PROFIL- MP PROFIL- MP PROFIL- MP •• Il semblerait qu'une chèvre ou bien un bouc, personne ne sait vraiment de quoi il s'agit, se balade dans les couloirs du château. Parfois même, des élèves affirment entendre le rire mesquin de cette maudite bestiole sans jamais pouvoir mettre la main dessus. Le directeur affirme pourtant qu'aucune chèvre ou bouc ne se balade dans les couloirs. Affaire à suivre.

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 Tell me where do we draw the line. [Endycott L. Penwinckles]

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MessageSujet: Tell me where do we draw the line. [Endycott L. Penwinckles]   Mer 1 Mar - 10:20

Malgré le froid il avait toujours aimé l'hiver et la blancheur de la neige. La splendeur, la douceur de ces flocons minuscules, tombés tout droit du ciel. Synonymes, symboles de cette saison. Il a neigé d'ailleurs la nuit d'avant. Et la précédente encore. Pourtant ça ne l'arrête pas et il marche. Il marche dans le froid, accompagné de Black Jack, avance dans cette couche épaisse qui repose au sol, joues rougies, souffle presque douloureux. Il n'y fait que peu attention pourtant. Il a simplement l'esprit rivé sur son but. C'est sa routine, à Cassandre. Tous les samedi, il se rend à Pré-Au-Lard, il visite les boutique, observe les plumes joliment présentées, s'achète quelques caramels qu'il met à chaque coup dans sa poche gauche. Il sourit. Dans sa tête, certes, mais il sourit quand même. Son teint est même un peu plus lumineux. On ne fait pas attention à lui lorsqu'il est là bas, au village. Il achète ce qu'il a l'habitude d'acheter puis se dirige vers Les Trois Balais. Il aime bien y aller, pour boire une Bièraubeurre. Profiter de la chaleur du feu, tremper les lèvres dans sa boisson. Il se déconnecte du monde, cesse jusqu'à ses efforts pour s'y intéresser, le comprendre. Et le temps passe. Il passe sans qu'il ne le remarque, jusqu'à ce qu'il ne reste plus une goutte du liquide doré. C'est ainsi tous les samedi. Ou du moins presque tous et il n'aime pas que ça change.

Comme c'est le cas aujourd'hui.

Les Trois Balais est plein de monde. Il pousse la porte, se stoppe aussitôt, comme frappé par quelque chose d'invisible. Son cœur, son cœur est affolé devant cette masse compacte, toutes ces voix différentes, cette profusion de rires, d'éclats. Beaucoup de bruit. Trop pour lui. Par réflexe, sa main se porte à ses oreilles et il cherche à étouffer l'arrivée des sons, ses yeux bleus écarquillés. On le pousse, on le bouleverse. Un vieux sorcier, choppe en main, grogne. Lui donne un coup d'épaule en râlant qu'il est dans le passage. Il ne bouge pas, poupée de chiffon, ballotté par la foule qui se presse vers le comptoir, ne le comprend pas. Il a besoin de longues secondes pour se remettre. Souffler. Repartir. Il referme la porte, ses longs doigts blancs posés sur la poignée, se retourne. D'un regard il englobe la salle, analyse au plus vite la place disponible. Mais même ce qu'il souhaite faire vite lui demande du temps, surtout dans tout ce bazar. Est-ce à cause du froid que les gens se sont réfugiés ici ? Il n'en sait rien mais ça le hérisse. Il va pour esquisser un pas vers une table qui se libère quand dans son dos la porte s'ouvre. C'est banal après tout, une porte qui s'ouvre. Un peu comme le poc de son crayon. Mais ce qui ne l'est pas, c'est ce chaos qui explose avec l'arrivée d'une personne qu'il ne voit pas puisqu'elle est dans son dos.

Un poids s'abat soudain sur lui. Son corps ne résiste pas, bascule et s'écrase au sol. Il ne comprend pas, lui, d'où ça vient. Il se laisse entraîner par la gravité, ferme fort les yeux. Lorsqu'il les rouvre quelques secondes plus tard, il est roulé en boule, des livres éparpillés tout autour, des visages inquiets penchés vers lui. Il les évite, grimace, commence à se redresser alors que son cerveau peine encore une fois à se saisir de la situation. Il se hisse maladroitement debout. Lèvres pincées. S'indigne lorsqu'on tente de l'aider et repousse sèchement une main, la nausée au bord des lèvres.

"Ça va. Je vais bien."

Et elle sort presque de sa monotonie, sa voix. Claque dans l'air, en fait reculer certains alors que les yeux d'azur se baissent à nouveau vers le sol. Ça tangue. Un peu. Autour de lui on se précipite pour aider la seconde personne mais lui, lui il ne voit que les tremblements qui agitent ses mains et qu'il doit s'empresser de calmer. Il réussit sans trop de peine heureusement. Et se tourne finalement vers l'enfant. Oui, toujours le même. Celui qui lui a parlé dans la bibliothèque, qui l'a vu en pleine crise. Il se souvient, même s'il met plusieurs secondes à le resituer. Et il soupire, presque soulagé que ce ne soit pas un pur inconnu.
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MessageSujet: Re: Tell me where do we draw the line. [Endycott L. Penwinckles]   Mer 1 Mar - 16:13

Tell me where do we draw the line.

Il a neigé. Il a neigé ! Endycott se répète la petite phrase en boucle dans sa tête, ravi. Lorsqu'il était enfant, la neige ça voulait dire la permission de sortir, d'aller jouer avec Lillia, Henry et Vincent, faire des batailles de boules de neige, des bonhomme habillés d'une vieille écharpe prêtée par le majordome ou le jardinier... et finir trempés, glacés et heureux, attablés devant un chocolat fumant dans la chaleur de la cuisine du manoir. Tout content, le jeune homme enfile un chaud manteau par-dessus sa robe de sorcier, puis il imite ses camarades de dortoir qui quittent le château en bavardant. Aujourd'hui, c'est jour de sortie à Près-au-Lard. Ce qui implique des choses toutes plus alléchantes les unes que les autres.
Mentalement, il repasse la liste de ce qu'il prévoit de faire. En premier lieu, la librairie. C'est tellement important à ses yeux ! Non pas qu'il ait épuisé le stock de lecture de la bibliothèque - et même si c'était le cas, il y retournerait quand même - mais il avait envie de profiter de l'argent envoyé par ses parents pour s'offrir quelques livres. Aussi, tandis que ses camarades poussaient en chahutant la porte de la confiserie ou celle d'autres boutiques tout aussi alléchantes pour des jeunes gens de leur âge, lui préféra se diriger vers la petite librairie biscornue à laquelle il trouvait bien plus de charme qu'à n'importe quelle autre enseigne. Le petit carillon tinta à son entrée et il retrouva avec plaisir la douce atmosphère de la boutique, avec ses vénérables ouvrages qui côtoyaient des publications plus récentes. Le libraire, un petit homme à l'âge indéfinissable, s'approcha de lui avec un sourire aimable que le jeune garçon lui rendit.
- Monsieur Penwinckles. Je m'étonnais de ne pas encore avoir eu le plaisir de votre visite...
- Bonjour Monsieur Oldman.
Le libraire le prit amicalement par l'épaule en l'entraînant vers l'endroit où se trouvait son bureau. Des ouvrages attendaient là, encore emballés de papier kraft, et Endycott sourit en devinant leurs couvertures. Monsieur Oldman les avait mis de côté pour lui, ce qui lui fait particulièrement plaisir, et il prit le temps de les lui présenter un par un, tout en l'interrogeant sur ses dernières lectures. Endycott resta un long moment à discuter avec lui, évoquant les nouveaux livres parus ces derniers temps, oublieux du reste du monde qui se trouvait derrière la porte embuée. Tant et si bien que lorsqu'il fit ses adieux au libraire et quitta la boutique, Endycott avait la bouche sèche d'avoir tant parlé. Les bras chargés des livres qu'il avait achetés, il marcha dans la neige fraîche qui crissa sous ses pas, et décida de se rendre aux Trois Balais pour y prendre une bièraubeurre et lire un peu dans la chaleureuse atmosphère de l'établissement.
L'esprit déjà occupé par le choix du livre par lequel il allait commencer, il avança vers le pub et tira sur la porte. Comme elle ne s'ouvrait pas, il réalisa qu'il valait peut-être mieux la pousser - il ne parvenait jamais à se rappeler dans quel sens il fallait faire. Puisqu'il n'était pas bien grand et fort, il poussa le battant, mais trop vivement sans doute. Comble de malchance, un client se trouvait de l'autre côté et l'ouvrait en même temps que lui. Emporté par son élan, le jeune homme s'empêtra dans le bas de sa robe, trébucha et tomba en avant, droit sur le dos de quelqu'un qu'il entraîna avec lui dans sa chute, tous ses livres lui échappant. Mortifié, il refusa toutes les mains qu'on lui tendait et, à quatre pattes sur le sol, au mépris de la neige fondue et sale qui maculait les premiers mètres après la porte, il ramassa tous ses ouvrages avant de se relever maladroitement, désireux de s'excuser envers la personne qu'il avait bousculée. Face aux cheveux blonds et au doux visage de l'homme, sa gorge s'assécha encore plus.
- Monsieur Haloran ?? Oh, je suis tellement désolé...
Il savait à quel point le jeune bibliothécaire n'aimait pas être bousculé et il s'en voulait terriblement d'avoir causé un événement inattendu dans son existence soigneusement ordonnée. Dansant d'un pied sur l'autre, il se mordilla la lèvre, inconscient des gens qui se trouvaient autour d'eux, toujours aussi bruyants.

Endycott L. Penwinckles
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MessageSujet: Re: Tell me where do we draw the line. [Endycott L. Penwinckles]   Jeu 2 Mar - 9:52

Les murmures se pressent sur les lèvres, se fraient un passage entre les bavardages, envahissent la pièce en un bourdonnement agaçant. Du bruit, encore du bruit, un peu plus encore. Pourquoi les gens ne se taisent-ils donc jamais ? Pourquoi ressentent-ils le besoin de parler de chaque chose qui se produit ? Ils sont indignés de n'avoir pu les aider ? Alors qu'ils le fassent en paix, parce que ça l'indigne aussi Cassandre, que l'on produise plus de bruit sans se soucier de toute la douleur occasionnée. Heureusement ils finissent par retourner à leurs occupations, alors que lui il est tout simplement là, à fixer le jeune homme sans trop savoir quoi faire. Il est démuni, intrigué autant qu'effrayé par cette nouvelle situation qui se présente une nouvelle fois à lui, mais il y fait face, parce qu'il n'abandonne pas comme ça. Hé Cassandre, pourquoi tu ne nous parle pas ? Il se souvient aussi de ça, du regard du petit garçon planté face à lui, de ses deux grands yeux bruns curieux, plantés sur lui comme des pieux aiguisés. Il n'avait pas compris à l'époque. Il parlait, il en avait l'impression du moins, ça l'avait surpris, cette remarque. Puis il avait replongé dans sa tête, sans plus s'intéresser à cet enfant étrange. Mais là, ça lui saute au visage. Il ne parle pas Cassandre, ou presque pas. Et encore une fois il n'a pas répondu. Le garçon s'est excusé pourtant. Lui, il fixe juste ses deux mains chargées de bouquins, sans rien dire.

Ils disent qu'il est éteint, ceux qui murmurent dans son dos.

