PROFIL- MP PROFIL- MP PROFIL- MP •• Il semblerait qu'une chèvre ou bien un bouc, personne ne sait vraiment de quoi il s'agit, se balade dans les couloirs du château. Parfois même, des élèves affirment entendre le rire mesquin de cette maudite bestiole sans jamais pouvoir mettre la main dessus. Le directeur affirme pourtant qu'aucune chèvre ou bouc ne se balade dans les couloirs. Affaire à suivre.

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 Stop de me jalousay, j'suis sur son mon balay || Idris [Terminée !]

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Directeur de Gryffondor
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Directeur de Gryffondor
MessageSujet: Stop de me jalousay, j'suis sur son mon balay || Idris [Terminée !]   Ven 20 Jan - 18:24


   
Lignée •
Sang pur
   
Famille •
Un jeune frère
   
particularité •
Occlumens / Animagus - Guépard
   
Animal de compagnie •
Un chaton Mau Égyptien mâle du nom d'Habi
   
Profession •
Professeur de vol / Arbitre de Quidditch - Directeur de la maison Gryffondor
   
Lieu de naissance •
Égypte - Caire.
   
Ancienne maison   •
Gryffondor
   
Date de naissance & âge  •
10/06/1817 - 33 ans.
   
Baguette •
Bois de tilleul argenté, ventricule de dragon, 33.655 cm, très souple.
   
Patronus •
Guépard
   
Epouvantard •
Un homme -roux- tombant d'un balais.
   
Amortensia •
La vanille, l'odeur du vieux bois et du whiskey
Idris AL-MANSÛR

   
Physique ϟ Idris mesure un mètre quatre-vingt pour soixante-dix-huit kilos. Il est donc relativement grand, sans forcément être un géant mais mince. Ses membres sont finement musclés et roulent aisément sous sa peau basanée. Son visage est fin mais anguleux. Une mâchoire présente, un menton pointu, orné d’une barbiche minutieusement et soigneusement taillée, jour après jour. Tout comme la moustache qui trône au-dessus de sa lèvre supérieure -lèvres charnues, pleines, à croquer au passage- dont les extrémités rebiquent. Ses yeux ont la couleur du ciel Gallois par temps de pluie. Gris bleuté. Son nez, lui, n’est pas droit. On peut dire qu’il a du caractère, légèrement aquilin.

Sa coiffure est faussement négligée. Ses mèches brunes sont minutieusement mises en place, chaque matin au réveil et il entretien, ce que l’on appellera au XXIe siècle, son undercut avec soin et précision. Parfois, il laisse les longueurs pousser avant de, sur un coup de tête, couper plus court. Puis jeter un sort pour les porter plus long le lendemain.

Son corps est bien formé. Il y a ce qu’il faut là où il faut. Il est beau, Idris. Et il le sait. Il aime s’observer dans le miroir, lorsqu’il est dans l’intimité de ses appartements. Il aime choisir ses vêtements avec précaution. Des tuniques faites de tissus nobles, tels que la soie ou du lin et cintré par du cuir à la taille, et sous les bras, comme des « holsters ». D’ailleurs, il a souvent un bras nu. Le gauche. Cela lui permet de mieux bouger. Plus pratique. Surtout quand on sait que l’homme n’est pas droitier. Le droit, lui, est sans cesse couvert et même ganté. Pas une parcelle de peau n'est visible. Il n'en a pas honte, mais il n'en est pas fier non plus. Car c'est cet avant bras là qu'il s'est entaillé, des années plus tôt et, malgré les soins de son frère, il en porte toujours une longue cicatrice de part en part. Des cicatrices, d'ailleurs, il en possède quelques unes. Sur le torse, dans le dos, sur les cuisses... Certaines sont des souvenirs laissés par des "éraflures" -c'est lui qui le disait alors- de manches de balais brisés, d'autre, des cadeaux offerts lors de quelques bagarres avec des moldus, lors de sa période de dépression, qu'il provoquait lui même et dont il n'est pas vraiment fier non plus.  

Bref, il a un corps qui a vécu et ça se voit.

L’homme tient à son apparence. Il en prend soin comme à la prunelle de ses yeux. Il prend soin de l’image qu’il renvoie. Celle d’un homme qui prend soin de lui. Et qui peut paraître sûr, également. Mais ça…

   
Caractère ϟ Si vous le lui demandez, Idris vous dira qu’il est un livre ouvert, qu’il est ce qu’il semble être. Un homme jovial, toujours de bonne humeur, toujours le sourire aux lèvres, toujours gentil avec tout le monde. Un homme qui sait se maîtriser, qui ne se met donc jamais en colère, ne perd jamais son sang-froid. Un homme qui n’a pas froid aux yeux, non plus. Charmant, polit. Bref. Toutes les qualités qu’on pourrait lui attribuer lorsqu’on ne le connait pas vraiment. Ou tout du moins, qu’on ne le connait pas sans ce masque qu’il porte sans cesse dans l’espoir de réellement devenir cet homme parfait et exemplaire.

En soi, ce n’est pas tout à fait faux. Ni tout à fait vrai.

Bien évidemment, il a ses parts d’ombres. Ses craintes, ses défauts. Ses peurs. Lorsqu’un élève chute de son balai, par exemple. Ça, ça a le don de lui faire perdre son calme et de l’effrayer comme pas permis. Mais maintenant, il sait réagir. Il ne reste plus figé sur place à ne rien faire. Au contraire, parfois, il sur réagit, même. Mais c’est pour le bien de ses élèves, alors forcément…

Car pour lui, ses élèves sont tout. Il en prend soin comme la prunelle de ses yeux. Ou comme son apparence. Toujours là pour conseiller, écouter, orienter si besoin est. Réconforter, également. Bref. Il endosse le rôle de grand frère en plus de celui de professeur. Il est plutôt populaire, d’ailleurs, au sein des élèves. Pour son comportement jovial, son assurance…

J’évoquais ses parts d’ombre. Idris est homosexuel. Chose qui n’est pas forcément -voire pas du tout- bien vu par ses paires à cette époque… il surjoue alors l’extravagance et la jovialité, de façon à ce que l’on mettre ses manières et tout ce qui pourrait le faire être suspecter d’homosexualité sur le dos de ces traits principaux de caractère.

Quant à ses défauts… il est trop protecteur, justement. Envers ses élèves mais aussi et surtout envers son jeune frère, Jamil, qui n’est plus un enfant et de loin… Il est accro au narguilé ainsi qu’à la cigarette, mais ne peut se permettre de fumer devant les élèves, il doit donc ruser ou bien attendre d’être dans ses appartements. Et s’il a fait son deuil quant à son amant et amour, le sujet reste tout de même difficile à aborder devant lui. Ses réactions peuvent être… imprévisibles. Il peut fondre en larmes tout comme il peut entrer dans une rage folle et se mettre à détruire tout ce qui lui passe sous la main. Voire, dans le pire des cas, s’en prendre à celui qui a abordé le sujet. Mais cela n’est arrivé qu’une fois, lorsqu’un petit malin de Serpentard s’est cru bon de dire qu’Aeddan n’ « avait eu que ce qu’il méritait puisqu’il était incapable de bien faire son travail de batteur »…

Sans quoi... il n'a rien précisément contre les élèves des autres Maisons. Si ce n'est que les Serpentards l'agacent à vouloir jouer au plus malin et que, dans ce but, il n'est pas rare qu'il incite, le plus discrètement possible bien sûr, les petits Gryffon a ne pas se laisser faire face aux fourbes serpents -:winkwink:- et à répondre avec dignité à chaque provocation, mais sans pour autant perdre son sang froid...

Bref, vous l’aurez compris, il cache ses mauvais côtés et n’exhibe avec fierté que les bons. Comme son aisance en société, par exemple… et sa gentillesse, sa bonté… bref. L’homme parfait devant tous.  


   
Histoire ϟ

Il y a trente-trois ans, mes yeux s’ouvraient sur le monde, dans la ville du Caire, en Égypte.

