PROFIL- MP PROFIL- MP PROFIL- MP •• Il semblerait qu'une chèvre ou bien un bouc, personne ne sait vraiment de quoi il s'agit, se balade dans les couloirs du château. Parfois même, des élèves affirment entendre le rire mesquin de cette maudite bestiole sans jamais pouvoir mettre la main dessus. Le directeur affirme pourtant qu'aucune chèvre ou bouc ne se balade dans les couloirs. Affaire à suivre.

AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Des étoiles dans ses yeux (Cassy/Endy)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Serdaigle • Cinquième année
avatar
Messages : 33
Age : 18
Localisation : Bibliothèèèèèèèque ! ♥
Serdaigle • Cinquième année
MessageSujet: Des étoiles dans ses yeux (Cassy/Endy)   Jeu 9 Fév - 12:14

Des étoiles dans ses yeux...

Le silence...
C'était sans conteste l'une des choses qu'Endycott aimait le plus dans ce havre de paix qu'était la bibliothèque. Ça et toutes les connaissances qui se trouvaient là, à portée de main, dormant dans ces vieux livres poussiéreux qui n'attendaient qu'une seule chose : que la main curieuse d'un lecteur se pose sur leur couverture pour les ouvrir, passant ses doigts sur la douceur du papier de leurs pages. Et Endycott était de ce genre-là, de ceux qui ouvrent les livres avec chaque fois cette impression de tenir entre ses mains un trésor, de ceux qui peuvent se plonger dans les méandres de ces lignes écrites à l'encre parfois un peu passée, de ceux qui lisent jusqu'à en oublier le monde extérieur. Aujourd'hui, comme hier et sans aucun doute comme demain.
L'un de ses rares sourires aux lèvres, celui qu'il réservait à ses amis de papiers, non celui, presque trop vif pour son visage, qu'il offrait à son amie Blanche, mais un petit sourire, tout doux, tout calme, le jeune garçon erra un instant parmi les vénérables rayonnages, ressentant de tout son être la paisible présence des livres, ancienne et réconfortante. Son père lui avait toujours dit que la bibliothèque était l'âme d'une maison, mais Endycott restait persuadé que c'était l'âme de tout endroit sur terre où vivaient des hommes. Il ne pouvait concevoir la vie sans lecture, comme d'autres ne concevaient pas la vie sans air, ou bien sans eau. En riant, son frère lui disait parfois que ce n'était pas du sang qui coulait dans ses veines, mais de l'encre. Et peut-être que ce n'était pas si faux, après tout.
La bibliothèque familiale faisait la fierté des Penwinckles, mais elle semblait ridiculement petite par rapport à l'infinité de celle de Poudlard. Définitivement, cela lui avait manqué pendant les vacances et le jeune garçon garçon effleura presque tendrement les dos bombés des ouvrages en errant un peu, à la recherche de quelque chose qu'il n'ait pas encore lu, quelque chose qui puisse lui tenir compagnie en lui contant des merveilles jusqu'à ce qu'il soit l'heure de gagner la salle commune pour retrouver les autres élèves et faire ses devoirs. De toute manière, il pourrait peut-être emprunter le livre sur lequel il aurait jeté son dévolu, pour pouvoir s'y replonger avec plaisir une fois glissé entre ses draps, avant de dormir. Comme souvent, son voisin de dortoir lui ferait la remarque, désabusé, qu'il ne voyait pas en quoi sa lecture pouvait être plaisante, mais il aimait cela. Plus que tout.
Finalement, son choix s'arrêta sur un épais volume à la couverture de bois recouverte de cuir très fin, dont le titre s'étalait en lettres d'or, séducteur "Etoiles d'un ciel d'été". Il n'en fallait pas plus pour faire rêver Endycott qui s'assit à la première table qu'il trouva, toute son attention focalisée sur le précieux objet qu'il tenait dans ses mains pâles. Très respectueusement, d'un geste qu'un observateur extérieur aurait sans peine pu qualifier de tendre et caressant, il effleura le cuir vert de la couverture avant de l'ouvrir tout doucement, ajustant son monocle pour pouvoir lire sans que son œil ne lui fasse mal. Puis il se plongea tout entier dans sa lecture. Dire qu'il aimait les étoiles revenait à affirmer que le château de Poudlard était un peu ancien. C'était totalement euphémique. Endycott pouvait passer à peu près autant de temps à regarder le ciel nocturne qu'il en passait à lire. C'est à dire, énormément.
Pour lui, il n'y avait pas grand chose qui puisse égaler la beauté du velours noir de la nuit, piqueté d'étoiles brillantes. Alors il n'avait aucun mal à visualiser les astres que l'auteur de l'ouvrage évoquait, et il souriait doucement, inconsciemment, triturant distraitement la petite chaînette argentée de son monocle, perdu dans son monde. Tant et si bien qu'il failli manquer le chuchotement à sa droite.
- La bibliothèque ferme...
Surpris, il sursauta, réalisant qu'il avait encore perdu toute conscience du monde extérieur, et il se redressa sur sa chaise pour observer ce qui l'entourait, n'apercevant qu'un éclat de cheveux blond du côté où il avait entendu la voix. Sa chandelle avait bien diminué et la lumière du jour n'était plus qu'un vague souvenir dans le crépuscule que l'on devinait derrière les fenêtres. Un peu mortifié d'être une fois de plus resté aussi tard dans la bibliothèque, Endycott referma doucement son livre et, le gardant précieusement serré contre son coeur, il s'approcha du bureau de prêt pour demander à l'emprunter. On lui avait dit que la vieille bibliothécaire était partie "à la retraite" mais il n'avait encore jamais eu l'occasion de voir qui la remplaçait, puisque c'était la première fois qu'il remettait les pieds dans ce sanctuaire après les grandes vacances. Un peu nerveux, il se tint bien droit devant le bureau, et il attendit.