Ils n'ont peut-être pas forcément tort. Il se tord les mains puis pince les lèvres, cherche comment rattraper son erreur. Mais parce qu'il ne trouve pas, il se contente de hausser les épaules tandis qu'un sourire minuscule s'esquisse sur ses lèvres, se détourne vers la table qui vient de se libérer et avance vers elle pour s'y installer. Elle est un peu plus loin, pas tellement. Pourtant légèrement à l'écart du comptoir où s'affairent les serveurs. Il s’assoit sur l'une des chaise. Lève quelques secondes le regard vers le garçon, lèvres arrondies d'interrogation, de surprise de le voir toujours là bas, à ne pas savoir quoi faire. Il pensait qu'il l'aurait suivi. Ça ne l'aurait pas dérangé, à vrai dire. Cet enfant ne l'est pas, dérangeant, non. Il est un peu trop discret, certes, s'inquiète trop de la façon dont il peut réagir, Cassandre, mais c'est normal. La maladie n'est pas quelque chose à laquelle les êtres humains sont confrontés tous les jours. Elle peut effrayer, inquiéter. Rendre les gens mal à l'aise. Est-ce qu'il est toujours comme ça, le petit, ou est-il plus joyeux en temps normal ? Il est malheureusement incapable de le savoir, mais ça cesse de le travailler au bout de quelques secondes. Il lui fait un signe du bout des doigts, penche le visage sur le côté.

"Tu viens ?"

Il espère au fond de lui qu'il viendra lui tenir compagnie. Ça évite les importuns solitaires qui viennent parfois s'installer en face de lui, qui pensent qu'ils ne le dérangent pas. Mais ce n'est pas le cas, ce sont ceux qui l'agacent le plus, et qu'il est quand même gentil. Et puis ça l'agace aussi, d'être en face de visages qu'il n'a jamais vu. Et de savoir que le petit est dans la pièce, solitaire également.

Mais faut dire qu'il s'agace vite. Même s'il ne le montre pas.

Comme lorsqu'elle décalait la petite horloge du buffet, sa maman. Ou que Diego pliait le tapis au pied du lit. Il lui fallait le remettre à chaque fois, mais Diego avait toujours cette fâcheuse manie de trotter dessus. Il soupire de soulagement lorsqu'enfin Endycott s'installe. Penche la tête, le regard posé sur ses propres mains.

"Qu'est-ce que tu veux boire ?"

Il est prêt à le lui payer, même si ça aussi ça sort de l'ordinaire. Un peu plus, un peu moins... Il faut qu'il apprenne à dérégler de temps en temps ses habitudes, de toute façon.
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MessageSujet: Re: Tell me where do we draw the line. [Endycott L. Penwinckles]   Jeu 2 Mar - 10:17

Tell me where do we draw the line.

Une fois de plus, Cassandre s'est éloigné sans un mot, mais cela ne dérange plus Endycott. Il s'y est habitué. Cela ne veut pas forcément dire qu'il comprend, mais au moins il sait. Et pourquoi faut-il qu'il y ait encore des murmures curieux ? Les gens ne peuvent-ils pas s'occuper de leurs affaires pour une fois ? Visiblement, non. Ce doit être contraire à la nature humaine.
Et puis vient l'invitation. Étonnante, mais qui lui fait bizarrement plaisir. Jamais personne ne l'a invité, en fait. Il n'est pas quelqu'un de très intéressant, quelqu'un avec qui on peut prendre plaisir à boire un verre dans un pub. Mais Cassandre lui a proposé de venir, alors il ne va certainement pas refuser. Ce n'est même pas de la politesse, il en a vraiment envie. Parce qu'il aime bien le jeune bibliothécaire malgré son étrange maladie, et parce qu'il apprécie sincèrement sa compagnie... différente de celle des autres. Au moins, Cassandre ne le regardera pas avec un ennui affirmé s'il parle de ce qu'il veut lire, ou d'autres sujets qui paraissent si rébarbatif aux yeux des autres jeunes gens de son âge. Alors il sourit - il n'y a qu'avec Cassandre qu'il arrive à sourire si spontanément, comme si sa bouche n'avait pas besoin de lui pour agir - et il s'approche de la table, ignorant les regards curieux qui se posent sur lui.
Les livres font un peu de bruit en heurtant le bois parce qu'ils pèsent lourd et qu'Endycott les lâche sans doute trop brusquement, mais dans le brouhaha ambiant, ce n'est pas grand chose. Toute timidité envolée, il retire son épais manteau d'hiver et s'assoit sur la chaise face à Cassandre. Midny secoue ses ailes, sans grande énergie, puis retourne tranquillement à sa sieste sur l'épaule de son petit maitre.
- Qu'est-ce que tu veux boire ?
La question surprend Endycott. Il ne s'y était absolument pas attendu. Alors ça lui prend un petit instant pour réfléchir, ce qui est un peu idiot puisqu'il avait envie de boire une bièreaubeurre. Mais il a été pris au dépourvu, ce qui l'empêche de répondre tout de suite. Enfin, son cerveau se remet en marche et parvient à lui faire aligner deux pensées cohérentes. Bièreaubeurre. Choppe. Cassandre. Trois Balais.
- Je... Une bièraubeurre. Et toi... euh, vous ?
Une fois de plus, sa langue dépasse sa pensée et il se gifle mentalement pour sa bévue. Il fréquente tellement peu de gens qu'il oublie souvent de s'adresser à eux avec le respect qu'il leur doit. Et comme Cassandre est en plus quelqu'un de très spécial... Se rattrapant comme il peut, il lui rend la politesse.
- Je vais aller passer commande au comptoir, ça sera plus simple.
Et ça lui permet aussi de fuir son malaise en s'enfonçant dans la foule bruyante et dense des clients. Il n'aime pas faire ce genre de gaffes, mais ne peut hélas pas toute les éviter. Fronçant le nez, il se faufile un peu difficilement jusqu'au comptoir, puis il attend patiemment que vienne son tour de passer commande. Devant lui, quelques vieux sorciers discutent avec animation, d'une voix chevrotantes qui rend leurs propos un peu complexes à saisir. A droite, une jeune femme lui adresse un regard timide qu'il n'ose lui rendre, craignant d'être dépassé par ses gestes comme c'est bien trop souvent le cas avec la gent féminine. Enfin, c'est son tour. Se hissant sur la pointe des pieds par réflexe, il tâche de maitriser sa voix pour passer sa commande. Le serveur lui sourit avec indulgence et se retourne pour attraper deux lourdes choppes qu'il remplit généreusement avant de les lui poser devant le nez. Sans sourciller, Endycott paie le prix demandé, sa petite main paraissant minuscule à côté de la grosse paluche de l'homme qui empoche les piécettes puis l'aide à prendre les choppes. Ainsi chargé, le jeune homme retourne s'asseoir, jouant un peu des coudes et progressant bien moins rapidement qu'à l'aller. Mais, enfin, il pose les choppes sur la table et se laisse tomber sur sa chaise avec un discret soupir de soulagement.

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MessageSujet: Re: Tell me where do we draw the line. [Endycott L. Penwinckles]   Ven 3 Mar - 17:17

Il vogue. Perdu dans son monde, ses yeux bleus caressant le bois de la table. Il vogue dans un univers qui lui est propre, sans se soucier vraiment du reste. Ah, si. La voix d'Endycott, il l'entend. Tout comme il comprend la question et fait en sorte de ne pas la louper, ce qui lui arrive fréquemment, malgré tous ses efforts pour ne pas se désintéresser de ce qui l'entoure. Mais cette fois-ci, sa voix résonne clairement, basse et rauque, lui annonce qu'il souhaite prendre une Bièraubeurre, juste assez fort pour que le jeune Serdaigle soit le seul à l'entendre. Parce qu'il n'aime pas le fait que les autres s'intéressent à leur conversation. Ça le gêne, même si lui il entend parfaitement le moindre murmure prononcé dans une pièce silencieuse et qu'il a beau faire de son mieux, il est obligé d'écouter. Il frissonne. Soudain pris d'un doute, il relève la tête. Seulement ça ne fait que confirmer sa crainte, car il est seul, il n'a pas vu le petit partir. A t-il loupé quelque chose d'important ? Une information dissimulée au milieu de quelques mots ? Certainement, comment le savoir ? Il n'y a plus qu'à attendre, à espérer qu'il ne soit pas réellement parti. Parce qu'Endycott aussi, il en aura marre de lui un jour ou l'autre. Ils en ont tous marre au bout d'un moment, et ils partent. C'est pour ça qu'elle n'a jamais répondu à ses lettres non ? Ils s'étaient promis qu'ils se reverraient, qu'ils s'écriraient du moins. Elle ne l'a jamais fait, ne lui a même pas répondu. Il s'est d'ailleurs souvent demandé si elle avait honte, honte de lui et de sa maladie, honte de ce qu'il est. Sa maman avait beau lui affirmer le contraire, il y a toujours eu ce doute en lui.

Ce frisson de peur. Cette certitude que son anormalité lui a coûté celle qui avait le nom de meilleure amie.

Alors pour une fois il fixe la masse grouillante de personnes pour capter le moindre fragment bleu du pelage de Midnight Blue. Mais plus il cherche, moins il les trouve, et il se concentre, fouille sa mémoire à la recherche de l'information échappée, rien ne vient. Sans le remarquer, il fait grincer ses dents. Ses doigts frottent frénétiquement son avant bras droit qui rougit rapidement, il le cherche toujours au milieu de tous ces hommes. Oui ils sont nombreux. Et il n'est nulle part. Un instant il est tenté de se lever afin de mieux voir, mais ce n'est pas un réflexe qu'il a. Non, il est juste bon à attendre, Cassandre, sans savoir quand et même si il reviendra. Endycott. Le prénom est coincé sur ses lèvres, tout au fond de sa gorge. Il angoisse dans le plus grand des silences, se fait du mal dans l'ignorance. Attendant que les secondes ne défilent, que les minutes passent. Finalement la délivrance, quand la masse s'écarte à peine sur le passage de ce petit gars. Aussi, soudain rassuré, il laisse retomber son regard vers la table, se coupe de toutes ces informations qui arrivaient en trombe dans son cerveau. Ce n'était rien. Pas un départ ni un abandon. Juste un instant pris pour aller acheter leurs deux boissons.

"Merci d'avoir payé."

Une personne toute autre le rembourserait. Il n'y pense même pas, pas sur le coup. Mais il finit quand même par fouiller dans sa poche, en sort quelques pièces, avant d'attraper maladroitement mais dans une infinie douceur la main libre et de les y glisser. Après quoi il le lâche. Ramène ses doigts autour de la choppe, ventre noué et cœur battant la chamade. Ça, ce n'est pas habituel non plus, mais parce qu'il a appris que les gens trouvent dans le contact quelque chose qui les rassure, il a jugé bon d'employer plutôt cette méthode. S'il s'était écouté, il aurait posé l'argent sur la table et l'aurait laissé s'en saisir. Est-ce qu'il a bien fait ? Il n'en sait rien, il a juste l'impression que la petite main était terriblement douce et ça lui reste accroché au crâne. Sans un bruit il avale une première gorgée. Ferme les yeux, profite. Ses épaules se dénouent, la tension blottie en lui retombe enfin, il pourrait presque dire qu'il se sent bien. Puis discrètement il lève les prunelles sur le visage fin face à lui, se permet de l'observer quelques secondes, se détourne un peu en ancrant cette vision sur sa rétine. Il aura besoin de plusieurs tentatives pour noter enfin tous les détails du visage, mais il progresse lentement.

"Tu as de la mousse, Endycott. En dessous de la lèvre."

Il l'a remarqué, même si son but n'était pas de faire une nouvelle remarque au jeune homme qui a été si gentil avec lui. Bon, d'accord, il lui est tombé dessus et il a désormais de la poussière sur son pantalon, les mains sales. Il chamboule ses journées, souvent ces derniers temps, et il ne peut que se demander si ce sera toujours ainsi. Il n'en sait rien, mais au moins ça le force à s'adapter une fois de plus, bien qu'il continue – et ça lui reste nécessaire – dans sa routine.
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Serdaigle • Cinquième année
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MessageSujet: Re: Tell me where do we draw the line. [Endycott L. Penwinckles]   Ven 3 Mar - 19:33

Tell me where do we draw the line.