Mon père s’appelait Solayman Al-Mansûr et, tout comme moi, il était né en Égypte, de parents sorciers, eux-mêmes nés de parents sorciers et-cætera, et-cætera, et-cætera. Ses pouvoirs se sont manifestés très tôt, par quelques incidents bénins. Mais ses parents étaient habitués. Il n’était pas le premier de sa fratrie. Ni le dernier, d’ailleurs. Deux ainés, un garçon et une fille, ainsi qu’une petite sœur, envers laquelle il se montrait très protecteur. Ses études en sorcelleries, il les a faites, comme toute sa famille, à Uagadou et en est sorti avec d’excellents résultats qui auraient pu lui promettre un poste haut placé. Seulement, mon père était fasciné par les moldus et leur façon de vivre. Alors il s’est spécialisé dans leur étude, en a appris plus sur eux et a même appris comment se fondre parmi eux.

Ma mère, elle, se nommait Ann Llewelynn et était Galloise. Ses études, c’est à Poudlard qu’elle les a faites. Tout comme moi, je l’ai fait à sa suite. Et mon frère, également. Après cela, elle a continué trois ans pour pouvoir, enfin, prétendre au poste d’Auror. Et elle y est arrivée haut la main. D’aucuns me disent que c’était une sorcière de talent. Pour moi, elle restera ma mère aimante, d’une douceur, d’une gentillesse et d’une bonté sans pareil… Elle rencontre mon père au Caire au cours d’une mission pour le ministère. Ne me demandez pas plus d’informations, elle n’a jamais voulu nous en dire plus à mon frère et moi. Le mystère restera à jamais non-résolu…

Entre eux deux, ce fut le coup de foudre. Du moins, c’est ce qu’ils s’amusaient à nous raconter. Ils se sont rencontré dans une fumerie moldue, côtoyée autant par ces derniers que par des sorciers grâce à la qualité du tabac qu’ils proposaient pour leurs narguilés… ainsi que l’opium, dans l’arrière salle. Par la suite, elle dut rentrer au Pays de Galles faire son rapport, ainsi que demander quelques congés pour « affaires personnelles » qui lui ont été accordées sans trop de questions. Elle est alors retournée en Égypte pour revoir mon père. La suite, vous vous en doutez. Ils se sont mariés.

Et me voilà, ouvrant mes yeux sur le monde.

Seulement, ma mère devait reprendre du service. Et alors à peine âgé de quelques moi, je quittais déjà mon Égypte natale et son ciel ensoleillé pour aller vivre au Pays de Galles et avec sa météo moins… clémente. Ainsi donc, de mon pays de naissance, je n’avais aucun souvenir. Le couple Al-Mansûr ne fut, bien évidemment, pas très bien accueilli. Mon père et ma mère ont dû faire face à quelques… crises de jalousie. Elle était une femme en vue et en vogue auprès des hommes du ministère. Un bon parti qu’il fallait à tout prix s’attitrer. Mais elle les avait complètement dédaignés pour un autre. Et pire que tout, pour un étranger. Pour un sauvage du Moyen-Orient. Quelques siècles plus tôt et on l’aurait traité de Sarrasin. Mais ils se sont accrochés. Et avec le temps, les gens se sont habitués à le savoir dans la vie de ma mère. Elle, elle a repris son travail d’Auror. Lui… lui, il a ouvert sa propre fumerie, dans la rue marchande principale des sorciers à Cardiff. Et l’exotisme de sa boutique lui a très rapidement valu un franc succès.

Trois ans après ma naissance, c’est mon petit frère qui vit le jour sous le ciel nuageux de Cardiff. Jamil, mon beau petit frère. Mon portrait craché qui est lui-même le portrait craché de mon père. Le teint hâlé, les traits volontaires... seuls nos yeux différents. Les siens sont fait de miel, ceux de mon père, tandis que j'ai hérité de ceux de pluie de mère. Et... une sacrée voix dès qu’il s’agissait de pleurer -voire hurler. Si lui est né Gallois, mon père et moi étions officiellement égyptiens. Et si lui ne pouvait prétendre à être reconnu comme Gallois, ma mère a insisté auprès de qui de droit, au ministère, pour que je le sois, moi. Bien évidemment, papa était d’accord avec cela. Pour la bonne et simple raison que… tous deux s’imaginaient mal me voir partir pour l’Afrique pendant sept ans, afin de faire mes études à Uagadou. Non pas que ce soit une mauvaise école, loin de là. Mon père était d’ailleurs un bon exemple quant à l’excellence de l’enseignement là-bas. Mais l’éloignement, ils ne le concevaient pas plus que cela. Cependant, ils n’étaient pas sûr pour autant que mon inscription soit entièrement légitime. Il me semble que maman a dû contacter le directeur en personne pour se renseigner à ce sujet et ce, très tôt.

L’enfance, elle, s’est faite tranquillement. À tour de rôle, papa et maman nous apprenaient à lire, à écrire, à compter. Elle nous enseignait l’histoire du Pays de Galles, lui de l’Égypte. Il nous a également appris à parler arabe, car pour lui, c’était important. Et au final, pour nous, c’était normal. Nous jouions avec les enfants de notre âge, du quartier. Nous avions cependant interdiction, tous autant que nous étions, d’user de nos pouvoirs. On nous rabâchait encore et encore que sans la connaissance qui va avec, cela pouvait être dangereux pour nous. Alors nous restions sages, nous nous inventions des aventures et courions dans tous les sens dans les rues, jusqu’à ce que nos parents nous rappellent. Parce que papa et maman s’arrangeaient toujours pour que l’un des deux soit à la maison…

Et bien sûr, à l’âge de onze ans… j’ai reçu ma lettre d’admission à l’école de Poudlard. Quelle fut ma joie. Enfin, j’allais apprendre à devenir un vrai sorcier. Et c’est à cette occasion que j’ai fait l’acquisition de ma baguette. Bois de tilleul argenté, ventricule de dragon, 33.655 cm, très souple. Le vendeur a été plutôt surpris qu’une telle baguette me choisisse, lui qui me regardait légèrement de travers à cause de mon teint basané… Il devait me prendre pour un moins que rien. La baguette lui a indiqué que, peut-être, je pourrais devenir plus important qu’il n’y paraît. Cela dit, si nous savions, à cette époque…

J’ai également fait l’acquisition de mon tout premier familier. Un hibou Petit-duc scops femelle, que j’ai nommé Baraka, ce qui veut dire bénédiction, faveur du ciel, et par extension, chance. Bien évidemment, j’ai également eu le droit à mes premiers livres pour les cours. Et ma première valise. J’étais excité comme une puce… littéralement. Je ne tenais plus en place. Et quand enfin est arrivé le grand jour, je sautais littéralement partout. Mes parents ont eu du mal à me faire me tenir tranquille. Ils ont dû me menacer de me jeter un sort pour y parvenir. Avec le recul, je sais qu’ils ne l’auraient jamais fait. Surtout entourés d’autant de moldus. Nous avons donc usés de la poudre de cheminette afin de nous rendre à la gare d'où partait le train à l'époque. Et c’est sur le quai du Poudlard Express que je l’ai vu pour la première fois. Un enfant, de mon âge, à la crinière flamboyante. Un Irlandais, de Dublin, répondant au doux nom d’Aeddan O’Neal. J’étais loin de me douter que plus tard… enfin. Il s’est tourné vers moi et m’a adressé un immense sourire avant de me demander si c’était, pour moi aussi, la première fois. Je me suis contenté d’acquiescer avant qu’il ne m’invite à monter avec lui dans le train et à nous trouver un compartiment de libre. Le trajet est passé en un clin d’œil. Nous avons fait connaissance, nous avons ri. Oh ça oui. Nous avons réellement ri. Et puis, nous étions arrivés…

L’accueil à Poudlard était chaleureux. Les présentations entre première année, le petit discours du professeur nous accueillant puis la Grande Salle… le discours du professeur Toggenbourg et enfin… le choixpeau magique…

« Gryffondor ! »

L’acclamation des ainés. Et la prière, dans l’attente qu’Aeddan se joigne à moi à la table de ma nouvelle Maison. Ce qui ne tarda pas à arriver. Et j’ai applaudi à m’en rougir les mains. J’étais heureux que mon tout nouvel ami soit avec moi… et ce, pour les sept années à venir.