Endycott L. Penwinckles
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur https://www.wattpad.com/user/Aodael
Bibliothécaire
avatar
Animal de Compagnie : Chat noir, Black Jack.
Messages : 21
Bibliothécaire
MessageSujet: Re: Des étoiles dans ses yeux (Cassy/Endy)   Jeu 9 Fév - 16:30

Il s'était senti comme un étranger la première fois qu'il était entré dans l'immense bibliothèque du château. Son lieu de travail. Pourtant il avait été comme intimidé. Inquiet. Aucun bruit pour sûr au milieu des allées. A peine quelques chuchotements auquel il tentait de ne pas prendre garde. Il avait l'habitude, Cassandre, des chuchotements. Et il les entendant tous. Depuis tout petit c'était comme ça, mais il avait fait des progrès. Aujourd'hui il ne se mettait plus à crier et parvenait à faire abstraction de ces choses nuisibles qui polluaient sa vie. Il lui suffisait pour cela de se plonger dans une tâche ou une autre, quelle qu'elle soit, sans oublier de jeter de temps en temps un coup d'œil autour de lui. Mais cette même notion de temps, il ne l'avait jamais vraiment eu, et parfois c'était un élève qui venait - sans s'en rendre compte - le rappeler à l'ordre. Pourtant la vie continuait. Il s'en sortait chaque jour de mieux en mieux, à son grand soulagement. Et ceux qui venaient à la bibliothèque, bien que surpris au départ de ne pas trouver la vieille femme dont ils avaient l'habitude, l'avaient accepté sans faire d'histoire. Sans même faire attention à son handicap, qu'il avait appris à masquer au mieux aux yeux du monde. C'était plus simple ainsi. Pour eux, comme pour lui. Au moins n'avait-il pas à subir les questions gênantes, ou les murmures indignés qu'il avait toujours parfaitement entendu.

Il soupire et se redresse sur sa chaise. Le crayon cesse sa course le long du papier, est déposé un peu trop brutalement sur le bois du bureau. Poc, qu'il fait. Et ça le fait sourire Cassandre, parce que c'est ridicule comme bruit, poc, quand on y pense. Celui ci ne lui fait même pas mal. Il est habituel. Ça fait toujours poc quand il pose un crayon. Marquant la fin de son activité. Il s'étire et parcourt de ses yeux trop bleus la vaste pièce. Il ne reste devant lui qu'un élève, mais il lui faudra tout de même faire le tour de la pièce pour s'assurer que ce petit gars est bien le dernier. Mais avant cela il se lève, se dirige vers lui. La gorge nouée sur les mots qui voudraient sortir. Il lui faut quelques secondes pour se reprendre, parce que d'habitude ce n'est pas lui qui va vers les autres. Lui habituellement, il attend derrière son bureau, que l'on vienne lui poser une question, emprunter un ouvrage. Il ne fait jamais le premier pas. Son cœur bat fort dans sa poitrine, il passe une langue maladroite sur ses lèvres avant de grimacer. Laissant s'échapper sa voix monotone, et ses paroles toutes faites, que l'on lit dans les livres.

"La bibliothèque ferme..."

Il fait demi tour presque aussitôt pour parcourir les rayonnages. Le son de ses chaussures résonnant doucement sur le sol. Personne. Ouf. Il en sourirait presque, mais le soulagement qu'il ressent se répand simplement tout le long de sa poitrine. C'est sans un son qu'il revient au bureau, y trouve l'élève qu'il a délogé quelques secondes auparavant des mots courant sur le papier. Il se rassied sur sa chaise. Ses deux saphirs se plantant d'abord sur le dessin, toujours échoué là, avant de se lever vers les prunelles de l'enfant. Quelques secondes. Ou à peine une seule, il ne sait pas. Puis il baisse de nouveau la tête, assailli par tout ce qu'il peut lire sur le visage de ce garçon.

"Tu désires emprunter ce livre ? Peux-tu me donner ton nom, ton prénom et ton année s'il te plaît ?"

Il ne lui faut qu'un coup d'œil au titre pour se pencher sur le tiroir et trouver la fiche qui correspond. Un coup de tampon est posé sur le morceau de carton, suivi des informations demandées une fois qu'il les lui a donné. Son écriture est appliquée à Cassandre. Il prend son temps pour tracer chaque lettre, parce qu'il a toujours du mal. Manquerait plus qu'il écrive comme un cochon ! Il lui faut de longues secondes pour arriver au bout. Il s'est concentré, et si quelque chose a été dit, il ne l'aura certainement pas entendu. Il attrape l'ouvrage, le lui prend presque des mains. Simplement pour glisser la fiche dans la petite pochette de plastique à l'arrière, avant de le lui redonner.

"Tu as le droit à trois semaines d'emprunt. Si tu ne l'as pas fini, n'hésite pas à demander plus de temps."

Il ne sourit pas. Sa voix est toujours aussi monotone. Il tente de faire des efforts pourtant, mais il est fatigué par ces premières journées de travail. Ça lui demande beaucoup d'attention malgré tout, de veiller sur cet endroit. La bibliothèque est beaucoup plus grande que celle dans laquelle il travaillait avant. Et même s'il s'échappe par le dessin, chaque fois qu'on le dérange, il lui faut revenir au présent, reprendre ses esprits et s'y remettre.