S'il n'y avait pas eu toute cette atmosphère compliquée, son coeur qui battait la chamade après cette lutte contre la foule des clients, le sang qui battait à ses tempes et tout le brouhaha, s'il n'y avait pas eu son regard rivé au bois vieilli de la table, Endycott aurait presque pu jurer avoir vu du soulagement détendre les épaules de Cassandre lorsqu'il était arrivé et s'était laissé tomber fort peu gracieusement sur sa chaise. Mais il a entraperçu l'éclat bleu de son regard et ça le fait sourire. Encore. C'est étrange comme le jeune bibliothécaire parvient si aisément à le faire sourire, lui qui est d'ordinaire si sévère, presque austère. Mais ça lui fait du bien et, même si ses joues lui font un peu mal, peu habituées à cet étirement spontané de ses lèvres, il en est... heureux ?
Et puis le blond fouille ses poches, un peu maladroitement. Endycott se demande avec curiosité ce qu'il y cherche. Quand la lumière de la taverne accroche le métal de la monnaie, il est tenté de refuser. Il n'a pas envie d'être remboursé, ça lui fait plaisir d'offrir quelque chose à boire à Cassandre. Ça lui donne un peu l'impression d'être un véritable adulte, aussi. Mais il a peur que Cassandre prenne mal son refus. Qu'il voit ça comme un rejet, une marque de mépris, voire de pitié. Et ça, ce n'est pas acceptable. Mieux vaut mettre son orgueil dans sa poche, avec son mouchoir par dessus que de voir à nouveau le blond s'enfoncer dans les ténèbres d'une nouvelle crise qui lui serait d'autant plus pénible dans le cadre bruyant des Trois Balais. Endycott voyait déjà la curiosité, l'incompréhension des clients, le brouhaha, les questions, et l'attroupement autour du jeune homme qui lutterait du mieux qu'il pouvait contre cette... quoi que ce soit qui le rongeait et faisait de lui un "malade". Le jeune garçon s'attend à ce que son compagnon pose les pièces sur la table, mais il a la surprise de le voir tendre la main vers lui, alors il tend la sienne en retour. Spontanément. Et, si elle tremble un peu, c'est sans doute dû à l'effort fourni pour porter les lourdes choppes jusqu'à la table, n'est-ce pas ?
La grande main aux doigts fins de Cassandre se pose un instant sur la sienne, laissant l'argent dans sa paume. Mais tout ce qu'Endycott retient, ce sont les légers cals sur sa peau, et la chaleur de sa main. Un frisson le parcourt, sans qu'il sache vraiment pourquoi, et quand la main se retire, laissant les pièces dans la sienne, il a bizarrement froid. Oh, pas longtemps, mais suffisamment pour qu'il se sente un peu chose durant quelques secondes.
Clignant des yeux, il se secoue pour se remettre les idées en place, et range la monnaie dans sa poche, en vue de peut-être passer quand même s'acheter quelques sucreries avant de rentrer à Poudlard. Puis il prend sa choppe, qu'il cramponne de ses deux mains pour obliger son corps à cesser de trembler. Mais enfin ! On ne réagit pas ainsi à un simple geste, c'est ridicule ! Il devrait vraiment arrêter de lire si tard le soir, la fatigue ne lui fait pas du bien... Lentement, il prend une gorgée de bièraubeurre, la garde quelques secondes dans sa bouche pour en décomposer tous les arômes comme son père le lui a appris - et comme il aime le faire - puis il laisse le liquide tiède couler dans sa gorge avant de reposer la choppe, plus détendu. Et se rendre compte que Cassandre le regarde pour ce qui est peut-être véritablement la première fois.
- Tu as de la mousse, Endycott. En dessous de la lèvre.
- A-ah ?
Rougissant, il passe le bout de sa langue sur l'endroit incriminé, léchant la mousse qui disparaît promptement. Cette fois, c'est lui qui évite le regard de Cassandre, pendant ce qui lui semble être un long, très long moment. On appelle ça un moment de solitude, s'il se rappelle bien. Ou peut-être que ça ne l'est que pour lui, qui peut savoir avec Cassandre ? Se forçant à inspirer calmement, Endycott reprend une gorgée de sa boisson, se lèche les lèvres soigneusement en veillant à ne pas laisser de mousse - il ne va certainement pas s'essuyer la bouche avec sa manche, voyons ! - et il relève timidement la tête pour tâcher de meubler le "silence". Si l'on peut appeler silence l'incessant brouhaha de la taverne...
- Puis-je vous demander ce que vous faites à Pré-au-Lard aujourd'hui ?
C'est une question neutre, et polie. Mais elle lui semble un peu trop formelle par rapport à Cassandre qui est tout, sauf formel. Il n'est pas comme les autres, et c'est sans doute l'une des choses qui, chez lui, plait le plus à Endycott.
- Vous êtes allé voir le libraire ?
Un sujet habituel, qui ne risque pas de déstabiliser Cassandre et peut le mettre à l'aise. Tout en lui évitant d'avoir à commencer la conversation, parce que ça ne doit pas être ce qu'il aime le plus faire. Et Endycott ne veut pas le déranger ou l'ennuyer. Il veut devenir son ami, au moins. Enfin... pour ce qu'il connait de l'amitié, ça reste assez vague. Mais il veut pouvoir avoir d'autres moments comme ça. Inattendus mais agréables. Tout en sachant que Cassandre n'aime pas l'imprévu. Et que lui tomber dessus en plein milieu d'un pub bondé, sur un sol souillé par la neige sale... ben ce n'est pas une idée vraiment formidable.

Endycott L. Penwinckles
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MessageSujet: Re: Tell me where do we draw the line. [Endycott L. Penwinckles]   Dim 5 Mar - 20:01

La vérité est l'essence de toute chose. Voila ce qu'il pense. Sans vérité, il n'y a pas de confiance. Sans confiance, il n'y a pas de société. Sans société, il n'y a pas d'humanité. Alors il a toujours dit les choses telles qu'elles sont, même lorsqu'elles sont gênantes ou blessantes, au risque que l'autre en face s'agace et se fâche, se décide à le repousser. De toute façon, le mensonge ne lui est pas du tout naturel, tout ce qu'il cache c'est sa maladie, mais il ne fait que tenter d'enfiler des masques et des costumes, quelques artifices pour ne pas qu'on le pointe du doigt. Jamais plus, s'est-il dit un jour. Parce qu'il sait que ça rend malheureux ses parents, que les gens détournent le regard devant son handicap, s'en moquent, s'en servent pour le faire souffrir. Alors c'est son seul mensonge, de faire croire qu'il est normal. Mais il n'y en a pas, qui passent ses jolies lèvres. Alors pourquoi est-ce qu'il y a toujours ce silence, une fois ses vérités dites ? Pourquoi est-ce que la personne finit toujours poings serrés, lèvres pincées, pleine de reproches ? Il ne comprend pas, mais que peut-il faire pour changer la donne ? Il n'est pas comme les autres, à ajouter une couche de gentillesse pour mieux faire passer les précédentes paroles. Il en est même incapable. Non, il reste là, à attendre sans savoir quoi faire. Se contentant d'avaler quelques gorgées de sa bièraubeurre dans le silence le plus complet, ses longs doigts pâles enroulés autour de la choppe grise, créant un contraste presque effrayant.

Pour lui, le silence n'est pas gênant. Mais il sait que ça indique malgré tout un problème. Parce que les hommes ne cessent jamais de parler pour rien, surtout pas en plein milieu d'un rendez-vous. Oui, bien sûr que ça arrive, même lui le sait, mais ça ne dure jamais aussi longtemps. Alors il jette un regard par en dessous ses cils au garçon. Observe avec toute l'incompréhension du monde ses joues rosies, la langue qui passe sur les lèvres. Ça l'intrigue bien sûr. Et il a beau ignorer combien de secondes, de minutes s'écoulent, il sent que quelque chose ne va pas. Qu'il a encore fait une bêtise en clamant tout haut quelque chose que le jeune homme ne désirait sûrement pas entendre. C'est pourquoi, tout en battant des cils, il baisse à nouveau le regard sur ses mains, presque coupable, les lèvres légèrement pincées, confusion plein la tête alors qu'il sait que toutes les questions qu'ils se pose resteront sans aucun doute sans réponses. Qu'il ne saura pas ce qui a tant gêné Endycott : la remarque, ou autre chose. Il faut lui dire les choses, à Cassandre, même s'il a une fâcheuse tendance à se vexer quand lui ne se prive pas d'envoyer ses vérités à ceux d'en face. Il pense leur rendre service en faisant ça. Après tout, connaître ses défauts permet de les améliorer. Parce que les défauts des autres il les hait, mais il exècre encore plus les siens, cherche la perfection dans ce qu'il fait afin de ne pas être constamment jugé. Puis enfin, une question vient briser ses pensées. Surprit, il laisse sa bouche s'arrondir, avant de rapidement reprendre ce sérieux qui le caractérise.

"Je me rends ici tous les Samedi pour observer les plumes à la papeterie, puis m'acheter quelques caramels pour la semaine. Puis je viens ici pour boire une bièraubeurre avant de retourner au château. Et toi ? Je ne vais pas te demander si tu es allé chez le libraire, je crois connaître la réponse. Tu n'as pas d'amis avec qui aller chez HoneyDuck ?"

L'endroit où vont la plupart des élèves, lorsqu'ils sortent. Parce que HoneyDuck vend énormément de confiseries, mais aussi des dragées surprises que Cassandre n'aime pas tellement. L'imprévu des goûts le hérisse et la dernière fois qu'il en a mangé, il est tombé sur vomi. Il était encore petit, mais il a pleuré pendant un long moment, incapable de comprendre pourquoi le bonbon qu'il avait mangé n'était pas bon. Son papa le lui avait expliqué pourtant. Mais il pensait que c'était une blague, comme celles que font toutes les personnes dans ce monde. Pauvre enfant qui ne comprend pas. Aujourd'hui il ne se fait plus avoir. Il mange ses caramels, un par jour à 16h00 afin de reprendre du courage pour le reste de la journée, et il les adore. Et puis ainsi, ça évite les pièges que font parfois les jeunes sorcières. Les philtres d'amour sont courants dans l'école, ils passent d'une main à l'autre, discrètement, sans que personne ne les remarque, se glissent dans n'importe quoi : nourriture, boissons. Lui, il refuse les propositions qu'on lui fait, même un simple verre d'eau ou un bonbon. Il n'aime pas que ça change et les surprises quelles qu'elles soient, aussi n'ont-elles jamais l'occasion de glisser quelques maléfices dans ce qu'il mange. A cette pensée, ses lèvres s'amollissent un peu et il pourrait sembler qu'il tente de sourire, que son visage s'adoucit. Il boit une nouvelle gorgée de bièraubeurre, fixé sur un point qu'il est seul à voir. Mais lorsqu'il la repose, il le fait beaucoup trop près du bord et la voilà qui bascule, se renverse sur son pantalon et au sol.

Il tressaille. Ne semble pas surpris ou désolé, même si au fond de lui se déclenche un tsunami d'émotions. De nouveau les regards se posent sur eux. Il se saisit avec une maladresse encore plus évidente d'un mouchoir en tissu qu'on leur a laissé, tente d'éponger, de limiter les dégâts. Heureusement elle n'était pas pleine, bue presque aux trois quarts. Seulement, tout ce qu'il voit, c'est cette flaque qui s'étend lentement, épousant presque tendrement le sol à leurs pieds. Il bafouille un peu. Se mord la lèvre tandis que ses joues s'échauffent, ne sait que faire avec le mouchoir trempé qu'il tient en main. Son vêtement est mouillé et froid, il cherche à se lever, manque renverser sa chaise dans la précipitation, retombe dessus. Il panique à l'intérieur de sa tête, se contrôle pourtant encore. Il voudrait juste demander quelque chose pour nettoyer. Qu'on vienne l'aider. Mais tous le regardent sans bouger cette fois jusqu'à ce qu'un elfe de maison les rejoigne pour essuyer le sol. Il s'en veut. D'une voix tremblante, il le remercie, essuie d'une main légère une larme gonflant sa paupière. Oh ça lui arrive tellement fréquemment ces accidents que ça ne le fait plus paniquer, mais ça l'embête un peu. Surtout à cause – encore et toujours – des coups d’œil qui sont jetés dans leur direction.