Puis il y a eu les premiers cours. Astronomie, botanique, défense contre les forces du mal, histoire de la magie, métamorphose, potions, sortilèges… et enfin, vol sur balais. La révélation. Ma révélation, en réalité. J’adorais la sensation que prodiguait le vol. Je me sentais libre. Je me sentais vivant. Voler, c’était ça mon truc. Et Aeddan ressentait la même chose… J’ai très vite voulu rejoindre l’équipe de Quidditch. Mais les premières années étaient considérés comme trop jeunes, trop inexpérimentés. J’ai alors dû attendre la seconde année pour pouvoir postuler, Aeddan à mes côtés. Je voulais alors être poursuiveur. Aeddan, lui, postulait pour devenir batteur. Nous avons tous les deux brillés et, tous deux, avons été recrutés à ce moment-là. Mais ce n’est qu’après notre premier match et notre victoire à plate couture que nous avons été réellement reconnus par notre maison entière, lui et moi. Agiles, rapides, précis, nous formions un duo du tonnerre qui fonctionnait plus que bien et nous permettait de déjouer l’attaque et la défense ennemie. Et il exerçait tellement bien son rôle de cogneur qu’aucun membre de l’équipe ne se faisait toucher, voire blesser par un cognard. Jamais.

Oui. Le Quidditch, c’était réellement notre passion, à tous les deux. Et nos performances nous ont rapidement fait passer d’inconnus au sein de l’école à célébrités. Constamment entourés, constamment accostés. Nous étions appréciés. Et avec les années, ça n’allait pas en s’arrangeant. Au point où cela commençait à m’agacer, par moment. Je ne voulais qu’un peu de tranquillité. Alors je m’isolais, à la bibliothèque. Je lisais alors beaucoup. Sur tous les sujets. Car tout m’intéressait. J’y ai découvert l’existence des legilimens, des occlumens, des animagus… de certains sorts surprenants, plus ou moins autorisés. De créatures surprenantes, que je rêvais de voir. J’ai aussi étudié l’histoire du Quidditch. Et lorsque je n’étais pas à la bibliothèque, c’est sur mon balais que je passais le plus clair de mon temps libre, à m’entrainer, avec Aeddan.

Nous étions réellement… toujours en semble. Et lorsque venaient les vacances et que nous devions nous séparer, alors j’avais l’impression de devoir me défaire d’une partie de moi-même. Je vivais dans l’attente de ses nouvelles, de ses lettres et surtout, de le revoir… Pour moi, à cette époque, ce n’était que de l’amitié forte. Comment aurais-je pu imaginer qu’il puisse en être autrement… ? Ha… Les étés… par chance, j’avais tout de même une famille pour m’occuper l’esprit autrement. Mon père était fier de mes progrès. Et en cachette de ma mère, il s’amusait à m’apprendre à, tout comme lui l’avait appris à Uagadoo, utiliser la magie sans baguette. Je m’avérais doué pour cela. Et comme l’utilisation de la baguette en dehors de l’école, c’était une excellente alternative. J’avais treize ans, je me sentais puissant. Et je l’étais, plutôt, pour un enfant de mon âge. Mes parents s’en sont rapidement rendus compte. Ma soif de connaissance égalait mon talent pour le Quidditch. Maman cherchait à me freiner un peu, me détourner de mes livres… et la seule solution, c’était le Quidditch. Alors elle nous emmenait tous les trois voir des matchs, des compétitions, voire même les finales mondiales. Et moi, je me sentais comme un dingue… J’ai pu rencontrer mon idole, l’attrapeur de l’équipe d’Irlande avec lequel j’ai pu passer un moment privilégié à parler de Quidditch. Je lui ai raconté que j’étais poursuiveur dans l’équipe de Gryffondor à Poudlard, que mes camarades me surnommaient « L’un des deux éléments décisifs » de l’équipe. Il riait. Et moi, j’étais heureux. J’aurais juste aimé pouvoir partager cela avec Aeddan qui, lui aussi -et bien évidemment- était fan de l’équipe d’Irlande… Nous avons parlé du match qu’il venait de faire. Je lui ai dit mon point de vue sur certains placements de ses camarades, qu’ils ont pris des risques inutiles, que les batteurs n’étaient pas assez concentrés sur leur tâche… Je pensais qu’il allait se moquer de moi, pauvre débutant de treize ans. Mais au lieu de ça, il m’a ébourifé les cheveux avant de m’entrainer à sa suite pour rencontrer les autres membres de l’équipe et leur dire moi-même ce qui n’allait pas et pourquoi ils n’avaient pas pu gagner plus rapidement. Si l’un d’entre eux eu envie de se moquer de mon « manque d’expérience » il fut bien vite arrêté par les autres qui me donnèrent entièrement raison. Je me souviens de ce moment. Ma poitrine s’est gonflée de fierté. Et au moment de nous quitter, mon idole m’a promis de me donner des nouvelles, si, moi-même, je le faisais. Et si je lui promettais de postuler, lorsque j’aurais finit mes études, pour l’équipe d’Irlande. Je n’en revenais pas. Je sautais de joie. Mes parents eux-mêmes étaient satisfaient. Et ainsi, la diversion de ma mère a marché puisque j’ai passé le reste de l’été à aller m’entrainer au Quidditch sous la supervision de mon père, dans un endroit approprié, loin des moldus.

La troisième année s’est passée sans encombre, notre cote de popularité grimpait, nous avions beaucoup de connaissance mais les véritables amis se comptaient sur les doigts de la main. Nous étions le petit cœur d’un gros groupe. Et il arrivait que nous nous amusions à faire les quatre cent coups. Et on était du genre à tout mettre sur le dos de Peeves… Et c’était très drôle, oui…

Ma quatrième année était également synonyme de première année pour Jamil. Mon petit frère me rejoignit à Gryffondor, sans trop d’hésitation de la part du Choixpeau. Et c’est avec fierté que je suis devenu le grand frère modèle, à protéger son petit frère des Serpentards un peu trop couards pour s’en prendre directement à lui, à l’aider à faire ses devoirs et lui expliquer ce qu’il ne comprend pas… j’aimais ça. Oh, ça n’a pas duré. Entre sa crise d’adolescent et les hormones qui ont commencé à me travailler…

La cinquième année. La plus pénible. Celle où les jeunes sorciers et sorcières commencent à se chercher, à se définir, à définir leurs goûts… L’année où notre popularité, à Aeddan et moi-même, s’est retournée contre nous… les filles nous courraient littéralement après. Et si moi, je les repoussais toutes sans exception, Aeddan lui… semblait apprécier et se prenait au jeu. Au point d’accepter les sentiments de l’une d’entre elle et de sortir avec. Et je crois que tout est parti de là… je crois que c’est à ce moment-là que j’ai compris. Compris que je ne le voyais pas comme un ami. Mais cela a tout de même pris énormément de temps. Il a fallu que je les fuis, tous les deux, pendant un bon moment, que j’ai des pics de colères à son égard lorsqu’il me parlait d’elle, que je refuse de le voir, même, pendant quelques temps pour que je comprenne réellement… et que je me sente… sale. Détraqué. Complètement… dérangé. Parce que je ne désirais aucune fille de l’école. Je désirais mon ami. Je désirais Aeddan. Je désirais un homme… Alors forcément, j’ai pensé au début que c’était tout simplement mes hormones qui me jouaient des tours, que cela n’avait rien de sérieux, que je confondais l’amitié et l’affection profonde que je lui portais avec de l’amour et un désir charnel. Mais en sixième année, cela n’a pas changé. Je ne lui avais pas écris des vacances, je ne voulais pas penser à lui. Jamil avait compris que quelque chose n’allait pas, mais je n’ai pas osé lui en parler. En revanche, j’ai osé en parler à ma mère. En réalité, je lui ai plutôt fondu en larmes dans les bras, en lui demandant ce qui n’allait pas chez moi. Elle n’a pas su quoi répondre. L’homosexualité est réellement quelque chose qui n’est pas réellement bien accepté. Alors pour un parent, faire face à ce cas chez son enfant… D’autant plus que je suis arabe. Arabe et homosexuel. J’aurais cumulé toutes les tares si cela s’était su. Alors je lui ai demandé d’oublier, que je devais simplement être perturbé par mes hormones, que ce n’était rien, que je confondais sûrement. Cela a dû la rassurer un peu. Mais… moi… je revenais au point de départ.

