère et ses os disloqués à la veille de ses 18 ans dont il se réjouissait. De ne plus entendre le bruit du fiacre manquer de se renverser un peu plus loin. Le hennissement des chevaux m'évitant de justesse. Puis le son des roues s'enfuyant dans les rues. Encore un cadavre, mais ce sera toujours la faute de l'orphelin. Il n'avait rien à faire dans la rue. Mes doigts se crispent sur ma propre cape. Inconsciemment je me serre plus fort contre Val, retiens un coup d'œil inquiet autour de moi tandis que le rire d'Andrew retentit à mes oreilles, suivi par son cri déchirant de frayeur qui résonnera toujours en moi.
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Poufsouffle • Cinquième année
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Poufsouffle • Cinquième année
MessageSujet: Re: Une place pour moi [Fini]   Ven 27 Jan - 21:01

Pour une fois, se tromper de chemin n’avait pas été désagréable, les deux garçons s’étaient ouvert l’un à l’autre dans la tranquillité des couloirs presque déserts, et Val sentait que leurs liens n’en étaient que plus forts. Octans ne l’avait pas jugé pour son étrange pouvoir ou son rêve un peu fou de retrouver les siens, et il lui en était reconnaissant. Avec le Serpentard comme guide, ils retrouvèrent rapidement le chemin de la bibliothèque, et donc celui des devoirs. Val n’était toujours pas motivé, il avait la tête pleine de tout ce qu’il venait de se passer, mais bon gré, mal gré, il récupéra ses affaires et s’installa à une table libre. Il fut content qu’Octans vienne à nouveau se lover contre lui, c’était toujours aussi agréable. Les paroles sur sa famille lui firent hocher la tête.

« Je n’ai pas l’intention d’abandonner, c’est trop important à mes yeux. Même si je ne sais pas ce que j’espère exactement. »

Il savait que les retrouvailles ne seraient pas faciles, si elles avaient finalement lieu, mais tant pis, il regretterait de ne pas avoir tout essayé pour les retrouver. Il était encore en train d’y penser quand Octans lui rappella subitement qu’il avait des devoirs à faire, oui, les strangulots, bien sûr. Val se saisit de sa plume mais senti son ami se rapprocher un peu plus de lui en regardant autour, l’air tendu. D’instinct, il fit de même, mais rien dans le flou environnant ne lui parut anormal, et personne ne semblait s’intéresser à eux. La plume suspendue au-dessus de sa feuille, il murmura.

« Ça ne va pas ? »

Ça n’en avait pas l’air en tout cas, sa main libre vint se poser sur l’épaule d’Octans, le serrant plus encore contre lui, tandis qu’il se mit à écrire une introduction sur son parchemin de sa grosse écriture penchée. Il savait que son camarade ne parlait pas beaucoup naturellement, et il ne voulait pas l’y pousser en restant immobile à attendre une réponse. Alors il écrivit en silence, il ne ressentait même pas le besoin de parler ou de voir le visage de son ami pour évaluer sa détresse, cela lui semblait dérisoire. Il espérait seulement que sa compagnie lui apporterait un peu de réconfort.

Le grattement lent et appliqué de la plume sur le papier faisait comme une douce mélodie dans le silence de la bibliothèque. Il ne sut combien de temps ils restèrent comme ça, lui écrivant, relisant son cours ou ses livres, Octans pelotonné contre lui, mais finalement il reposa sa plume. Son devoir n’était pas fini mais déjà bien avancé, il pouvait s’octroyer une pause.

« Tu sais... »

Il s’arrêta, il ne savait pas exactement ce qu’il voulait dire, ni comment le formuler.

« J’aime t’avoir contre moi. »

Ça ne sonnait pas du tout aussi bien que dans sa tête, de toute évidence, les bons mots s’étaient perdus quelque part entre son cerveau et sa bouche. Val se sentit rougir et gigota un peu sur sa chaise.