"Je suis confus, terriblement.. J-Je.. Je ne voulais pas... Je suis maladroit."

Il est adulte, mais dans ces moments on dirait un enfant. Un claquement de doigts de la part de la créature, esclave des sorciers, et la tâche sur son pantalon disparaît. Il sursaute cette fois-ci. D'habitude il fait avec jusqu'à ce que ça sèche, il n'a jamais le réflexe d'utiliser se sort pourtant bien pratique qui nettoie un peu tout ce qui en a besoin. Frénétiquement, le voilà qui se gratte à nouveau l'avant bras, puis il se stoppe, sourcils froncés, tentant de calmer ces sentiments confus montés en lui durant ces longues minutes. Il n'a plus qu'à aller en chercher une autre, de choppe. Ou alors il attendra que le garçon ait terminé la sienne sans plus rien boire, il n'en sait rien.
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MessageSujet: Re: Tell me where do we draw the line. [Endycott L. Penwinckles]   Lun 6 Mar - 15:53

Tell me where do we draw the line.

Regarder les plumes à la papeterie. Oui, cela ressemble tellement à Cassandre qu'Endycott sourit. Il n'a aucun mal à l'imaginer dans la boutique un peu poussiéreuse, fleurant bon le papier et l'encre, ses longs doigts effleurant avec une tendresse toute amicale les douces plumes destinées à couvrir de mots d'infinies pages de papier ou de parchemin. Les caramels, en revanche, c'est un peu plus surprenant. Mais Endycott peut le comprendre. C'est tellement bon, les caramels ! Surtout les caramels mous, qui collent aux dents... D'ailleurs, c'est ce qu'il compte s'acheter tout à l'heure, s'il en a le temps.
- Des amis pour aller chez HoneyDuke ? Euh... non. J'y vais seul, je n'en ai pas vraiment pour longtemps et je sais ce que je veux. Et puis, je ne vois pas qui pourrait venir avec moi. Mais ça ne me dérange pas. Comme ça je peux prendre mon temps pour choisir et goûter.
Il lui semble soudain que Cassandre sourit. Oh, ce n'est pas grand chose, mais c'est joli à voir, ce petit étirement de ses lèvres aux courbes bien dessinées. S'il avait pu peindre, Endycott aurait sans doute été inspiré en le regardant et il aurait essayé de peindre son portrait. Mais il y a bien longtemps qu'il n'a pas pris le temps de sortir toiles et pinceaux, restés chez lui quand il était parti pour Poudlard. Mais peut-être que s'il passait lui-aussi à la papeterie, il trouverait de quoi esquisser au crayon de bois ce visage qui lui plaisait tant. En toute objectivité, bien sûr. Sans y penser, le jeune garçon sourit en retour, le visage caché par sa choppe qu'il porte à ses lèvres pour prendre une nouvelle gorgée de bièreaubeurre. Certes, discuter avec le bibliothécaire est une activité plutôt étrange, et d'autant plus dans ce lieu bondé, bruyant et enfumé, mais il se sent bien, un peu comme s'il était à sa place.
Toutefois, lorsqu'il relève la tête, son sourire s'efface. Cassandre a posé sa choppe trop près du bord, et le récipient lui échappe, basculant brusquement, répandant son contenu sur le sol et sur son pantalon. Inquiet, Endycott va pour bondir de sa chaise afin de l'aider mais il se souvient qu'il ne vaut mieux pas se précipiter et il se fait violence pour parvenir à se rasseoir. Pour s'empêcher de faire une bêtise, il referme la main sur sa robe et observe avec attention son vis-à-vis, craignant une nouvelle crise de la part du jeune homme, tout en ne sachant absolument pas quoi faire pour l'aider ou éviter la crise. Et, effectivement, le beau visage de Cassandre vire à l'orage, prenant cette expression si particulière qui témoigne de son incertitude, le montrant une fois de plus démuni face aux gens qui les entourent. Difficilement, il tente d'essuyer la tache de boisson, peinant maladroitement et n'arrivant pas à grand chose, jusqu'à l'arrivée presque providentielle d'un elfe de maison qui éponge efficacement le sol et fait disparaitre l'auréole humide sur le pantalon d'un simple claquement de doigts. Endycott sait bien que les gens se demandent pourquoi Cassandre n'a pas utilisé ce sort, mais il n'est pas surpris de constater que le jeune homme n'y avait pas pensé. Qui pourrait dire quel chemin prennent les pensées de ce jeune bibliothécaire ? Qui pourrait deviner ce qui se cache derrière ces jolis yeux, ce trop rare sourire et ces beaux cheveux blonds ? Il est ennuyé pour lui. Il voudrait pouvoir forcer les gens à détourner le regard, à cesser de l'observer comme une bête curieuse. Mais comme il n'est qu'un adolescent un peu timide de quinze ans, il ne peut rien faire.
Cassandre s'est rassi, toujours face à lui, et Endycott est rassuré de voir qu'au moins il n'a pas fui, qu'il a surmonté sa crise et qu'il est resté. Les regards finissent par se détourner, et c'est comme si on avait ôté un poids invisible, comme si l'air s'était allégé. Respirant plus librement, le jeune garçon regarde le blond assis tout droit sur sa chaise, le regard rivé sur la table, respirant une nouvelle fois l'incertitude. S'il s'était agi de n'importe qui d'autre, à leur place, le brun aurait posé la main sur celle du blond pour le réconforter, et tout se serait vite arrangé. Mais ce sont eux qui se trouvent là. Le bibliothécaire malade et l'élève peu assuré. Mais Endycott apprend et, au contact de Cassandre, il a l'impression de gagner en confiance en lui. Ce n'est sans doute qu'une illusion, sauf qu'il aime croire qu'il fait partie des rares personnes à être aussi proches du jeune homme blond. C'est ce qui lui donne le courage de pousser doucement sa choppe encore à demi remplie vers lui, tout en tentant un sourire le plus rassurant possible alors qu'il n'en mène pas si large que ça.
- Tenez... Si vous voulez, nous pouvons partager. Il y en a bien trop pour moi tout seul.
Ce n'est pas exactement la vérité. Il lui est déjà arrivé une ou deux fois de boire une choppe de biéraubeurre en entier, mais après il s'était retrouvé un peu barbouillé. Alors ça ne le dérange pas du tout de donner un peu de sa boisson à son compagnon pour remplacer celle qu'il a renversée. Tout en priant de toutes ses forces pour que Cassandre prenne bien sa demande et ne s'en vexe pas ou ne la refuse pas trop violemment. Sa main tremble peut-être un tout petit peu, mais il apprend à se maitriser et à cacher ses craintes. Si ça se trouve, plus il semble sûr de lui et plus Cassandre est rassuré. Ou bien il se fourvoie complètement et il est en train de faire une erreur monumentale. Comme trop souvent. Il n'y a qu'une seule façon de le savoir. Souriant le plus doucement possible, il laisse sa choppe au milieu de la table, anse tournée vers Cassandre.

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MessageSujet: Re: Tell me where do we draw the line. [Endycott L. Penwinckles]   Sam 11 Mar - 12:19

Encore une fois dans la tête de Cassandre, tout est confus, un peu mélangé. Ses pensées forment un tas incohérent qu'il doit chercher à démêler, mais il ignore où est le début, la fin, où est le bout dont il faut se saisir pour que tout se remette correctement en place. Ses sourcils se froncent un peu. Il fouille, s'empare à pleines mains des incompréhensions qui emplissent sa tête, tire, les arrache, se brise sur ses échecs. Puis d'un coup tout devient plus clair. Il parvient à se concentrer à nouveau sur le monde, à ne plus se laisser maltraiter par sa maladie, à reprendre totalement le contrôle. La douleur dans sa tête s'estompe - il a toujours mal à la tête, lorsqu'il s'affole, et c'est quelque chose qu'il ne s'explique pas. C'est comme ça, c'est tout, ça l'est depuis qu'il est enfant et il a cessé de se demander pourquoi tout l'éloigne toujours plus des autres personnes. Il n'est pas normal, c'est tout, et la douleur peut l'étouffer autant qu'elle veut, il sait qu'elle finira par fuir avec sa peur. Parce que c'est une routine pour lui les crises, ce depuis qu'il est enfant, à peine plus grand qu'un pouce. Il n'a pas eu d'autre choix que de s'y faire et il ne s'en porte pas mal. C'est ça qui est important, non ? Il continue à porter son courage et sa volonté, il se tire vers le haut, n'abandonne pas. Parce que, pour lui, lorsqu'on n'a plus de courage, on meurt, et il ne veut pas mourir.

Aux mots et actions du jeune garçon, il penche la tête et pose sur la choppe abandonnée vers lui ses yeux trop bleus. Il ne sait pas ce qu'il doit faire, ni ce dont il a envie, parce qu'il refuse en temps normal tout ce qui vient des autres. Pourtant il s'en saisit d'une main qui se veut ferme, la porte à ses lèvres afin d'en avaler une gorgée. A cet instant, ses prunelles se lèvent vers le visage de son vis à vis et rencontrent les siennes, brisent le contact quelques secondes plus tard. Il avale une nouvelle gorgée et c'est à lui d'avoir de la mousse sur les lèvres, mais il l'efface d'un coup de langue rapide en repoussant la choppe vers le Serdaigle pour qu'il puisse la reprendre s'il le souhaite. Il ne compte pas lui en voler plus, c'est déjà beaucoup tout ce que l'enfant fait pour lui. Rester à ses côtés, l'aider avec ses livres, lui parler, prendre en compte ses demandes, ses avis, lui prêter ses affaires. Cassandre ne sait pas s'il en aurait fait autant si leurs rôles avaient été échangés, mais il a de toute façon du mal à s'imaginer à sa place et abandonne rapidement l'idée de le faire.

"Tu voudrais... qu'on se rende ensemble chez HoneyDuck ?"

Il déglutit. Les joues peut-être légèrement rougies sous cette proposition qu'il juge surprenante, même si elle provient de lui. Il s'est souvenu, depuis le fin fond de sa poitrine, à quel point les autres sont réceptifs à ce genre de choses. Les invitations, les propositions. Ça les rend... heureux ? Il paraît, oui, c'est ce que sa maman dit souvent, que ça rend heureux les gens lorsqu'il fait des efforts pour s'intégrer, pour aller avec eux. Pour être plus comme eux. Il se transforme pour être comme ils le souhaitent et il n'aime pas ça, mais il le fait quand même pour ne pas être toujours seul. Parce qu'il est effrayé par sa propre solitude.

"J'ai déjà acheté ce dont j'ai besoin, mais on peut y aller avant de rentrer. Pour que tu puisses y prendre quelques confiseries."

Il se demande si le garçon acceptera et comprendra ses efforts. Ça doit paraître bizarre pour les autres, un adulte qui invite un élève, mais des bizarreries il y en a eu plus d'une dans sa vie et il y en aura toujours, alors il s'en contrefiche. Il pianote du bout de ses doigts blancs sur la table de bois. Lorsque le garçon aura finit sa boisson, ils s'en iront. Mais en attendant il reste patient, tranquille, et les regards se sont détournés d'eux bien vite tout comme les esprits ont sûrement déjà oublié toutes leurs erreurs depuis leur arrivée. Il y a bien longtemps qu'il n'a rien fait de tel, se faire autant remarquer en un laps de temps aussi court. Mais en présence du jeune homme, ça en serait presque amusant.
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MessageSujet: Re: Tell me where do we draw the line. [Endycott L. Penwinckles]   Lun 13 Mar - 10:42

Tell me where do we draw the line.