Le fait est que bien évidemment, à mon retour à l’école, Aeddan m’est tombé dessus. Il m’a pris à part, alors que je m’occupais de mes affaires dans notre dortoir. Nous étions seuls, tous les deux.

« Pourquoi tu n’as pas répondu à mes lettres ?! Pourquoi tu me fuis depuis l’année dernière ?! »

Qu’il me criait. Et moi, moi, je me taisais. Je restais silencieux, je le fuyais du regard. Jusqu’à ce qu’il me force à relever le visage et le regarder. Et quelque chose en moi s’est brisé alors que s’offrait à ma vue son visage apeuré, attristé, paniqué… les larmes naissant dans ses yeux et ses lèvres… ses lèvres… sans que je réfléchisse, mes mains sont venues se poser sur ses joues avant que ma bouche ne s’abatte sur la sienne.

Moment de battement.

La surprise, autant pour lui que pour moi. Je me suis rendu compte de ce que je faisais, je me suis reculé, complètement choqué par ce que je venais de provoquer. Ou du moins ce que je pensais avoir provoqué. Sa haine. Son dégoût. Son mépris. Il m’a fixé pendant quelques secondes qui m’ont semblé durer des heures… je me suis excusé, je tremblais, je pleurais… je l’ai imploré d’oublier, que j’étais juste perturbé, que… je n’avais pas d’autres excuses et explications à lui fournir… et puis, j’ai fini à genoux, devant lui… en lui murmurant que je l’aime et que je ne supportais plus de le voir avec toutes ces filles autour de lui, faire son marché parmi elle… Et lui, lui… il m’a écouté, silencieusement, religieusement… avant de me tourner le dos et quitter la chambre, me laissant seul avec ma honte, mon dérangement et mon cœur brisé. Par la suite, nous nous sommes mutuellement évité. J’avais perdu ma motivation et ma combativité lors des matchs, les autres membres de l’équipe me le répétaient, encore et encore, me le hurlant, parfois. J’ai commencé à m’isoler, je passais plus de temps à la bibliothèque que jamais et alors, j’ai remarqué la présence presque à chaque fois, d’un certain jeune homme à ma table lorsque je lisais. Lloyd A. Pringston. De trois ans mon cadet, soit de la même année que mon petit frère, mais appartenant à la Maison de Poutsouffle. Un jeune homme charmant, des quelques rares discussions que j’ai pu avoir avec lui à l’époque…

Au bout de quelques temps passés à nous éviter, Aeddan a fini par revenir vers moi. Nous étions tous les deux dans notre chambre, je m’apprêtais à aller me coucher en le fuyant, comme d’habitude depuis des mois… mais il m’a interrompu en me saisissant par les épaules et en venant me plaquer sur mon lit. Je me souviens de tous… son genou entre mes cuisses, ses doigts enfoncés dans ma peau, son souffle mentholé chatouillant mon nez… et ses lèvres sur les miennes. Sa langue cherchant l’accès pour venir rencontrer sa jumelle, ses cheveux longs roux me tombant sur les joues… sa chaleur… avant que je ne lui demande de se relever, entendant les pas de nos camarades de chambrée dans les escaliers. C’est donc essoufflés, le rouge aux joues et le regard fuyant qu’ils nous ont découvert, tous deux. Ils ont pensé que l’on venait encore de nous engueuler. Et cela nous arrangeait grandement. Mais… j’étais dans le flou total. J’avais besoin de plus d’éclaircissements sur ses motivations. Sur pourquoi il m’avait embrassé de la sorte sans mot dire…

Je naviguais donc dans un brouillard des plus denses. Où en étais-je ? Où en étions-nous ? Je ne savais plus rien. Je n’étais plus sûr de rien. De ce qu’il voulait. De ce qu’il ressentait. De ce qu’il voulait. De… tout. Mais nous avons recommencé à… eh bien… nous reparler. Nous avions retrouvé notre synergie au Quidditch et je n’avais jamais aussi bien joué. La présence d’Aeddan me motivait et me donnait envie de me surpasser. Au point où je battais des records de vitesse et où, à un entrainement, alors que notre attrapeur était blessé suite à une mauvaise chute lors d’un match, on m’a demandé de tenter ce poste. J’étais meilleur que lui, encore. Alors on m’a attribué ce post. Je me sentais mal pour mon camarade mis de côté. Mais en même temps, j’étais grisé par la vitesse, par la précision dont je devais faire preuve. Et on m’a nommé, d’un accord commun de l’équipe entière, capitaine de l’équipe. Cela dit, Aeddan ne cessait de me surprendre en se faisant de plus en plus entreprenant. Avant les matchs ou les entrainements, il me volait un baiser. Lorsque personne n’était aux alentours, il me prenait dans ses bras, m’embrassait. Il me tenait par la main tant qu’on ne pouvait nous voir. Et parfois, il m’effleurait, me frôlait. L’épaule, le bras, la hanche, la cuisse… les fesses. J’étais perdu. Complètement perdu. Et ça a duré ainsi jusqu’à notre septième et dernière année.


J’étais stressé par le fait de ne pas avoir le droit à l’échec aux examens, j’étais perdus de ne pas savoir où nous en étions, ce que nous étions l’un l’autre, j’étais… j’étais en pleine crise d’identité. Qui j’étais ? Où allais-je ? Qu’est-ce que j’allais faire ? Nous avions beaucoup échangé, avec l’attrapeur de l’équipe de Quidditch Irlandaise. Nous nous étions même revus, cet été, avec Aeddan, ce coup-ci. Il nous encourageait, tous les deux. Ils nous encourageaient tous. Mais cet également durant ce dernier été, avant cette dernière année que nous avons mis au clair notre relation. Aeddan s’est expliqué. Il m’a avoué les sentiments qu’il avait à mon égard, les envies qu’il ressentait pour moi, depuis notre troisième année. Il m’a expliqué à quel point il avait peur d’être bizarre, peur que je le trouve dégoûtant, que je le repousse, que je le refuse… au final, avec quelques années de différence… Sauf que lui n’a pas eu a à supporter la vue de ma personne avec une demoiselle pendue à mon bras ou pire, à mon cou… Moi si. Je le lui ai d’ailleurs dit. Je lui ai expliqué la raison pour laquelle je l’ai fuis pendant aussi longtemps. La raison pour laquelle je ne pouvais plus le regarder. La raison pour laquelle je ne pouvais pas même lui adresser la parole. Il m’a expliqué, de son côté, qu’il espérait pouvoir tomber amoureux de quelqu’un d’autre. Avoir un couple normal. M’oublier. Ne pas m’importuner avec sa déviance… Il s’est excusé encore et encore de m’avoir fait du mal. Et cet été, nous avons partagé notre première fois dans l’intimité de sa chambre alors que sa famille était partie chez des oncles et tante à l’autre bout de l’Irlande. Nous utilisions la poudre de cheminette pour aller l’un chez l’autre et, toujours, l’un comme l’autre était bien accueilli par nos familles respectives. Nous étions, pour eux, les meilleurs amis du monde. Alors forcément, nous étions toujours le bienvenue chez l’autre…

Les cours ont repris et, ce coup-ci, nous repoussions tous deux les avances des demoiselles, qu’elles soient de septième année comme nous, ou d’années inférieures. Jamil, en revanche, était un véritable tombeur… Je le voyais au bras d’une fille différente chaque mois. Mais je ne lui posais pas de question. Nous avions un accord tacite. Il ne me demanderait rien au sujet d’Aeddan si je ne lui demandais rien au sujet des filles. Parce que oui, Jamil avait deviné, lui. Mais cela ne lui posait pas de problème. Il me l’avait dit lui-même, justement durant cet été. Tant que j’étais heureux, il s’en moquait… et je l’avoue, sans honte aucune, j’ai fondu en larmes dans ses bras. Et je l’ai remercié, comme jamais.