Dernière édition par Cassandre A. Haloran le Ven 10 Fév - 15:19, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Serdaigle • Cinquième année
avatar
Messages : 33
Age : 18
Localisation : Bibliothèèèèèèèque ! ♥
Serdaigle • Cinquième année
MessageSujet: Re: Des étoiles dans ses yeux (Cassy/Endy)   Jeu 9 Fév - 19:07

Des étoiles dans ses yeux...

Endycott quitta la bibliothèque en serrant précieusement contre son cœur l'ouvrage qu'il venait d'emprunter et qui était si passionnant. Il avait hâte de s'y replonger, mais il restait un peu perturbé par la personne qui s'était occupée d'enregistrer son emprunt. Il avait eu l'habitude de voir la bibliothécaire, si vieille qu'elle semblait avoir connu la construction du château, dont les mains parcheminées tremblaient lorsqu'elle prenait les livres. Mais cette fois-ci... Cette fois-ci, il s'était retrouvé face à un parfait inconnu. Jeune, sans doute l'âge de son frère aîné - pour autant qu'Endycott puisse en juger - avec des cheveux blonds et de profonds yeux bleus qui n'avaient pas croisé une seule fois son regard. De manière objective, il pouvait dire qu'il était... beau ? Oui, c'est sans doute ce que dirait sa soeur si elle était à sa place. Mais Lillia n'était pas à sa place et Endycott n'en avait pas grand-chose à faire que le nouveau bibliothécaire soit beau comme un dieu ou laid comme un pou. Du moment qu'il connaissait l'emplacement des ouvrages et qu'il pouvait l'aider à les trouver...
Au final, "Etoiles d'un ciel d'été" fut achevé durant l'heure d'étude et Endycott occupa le reste de son temps à gribouiller des cartes du ciel sur le beau carnet relié qu'il avait eu à son dernier anniversaire, tout en révisant plus ou moins sérieusement ses cours de Défense Contre les Forces du Mal. Il n'aimait pas cette matière, de toute façon, pas plus que le professeur Velasco, parce que toutes ses connaissances théoriques ne lui étaient pas d'une grande utilité et ça lui faisait peur, comme s'il se trouvait au bord d'un ravin sans rien pour le garder du vide. Après tout, était-ce sa faute s'il n'était pas fait pour la pratique et que sa maladresse était aussi vaste que sa mémoire ? Il fut tiré de ses pensées par Midnight Blue, son jobarbille, qui vint frotter sa petite tête aux plumes bleues contre sa joue.
- Oui Midny, murmura-t-il. Je ne te laisserai pas tout seul demain, promis !
Bien évidemment, l'oiseau ne fit aucun bruit, aussi silencieux que ses semblables, mais c'était ce qu'Endycott aimait chez lui. Une affection muette, qui lui laissait tout loisir de penser sans le déranger par des gazouillements aussi incessants qu'inutiles. Ce n'était pas être sans coeur, c'était simplement avoir besoin de calme.
Le lendemain, après les cours, Endycott prit tout naturellement le chemin de la bibliothèque pour rendre son livre et en chercher de nouveau, se demandant un peu bêtement si le nouveau bibliothécaire serait bien là ou s'il avait simplement rêvé sa présence la veille. Comme une étoile qui serait sortie de son livre pour se faire humaine... L'absurdité de cette idée arracha une minuscule ombre de sourire au jeune garçon qui caressa tout doucement le duvet couleur de lapis-lazuli de Midnight Blue qui s'était perché sur son épaule à la fin du cours de Soins Aux Créatures Magiques. Ça, c'était un cours qui lui plaisait davantage, il appréciait le professeur Pringston et sa façon d'enseigner, même s'il était toujours aussi mal à l'aise quand il fallait mettre la théorie en pratique. C'était d'ailleurs l'une des raisons pour laquelle il se dirigeait à présent vers la bibliothèque. Il cherchait de la lecture, de préférence sur les étoiles, mais quelque chose sur la faune magique lui plairait tout autant. Si toutefois il parvenait à vaincre sa timidité pour interroger le jeune inconnu de la bibliothèque.
Il y avait un peu plus de monde aujourd'hui, ce qui ne rassura pas Endycott qui n'aimait pas tellement être en présence d'autres personnes, surtout lorsqu'il devait en plus aller vers un parfait inconnu et lui adresser la parole. L'inconnu en question se trouvait à son bureau, et l'élève s'en approcha lentement, avec appréhension, faisant de son mieux pour ne pas se tordre les mains ou triturer la chaînette de son monocle. Son frère n'aimait pas le voir faire ça, il estimait que c'était la preuve d'un grand vide dans sa tête, mais Endycott avait beaucoup de mal à se passer de ce genre de petits gestes qui lui donnaient l'illusion d'être moins maladroit.
- E-excusez-moi... bredouilla-t-il. Je suis Endycott Penwinckles, un Serdaigle de cinquième année... J'étais le dernier hier soir dans la bibliothèque, j'ai emprunté un livre sur les étoiles et... et... et je voudrais savoir où je pourrais trouver quelque chose au sujet des animaux magiques. S'il vous plait !
Il se rendit soudain compte qu'il avait parlé d'une toute petite voix, presque sans respirer, et il reprit son souffle brusquement, les joues rouges, le coeur battant la chamade et les mains désagréablement moites, n'osant pas regarder le bibliothécaire qui devait le prendre pour un idiot.