Cassandre a pris une gorgée de bièreaubeurre.
Cassandre. A. Pris. Une. Gorgée. De. Bièreaubeurre.
Celle qu'il lui a tendu, dans sa propre choppe. Il ne l'a pas repoussée, pas refusée. Et quand il l'a reposée sur la table, il avait lui-aussi de la mousse autour de la bouche, qu'il a effacé d'un coup de langue. Et puis leurs yeux se sont croisés. Brièvement, mais quand même.
Endycott se tortille un peu sur sa chaise, surpris de se sentir rougir, ses joues le brûlant bizarrement. Ce n'est pas grand chose, mais c'est Cassandre. Et c'est sans aucun doute ce qui rend tout unique. Souriant, Endycott avale la dernière gorgée de sa boisson - de leur boisson en fait - puis il sourit une fois de plus, sans en revenir de la facilité avec laquelle ses lèvres parviennent à s'étirer si naturellement. Et puis... il fait bon dans le pub, le brouhaha ambiant ne le dérange plus tellement, il pourrait presque s'endormir.
C'est pourquoi la proposition de Cassandre le fait sursauter. Déjà un peu alangui, il ne s'y était pas du tout attendu, alors il lui faut quelques secondes pour analyser ce qu'il vient d'entendre, comprendre et chercher une réponse. Face à lui, Cassandre continue et Endycott a soudain envie de poser sa main sur la sienne pour le rassurer, lui dire que c'est vraiment super gentil et qu'il est drôlement content d'aller chez le confiseur avec lui. Mais il se rappelle juste à temps que le blond n'aime pas les contacts et il referme plutôt sa main sur sa choppe désormais vide.
- Je serais ravi d'y aller avec vous. Peut-être qu'on pourra partager un sachet de bonbons en rentrant au château ? Si vous êtes d'accord, bien sûr. J-je ne voudras pas vous obliger à m'accompagner.
Malgré tout, il trépigne intérieurement à l'idée d'aller chez HoneyDuke avec quelqu'un parce que d'habitude il y va tout seul et que c'est bien trop triste. Parfois, derrière sa timidité, l'enfant qu'il aurait pu être refait surface et il a envie d'être comme les autres. Il veut rire, chahuter, faire un peu n'importe quoi. Avec Blanche, c'est de plus en plus facile. Il a moins peur de son regard, alors il l'accompagne lorsqu'elle a besoin d'aide pour préparer une farce, un mauvais coup. Mais Endycott voudrait aussi quelque chose de plus doux, de plus calme. La présence de Cassandre à ses côtés, même si le bibliothécaire est plus vieux que lui, c'est quelque chose qu'il aime. Parce que ça n'implique pas de faire des efforts de conversation, parce que le blond ne se moquera pas s'il ne sait pas quelque chose que tout le monde sait.
- Nous devrions y aller maintenant, sinon il va faire nuit et nous ne verrons plus grand chose...
Il se lève, se débat un instant avec son manteau qui a décidé de s'accrocher au dossier de sa chaise, puis il parvient tant bien que mal à enfiler les manches dans le bon sens, ce qui n'était pas forcément gagné. Il faut ensuite remettre le col correctement, puis attacher les boutons. Bien évidemment, il boutonne lundi avec mercredi, s'acharne comme il peut et parvient ENFIN à tout attacher correctement. Un dernier coup d'oeil pour vérifier que tout est bien mis, qu'il ne s'est accroché nulle part, puis il range sa baguette à sa place, soigneusement. Il ne voudrait pas la perdre comme c'est arrivé à son frère un jour. Henry avait passé deux jours à la chercher partout alors qu'en fait elle n'était simplement pas dans la manche où il la glissait habituellement...
Puis, debout auprès de la table, Endycott se penche pour arranger au mieux ses livres afin qu'ils soient plus facile à emporter.
C'est alors qu'il réalise ce qui reste à la lisière de sa conscience depuis tout à l'heure et qui aurait dû lui paraître évident. La quiétude de Midny, doucement endormi sur son épaule, aurait dû lui mettre la puce à l'oreille dès le début, mais il avait été trop perdu par autre chose. Le brouhaha, la commande, la crise de Cassandre... Un peu interdit, le jeune garçon regarde autour de lui, à la recherche du pelage noir qui trahirait la présence de l'inséparable compagnon à quatre pattes du jeune bibliothécaire. Mais il n'en trouve nulle trace. Alors il se risque à poser la question, tout en ramassant sa pile de livres.
- Black Jack est resté au château ?
Et, à voir le visage du blond se décomposer, non, il ne doit pas être resté au château.

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MessageSujet: Re: Tell me where do we draw the line. [Endycott L. Penwinckles]   Mar 14 Mar - 9:53

Doucement, Cassandre hoche la tête afin de montrer que oui, il est d'accord pour l'accompagner puisque de toute façon c'est lui qui le lui a proposé. Changer soudainement d'avis, ce n'est pas pour lui, il n'en a jamais été capable. Aux mots du garçon il se redresse et prend son écharpe qu'il avait abandonné à côté de lui, l'enroule autour de son cou pour lutter contre le froid ambiant. Et il regarde par en dessous les cils l'enfant se débattre avec ses affaires, la tête légèrement penchée sur le côté, sans comprendre réellement cette maladresse qui le caractérise. Peut-être trouve t-il cela mignon, derrière la barrière de ses yeux trop bleus et trop neutres. Peut-être oui, mais nul ne pourrait le dire, même pas lui. Il se contente de l'observer se débattre, attiré par ses gestes foisonnants, par ses doigts qui ne cessent de se tromper. Un instant il lui semble qu'il va l'attraper par le col, le forcer à se tenir tranquille pour le faire lui même, lui qui supporte mal l'imperfection, mais il ne bouge pas, retient à grande peine les mots qui souhaiteraient encore une fois passer ses lèvres sur lesquelles ce filtre social n'a jamais voulu adhérer. Il se souvient des reproches de sa maman, destinés à l'aider comme elle le disait, et il fait le plus d'efforts possible pour ne plus faire souffrir, surtout pas ce garçon qui n'a absolument rien demandé et qui est - depuis le départ - adorable avec lui.

Il en a conscience de cela Cassandre, que le jeune Serdaigle est gentil avec lui. Mais en même temps, il pense que tout le monde l'est, il ne comprend pas les mensonges dissimulés dans les rires et sourires et il en souffre lorsqu'il se prend en plein visage les moqueries des ceux qu'il pensait être ses amis. Il ne s'est pour autant jamais découragé. Il continue de penser que les autres - malgré leur grande complexité - sont sincères et sans double fond. Qu'ils ne sont pas capable de tromperies. Il s'y est brisé pourtant, sur le flanc des mensonges, mais il continue à y croire. Alors il accepte de laisser le petit entrer dans sa vie, et si ça échoue encore une fois il continuera quand même d'avancer. Dans un éclat de conscience, il va pour l'aider, s'approche un peu et tend les mains vers les livres, quand tout à coup la question résonne tout au fond de son esprit, dilate ses pupilles, blanchit brutalement sa peau. Il se rattrape à un coin de table en se sentant tomber. Mais il ne tombe pas vraiment, c'est juste toute sa tête qui s'écroule, son monde qui bascule. Non, Black Jack n'est pas resté au château, mais il n'avait pas remarqué sa disparition parce que la présence de son chat est toujours discrète. Il ne le voit pas, ne l'entend pas, mais il sait qu'il n'est pas loin. Or, Black Jack n'est pas là. Il n'est pas là, avec lui, alors que c'est sa place habituelle.

"Il.. Il était là tout à l'heure.. J-Je.. B-Black Jack.."

Ils se remplissent de confusion ses beaux yeux bleus, encore. Et à mesure que monte l'orage, les tremblements affolent de plus en plus violemment ses mains. Il se mord la lèvre. Trébuche en se précipitant vers la porte, percute quelqu'un qui le rattrape par réflexe, avant de se mettre à grogner. Il n'y prête pas attention, continue sa route jusqu'à la porte, les jambes flageolantes et l'estomac au bord des lèvres. Il s'entend crier le nom de son chat sous le regard intrigué de tous les sorciers, enroulés dans leurs vêtements chauds, les bouscule sans le vouloir. Ses mouvements sont maladroits, malhabiles, il court comme il peut jusqu'à la papeterie et ouvre un peu trop fort la porte, faisant sursauter le vendeur. Ses lèvres forment le nom de son compagnon à quatre pattes au milieu d'un souffle affolé. L'homme connaît Black Jack, ils le connaissent tous ceux qui ont l'habitude de les voir, alors il lui indique d'une voix un peu chevrotante que non, son chat n'est pas là, le regarde sortir le plus vite qu'il peut. Il cherche des yeux la boule de poils noir, en apnée sans qu'il ne s'en rende vraiment compte. Il avale quelques goulées d'air confuses, les poumons crispés. Assimile toutes les informations du monde beaucoup trop lentement par rapport à ce qu'il voudrait. Ses pas le ramènent devant Endycott. Il s'échoue à ses pieds, à genoux, niche le bout de son nez contre le ventre du garçon sans cesser de trembler.

"Il est parti... Il lui est peut-être arrivé quelque chose.. ou.. Ou..."

Il tente de ne pas penser à pire, mais dans sa tête ça se bouscule. Vraiment. Vraiment fort. Parce qu'il a toujours l'image de Diego, de son corps sans vie. De ses paupières abaissées sur ses songes qu'il ne quittera plus jamais.
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MessageSujet: Re: Tell me where do we draw the line. [Endycott L. Penwinckles]   Mar 14 Mar - 10:33

Tell me where do we draw the line.