Bref. Septième année, année des A.S.P.I.C et de notre choix d’orientation. Dernière année en tant que capitaine de l’équipe des Gryffondor. Dernière année comme star du Quidditch à Poudlard. Comme une star de Poudlard tout court, même. Et je ne savais pas quoi faire, une fois cette année terminée. Devenir Auror, comme ma mère ? J’aurais sûrement pu y prétendre avec mes résultats, mes capacités et mes notes, mais cela ne m’intéressait pas. Tout comme cela ne m’intéressait pas de reprendre la fumerie de mon père. Et puis, les mots de l’attrapeur Irlandais me sont revenus à l’esprit. Je voulais devenir joueur de Quidditch professionnel. J’en ai parlé à Aeddan qui m’a dit penser vouloir faire la même chose. Alors nous nous sommes promis de postuler ensemble auprès de l’équipe Irlandaise, dès que nous aurons finit nos études.

A.S.P.I.C passés et réussis haut la main avec uniquement des Optimals et des Efforts Exceptionnels, j’ai fait la fierté de mes parents qui ont tenté de me convaincre de rejoindre le ministère. Mais la passion et l’amour m’ont poussé à continuer ce que j’aimais faire : le Quidditch. J’ai donc emballé mes affaires et me suis rendu chez Aeddan pour aller, comme nous nous l’étions promis, postuler auprès de l’équipe Irlandaise. Nous n’étions pas les seuls à cette sélection, bien évidemment. Mais nous connaissions déjà l’équipe et, sans vouloir me venter, nous étions réellement les deux meilleurs joueurs à postuler. J’ai été pris pour commencer en tant que poursuiveur et attrapeur remplaçant. Aeddan, lui, a été pris pour être batteur. Nous étions heureux. Mais je ne pouvais plus habiter à Cardiff. J’avais besoin de prendre le large. De voler de mes propres ailes. Alors ils m’ont payé un appartement. Jusqu’au jour où je serais capable de le faire moi-même. Jusqu’au jour où ma carrière décollerait assez. Ce qui, au final, est arrivé bien plus vite que prévu… car très vite, j’ai fait partie des indispensables de l’équipe. Nous roulions toujours aussi bien, Aeddan et moi. Mais surtout, je m’adaptais à tout le monde et à chaque type de jeu, en tant que poursuiveur. Et ça plaisait beaucoup. Nous nous sommes rapidement imposés comme une des meilleures équipes mondiales, malgré l’intégration de deux nouveaux membres récemment. Nous étions les révélations. Et nous étions qualifiés pour les mondiaux.

Et nous vivions ensemble. Officiellement, il vivait toujours chez ses parents et logeait chez moi de temps à autres à titre gracieux. Officieusement, nous habitions réellement ensemble. Mes parents le savaient. Je savais que ma mère, même si elle n’avait jamais rien dit à ce sujet, avait compris. Mon père, je ne l’ai jamais su. Et Jamil, lui, était heureux pour moi. Et moi, moi…. Moi j’étais heureux comme jamais. Je me sentais pousser des ailes. Je faisais ce que j’aimais, avec l’homme que j’aimais. Pour autant, notre relation n’a jamais été officielle. Nous étions dépeints de partout comme deux meilleurs amis, inséparables depuis l’école. Tout le monde préférait se mettre des œillères plutôt que d’accepter que les deux nouveaux prometteurs de l’équipe nationale d’Irlande pussent vivre dans le péché. Et cela nous convenait parfaitement ainsi.

Nous fétions nos vingt-et-uns ans. Cela faisait maintenant deux ans et demis que nous avions rejoints l’équipe nationale d’Irlande. Nos carrières s’annonçaient prometteuses. Mais il y avait quelque chose en plus que je voulais faire. Que je voulais accomplir. Que je voulais devenir.

Animagus.

Ce terme, je l’avais lu pour la première fois dans un livre, à la bibliothèque de Poudlard. J’avais été intéressé par la chose, intrigué même. Et avec le temps, j’ai voulu m’y tenter. Je voulais connaître la liberté d’être un animal. Je voulais… savoir quel animal me ressemblait le plus. Voyez peut-être en cela un accomplissement personnel, ou tout simplement un souhait irréfléchi. Mais je le voulais. Aeddan était contre, le processus étant compliqué et le résultat, potentiellement dangereux. Et si l’instinct prenait le dessus ? Si je n’arrivais plus à me contrôler ? Il estimait que je n’en étais pas capable. Et à partir du moment où ces mots ont franchi sa bouche, mon destin était scellé. Tout comme ma décision. Je me suis rendu au ministère de la magie où j’ai indiqué mon intention de devenir un animagus. L’homme en charge de la paperasse m’a ri au nez, devant ma jeunesse. Mais je n’ai pas lâché l’affaire. C’était très sérieux. J’étais très sérieux. J’ai été recensé. Et j’ai pu commencer les préparations pour la transformation. Nous avons mis la main sur tous les produits, cherché un lieu qui soit peu côtoyé par l’homme et pas exposé non plus au soleil. Nous avons trouvé des cavernes, dans les falaises de Mohair qui semblaient convenir. J’ai arrêté mon choix sur l’une d’entre elle où le transplanage était possible.

J’y croyais. Je m’en sentais capable. J’avais vingt-et-un ans, j’étais jeune, j’étais beau, j’étais aimé de l’être aimé et j’étais en phase de devenir célèbre. La vie me souriait à pleines dents. J’étais beau. J’étais confiant. La première pleine lune arriva. Et la feuille de mandragore atterrit dans ma bouche. Plus de baisers passionnés avec mon bien aimé.

Je devais faire attention à tout. Quand je mangeais, quand je me brossais les dents, que je parlais. Et un mois, c’est long. Très long. J’ai bien cru que j’allais échouer à plusieurs reprises. Mais j’ai tenu bon. J’ai réussi à ni recracher cette fichue feuille, ni l’avaler. Alors, lorsque la pleine lune est arrivée, j’ai ôté la feuille de ma bouche pour la disposer dans une fiole en cristal exposée au clair de lune. Par chance, le ciel était dégagé, cette nuit-là. Je ne me voyais pas recommencer depuis le début… puis j’y ai ajouté un de mes cheveux, puis une cuillère en argent de rosée recueillie en un lieu qui n’avait été foulé par l’homme pendant sept jours. Je m’en étais bien assuré. Enfin, j’y ai ajouté la chrysalide d’un sphinx tête de mort avant de mélanger le tout et disposer la fiole au fond de la caverne, là où les échos ne se faisaient plus entendre. Sombre et calme. Comme préconisé. Et je suis parti. Je suis rentré chez nous, j’ai retrouvé mon amour. Et le nouveau cycle s’est entamé.

« Amato Animo Animato Animagus. »

Au levé et au coucher du soleil, je pointais ma baguette sur mon cœur et récitais cette incantation. Et au bout de quelques semaines, j’ai commencé à percevoir un deuxième battement de cœur. Étrangement, j’ai eu l’impression, l’espace d’un instant, d’être enceint. Je me suis imaginé que c’était ce que devaient ressentir les femmes lorsque leur enfant se développe dans leur ventre. Et alors, je n’ai pas résisté à l’envie de prendre la main d’Aeddan et de la poser, là, sur mon cœur aux doubles battements…

« Tu le sens ? »

Nous nous sommes aimés corps et âme, ce soir-là. Mais le processus n’était toujours pas terminé. Je me levais aux aurores, récitais la formule avant de préparer le petit déjeuner. Puis nous partions nous entrainer. Nous arrivions souvent bien avant les autres et nous nous amusions sur nos balais. C’est ainsi que j’ai appris à me tenir debout en plein vol. Nous tentions ce genre de figure d’abord au ras du sol, afin de ne pas tomber de trop haut. Puis, au fur et à mesure, nous nous élevions. Pour nous, voler était une seconde nature. C’était dans notre sang. L’un comme l’autre. Et lorsque nos camarades arrivaient, ils attendaient souvent quelques instants, profitaient de notre joie de vivre, avant de se manifester. Je pense que quelques-uns d’entre eux se doutaient de quelque chose, pour nous deux. Mais ils ne l’ont jamais dit. Ils nous respectaient. Et nous formions une réelle famille…

Le premier éclair arriva enfin. Dès qu’il retenti, je transplana jusqu’à la grotte pour y retrouver ma fiole. J’angoissais à l’idée d’avoir raté quelque chose quelque part. Que la potion ne soit pas rouge sang. Et ma joie fut grande lorsqu’elle s’avéra être réussie. L’endroit me semblait sûr, pour procéder à la transformation. Alors je me lançais. Ma baguette sur le cœur, je prononçais les mots que je connaissais par cœur. « Amato Animo Animato Animagus ». Il était trop tard pour faire marche arrière. Je dé bouchonnais la fiole et avalais la mixture d’une traite. Le goût était horrible. Mais je devais me concentrer. Mais la douleur… la douleur était vive. Prenante. Cuisante. Elle m’arracha un hurlement. Mon rythme cardiaque accéléra. Je suais à grosses gouttes. Et je souffrais. Mais je devais retrouver mon calme et le garder. Ce n’était pas fini…

Et alors, petit à petit, une forme se dessina dans mon esprit. Féline. Fine. Gracieuse. Moi qui rêvais inconsciemment d’être un oiseau, c’est le guépard qui me fut choisi.