Endycott L. Penwinckles
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur https://www.wattpad.com/user/Aodael
Bibliothécaire
avatar
Animal de Compagnie : Chat noir, Black Jack.
Messages : 21
Bibliothécaire
MessageSujet: Re: Des étoiles dans ses yeux (Cassy/Endy)   Ven 10 Fév - 11:15



Le matin est arrivé tranquillement, semblable à tous, à celui d'hier comme à celui de demain, et la bibliothèque a mis du temps avant de s'animer. Il y a toujours quelques élèves bien sûr, qui viennent traîner ici quand ils n'ont pas cours. Mais dès qu'il y a un rayon de soleil, ils préfèrent rester dehors, assis sur un banc, ou aller se promener. Il les comprend Cassandre, il ne les blâmera certainement pas pour cela. Et puis ça lui permet d'arpenter les rayonnages,. De se remettre en tête ce qu'il a pu oublier. Mais il la connaît bien sa bibliothèque. Elle n'a pas beaucoup changé toutes ces années. Et en même temps, voilà seulement cinq ans qu'il en était parti. Seulement cinq ans, il ne se rend pas bien compte de ce que ça représente lui. Il s'est passé tellement de choses depuis son retour à la maison. Il a trouvé sa voie. Il a perdu Diego. On l'a contacté pour le travail et il est reparti. Il lui semble avoir vécu déjà 100 ans ! Et en même temps, les journées passent si vite à ses yeux qu'il ne sait plus tellement où il en est. Il passe ses doigts dans le pelage noir de Black Jack, allongé en roi sur le bureau. Lui aussi il se fait vieux, Black Jack. Et Cassandre redoute le moment où il s'en ira. Mais pour le moment, le chat se contente d'attirer l'attention, ronronnant lorsque les mains d'élèves curieux se posent sur lui, donnant des coups de museaux pour en avoir plus.

Il ne se soucie pas non plus du temps qui passe. Simplement prompt à recevoir de l'amour. Et ça leur suffit, à tous les deux. Ils n'ont pas à penser à la mort, ni à ces choses déprimantes. Ils se concentrent sur le moment présent.

les chaises commencent à se remplir dans l'après-midi. Les vas et viens se font plus nombreux, certains partent et d'autres arrivent. Ça ne le stresse plus autant heureusement, ce léger remue ménage que provoquent les jeunes gens lorsqu'ils arrivent. A vrai dire il s'y habitue doucement et ça finira par lui être familier. Peut-être aimera t-il ça un jour ? En tout cas il garde son calme et travaille comme il le fait tout le temps : avec sérieux. On ne vient pas beaucoup le voir cette fois-ci. Un élève qui ne parvient pas à trouver le bouquin dont il a besoin, un autre qui souhaite emprunter. Rien qu'il ne puisse pas résoudre. Il virevolte aux quatre coins de la pièce pour ranger certains ouvrages, plus pataud que gracieux pourtant, mais l'effort y est. Il revient finalement au bureau, jette un coup d'œil à Black Jack toujours en train d'aguicher ceux qui s'aventurent trop près du bureau. Puis entend une voix qui lui est familière, qu'il a entendu la veille. Il s'en souvient parfaitement, de l'élève. C'est celui qu'il a du déranger alors qu'il était plongé dans sa lecture. Endycott... Serdaigle... Cinquième année... Il se souvient de tout ça, oui. Étoiles d'un ciel d'été. Animaux magiques ? Oui, bien sûr qu'il sait où c'est !

"Bien sûr. Suis moi." Il se redresse. Va pour détourner la tête quand son regard se pose sur la boule de plumes posée sur l'épaule de l'élève. "C'est un Jobarbille ? Il est connu pour n'émettre aucun son jusqu'à sa mort. Alors seulement il libère tous ceux qu'il a entendu au cours de sa vie. C'est un oiseau d'Europe ou d'Amérique, mais on le trouve principalement au Nord, et ses plumes sont utilisées dans les potions altérant la mémoire ou les sérums de vérité."

Une encyclopédie. On le lui a dit plusieurs fois. Toutes ces choses qui entrent dans sa tête, il les retient toujours trop facilement et les recracher n'a pour lui rien de sorcier pour le coup. Il n'a jamais eu besoin de relire ses cours avec acharnement pour que ça rentre. Il suffisait d'une fois. Le plus dur a toujours été la pratique finalement, là où beaucoup d'autres excellent. Il tente de sortir de son observation mais ses iris refusent de lâcher l'oiseau. Il l'observe encore de longues secondes, finit par se mordre la lèvre pour s'obliger à bouger. Et il le fait, faisant volte face pour se rendre jusqu'à l'allée qu'il désire. Créatures magiques. Il l'attire à lui avec un accio, l'un des sorts qu'il utilise le plus fréquemment. Faut dire qu'elles sont hautes, les allées, et Cassandre ne compte pas passer sa vie à grimper des marches d'escabeaux pour attraper les livres du haut. Il le lui donne sans le regarder. Penche la tête sur le côté droit en retournant à son observation de la créature, bleue comme ses yeux bleus.

"Tu as apprécié le livre que tu as emprunté hier ?"

Comme pour faire la conversation. Mais c'est laborieux. Il ne parle réellement qu'aux gens qu'il connaît, et ce petit gars là, il ne le connaît pas. Mais s'il a appris quelque chose avec Diego, c'est que les inconnus ne mordent pas. Et qu'au pire, il s'en sortira une fois de plus blessé sur quelques propos méprisants, quelques mensonges ou une froide ignorance..


Dernière édition par Cassandre A. Haloran le Ven 10 Fév - 15:19, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Serdaigle • Cinquième année
avatar
Messages : 33
Age : 18
Localisation : Bibliothèèèèèèèque ! ♥
Serdaigle • Cinquième année
MessageSujet: Re: Des étoiles dans ses yeux (Cassy/Endy)   Ven 10 Fév - 13:09

Des étoiles dans ses yeux...

- Tu as apprécié le livre que tu as emprunté hier ?