Même s'il s'y attendait, Endycott n'en est pas moins surpris par l'ampleur de la crise. Pourtant elle est différente, cette fois. Cassandre ne s'effondre pas sur le sol en tremblant et en se balançant. Non, aveuglé par ces peurs qui n'appartiennent qu'à lui, il s'enfuit hors des Trois Balais, bouscule des gens. Le jeune garçon abandonne ses livres derrière lui, se fichant bien de savoir si on va les lui garder ou pas, et il lui emboîte le pas, bredouillant des excuses à sa place tout en cherchant à rattraper le blond éperdu.
- C'est votre ami ?
La question manque de passer au-dessus de sa tête mais il se retourne quand même vers l'homme.
- Oui. Pardonnez-moi, il a eu une journée difficile et je dois l'aider.
Un marmonnement lui répond mais il ne l'écoute pas, jaillissant hors de la taverne comme un diable hors de sa boîte. De là, il voit Cassandre foncer en aveugle au travers de la rue, appelant son chat d'une voix qui se brise. Endycott ne peut s'empêcher de lui en vouloir, à Black Jack. Son maître a besoin de lui, et il est suffisamment égoïste pour disparaitre sans prévenir, le laissant démunie. Et même si ce n'est qu'un chat, le jeune garçon voudrait bien lui chauffer les oreilles pour lui faire comprendre que Cassandre nécessite sa présence comme d'autres nécessitent une canne pour marcher, et qu'il a eu l'audace de l'abandonner.
Désemparé, il va pour suivre le jeune bibliothécaire dans son errance dans tout Pré-au-lard, mais les gens qui se sont trouvés sur son chemin et ont été bousculés marmonnent, baragouinent des menaces. Alors le mieux qu'il puisse faire pour Cassandre, c'est de s'excuser pour lui, d'expliquer à ces gens ignorant que le jeune homme aime énormément son chat et qu'il s'inquiète pour lui. Endycott ne ment pas, non, un Penwinckles ne ment jamais, mais il ne dit que les morceaux de la vérité qui peuvent le servir. Et comme il se montre poli, courtois, les gens pardonnent, pensent comprendre. Ce n'est pas grand chose, mais c'est déjà ça. Le blond n'a pas besoin d'avoir en plus à faire face à un concert de regards peu amènes lorsqu'il sortira de la boutique du libraire dans laquelle il est entré en coup de vent.
Et enfin, le voilà qui sort, le visage bouleversé. Il titube comme un homme éprouvé, quelqu'un qui est terrifié, et il tremble de tou ses membres. Le coeur crucifié de le voir si faible, Endycott le regarde s'approcher de lui sans un mot et il retient un geste de surprise quand Cassandre s'écroule devant lui, les genoux dans la neige, et pose la tête contre son ventre. Timidement, Endycott ose lui caresser doucement les cheveux, cherchant à tout prix quoi faire pour le consoler, le réconforter.
- Black Jack est très intelligent. Mais il reste un chat. Je suis sûr qu'il est simplement allé chaparder quelque chose à se mettre sous la dent, ou qu'il est en train de conter fleurette à une charmante compagnie féline.
Sans plus s'occuper des regards qui se posent sur eux, curieux, dévisageant cet adolescent tout frêle qui serre contre lui un jeune homme, Endycott s'agenouille lui aussi dans la neige, prenant le visage de Cassandre entre ses mains pour le forcer à le regarder. Pour la première fois, son regard parvient à réellement croiser le sien et il est happé par le bleu infini de ses yeux pendant un instant infime avant de se reprendre.
- Nous allons le retrouver. J'en suis certain. Il ne vous abandonnerait pas sans une bonne raison.
Il met dans ses mots toute l'assurance qu'il peut trouver, même s'il ne la ressent pas vraiment. Voir Cassandre si triste, si plein de peine lui fait mal, presque physiquement. Il ne se l'explique pas, mais c'est ainsi. Et s'il peut l'aider à retrouver son chat, et l'espèce de drôle de sourire qu'il a parfois, il le fera. Tout doucement, il passe ses pouces sous les yeux du blond, caressant sa peau sans vraiment y penser, plus que tout désireux de lui donner le courage de s'en remettre, de se relever et de se reprendre.
- Et puis... il est bien trop malin pour laisser quelqu'un lui faire du mal.
Ce n'est pas vraiment un sourire qu'il lui adresse, mais il le serre brièvement dans ses bras, sans réfléchir, imitant simplement les gestes qu'on a parfois eu pour lui, avant de se relever et de lui tendre ses mains pour l'aider à se remettre debout afin qu'ils puissent partir ensemble à la recherche de ce chenapan de chat qui a failli à tous ses devoirs.

Endycott L. Penwinckles
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MessageSujet: Re: Tell me where do we draw the line. [Endycott L. Penwinckles]   Ven 17 Mar - 8:43

Il aurait pu se dégager en sentant la main du garçon sur ses cheveux blonds. Il aurait pu, il ne le fait pas. Est-ce qu'il y pense au moins ? Il repense à sa maman et l'entend presque fredonner contre son oreille, à son papa qui le serrait trop fort entre ses bras pour le forcer à se détendre, à se re-concentrer sur le monde extérieur et non plus sur sa détresse. Et il sait qu'il doit se calmer, reprendre le contrôle. Il fait au mieux mais sa respiration est difficile, bien trop sifflante, entrecoupée par une toux qu'il ne peut maîtriser. Il halète, comme ces bêtes enragées qui apparaissent dans les livres, le nez enfoui contre le ventre chaud, les ongles enfoncés dans la cape qu'il tient fermement, à laquelle il se raccroche comme à une bouée pour un naufragé. Ça lui déchire la poitrine, son souffle, il a la désagréable impression qu'elle va se fendre, se briser en de nombreux morceaux, s'éparpiller partout autour de lui pour laisser ses poumons à nu. Offerts aux aléas et aux prédateurs. Il récupère peu à peu, les yeux fermés sur des pensées peu appréciables, le visage blotti entre les mains du petit. Elles sont chaudes, il apprécie leur contact sur ses joues glacées par cette température hivernale et finit même par laisser ses paupières se soulever de nouveau. Et c'est sans le vouloir qu'il rencontre les prunelles d'azur du jeune homme, s'y accroche moins de deux secondes puis cherche à les fuir en poussant contre les paumes afin de détourner la tête.

Mais de lui même le jeune homme rompt le contact et Cassandre s'autorise à respirer à nouveau. Plus longuement. Plus calmement. Sa cage thoracique plie enfin et lui obéit, se soulève, s'abaisse, avale l'air dont il a tant besoin. Il parvient à se détendre, croit à ces quelques mots qui franchissent les lèvres d'Endycott. Black Jack va bien. Oui, il veut qu'il aille bien, parce que son chat partage sa vie depuis beaucoup trop d'années, il sait quand il va mal, quand il faut être là, et il ne lui a jamais fait défaut. Jamais sauf aujourd'hui. C'est pour ça qu'il panique ainsi le blond. Parce qu'il autorise le matou à s'éloigner lorsqu'ils sont dans le château, à se promener librement. Mais à Pré-au-lard, c'est différent. Il a besoin de lui, besoin de sa présence en cas de crise, de ses coups de nez contre la joue et de ses miaulements. Alors il fait de son mieux pour faire confiance au Serdaigle, même si ses mains continuent de trembler et que son visage reste pâle. Même si, sans s'en rendre compte, il fait grincer ses dents, se mord l'intérieur des joues jusqu'au sang. Même si ses prunelles continuent de ne rien renvoyer d'autre que de l'inquiétude ou de la peur. Il se force à rester tranquille et à abandonner la panique, parce qu'il est courageux, parce que le gamin est un point d'ancrage dans son monde qui tourbillonne autour de lui.

"Il va bien..." murmure t-il d'une voix rauque. "Mais il faut qu'on le retrouve..."

Les larmes lui enserrent la gorge mais il parvient à les chasser. Il reste quelques minutes de plus blotti contre le ventre du jeune homme, inspire à plein poumons cette odeur qui émane de lui et que Cassandre ne connaît pas bien, puis tente de se relever. Elles ne font que trembler, ses jambes. Mais il reste dessus parce qu'il ne peut rien faire d'autre, parce qu'il doit continuer et le trouver.  Il prend la main d'Endycott entre la sienne, comme le ferait un petit enfant, s'empêtre un peu dans la neige et s'accroche de toutes ses forces aux doigts du petit pour ne pas glisser à nouveau. Et sa voix, légèrement rauque, se borne à appeler le chat sans qu'il n'y ai d'effet. Jusqu'à un coin de rue, où, queue en l'air, oreilles en avant et pelage crasseux, la bestiole ressorte d'un coin pour trotter allègrement vers eux tout en ronronnant. Au grand soulagement du blond qui, sans même s'en rendre compte, recommence à esquisser son étrange sourire.
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MessageSujet: Re: Tell me where do we draw the line. [Endycott L. Penwinckles]   Ven 17 Mar - 10:21

Tell me where do we draw the line.

Enfin. Cassandre est parvenu à plus ou moins se calmer, même si ça n'a pas été sans mal. Distraitement, Endycott se rappelle le contact de ses joues sous ses mains et il rosit. Jamais il n'a été si proche de quelqu'un et ça le met un peu mal à l'aise. Mais pour l'instant, l'heure n'est pas à ce genre de considérations. Il faut toujours retrouver ce satané chat qui a eu le culot de disparaître. Le bibliothécaire se relève, tangue un peu, puis s'accroche à sa main. Il a de la poigne ! Tellement que c'est un peu douloureux, mais le jeune garçon ne dit rien. Peu importe. Ce n'est pas ça qui compte.
Restant aux côtés du blond qui de toute manière le traîne par la main, il cherche le chat partout, sans avoir le réflexe d'utiliser un sort de localisation ou de recherche. Ça ne lui est pas assez familier. Il sent aussi, à la pression de la main de Cassandre, que le blond est toujours sur le fil du rasoir.
- Ne vous en faites pas... Nous n'allons pas tarder à le retrouver.
Ce n'est évidemment qu'un vœu pieu, l'expression d'un espoir qu'on veut absolument voir se réaliser, mais c'est tout ce qu'Endycott a à lui offrir pour le moment. La lumière du soleil décroit, la nuit va finir par tomber, et dans l'obscurité, retrouver le chat va devenir véritablement compliqué. D'autant qu'il commence à faire vraiment froid, avec le vent glacial qui souffle depuis tout à l'heure et la neige qui s'infiltre dans ses chaussures, trempant aussi le bas de sa robe et de son manteau. Il se sent présomptueux d'assurer à Cassandre le retour prochain de Black Jack. Il est aussi fort probable que le chat ait fait une mauvaise rencontre et gise quelque part, mort ou inconscient. Et puis tout à coup, comme pour lui prouver qu'il avait tort de s'inquiéter, au détour d'une rue, qui voilà ? Le Black Jack, avec sa queue en point d'interrogation, qui a l'air terriblement content de lui. Il trottine dans la neige comme si rien ne s'était passé, comme s'il n'avait pas fait défaut à son maître. Comme s'il n'avait pas risqué de tout chambouler.
- Regardez ! Le voilà !
Endycott le désigne du doigt à Cassandre et tire le jeune bibliothécaire avec lui pour s'approcher du matou qui s'est tranquillement assis pour se lécher une patte. En les apercevant, il se relève et trotte vers son maître pour se frotter contre ses jambes en ronronnant. Sur l'épaule d'Endycott, Midnight Blue s'agite, rendu nerveux par la présence du félin, mais le jeune garçon le rassure en caressant de deux doigts ses petites plumes délicates.
- Chut Midny. Tu sais que je ne le laisserai pas te croquer.
En revanche... En revanche, le chat mérite une punition pour cet abandon et toutes les inquiétudes que cela a suscité. Sans réfléchir, il plonge sur l'animal et l'attrape par la peau du cou pour le porter à hauteur de son visage, ses yeux lançant des éclairs.
- Tu n'as pas honte ? On t'a cherché partout pendant que tu t'amusais ! Tu devrais rester auprès de ton maître et veiller sur lui, pas filer en douce à la première occasion pour gambader dans la nature !
Il est tellement fâché contre Black Jack qu'il finit par le reposer un peu sèchement et se détourne, les bras croisés, ne voulant pas non plus faire de mal au chat. Car, après tout, ce n'est qu'un animal, bien loin des considérations humaines. Les sourcils froncés, le jeune garçon se concentre sur Midny qu'il caresse doucement pour se calmer, tournant à moitié le dos à Cassandre et son chat.

Endycott L. Penwinckles
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MessageSujet: Re: Tell me where do we draw the line. [Endycott L. Penwinckles]   Sam 18 Mar - 12:50

Les battements de son cœur reviennent peu à peu à un rythme normal du fait de l'arrivée du matou. Il pose ses yeux sur lui et le couve d'un regard tendre, le laisse se frotter à ses jambes encore tremblantes tandis qu'à travers sa tête se bousculent des fragments d'une joie encore confuse. Il a retrouvé son chat, il est là, avec eux, sale mais en bonne santé. Endycott le gronde, Black Jack glisse sa queue sous ses pattes, un peu inquiet sûrement. Cassandre ne pense même pas à intervenir. Il laisse le garçon faire comprendre au chat ce qu'il a ressenti tout au fond de lui, persuadé qu'il ne pourrait faire mieux. Avec toujours ce léger sourire posé sur ses lèvres, comme une étrange poésie. C'est sans un bruit qu'il se laisse tomber à genoux sur le froid tapis de coton blanc. Un frisson noue sa colonne vertébrale, le pétrifie un instant, il tend les bras vers son compagnon qui n'hésite pas une seconde à venir s'y glisser. Sa chaleur l'emplit aussitôt. Il ferme les yeux, inspire profondément son odeur, le nez enfouit contre son poitrail. Le serre. Comme si sa vie en dépendait, pour ne plus le perdre encore, voir son monde s'écrouler. Black Jack ne tente pas de remuer, calme dans ses bras. Il a l'habitude d'être étreint, attend avec une patience infinie ce moment où Cassandre le lâchera enfin. Et que fera t-il ensuite ? Se contentera t'il de le suivre en trottant ou grimpera t'il sur les épaules du garçon pour s'enrouler autour de sa nuque, au risque de les faire tomber tous les deux ?