Je me souviens très bien de la douleur. L’impression que mes os se brisaient, que ma peau s’arrachait, que mon corps entier était en train d’être détruit. Et… en réalité, c’est un peu ce qui se passait. Je hurlais à m’en faire claquer les cordes vocales tellement je souffrais le martyr. Et mes cris résonnaient, se heurtaient aux parois creusées par le temps, pour me revenir en pleine face. J’en oubliais de garder mon calme. Je sentais mon cœur s’affoler. Et mon nouvel instinct également… Le guépard sautait dans tous les sens, affolé, se cognait, se heurtait, se blessait contre le sol escarpé, les murs rudes de la caverne, jusqu’à finir par s’assommer. Lorsque je rouvris les yeux, je n’étais plus seul. Une présence était là, à mes côtés. L’instinct pris le dessus, l’animal paniqué bondit sur ses pattes avant d’attaquer l’intrus… Un coup de griffe, une balaffre ensanglantée… et une prise de conscience.

« NOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOON !! »

Ou plutôt son équivalent en rugissement bestial. Et alors, l’humain a repris le dessus. J’ai pu me contrôler. Comprendre ce qu’il fallait faire. J’ai visualisé ma forme humaine, je me suis retransformé… J’ai repris mon apparence humaine, je me suis précipité à ses côtés. Aeddan se tenait le visage, le sang coulait. Je suis allé chercher ma baguette, pour le guérir. Mais il a refusé. Alors j’ai retiré mon haut pour venir appuyer contre la plaie, faire en sorte que l’afflux d’hémoglobine cesse. Puis je nous ai fait transplaner jusqu’à l’appartement où j’avais de quoi le soigner. Nettoyer la plaie, la désinfecter… et lui demander pourquoi il refusait que j’use de la magie pour ça. Avec un regard tendre, totalement dépourvu de colère ou de haine à mon égard et un sourire heureux sur les lèvres, il m’a répondu que c’était pour garder une trace de moi sur son corps. Et parce qu’il était fier d’avoir pu m’aider à reprendre le dessus sur la part animale. Mon cœur s’est gonflé de joie, de fierté mais aussi de culpabilité. Il m’a très vite rassuré, avant de me serrer contre lui, me caresser les cheveux, m’embrasser…

Par la suite, je me suis rendu chez mes parents pour leur annoncer la nouvelle. Je ne les avais pas prévenus car je ne tenais pas à les inquiéter plus que nécessaire. Mais cela dit, eux non plus ne m’avais pas tout dit. J’ai appris à cette occasion que mon père lui-même était un animagus guépard. Tout comme moi. Et il m’a félicité avant de me demander de lui raconter dans les moindres détails comment cela s’était passé. Puis c’est ensemble que nous sommes allés au ministère pour confirmer ma réussite et donc, mon tout nouveau statut. En moins d’un an, j’avais réussi à le faire. Et la tronche du type qui m’en croyait incapable au début… ce que j’ai pu me moquer de lui…

La vie a repris son court. Elle avait un goût de miel à mes lèvres. Aeddan et moi étions des stars montantes du Quidditch. Nous réussissions tout ce que nous entreprenions et avons gagnés nombre de match ensemble…

Seulement, ce que la vie vous donne, le bonheur, l’amour, la vie elle-même… elle peut vous le reprendre… c’est ce qu’il s’est passé… Et là encore, je m’en souviens comme si c’était hier…


Cold bones, yeah that's my love
He hides away, like a ghost
Does he know that we bleed the same?
Don't wanna cry but I break that way

Vingt-trois ans. Nous étions en plein jeu. Une partie décisive pour notre avenir quant à la coupe du monde. Pour notre place en finale. J’occupais le post de poursuiveur, ce jour-là. Et grâce à moi, l’équipe menait soixante-dix à vingt. Passes décisives, paniers… j’enchainais. J’étais dans une forme olympienne. Alors forcément, l’équipe adverse a commencé à se concentrer sur moi. J’étais visé par les batteurs qui orientaient les cognards sur moi. Et avant qu’Aeddan n’ai le temps de réagir pour venir se placer à mes côtés et me protéger, une des balles en fer m’a heurté de plein fouet, en plein dans l’épaule, me blessant au passage et manquant de peu de me désarçonner. Un cri de sa part, inquiet. Il est arrivé en un éclair pour me protéger de l’autre cognard. Sa batte l’a frappé de plein fouet, le bruit a résonné dans ma tête. Un regard, un sourire, un remerciement silencieux et des promesses quant à la soirée à venir pour me faire pardonner de l’avoir inquiété. Nous avons repris le jeu. Mais les cognards pleuvaient. Un par un, il les repoussait. Jusqu’à ce que finalement, ce soit les deux en même temps qui nous tombent dessus. Nous n’en avons vu qu’un, qu’il a cogné de toutes ses forces en le projetant vers l’un des poursuiveurs adverses. Mais le deuxième… le deuxième l’a heurté en pleine tête. Je l’ai vu partir en arrière alors que je continuais de filer, le souaffle sous le bras, en direction des paniers. Je l’ai vu quitter son balai. Je l’ai vu tomber. Et lorsque l’information à percuté mon esprit, lorsque j’ai compris que ce n’était pas qu’un cauchemar et que je fonce en direction du sol pour le rattraper, c’était trop tard. Je tendais la main en sa direction, je pensais pouvoir le faire, j’en étais convaincu. J’étais jeune, j’étais beau, j’étais fort. J’étais parfait, la vie me souriais à pleines dents !

Le bruit sourd de son corps qui heurte le sol, tête la première. Le craquement sinistre de sa nuque… et la mort. J’ai lâché le souaffle, j’ai sauté à terre, je me suis précipité vers lui. À genoux dans l’herbe, je le tenais serré contre moi, sa tête sur ma poitrine. Je l’appelais, encore et encore. Je hurlais….

« Ne me laisse pas ! Aeddan ! Ouvre les yeux, je t’en supplie ! Réveille-toi ! Ne me laisse pas !!! AEDDAN !!!!!!! »

Mais rien à faire. Le silence. Il ne disait plus rien. Il ne parlait plus. Ne respirait plus. Et la foule aussi s’était tû. Le match s’était interrompu. Tout le monde retenait son souffle. Et moi, je hurlais. Je pleurais. Je me sentais… détruit. Mon cœur s’est brisé. Tout comme mon âme. Tout comme mon être entier. La seule chose qui comptait réellement pour moi... je n’ai pas su la protéger. Je n’ai pas su la sauver. Je n’ai rien pu faire… Trop sûr de moi. Impuissant… si j’avais eu ma baguette… non, ce n’est pas une excuse. Si j’avais simplement eu le réflexe. Un sort aurait suffi. Un simple sort… j’aurais pu le sauver. J’aurais DÛ le sauver… mais j’en ai été incapable.