Surpris par la question -posée d'une voix douce, presque monocorde- qui l'arrache à la contemplation du livre entre les belles mains du jeune bibliothécaire, Endycott relève un peu brusquement la tête, juste à temps pour entrapercevoir un éclat de regard bleu. Il lui faut un instant pour trouver quoi répondre, en combattant l'impression d'avoir été pris en faute, une fois de plus par inattention. Surtout que... ce doit être la première fois qu'un inconnu se pique de lui demander s'il a aimé une lecture. D'ordinaire, les gens se fichent bien de savoir ce qu'il vient de lire, tout comme il ne prête pas la moindre attention à leurs loisirs. Alors autant dire qu'il lui est un peu difficile de reprendre ses esprits.

- Euh... Oui. Oui ! C'était un livre vraiment formidable ! Les cartes étaient très précises et les descriptions aussi et... et il était vraiment bien ! J'adore les étoiles, vous savez, et je peux passer des heures à lire des pages et des pages sur le sujet...

Puis, soudain, il se mord la lèvre, contrit, réalisant qu'il s'emballe un peu trop, ne voulant pas déranger le jeune homme avec ses considérations passionnées pour la carte du ciel. Ce n'est pas parce que lui il adore ça que c'est le cas de tout le monde. D'ordinaire, il reste discret et ne parle pas beaucoup, mais si on le lance sur un sujet qui le passionne, il ne sait plus s'arrêter, ce qui rebute pas mal de gens. Qui voudrait d'un ami qui parle tout le temps de choses poussiéreuses et ennuyeuses ? Comme souvent, il est tenté de se tordre les mains pour se donner contenance, mais il se contente de caresser Midnight Blue pour essayer de ne pas paraître terrifié ou mal à l'aise.
Cela lui rappelle que le bibliothécaire, dont il ne connait toujours pas le nom d'ailleurs, a semblé connaitre beaucoup de choses à son sujet. Non pas que ça soit particulièrement rare mais... mais d'ordinaire, personne ne s'intéresse à lui ou bien à son ami à plumes, si ce n'est pour dire "Oh, comme il est mignon ! Comment il s'appelle ?". Rien de bien constructif, en fait. Par conséquent, la remarque du bibliothécaire a de quoi piquer la curiosité d'Endycott qui tente d'adresser un maladroit petit sourire au blond face à lui, chose rendue plus aisée par le fait qu'il n'a pas à affronter le feu bleu de son regard. Avec un peu de chance, il pourrait lui poser des questions et apprendre de nouvelles choses pour nourrir cette incessante soif de connaissances qui le dévore de l'intérieur depuis toujours.
Mais avant ça, il doit trouver une bonne phrase d'approche afin de ne pas sembler idiot ou bien pédant, étalant sa science comme d'autres la confiture.

- Je... j'aimerais beaucoup trouver d'autres ouvrages sur le sujet, en fait. Sur les étoiles, mais aussi sur les créatures magiques. Je sais que ça ne passionne pas grand monde mais j'aimerais en apprendre davantage, sur leurs caractéristiques, leurs milieux de vie... Tout comme je voudrais pouvoir refaire une carte du ciel et savoir me repérer grâce aux étoiles comme les navigateurs de l'ancien temps ! Est-ce que vous connaissez des choses sur le sujet Monsieur ? Vous aimez les étoiles et les animaux ? Votre chat est très beau en tout cas...

Et voilà, c'est reparti, il recommence à parler sans s'arrêter, oubliant de reprendre sa respiration, une main serrée sur son monocle dans sa poche, l'autre toujours dans les plumes de Midnight Blue qui se secoue un peu sur son épaule.

- Oh, désolé Midny, s'excuse le jeune garçon. Je ne voulais pas te faire du mal...

Tout doucement, il prend le petit oiseau sur sa paume et l'approche de son visage, regardant la tête de la boule de plume qui est toute rentrée dans son corps.

- Ne boude pas, s'il te plait.

Tendrement, oubliant une nouvelle fois le monde autour de lui, il dépose un petit baiser sur le fin duvet couleur de lapis-lazuli, caressant son oiseau du bout des doigts jusqu'à ce qu'il cesse de bouder et redresse un peu la tête, ses grands yeux braqués sur lui.

- Pardonne-moi, tu sais très bien que je m'emballe trop vite.

Evidemment, l'oiseau ne répondit pas, mais Endycott sourit tout doucement et replaça son ami sur son épaule avant de reporter une nouvelle fois son attention sur le bibliothécaire.

-Excusez-moi, je suis un peu maladroit...

Endycott L. Penwinckles
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur https://www.wattpad.com/user/Aodael
Bibliothécaire
avatar
Animal de Compagnie : Chat noir, Black Jack.
Messages : 21
Bibliothécaire
MessageSujet: Re: Des étoiles dans ses yeux (Cassy/Endy)   Ven 10 Fév - 15:16



Il a aimé sa lecture. C'est ce que Cassandre retient pour tout et avant tout de toute cette longue tirade qu'il a bien du mal à assimiler. Après tout ce qu'il lui dit est évident non ? S'il a emprunté un tel ouvrage, c'est que l'astronomie lui plaît. Et s'il en est passionné, alors il est naturel qu'il souhaite en lire plus encore pour compléter son savoir. C'est du moins ce qu'il fait, le blondinet, quand il aime quelque chose. Il fouille les bibliothèques pour trouver la moindre information sur le sujet. Il a lu ce bouquin parmi beaucoup d'autres durant sa scolarité, faut dire qu'il passait du temps le nez plongé dans les lignes. Il n'avait que ça à faire, une fois les cours finis. Il ne faisait pas parti du club de duel ni de celui de Quidditch, n'avait pas non plus d'amis avec qui passer du temps. Et si la dernière année il l'avait connue elle, ils n'avaient jamais fait que tracer quelques traits sur un papier qui finirait par disparaître au milieu des autres. Il aimait sa vie comme elle était, sa routine qui ne le quittait jamais. Depuis gosse, il avait à peu près la même. Pourquoi la remuer alors qu'elle lui réussit si bien ? Il est heureux non ? Même si les autres affirmeraient le contraire à la simple vue de son visage fermé et de son manque de sourires. Oui, il est bien ainsi. Il ne dérange personne et personne ne le dérange.