Non, il ne causera pas à nouveau la douleur de son maître. Alors quand celui-ci cherche à se redresser, il saute de ses genoux, lui libère la place dont il a besoin. Puis, comme une ombre, se glisse dans ses pas. Il avance vers le garçon, ne perçoit pas réellement son trouble mais comprend, encore une fois à son silence et à sa façon d'être tourné dos à lui, qu'il y a quelque chose qui ne va pas. Il bafouille un peu, cherche ses mots, ignorant comment lui poser la question qui lui démange les lèvres. S'approche encore jusqu'à être à côté de lui. Dans le ciel, le soleil a quasiment disparu et il va être grand temps d'aller chez HoneyDuck. Est-ce que ça ferait à nouveau sourire le Serdaigle ? Cassandre n'en a aucune idée, il ignore même pourquoi le garçon est fâché et ça l'inquiète. Il se passe une main sur la nuque, se mordille la lèvre. Jette un regard perdu à Black Jack avant de soupirer longuement. Est-ce qu'il se rend compte l'enfant, qu'il le perd par ses comportements ? Le blond n'en est pas sûr. Et il veut bien faire des efforts, mais il y a un moment où ça devient difficile, encore plus lorsque le soir décline et que la fatigue de la journée devient de plus en plus pesante sur ses épaules.

"Nous devrions nous dépêcher. La nuit tombe, je vais devoir te ramener au château. Il vaut mieux ne pas traîner."

Il embraye aussitôt un mouvement vers l'avant avant de se stopper brutalement. S'il connaît Pré-au-lard, ou plutôt la grande rue, il ne sait pas vraiment où ils sont. Cassandre n'a jamais eu le sens de l'orientation. Le château a longtemps été pour lui un véritable labyrinthe et il lui a fallu beaucoup de temps pour mémoriser ces dédales. Mais en cas de soucis, il pouvait compter sur les élèves passant par là pour lui indiquer son chemin. Alors il s'en réfère au garçon. Se tourne vers lui, les lèvres arrondies sous une gêne évidente cette fois-ci.

"Je ne sais pas par où il faut passer pour nous en retourner chez HoneyDuck. C'est la première fois que je viens par ici, je suis un peu perdu."

Un peu, un peu, ce n'est pas vraiment le mot. Pourtant il n'en dit pas plus et se laisse guider. Quand enfin ils retrouvent la petite boutique, le soulagement s'abat en flèche sur lui. Il en pousse la porte, salue d'un signe de tête automatique le vendeur assit au comptoir. C'est bien la première fois qu'il voit l'endroit aussi vide, signe que le temps a tourné. Par réflexe il porte son regard sur les caramels, tâte sa poche dans laquelle ils sont rangés avant de soupirer. Changer ainsi son programme le perturbe peut-être toujours autant finalement. Il ne sait plus trop où il en est, il parvient juste à se répéter que ce n'est pas grave et que demain sera comme un autre jour. Alors il attend, sourcils un peu froncés, que le garçon ait choisi ce qu'il va prendre, sans ressentir la douleur de la peur, ou autre chose d'aussi familier.
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MessageSujet: Re: Tell me where do we draw the line. [Endycott L. Penwinckles]   Sam 18 Mar - 23:19

Tell me where do we draw the line.

En devinant du coin de l'oeil Cassandre qui câline son chat, Endycott ne peut s'empêcher de se détendre. Il n'avait pas conscience du poids sur ses épaules, jusqu'à ce que le retour de Black Jack le lui enlève. Bon, il fait encore la tête, mais si peu... C'est plus pour le principe, en fait. Et puis le blond se relève et reparle de faire un tour chez HoneyDuke. Cela ramène une esquisse de sourire sur les lèvres du jeune garçon qui n'a aucun mal à retrouver le chemin. De toute façon, il suffit de suivre leurs traces de pas dans la neige, ils ont tellement piétiné !
Tout en marchant auprès du blond, le chat trottant à ses pieds, Endycott frissonne. Il a tout à coup envie de glisser à nouveau sa main dans celle de Cassandre, de retrouver sa chaleur, parce que la nuit tombe et que le vent fraîchit. De plus, l'obscurité, même si elle est percée par les halos des bec de gaz et des devantures des boutiques, l'effraye un peu. Au moins, Cassandre est là, si près de lui que le jeune garçon sent le mouvement de son manteau contre le dos de ses doigts à chaque pas. Ce n'est pas autant qu'il voudrait, mais c'est déjà mieux que rien. Par contre, ça ne change rien au fait qu'il a froid. De plus en plus froid.
A tel point qu'il est transi lorsque enfin ils arrivent devant la boutique qui est toute illuminée. Endycott pousse la porte et la tient ouverte à son compagnon, non sans le frôler plus ou moins accidentellement dans la manoeuvre. Et puis la chaleur de l'endroit qui fleure délicieusement le sucre l'enveloppe comme une douce couverture et il sourit franchement. Les étalages couverts de sucreries, de gourmandises et de bonbons débordent de couleurs et de formes alléchantes qui chassent efficacement le froid.
- Bonsoir !
Sa voix est joyeuse, plus que d'ordinaire, mais il ne s'en rend pas vraiment compte, butinant d'un bocal à un autre, détaillant toutes ces merveilles qui lui donnent l'eau à la bouche. D'habitude, lorsqu'il vient chez HoneyDuke, il y a tellement d'élèves qu'il est difficile de voir ce que l'on cherche. En plus, sa timidité naturelle l'empêche bien souvent de s'approcher plus que de raison, et il se contente invariablement de prendre les premiers qu'il peut atteindre. Mais ce soir... Ce soir, il n'y a quasiment que lui et Cassandre dans la boutique alors il peut se faire plaisir !
Oubliant presque tout ce qui n'est pas le blond et toutes les merveilles qui se trouvent étalées autour d'eux, Endycott attrape un sachet, qu'il remplit d'un peu de tout. Des caramels - bien évidemment - mais aussi des dragées, des sucres d'orge, des berlingots, des bonbons colorés, des sucettes, des chocolats... Comme il n'a pas l'occasion de faire ça souvent, il en profite complètement. Surtout qu'il sait qu'il ne reviendra pas si vite, ou du moins qu'il n'aura pas forcément l'opportunité de pouvoir une nouvelle fois avoir accès à autant de choses.
Enfin, il s'approche du comptoir et sourit à l'homme derrière qui lui rend ce sourire avec quelque chose de presque attendri dans son expression. Quelque chose de... paternel, en fait. Comme un père ou même un grand père devant la gourmandise de son enfant. Sans hésiter, Endycott dépose sur le bois lustré les gallions demandés, les pièces tintant clairement dans l'air. En échange, il peut récupérer le sachet bien rempli, qu'il serre contre son coeur avec fierté et une joie certaine. Se tournant vers Cassandre, il lui adresse son plus beau sourire, sans même en avoir conscience, et il tend le paquet vers lui.
- Vous en voulez ? Je vous conseille les sucres d'orge, ce sont mes préférés !
Et puis son sourire se fane un peu lorsqu'il se souvient que Cassandre n'est pas comme n'importe qui. Il est unique, et par conséquent, il ne va pas manquer de réagir différemment. Si ça se trouve, cette proposition ne va pas du tout lui plaire et il va la refuser sèchement. Mais Endycott n'est pas certain de pouvoir accepter un refus la tête haute. Alors il rajoute, si vite que les mots se bousculent presque entre ses lèvres.
- Mais si vous n'en voulez pas, ce n'est pas grave !
Il a vraiment envie que Cassandre accepte, sans pour autant vouloir à tout prix lui faire manger une friandise. Sa main tremble un peu, mais il reste courageux et se tient bien droit, la main tendue et le paquet ouvert, offert. Si le blond n'en prend pas, eh bien tant pis, il rangera son sachet dans sa poche, et rien ne l'empêchera de les manger tout seul et de se régaler quand même ! Ça sera juste un peu triste...

Endycott L. Penwinckles
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MessageSujet: Re: Tell me where do we draw the line. [Endycott L. Penwinckles]   Mer 22 Mar - 12:40

Le garçon, libéré de sa timidité, plonge les mains dans les bonbonnes pour y piocher ce qui l'intéresse, ce qui lui fait envie. Cassandre, du coin de l'œil, peut voir l'homme sourire de derrière son comptoir mais il ne comprend pas ce sourire. Il fronce les sourcils sans même s'en rendre compte et pince les lèvres, incapable de saisir que ce sourire est tendre et non emplis de lazzis. Mais parce qu'il est lui, il ne dit rien, se contente de reporter son attention sur ce qu'il y a autour de lui. Les bonbons et leurs couleurs, les senteurs diverses qui passent en effluves alléchantes dans la boutique. Il se gorge de tout ce qu'il ressent, de cet orval d'informations courant à travers son corps et sa tête. Il le supporte parce qu'il a l'habitude. Il se surprend même à l'apprécier. Parce que comme la petite horloge du buffet que sa maman déplaçait tous les jours, c'était devenu un bout de son quotidien. Ça l'aurait stressé davantage si, soudainement, il n'y avait plus eu cette odeur dans laquelle baignait l'endroit. Sans un bruit, il avance vers le pot dans lequel sont rangés les caramels en bonbons ou sucettes, posé sur le comptoir. Il effleure du bout du doigt le bâton de l'une d'elle, s'illumine un peu en songeant à celles qui se trouvent dans sa poche et qu'il mangera au cours de la semaine. C'est son rituel après tout, il est toujours heureux de l'accomplir, du moins rassuré.

Il sursaute en entendant le petit lui parler. Avise le paquet et penche la tête doucement sur le côté. Il parle moins, il fait des efforts pour cela, mais reprend rapidement ce qu'il vient de dire, trop pour lui. Alors ça le perd encore Cassandre, parce qu'il ne sait déjà pas tenir une discussion normale et qu'il doit faire des efforts immenses pour y parvenir, mais que si on va trop vite il en devient incapable. Il cligne des yeux et fronce le nez, avant de lever un regard lénifiant vers lui qui ne se perd encore pas dans le temps. Il n'y peut rien, il n'y arrive pas à regarder les autres plus de quelques secondes, tout comme il n'arrive pas à s'imaginer prendre un bonbon dans le sachet du garçon pour le manger. Mais parce qu'il sait que c'est ce que font les gens dans leur quotidien, partager des choses, offrir, il ne refuse pas vraiment, laisse place à l'espoir sans s'en rendre compte sur le coup. C'est trop tard lorsqu'il réalise, mais il ne se reprendra pas, parce qu'il ne se sent pas le droit de refuser tous les efforts du jeune homme.

"Peut-être une petit peu plus tard. Je n'ai pas très faim pour le moment."

Pourtant, lorsqu'il remarque dans un coup d'œil la déception sur le visage doux, sa main plonge un peu brutalement sur le paquet, s'empare d'un sucre d'orge qu'il fourre dans sa bouche dès le papier retiré. Le goût du sucre, délicieux sur sa langue, lui arrache un soupir de bien être. Il reprend leur chemin, se stoppe lorsqu'ils passent devant les Trois Balais, se souvenant de quelque chose qui remonte de tout au fond de lui. Les livres. Endycott avait des livres quand il est entré, Cassandre les a entendu s'éparpiller partout. D'un pas plus tranquille il retourne à l'intérieur, trouve un passage dégagé pour rejoindre le comptoir derrière lequel s'affaire le barman, Black Jack sur les talons.