Je n’avais qu’une seule chose à faire. Un simple levicorpus aurait suffi à l’arrêter. Cela m’aurait laissé le temps de le rejoindre, de le prendre dans mes bras et le déposer au sol. Au lieu de quoi, je l’ai laissé tomber et s’écraser comme une vulgaire poupée de chiffon. Je l’ai laissé se briser la nuque. Je l’ai laissé mourir…

Le match fut interrompu, bien évidement. Le public a été évacué. Puis ils ont voulu emporter le corps. Mais je refusais. Je ne voyais plus rien. Je ne réfléchissais plus. La seule chose qui m’obsédait, la seule chose qui me guidais et me forçait à parler, m’exprimer, c’était de vouloir le garder près de moi. Refuser de le laisser partir. Car c’était accepter sa mort. C’était accepter le fait qu’il n’était plus. Que je l’avais perdu. Et je m’y refusais… Mes camarades ont dû s’y mettre à trois pour me faire le lâcher. Ils m’ont entrainé ailleurs, au calme. J’ai pleuré. Encore et encore. J’ai hurlé jusqu’à ne plus avoir de voix. Et ils m’ont soutenu. Mais j’avais l’impression d’être seul au monde, d’un coup. D’avoir tout perdu, moi qui était si prometteur… je n’étais plus rien. Je n’étais plus personne…

En premier vient le déni.

Cold sheets, but where's my love?
I am searching high, I'm searching low in the night
Does he know that we bleed the same?
Don't wanna cry but I break that way

Je suis rentré chez moi, ce soir-là. Et je me suis couché. Habillé. J’ai serré son oreiller contre moi. Et je me disais que d’un instant à l’autre, la porte allait s’ouvrir et ses pas allaient résonner. Et qu’il viendrait me rejoindre dans notre lit. Et me serrer dans ses bras. Me dire qu’il m’aime… m’embrasser. Aeddan ne pouvait pas être mort. Mais il n’est pas venu… ni ce soir-là. Ni les suivants.

Did he run away
Did he run away,
I don't know
If he ran away
If he ran away,
Come back home
Just come home...

En second vient la colère.

Au bout d’une semaine à ne pas sortir, à ne presque pas manger, à ne pas me laver, à ne pratiquement pas dormir, j’ai commencé à comprendre. Et alors, c’est de la colère que j’ai ressenti. De la colère contre ces enfoirés de batteurs qui se sont acharnés contre nous deux. De la colère contre moi-même, car il s’est mis en danger par ma faute. Car je n’ai pas été capable de réagir lorsqu’il a chuté. Parce que je n’ai rien pu faire. De la colère contre le public qui lui non plus n’a pas réagi. Personne pour stopper sa chute. Personne pour faire quoi que ce soit. Et contre mes camarades qui n’ont pas non plus réagit. J’étais en colère contre le monde entier. Parce qu’il l’a laissé mourir, sous mes yeux, alors que je n’ai pas réagi. Que je n’ai rien fait pour tenter d’empêcher tout cela alors que j’aurais pu. Je me sentais coupable. Je l’étais après tout. Comme tous les autres. Nous étions tous coupables. Et je nous haïssais tous pour n’avoir pas sauvé la vie de l’homme que j’aimais. Je nous haïssais tous de l’avoir laissé mourir aussi misérablement…  

En troisième vient l’expression.

Était-ce la nuit ou le jour, je l’ignore. Mais je fus réveillé par des bruits à la porte. On y frappait. Et on me sommait d’ouvrir. Une voix de femme. Puis celle d’un homme. Tremblantes, les voix. Comme si… comme si les personnes qui m’appelaient pleuraient. Ou peu s’en faut. Finalement, la porte s’ouvrir. Avais-je oublié de la fermer à clefs ? Je ne me souvenais pas. Peut-être avaient-ils utilisé un sort. Mais je m’en moquais. Tout ce que je voulais, c’était qu’ils sortent de là, qu’ils me laissent seul.

J’ai entendu leurs cris de surprise lorsqu’ils ont vu l’état de l’appartement que j’avais entièrement saccagé. Et quand ils m’ont vu, aussi. À quand remontait ma dernière douche ? Mon dernier rasage ? Je ne m’étais même pas changé, depuis. Je me laissais aller. Je me laisser mourir. Je me laissais même décomposer. C’est mon père qui a réagi en premier, m’attrapant par les poignets pour me forcer à me lever. Et moi, je me débattais. Avant de fondre en larmes. Je baragouinais des choses insensées. Que c’est moi qui aurais dû être à sa place. Qu’il ne méritait pas ça. Que tout était de ma faute.

Je me suis pris une claque phénoménale de mon père, avant qu’il ne me prenne dans ses bras, en larmes. Puis ma mère est venue, elle aussi, me serrer, me tenir entre eux deux.

« Tu vas revenir habiter avec nous. »

Un ordre, sans aucun appel.

En quatrième vient la dépression.

De retour à la maison familiale. L’endroit où j’avais grandi, un endroit plein de souvenirs joyeux, plein d’amour, plein de choses positives… et pourtant, je ne voyais que le négatif. La vie n’avait plus de sens pour moi. Elle me semblait fade, sans saveur, sans objectif, sans rien. Je n’avais plus rien. Je n’étais plus rien. Je ne rêvais que d’une chose. Retrouver Aeddan. Le rejoindre. Où qu’il soit. C’est lors d’un après-midi où mes parents travaillaient et où Jamil était sorti que je suis passé à l’acte. Je me suis préparé un bain chaud, dans lequel je me suis installé. Mon bras était posé sur le rebord de la baignoire. Ma main pendait. Dans celle-ci, le coupe-chou qui me servait, d’ordinaire à me raser. Le nombre de fois où j’avais pu me couper, avant de réussir à manier cet objet… Mais ce jour-là, c’était pour une toute autre utilisation que je le tenais si fermement.

Après de longues minutes d’hésitation, je suis venu le placer sur mon avant-bras. Le métal était chaud contre ma peau. Et j’appuyais, doucement, pour commencer. Pour me convaincre que j’allais le faire. Pour me donner le courage, la force. Et puis, lentement, du coude jusqu’au poignet, je taillais profondément dans la chair. Et je me laissais aller, le bras posé sur le rebord de la baignoire, la tête également, les yeux fermés. J’avais l’impression de sentir les bras d’Aeddan enroulés autour de ma taille. Son menton sur mon épaule. Son souffle chatouillant ma peau. Ses lèvres contre ma joue. Enfin, j’allais le rejoindre.

J’entendais sa voix. Je le sentais contre moi. Il m’accompagnait dans cette épreuve, j’en suis certain encore aujourd’hui. Je sentais sa présence. Il était là… Il me murmurait des mots réconfortants à l’oreille. Tout du moins, c’est ce que je croyais à ce moment-là. Mais avec du recul, je me dis que cela ne lui ressemblait pas… Je pense que je voulais juste… me rassurer. Me dire qu’il m’attendait. Qu’il serait là une  fois tout cela terminé.

Et tout est devenu sombre autour de moi. Je ne percevais plus grand-chose. J’ai d’ailleurs à peine entendu la porte s’ouvrir avec fracas et les cris de mon frère retentir. La suite, je ne m’en souviens pas de moi-même. C’est Jamil qui me l’a raconté. Il a trouvé mon corps presque inerte dans l’eau froide, teintée de mon sang. Il a eu ce réflexe que je n’ai pas eu. Il a dégainé sa baguette et a refermé la plaie immédiatement, avant de me sortir de l’eau, m’enrouler dans un linge et aller m’allonger. Lorsque papa et maman sont rentrés, il n’a pas eu d’autre chose que leur raconter ce que je venais de faire.

Les larmes. Ça, je m’en souviens. Leurs questions. Pourquoi ? Pourquoi j’avais fait ça ? Pourquoi… la question que je me posais encore et encore et toujours. Pourquoi lui ? Pourquoi moi ? Pourquoi nous… ?

A la suite de ces évènements, on ne m’a plus laissé seul un instant. J’étais sans cesse surveillé par mon père, qui me trainait de force jusqu’à sa fumerie et me callait dans des coussins avec un narguilé, afin de pouvoir me surveiller pendant qu’il travaillait ou par Jamil qui étudiait à la maison. Son ambition ? Devenir professeur de sort à Poudlard. Et pour se faire, il les apprenait absolument tous. Et il les mettait en pratique, parfois. Et il n’était pas rare que cela échoue et que nous en rions tous les deux…

Une fois encore, avec du recul… je me dis que c’est grâce à eux que j’ai pu remonter, petit à petit, la pente. Mais pas que…

Enfin, en cinquième vient l’acceptation.