A part peut-être le gamin devant lui.

Non en fait il ne le dérange pas. Il va simplement trop vite. Trop vite pour lui. Il enchaîne les mots, et les yeux bleus se teintent d'une lueur paniquée qu'il est le seul à percevoir. Et il la sent monter en lui. Ramper sur sa peau. Elle est encore faible. Alors il la contrôle. Tentant de démêler les questions au milieu de cette surcharge d'informations. Il fronce les sourcils. Cherche ce qu'il peut bien répondre. Mais tout se bouscule. Ce n'est pas évident de trouver ce dont on a besoin dans une tête embrouillée. Il les a pourtant, les réponses, mais il est bien incapable de les prononcer aussi rapidement que le font les autres personnes. ... De quoi ils parlaient déjà ? Ah oui les étoiles. Les créatures. Et le chat. Black Jack. Son Black Jack qui roule sur les papiers, fous la pagaille dans son travail. Heureusement qu'il a l'habitude de ça aussi. Son chat a toujours eu le don de déranger ce qu'il a classé avec tant de soin et de minutie, tel le diable broyant le travail de l'ange. Mais est-il comparable à un ange ? Rien n'est sûr.

"Black Jack."

L'animal relève la tête à cette voix, rien qu'un murmure. Saute sur le plancher, rejoint en trottant les jambes de son maître auxquelles il se frotte en miaulant doucement. Il le soulève donc Cassandre. Sans se départir de son calme. Enfouissant ses mains aux longs doigts blancs dans le poil charbonneux, ses yeux lovés dans ceux d'émeraude de la bête. Ils s'observent, et Black Jack est aujourd'hui le seul chanceux à pouvoir les voir ainsi, les prunelles de Cassandre. Parce qu'il n'est pas assailli de pensées, pas constamment en train de réfléchir. Il juge silencieusement. Sans le montrer. Et ça, il apprécie le blond. Il n'y a jamais rien à déchiffrer. Il s'est encore perdu dans sa tête, et toute cette conversation lui semble un instant artificielle. Ponctuée de blancs qu'il crée sans le vouloir, lente par rapport à ce que l'élève voudrait sûrement. La confusion l'enveloppe, il cherche ce qu'on lui a demandé. Mais il a oublié. Il se concentre toujours trop sur une chose et oublie le reste.

"J'ai perdu tes questions. Je ne m'en souviens pas. Excuse-moi, je suis malade. Je ne peux pas assimiler lorsqu'il y a trop de choses d'un coup."

Il voudrait ne pas avoir à le dire. Pourtant parfois, ça lui facilite la vie. Soit la personne se retire, l'abandonne, soit elle décide de rester. Mais au moins il joue franc jeu, et n'a pas honte. Il est malade oui, mais ceux qui devraient s'en vouloir, ce sont les médecins qui n'ont jamais trouvé ce qu'il a. Il sait qu'il est différent. Il le sait mieux que quiconque. Parfois il se hait pour ça, puis il se souvient de ce qu'il était avant. Avant Diego. Alors il décide d'être fier pour son meilleur ami désormais sous terre.

"Il s'appelle Midny ? Lui c'est Black Jack."

C'est simple non de parler d'animaux ? Tout le monde les aime. Et son chat, blotti dans ses bras, fait l'unanimité, tant auprès de ses parents qu'ici, à Poudlard. Après tout pour lui aussi c'est comme revenir dans le passé. Ils étaient jeunes tous les deux, mais aujourd'hui ils ont 25 et 14 ans. Et revenir ici, c'est comme retomber en enfance. Cassandre fait un pas vers le bureau. Black Jack dans un bras, il va attraper une pile de livres à ranger, commence à déambuler dans le rayonnage pour les ranger. Peut-être qu'il le suivra, le petit ? Il n'en sait rien en fait. C'est nouveau et différent de ce qu'il a connu avec son amie.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Serdaigle • Cinquième année
avatar
Messages : 33
Age : 18
Localisation : Bibliothèèèèèèèque ! ♥
Serdaigle • Cinquième année
MessageSujet: Re: Des étoiles dans ses yeux (Cassy/Endy)   Ven 10 Fév - 16:33

Des étoiles dans ses yeux...

En voyant son interlocuteur se figer, froncer les sourcils et se tourner vers son chat, Endycott serre les poings. Oh, ce n'est pas de la colère à l'égard du jeune bibliothécaire, non. C'est contre lui-même qu'il est fâché. Une fois de plus, il a parlé trop vite, sans réfléchir, noyant la personne en face sous une tonne d'informations et de questions. Alors il se mord la lèvre, très embêté, et regarde entre ses cils le bibliothécaire prendre son chat entre ses bras. Fasciné, il regarde les grandes mains blanches jouer dans le pelage d'onyx parsemé de quelques poils blancs, signe que l'animal a vécu de longues et belles années. Le blond a des mains magnifiques, Endycott ne peut s'empêcher de le remarquer. Il ne sait pas pourquoi, d'ailleurs, mais il aime beaucoup ses mains. C'est stupide, mais voilà. Et, finalement, il les regarde avec tellement d'intensité qu'il manque de passer à côté des mots que prononce le bibliothécaire de cette voix toujours égale mais si douce...