"Nous avons oublié des livres sur l'une de vos tables. Serait-il possible de les récupérer je vous prie ?"

L'homme hoche la tête, les pose un peu sèchement puis se détourne. Il les a reconnu, il n'est pas le seul. Mais il n'a surtout pas le temps de trop s'intéresser à eux, après tout il a encore des clients. Il ramasse naturellement les livres et les tient fermement entre ses bras, habitué. Il s'autorise même à jeter un regard sur les titres, puis retourne aux côtés du Serdaigle. Dehors la nuit envahit tout. Ils doivent rentrer rapidement ou le garçon risque une sanction. Du moins il lui semble, il n'en sait plus rien. Alors il se met en route sans lâcher les bouquins, même s'ils rendent son équilibre précaire dans la neige.
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MessageSujet: Re: Tell me where do we draw the line. [Endycott L. Penwinckles]   Mer 22 Mar - 14:48

Tell me where do we draw the line.

Il a failli refuser. Endycott le sait, il l'a lu sur son visage. Mais finalement, il a quand même accepté et attrapé un sucre d'orge dans le paquet. Sa brusquerie fait sourire le jeune garçon qui range son paquet en dissimulant son amusement. Il ne veut pas vexer Cassandre, même s'il est heureux de cette réaction.
Finalement, ils ressortent et le froid l'assaille aussitôt. Un frisson le parcourt alors qu'il referme étroitement son manteau et qu'il resserre son écharpe autour de son cou. Il a toujours envie de se blottir auprès de Cassandre pour bénéficier de sa chaleur, mais le blond marche trop vite et il n'ose pas, trottinant derrière lui. Et quand le bibliothécaire entre vivement dans la taverne des Trois Balais, il reste figé devant la porte qui se referme dans un claquement. Il fait froid, il fait nuit, et Endycott n'est pas véritablement rassuré, ainsi planté devant la porte close. Tout à coup, il se demande s'il n'est pas allé trop loin. Si Cassandre ne le fuit tout bonnement pas. Peut-être que la meilleure chose qu'il a trouvée à faire pour se débarrasser de sa présence qui lui pèse a été de s'enfermer dans le pub en espérant qu'il se découragerait. Et Endycott en est près, de se décourager. Sans qu'il en ait réellement conscience, des larmes lui brûlent les yeux, qu'il chasse d'un revers de main, s'apprêtant à partir.
Et puis la porte s'ouvre dans son dos, Cassandre descend avec sa pile de livre branlante dans les mains. Oh, il les avait complètement oubliés ! Pourtant, il en a besoin, ils sont pour la plupart consacrés à l'occlumancie, cette matière qu'il veut vraiment perfectionner. Il aurait été très malin de les perdre aussi bêtement, juste à cause de la fuite de Black Jack. Le soulagement inonde le coeur d'Endycott qui sourit en tendant les mains vers le blond qui a descendu lestement les quelques marches entre la porte et la rue.
- Oh, merci beaucoup Cassandre ! Je vais les porter, ne vous embêtez pas !
Sans vraiment attendre de réponse, il récupère les livres, qu'il a cette fois la présence d'esprit de ranger. Sortant sa baguette de sa manche, il la pointe sur sa poche, et prononce la formule adéquate d'une voix haute et assurée.
- Capacious extremis !
Pas de changement notable, à ceci près qu'il peut sans le moindre souci faire disparaître tous les ouvrages dans sa poche, les uns après les autres, sans ressentir le moindre poids ou la moindre gêne. Un léger rire joyeux lui échappe lorsqu'il se rend compte qu'il aurait vraiment dû y songer bien plus tôt. Cela lui aurait sans aucun doute évité de les oublier dans la taverne. Mais qu'importe ? A présent, ses livres sont là, de même que le sachet de gourmandises, bien au chaud dans ses poches, ce qui lui évite aussi de se geler les mains dans le froid. Et il se sent bien mieux qu'il ne l'a jamais été, sans trop savoir pourquoi. Probablement grâce à cette drôle de journée qu'il vient de passer à Pré-au-Lard avec l'étrange bibliothécaire qu'il considère comme un ami. Sans rien dire, il marche vers le château en compagnie de Cassandre, regardant les étoiles qui se sont allumées entre les nuages dans le ciel de velours noir. Et il ne réfléchit pas avant de glisser sa petite main dans celle du bibliothécaire, inclinant la tête pour la poser contre son épaule.
- Merci pour cette journée.  
Ce n'était qu'un frêle murmure tandis qu'il ferme les yeux un petit instant, savourant la simplicité du moment.

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MessageSujet: Re: Tell me where do we draw the line. [Endycott L. Penwinckles]   Jeu 23 Mar - 9:33

L'enfant ne le laissera pas longtemps dans le déséquilibre et cette difficulté à se mouvoir. Il récupère ses livres en le remerciant et Cassandre le laisse faire, les prunelles posées sur la poche, normale en apparence, mais qu'il sait aussi profonde qu'un gouffre. Il aurait envie d'y plonger les mains, ça l'intrigue. Parce que les sortilèges, il n'en a jamais utilisé au quotidien et celui-ci encore moins. Il pourrait pourtant dans son métier. Mais sa baguette reste posée sur le bureau ou échouée dans sa robe noire sans qu'il n'y pense plus que ça. Il lui est arrivé bien sûr de s'en servir, seulement ça ne lui sera jamais vraiment naturel, même si son papa a tenté de l'aider à s'y habituer. Alors oui, voir Endycott lancer un sortilège tout près de lui l'intrigue et pique sa curiosité. Ça le rend en quelque sorte encore plus étrange mais il ne s'en soucie pas. Il continue sa route sans craindre ce que les gens peuvent penser tant qu'ils ne le lui disent pas clairement. C'est ce qu'il fait là. Il glisse ses mains dans ses propres poches pour les réchauffer et il avance à son rythme pour ne pas tomber, peut-être un peu perturbé par ce rire clair à l'instar de celui d'un enfant que le garçon a laissé sortir. Pourquoi a t-il rit ainsi ? Cassandre n'en sait rien mais ça lui plait, du moins des fourmillements parcourent sa poitrine et son cœur bat plus fort.

C'est étrange, encore, et ça l'inquiète un peu. Mais il aime ça.

Lui ne rit pas souvent et ça ne l'a jamais embêté. Seulement il a clairement entendu ce son sorti tout droit des lèvres du garçon et il ne peut empêcher son rictus de se poser sur les siennes. Il devrait peut-être lui dire quelque chose n'est-ce pas ? Il y pense mais il ne sait pas vraiment comment le faire, ni si c'est approprié. De toute façon il n'a pas vraiment le temps de parler puisque quelques secondes plus tard - sûrement quelques minutes - le gamin attrape sa main dans la sienne, pose sa tête contre son épaule. Le blond se crispe, se tend complètement. Ce contact le surprend et sa peau se défend en le brûlant violemment. Ça lui arrache un sursaut mais il parvient à se détendre légèrement en se souvenant de ce que sa maman lui disait. Accepter les contacts même s'ils ne sont pas longs, pour s'habituer peu à peu. Puis il fait aussi un effort pour ne pas le rejeter parce qu'Endycott n'est pas comme ceux qui jetaient son corps à terre dans la cour de récréation. Il ne tentera sûrement pas de le frapper ni de l'humilier, mais il a bien du mal à se le dire. Il n'a pas l'habitude qu'on soit gentil avec lui. Après tout il n'a eu qu'une amie, personne pour lui montrer le monde comme il est vraiment. Au contraire, il a connu un nombre incalculable de mauvaises rencontres, de mauvaises personnes. Qui pourrait lui reprocher d'être sur ses gardes ?

"Ton rire est beau."

Ça tombe enfin. Soudainement, brutalement, mais enfin oui. Il le retenait, c'était difficile pour lui. Seulement ça y est, c'est sorti et ça lui fait du bien. Il se sent plus léger. Ses pas le sont également. Il marche, marche, observe le château qui se rapproche de plus en plus. Certains élèvent les dépassent en trottinant, visiblement soucieux d'arriver en retard et Cassandre accélère imperceptiblement le pas. Pas qu'il souhaite couper court au moment mais il ne souhaite vraiment pas que l'enfant ait des soucis. A mesure qu'ils avancent son estomac se tord et grogne, fait pétiller ses yeux.

"Je commence à avoir faim."

Ce n'est pas pour faire la conversation, c'est une constatation toute simple qu'il émet à voix haute. Ils arrivent bientôt au château et ils passent les portes. Cassandre vérifie que Black Jack est toujours derrière eux, le laisse se frotter aux jambes du jeune garçon. Souhaite t-il son pardon ? Quelque chose dans le genre ? Il n'en sait rien mais le regarde faire. Amusé à l'intérieur de lui. La chaleur de la pièce lui fait du bien et il sent ses doigts se réchauffer doucement.
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MessageSujet: Re: Tell me where do we draw the line. [Endycott L. Penwinckles]   Jeu 23 Mar - 19:19

Tell me where do we draw the line.

Comme il s'y attendait, Cassandre s'est raidi en sentant son contact, mais avant qu'Endycott ne puisse se résoudre à s'écarter, le jeune bibliothécaire réussit à se détendre. A l'accepter. Et c'est une petite victoire en soi. Fatigué mais heureux, le petit brun sourit doucement tandis qu'ils arrivent au château. Il est magnifique, tout illuminé, brillant de mille feux dans la nuit, digne des palais de conte de fées qu'il y avait dans les livres que sa maman lui lisait le soir lorsqu'il était enfant. Endycott adore cette vision, et plus encore avec la chaleur de la main de Cassandre autour de la sienne.
Et puis la voix du bibliothécaire s'élève, presque inattendue dans cette beauté féerique. Ses mots se logent droit dans le coeur du jeune garçon, le réchauffent encore plus efficacement que le contact de sa main. Les joues toutes rouges, il tourne un peu la tête sans la retirer de l'épaule où elle se trouve si bien posée.
- Merci... Je crois que je n'ai jamais autant ri qu'aujourd'hui. Pas avec quelqu'un d'autre que mes frères et soeur en tout cas.
Et c'est tout à fait vrai. Mais il en est content que ce soit Cassandre le premier à avoir le droit d'entendre ce rire. Tout comme il avait l'impression de lui adresser un sourire particulier. Un... spécial Cassandre, en quelque sorte.
Alors qu'ils arrivent au château, un gargouillement caractéristique réveille ce rire une nouvelle fois, confirmé par la phrase du blond. Lui aussi il a faim, et il a hâte de gagner la grande salle pour manger. Mais avant ça il lui faut se séparer de Cassandre. Un peu hésitant, il détache sa petite main de celle du jeune homme blond et recule d'un pas, souriant toujours.
- J'ai vraiment passé une très bonne journée avec vous. Merci de tout mon coeur.
Et puis parce que le bonheur rend toujours un peu fou - tout comme l'amour donne des ailes - il revient vers Cassandre, se hisse sur la pointe des pieds et, avant qu'il ne trouve le temps de fuir, ou même que l'idée lui effleure l'esprit, le jeune garçon lui plaque un baiser sur la joue.
Cette fois il recule vraiment, le rose aux joues, ses grands yeux brillants et un sourire irrépressible lui mangeant le visage. Un instant encore, il reste à admirer le bibliothécaire immobile, ses cheveux d'or illuminés par la lueur des torches, sa grande robe noire habillant son corps un peu trop mince, et ses traits si particuliers. Puis, comme une enfant, il s'enfuit presque en courant, ignorant les regards intrigués des élèves qui - comme lui - se rendent dans la grande salle. Une main sur la bouche, il étouffe son petit rire alors qu'il est bêtement heureux. Et il sait déjà que, ce soir, pendant qu'il mangera, il aura bien du mal à ne pas trop tourner la tête vers son ami...

Endycott L. Penwinckles
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