I got a fear, oh in my blood
He was carried up into the clouds, high above
If you're bled I bleed the same
If you're scared I'm on my way


Plus d’un an est passé. J’allais sur mes vingt-cinq années. La douleur était toujours présente. Mais je réussissais à la mettre de côté. À ne plus me concentrer sur elle. Je m’étais racheté un balai, après avoir saccagé le dernier. Et quand bien même j’avais -et ai toujours- celui d’Aeddan en ma possession, je n’ai jamais pu monter dessus. C’est trop pénible, aujourd’hui encore, pour moi. Je m’étais remis à voler, lentement mais sûrement. Et avec quelques nouvelles connaissances du quartier, nous faisions quelques passes, le week-end, amicalement.

Mais celui qui m’a vraiment sorti de là, ce n’est nul autre que le Professeur Toggenbourg, directeur de l’école de Poudlard. Il est venu me trouver, un jour, à la fumerie de mon père pour me proposer le poste vacant de professeur de vol. Et malgré les peurs, les craintes et les réticences que je pouvais éprouver à l’idée d’apprendre à des enfants à voler en balai… il a su me rassurer. J’ai accepté. Et à vingt-cinq ans, je faisais ma première rentrée à Poudlard, non pas en tant qu’élève mais bien en tant que professeur.

Si au début, je me montrais timide, réservé voire renfermé, au fil du temps je me suis senti de plus en plus à l’aise avec ces jeunes que je voyais grandir et j’ai pris de plus en plus plaisir à enseigner mais également arbitrer les matchs de Quidditch. J’ai commencé, petit à petit, à devenir ce professeur excentrique que tous connaissent aujourd’hui. Cet homme au sourire toujours présent, à la bonne humeur contaminante et aux mots toujours positifs.

Au bout de trois ans d’exercice, le professeur en charge de la direction de la Maison des Gryffondor a pris sa retraite. Et c’est vers moi que s’est tourné le professeur Toggenbourg, pour le reprise de ce rôle important. Pour la première fois depuis bien longtemps, je n’avais plus peur, je n’hésitais plus. J’avais confiance en mes capacités et je me sentais reconnaissant envers cet homme qui ne voyait que mes qualités là où, fut un temps, je ne voyais que mes défauts. Oui. C’est grâce à lui que j’ai pu devenir l’homme que je suis aujourd’hui. Grâce à lui, mais également grâce à mes collègues, ceux qui m’ont soutenus et bien évidement les élèves, qui me rendent autant que je leur donne.

Et aujourd’hui, c’est mon quotidien. J’ai des devoirs, j’ai des responsabilités et, si je donne parfois l’impression de les prendre à la légère… eh bien ce n’est réellement qu’une impression. Je veux être toujours présent pour les élèves qui ont besoin d’une oreille attentive, de conseils avisés ou tout simplement d’une présence, de quelques mots d’encouragement, un soutien. Je veux être cet homme qui, lorsque vous brillerez, restera dans l’ombre à vous observer, un sourire bienveillant sur les lèvres, avant de retourner à ses nouvelles brebis.

Car les élèves sont, pour moi, les enfants que je n’aurais jamais. Car aujourd’hui, certains de ceux à qui j’ai pu enseigner reviennent me voir, me donnent de leurs nouvelles, me racontent leur vie. Qui ils sont, ce qu’ils font, avec qui ils sont. Je suis un peu comme le grand-frère de tous ceux qui le voudront bien. Et c’est quelque chose qui me convient amplement… c'est même ce qui me fait avancer, ce qui me fait me lever chaque jour, me coucher, chaque soir. Ce qui m'a empêché de m'effondrer lorsque j'ai appris la mort plus que prématurée de ma mère, assassinée par un mage noir. C'est ce qui m'a empêché de plaquer mon travail pour me lancer à la suite de cet homme. C'est ce qui m'a également fait tenir le coup lorsque mon père s'est suicidé, le chagrin étant trop fort. Cruelle ironie. Lui qui m'en empêchait, quelques années auparavant et qui me sortait ses beaux discours a été le premier à le faire, le moment venu... enfin.

Voilà ma vie. Voilà qui je suis.

Il y a trente-trois ans, mes yeux s’ouvraient sur le monde, dans la ville du Caire, en Égypte.

Il y a huit ans, mes yeux se rouvraient sur le monde, au sein de Pouddlard. Car c’est là qu’est ma place, maintenant qu’il ne vit plus à mes côtés mais dans mon cœur…

Vous, derrière votre ordinateur ϟ
Moi. Moi j'suis moi 8D. Appelez moi Idris, c'est très bien comme ça. Fan de Dragon Age. Et de Snape. Mais ça... Bref. J'ai 23 ans. Et... j'rp depuis quelques années, maintenant. J'espère que je va bien m'amuser 8D

   


Dernière édition par Idris al-Mansûr le Mer 25 Jan - 1:40, édité 28 fois
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MessageSujet: Re: Stop de me jalousay, j'suis sur son mon balay || Idris [Terminée !]   Ven 20 Jan - 18:56

...Je...non, j'assume tellement pas la vision de Dorian en mode "I'm too fab for u bitch" qui s'envole sur son balais en faisant un dab. No plz. No. 
Je sens que je vais rire avec tout ça moi. Que dire, je résiste à l'envie de fangirliser parce que Dorian et parce que Directeur des Gryffon. Et parce que arbitre de Quidditch et prof de Vol de balais (genre jpensais que ce cours serai mega mal aimé). 

BIENVENUE A TOI EN TOUT CAS. J'ai hâte de lire tout ça *-*

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MessageSujet: Re: Stop de me jalousay, j'suis sur son mon balay || Idris [Terminée !]   Ven 20 Jan - 19:53

BIENVENUE A TOI *^* Hâte de voir ta fiche. En tout cas j'aime beaucoup ton avatar. ♥ Bon courage pour la suite !
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MessageSujet: Re: Stop de me jalousay, j'suis sur son mon balay || Idris [Terminée !]   Ven 20 Jan - 23:58

COME AT ME BRUH
Vivement la suite de ta fiche ♥️♥️♥️♥️♥️

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The only strength that really matters is the strength that makes you what you are in the eyes of those you love,
even if some of them disappear in your hands.

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MessageSujet: Re: Stop de me jalousay, j'suis sur son mon balay || Idris [Terminée !]   Sam 21 Jan - 7:53

BIENVENUE!
OH MON DIEU CET AVATAR!
OWI C'EST UN SANG-PUR!

Sinon, j'ai hâte de voir ta fiche =3=
Bon courage!
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MessageSujet: Re: Stop de me jalousay, j'suis sur son mon balay || Idris [Terminée !]   Sam 21 Jan - 14:24

Bienvenue ❤
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MessageSujet: Re: Stop de me jalousay, j'suis sur son mon balay || Idris [Terminée !]   Mar 24 Jan - 23:52

MERCI A VOUS zfhjkeghgfbrjkmeqrgkjb !!
J'AI ENFIN FINIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII \o/
Amen.
Courage, Ez ! :D
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MessageSujet: Re: Stop de me jalousay, j'suis sur son mon balay || Idris [Terminée !]   Mer 25 Jan - 1:57

est-ce que je peux exprimer ma haine ? Genre vraiment? Je...sais pas quoi dire en fait. Tu m'as fais pleurer comme un kk, je te hais tellement. Mais genre j'en pleure encore ? C'est pas la longueur qui m'a tuée, c'est les feels. LES FOUTUS FEELS. Et tu sais à quel point je te hais pour ça.

J'arrive même pas à écrire correctement ? T'es fier de toi, avoues. Tu veux que je te dises quoi d'autre ? T'es validé, avec un truc pareil pour sûr que tu l'es. Jte laisse pas aller recenser ton vava ou ton don parce que je sais qui tu es, voila, punition. Du coup tu peux faire ta fiche de lien, ton cours, t'occuper de ton petit club aussi. Enfin tu as de quoi t'occuper !

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MessageSujet: Re: Stop de me jalousay, j'suis sur son mon balay || Idris [Terminée !]   

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Stop de me jalousay, j'suis sur son mon balay || Idris [Terminée !]
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