- J'ai perdu tes questions. Je ne m’en souviens pas. Excuses-moi, je suis malade. Je ne peux pas assimiler s’il y a trop de choses d’un coup.

Cela ajouta encore à la culpabilité d'Endycott qui se maudit une fois de plus de parler si vite. De toute manière, avec lui, Lilia a coutume de dire qu'il ne parle pas souvent et qu'il emmagasine les mots pour tous les ressortir en même temps. Ce n'est peut-être pas si éloigné de la vérité, finalement. Et cette fois, il est mortifié parce qu'il s'est montré d'autant plus incompréhensible que son interlocuteur a du mal à comprendre ce qu'on lui dit si l'on parle vite ou trop. Et puis, d'un côté, il est rassuré. Rassuré parce que le jeune homme ne lui a pas dit qu'il racontait n'importe quoi, qu'il était ennuyant. Non, il lui a simplement fait comprendre qu'il allait trop vite. Ce qui veut dire que, s'il veut lui parler, il faut simplement qu'il y aille progressivement, étape par étape, comme Henri quand il fait de la peinture. Poser ses questions une par une, oui, ça doit être dans ses cordes. Ne pas s'emballer, prendre le temps de réfléchir avant d'ouvrir la bouche. Ça aussi il devrait être capable de le faire. Surtout si le blond est un peu intéressé par ce qu'il dit. Oh ! Cela serait tellement bien d'avoir quelqu'un à qui parler de ces sujets passionnants, d'avoir quelqu'un à écouter disserter pendant des heures... Cela changerait de Blanche qui, même s'il aime beaucoup passer du temps en sa compagnie, préfére passer du temps sur un balais, ou bien à faire des farces.
C'est pourquoi Endycott cesse peu à peu de se mordre la lèvre et que son poing se desserre sans qu'il en ait vraiment conscience. Il réfléchit, essaie de se rappeler toutes les questions qu'il a posées pour les séparer les unes des autres. C'est alors que la voix du blond s'élève à nouveau.

- Il s'appelle Midny ? Lui c'est Black Jack.

Endycott ouvre la bouche pour dire que, non, son oiseau s'appelle Midnight Blue et que "Midny" est un surnom parce qu'il est souvent trop paresseux pour prononcer son nom en entier, et aussi pour dire qu'il trouve que Black Jack va drôlement bien au chat comme nom, mais il se retient juste à temps. Chaque chose en son temps, une phrase à la fois.
Le temps qu'il retienne ses mots, il se rend compte que le bibliothécaire a ramassé une pile de livres et s'éloigne de lui, parmi les rayonnages. Endycott reste désemparé, pensant que le blond le fuit, comme ça, sans autre forme de procès. Puis une petite phrase lui revient à l'esprit.

- Je suis malade.

Le bibliothécaire ne le fuit pas particulièrement. C'est différent. Alors Endycott prend son courage à deux mains, inspire un bon coup l'air poussiéreux qu'il aime tant, puis emboîte le pas au blond qu'il rattrape. Puis il parle. Doucement. Lentement. D'abord, répondre à ses mots, sans non plus s'exprimer comme pour un petit enfant ou un demeuré. Ce n'est pas parce qu'il est malade qu'il est idiot.

- Pardonnez-moi. Je vais essayer d'y aller moins vite... Mon jobarbille s'appelle Midnight Blue. Midny, c'est son surnom.

Il se tait un instant, réfléchit une fois de plus, puis pose une question à son tour, une question qui ne lui était pas venue à l'esprit mais qui lui semble couler de source et qui bouscule toutes les autres pour franchir en premier la barrière de ses lèvres.

- Qui êtes-vous ? Qu... quel est votre nom ?

Certes, c'est un peu stupide, puisqu'il est évident que ce grand blond est le nouveau bibliothécaire. Mais ce qu'Endycott se demande et ne sait pas vraiment comment formuler, c'est son nom, d'abord. Et puis ensuite la raison pour laquelle il est arrivé là. Après... après il verra s'il en sait autant que la vieille dame d'avant. Mais s'il y a une chose dont il est certain, c'est qu'il apprécie déjà un peu cet inconnu qui lui ressemble d'une certaine manière.

Endycott L. Penwinckles
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur https://www.wattpad.com/user/Aodael
Bibliothécaire
avatar
Animal de Compagnie : Chat noir, Black Jack.
Messages : 21
Bibliothécaire
MessageSujet: Re: Des étoiles dans ses yeux (Cassy/Endy)   Sam 11 Fév - 14:37



Il tressaille lorsqu'il comprend que le garçon l'a suivi. Pas qu'il aurait souhaité être seul, mais il se demande un instant ce qu'il lui trouve pour s'intéresser ainsi à lui. Après tout, on ne s'intéresse que rarement à lui et les discussions, ce n'est pas en sa compagnie qu'on les fait. Il a l'habitude, ça ne le dérange pas. Mais le gamin, il a sûrement bien d'autres choses à faire que de parler avec lui. Il est malade après tout, il le lui a dit. Alors pourquoi, comme environ les 3 quarts des gens, n'a t-il pas pris la fuite ? Ça l'étonne. Son regard se teinte d'une lueur très légère de surprise, ou ce qui s'en rapproche le plus. Mais quelques secondes après, le revoilà plongé dans sa tâche, replaçant les livres là où est leur place. Il assimile dans un coin de sa tête ce que l'élève est en train de lui dire, cligne doucement des yeux, lèvres pincées. Puis il se tourne vers lui, porte son regard sur l'oiseau, tend un doigt pour effleurer la minuscule poitrine couverte de plumes azurées tandis que Black Jack approche sa tête, intrigué et gourmand, dans l'espoir peut-être d'en faire son repas. Il est interrompu lorsque Cassandre s'éloigne d'un pas, gigote un peu avant de se recaler. Il y a bien longtemps qu'il n'a plus le simple comportement d'un chat.