« Enfin, ce que je veux dire, c’est que… c’est agréable, je n’ai jamais été aussi proche d’un autre garçon, ni d’une fille d’ailleurs. Euh, mais cela n’est pas le sujet, en fait… Je ne sais pas. Je me sens bien comme ça. C’est tout. »

S’il avait été un animagus, Valérian se serait sans doute transformé en souris pour disparaître quelque part, n’importe où. Ce qui lui avait paru simple dans sa tête s’était avéré beaucoup plus compliqué, tout s’était embrouillé et son cœur s’emballait sans raisons apparentes. Il souhaitait maintenant plus que toutes choses retourner au silence qui avait précédé ce moment gênant.
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Serpentard • Sixième année
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Serpentard • Sixième année
MessageSujet: Re: Une place pour moi [Fini]   Sam 28 Jan - 12:20

Il y avait toujours le hurlement éclatant mes tympans. Et la douleur, profonde et angoissante, lovée dans ma tête comme dans mon cœur. Un minuscule instant de ma vie que je ne pourrais jamais oublier, qui me hante encore trop souvent. Le bras chaud passé autour de mes épaules parvient à peine à me rassurer, je suis plongé trop profondément dans mes souvenirs. Ramené dix années en arrière par une conversation tout à fait innocente. Comment penser que de fil en aiguilles, mon cerveau allait réussir à me faire plonger une nouvelle fois ? Tout ça à cause d'un esprit qui refuse d'oublier ce moment dont je n'ai jamais parlé à personne. Même pas à cet homme que j'appelle père. A cet autre qui est mon frère. Ils ne comprendraient pas. Personne ne peut comprendre que le choc lié à la mort puisse être aussi long. Que le chagrin me hante toujours alors que des années se sont écoulées. C'est le cas pourtant. Car s'il y a d'abord eu le déni et ces nuits que je passais à l'appeler par la fenêtre ouverte de ma chambre, il n'y a jamais eu la colère. Je l'étouffais dès qu'elle se manifestait, honteux de la ressentir. Incapable de comprendre, du haut de mes 7 ans pourquoi elle voulait me dévorer. J'ai fait de nombreux cauchemars à cette époque. Puis la douleur s'est amenuisée, mais n'a jamais totalement disparue. Il n'y a pas eu 5 étapes comme le préconisent certains livres que j'ai lu plus tard. J'ai accepté comme je l'ai pu, mais jamais totalement.

J'ignore quand est-ce que je me suis mis à trembler contre lui. Blotti, presque caché, j'ai laissé mes pensées m'envahir encore, et je m'en extirpe maladroitement, referme sur elles le couvercle afin de les sceller dans la boite qui porte le nom du défunt. Il se rouvrira tôt ou tard, mais ça ira. En attendant je me contente d'écouter sa plume courir sur le papier. D'observer son écriture, l'encre qui se dépose. Masquant comme je le peux le tremblement de mes mains. Il m'a demandé si ça va, j'aimerai lui dire que oui. Seulement je ne me sens pas capable de lui mentir, aussi je me contente de rester serré contre lui, sans parler. Il a l'habitude. Je ne me suis jamais forcé devant lui, je ne lui ai jamais donné l'illusion d'être quelqu'un de bavard. A quoi ça servirait ? Il n'y a pas toujours besoin de mots pour comprendre certaines choses et celle qu'il me demande est l'une d'entre elles. Mon corps et ma posture me trahissent, bien que j'essaie de reprendre contenance, de retrouver le courage qui m'anime habituellement. Mais chaque réminiscence de l'accident est comme un ouragan. Il passe et me dévaste, me laisse épuisé et pantelant. Heureusement Val est comme un pansement sur les souvenirs acescents, la personne la plus bénéfique que je côtoie. Et j'aime sa présence. J'aime m'appuyer contre lui, avoir l'impression de ne pas pouvoir tomber plus bas parce qu'il me retient. Même là, alors qu'il fait son devoir et que je pèse sur lui, fardeau considérable qu'il ne repousse pas. Il a toujours une parole gentille. Quelque chose qui fait du bien.

Pourtant mes joues se teintent d'amarante en l'entendant, soudainement brûlantes. Il explique comme il le peut et mon cœur s'affole peut-être un peu, de nombreux frissons parcourant mon échine, ma peau, la moindre parcelle de mon corps. Mes lèvres me paraissent sèches d'un coup, alors que de ma bouche ne sort rien d'autre qu'un souffle trop court, marquant une surprise évidente.

"Je..." J'ignore quoi répondre. Quoi lui dire. Je me suis redressé, inconsciemment. "Valérian..."

Et puis un sourire, brutal et lumineux, alors que mes lèvres percutent sa joue pour y laisser un baiser. Oui, moi aussi Val j'aime être contre toi. Passer des moments en ta compagnie, parler avec toi même si tu es celui qui en dit le plus. Même si j'ai peur de te faire du mal. J'aime être ton ami même si je ne sais pas trop ce que c'est d'avoir un ami, et je veux encore me perdre dans les couloirs à tes côtés, t'emmener dans les airs et t'entendre hurler de bonheur. Je veux te montrer des choses sans que tu n'ai besoin de tes yeux. Mais parce que je suis incapable de dire tout ça, je me contente de ce sourire, brisé bientôt par l'horloge qui sonne 18h. Déjà ? Certains élèves quittent la bibliothèque, je passe une main dans mes cheveux. Il faudrait que j'aille prendre une douche, mais je n'en ai aucune envie de couper court à ce moment.

"Il va falloir que j'aille me laver.." que je murmure quand même.

Certains préfèrent le faire le matin, d'autres le soir. Je suis dans le second cas, il y a souvent moins de monde. De toute façon, si je le pouvais, il y a longtemps que je me serais exilé dans la salle de bain des préfets. Je souris. Un jour j'aurais le mot de passe et j'emmènerai Val y faire un tour.
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Poufsouffle • Cinquième année
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Poufsouffle • Cinquième année
MessageSujet: Re: Une place pour moi [Fini]   Sam 28 Jan - 17:02

S’il avait pu voir le rouge monter aux joues d’Octans, Peut-être Val aurait-il été moins surprit par ce baiser. Ou pas en fait, même avec deux yeux en parfait état il ne se serait pas attendu à ça. Ce qui explique sans doutes pourquoi il resta figé, les joues roses, se demandant une fois de plus comment interpréter ce signe d’affection. Peut-être qu’il réfléchissait trop, et qu’Octans agissait comme cela avec tout le monde, peut-être que c’était sa façon à lui d’exprimer ce qu’il ressentait. Plutôt que les mots, il utilisait les gestes. Oui ce devait être ça. Pourtant il avait beau se le dire, cela n’empêchait pas son cœur de s’affoler un peu et tout son corps de se tendre. Est-ce que ça lui ferait le même effet si c’était quelqu'un d’autre ? Val n’aurait su le dire, personne ne lui avait jamais fais ça, il y avait une étiquette à respecter, et seul Octans semblait s’en moquer éperdument.

Comme pour prouver que cela était sans importance pour lui, son camarade lui parla ensuite d’aller se laver. Val regarda l’horloge qu’il avait complètement ignorée jusque-là, mais il ne voyait pas les aiguilles, alors il sortit une vieille montre à gousset de sa poche.

« Déjà 18h… Tu as raison, il serait temps de passer à autre chose, et je comptais m’arrêter là pour le moment de toute façon. »

Ce disant, il rangeait ses affaires dans son sac, essayant de ne pas tout mettre en désordre histoire de s’y retrouver, mais il avait la tête ailleurs. La journée avait été riche en découvertes et en émotions, et il lui faudra un peu de temps pour faire le tri dans tout ce qu’il ressentait. Ce qui était sûr, c’est qu’Octans l’avait troublé plus qu’il n’oserait se l’avouer. Une fois son cartable rempli, il se le mit à l’épaule et regarda son camarade. Dire qu’ils allaient bientôt se séparer, dommage qu’Octans ne soit pas un Poufsouffle, ou lui un Serpentard – même s’il se voyait mal chez les Serpentard, il faut avouer – ils n’auraient même pas pu manger ensemble s’ils l’avaient voulu.

Une foule compacte d’élèves se pressait pour aller dîner – c’est qu’ils mangent tôt ces Anglais – Val resta près de son ami durant le trajet qui les emmena au hall, suivant ses pas encore une fois. Il s’arrêta finalement près des portes de la grande salle, sans savoir exactement quoi dire.

« Bon, bien, je vais aller manger je pense. »

Il montra d’un geste vague les grandes tables où les élèves s’attablaient en discutant bruyamment, il était temps que chacun rejoigne sa maison.

« A bientôt, merci pour le tour en balais et… pour tout. Merci pour tout. »

Et puis, sans prévenir, il lui déposa un petit baiser sur la joue, ignorant la foule aux visages mal définis qui passait à côté. D’une petite voix il ajouta.

« Bon bain. »

Il fila ensuite aussi vite qu’il put pour que ses joues qui rosissaient ne le trahissent pas davantage. Se mêla à un groupe de Poufsouffle qui passait par là, et disparu. Pour tout avouer, Val n’avait pas très faim, son ventre papillonnait d’une drôle de façon, et il passa plus de temps à regarder son assiette d’un air rêveur qu’à manger. Dans sa tête, tout ce qu’il avait vécu tournait et retournait, entre Octans et lui, il y avait encore beaucoup de chemin à parcourir, mais ils avaient fait un pas de géant aujourd’hui, et tout ce qu’il espérait, c’état qu’ils continueraient dans la même direction.
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