"Enchanté Midnight Blue."

Comme si l'oiseau pouvait lui répondre. Il laisse Black Jack grimper sur son épaule, s'enrouler autour de son cou. Savoure la douceur du poil contre sa nuque dégagée. Ses doigts caressent distraitement la queue, jouent avec tandis qu'il laisse un énième bouquin voleter jusqu'à son étagère.

"Je suis le nouveau bibliothécaire. Cassandre Ambroise Haloran. J'ai 25 ans et j'ai étudié ici. Comme toi j'étais à Serdaigle."

Il ne s'en rend jamais compte qu'il parle trop. Il énonce des faits qui sont amenés à se savoir, tout aussi simplement. Son âge, ce n'est pas quelque chose d'intime non ? De toute façon, tout se sait un jour ou l'autre. Et même si on lui répète souvent que les gens - même les sorciers mais pas tous - ne peuvent pas entrer dans sa tête, il est persuadé que ce n'est pas le cas. Que chaque personne entend et sait pertinemment ce qu'il pense. Ça fait bien longtemps qu'il croit cela. Aujourd'hui, ça ne sert plus à grand chose de tenter de le faire changer d'avis.

"Tu bégayes quand tu parles." Il choisi ses mots. "Est-ce que je t'effraies ? Je n'ai pas pour habitude de dévorer les jeunes gens qui se présentent à moi pourtant."

Il sait que ça peut blesser l'enfant. Il ignore pourquoi, mais on l'a souvent grondé parce qu'il dit la vérité. Parce qu'il déteste le mensonge, il n'en fait pas. Mais les gens se blessent, s'écorchent sur ses mots alors qu'il pensait aider. Aussi, parce que ce n'est pas son but aujourd'hui, il tente un sourire. D'avantage pour le rassurer que parce qu'il en ressent le besoin. Il ne sourit jamais pour lui. Cependant il sait que les personnes "normales" ont tendance à le faire pour tout. Alors il sourit comme il le peut et c'est d'abord une grimace qui étire sa bouche, avant de se transformer en quelque chose de plus doux. De plus gracieux. Ce serait presque sincère, s'il savait réellement sourire. Mais non, c'est simplement pour tenter d'alléger son propos, bien qu'il sache pertinemment qu'il recommencera. Que sa franchise sera de nouveau là dans les prochaines minutes, heures, et même journées. Il ne s'arrête jamais de la dire, la vérité.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Serdaigle • Cinquième année
avatar
Messages : 33
Age : 18
Localisation : Bibliothèèèèèèèque ! ♥
Serdaigle • Cinquième année
MessageSujet: Re: Des étoiles dans ses yeux (Cassy/Endy)   Sam 11 Fév - 15:08

Des étoiles dans ses yeux...

Avec fascination, Endycott regarde le long doigt chatouiller doucement les petites plumes de Midnight Blue qui s'agite un peu sur son épaule comme pour montrer à quel point il est fier de susciter l'attention du bel humain devant lui. Et ça fait sourire Endycott. Non pas qu'il puisse comprendre les pensées de l'oiseau, mais il les devine, et ça l'amuse. C'est sans doute pour ça qu'il aime autant Midny, d'ailleurs. Parce qu'ils se comprennent, tous les deux, sans même avoir besoin de parler. Et c'est réconfortant, rassurant. En revanche, le regard gourmand du chat ne le rassure pas vraiment mais, avant qu'il ne puisse faire un pas en arrière pour soustraire son petit oiseau à l'appétit du félin, le bibliothécaire s'est un peu éloigné et Black Jack s'est désintéressé. Discrètement, Endycott laisse échapper un infime soupir de soulagement, puis emboîte le pas au blond qui continue à ranger ses livres, méthodiquement, efficacement. On ne dirait pas, comme ça, qu'il est malade. Il a l'air absolument normal, pour autant que l'élève puisse juger de la normalité des gens, lui qui les côtoie avec tant de méfiance et de distance.
Le blond reprend la parole, toujours de cette voix plate qu'Endycott commence à apprécier, et le jeune garçon apprend ainsi qu'il s'appelle Cassandre. Cassandre Haloran. Qu'il a un an de moins que son grand frère, Henry. Et qu'il était lui-aussi à Serdaigle ! Ça lui arrache un nouveau sourire, tout petit mais bien présent, et il marche à sa suite en jetant des regards un peu partout autour de lui, apaisé la présence un peu imposante des immenses rayonnages que Cassandre - il n'arrive même pas à penser "M. Haloran" - semble connaitre par coeur. En tout cas, il les arpente avec un naturel qu'Endycott lui envie.
C'est pour cela que sa question le surprend un peu, et le fait rosir sans qu'il s'en rende compte. La question et aussi le petit sourire, pâle et un peu forcé, qui l'accompagne, étirant les lèvres joliment dessinées.
- Je... c'est juste que je n'ai pas l'habitude de parler aux gens. Et j'ai peur de dire une bêtise.
Il se tait avant d'en dire trop, tâchant de garder à l'esprit que Cassandre ne parviendrait pas à saisir tout le sens de son propos s'il fait des phrases à rallonge. Alors il réfléchit une nouvelle fois, toujours en se mordillant la lèvre, avant de sortir son monocle pour suivre du regard les titres qui les entourent afin de trouver quelque chose d'intelligent à dire et comment le formuler.
- Est-ce que...
En se rendant compte qu'il va encore se mettre à bégayer, il s'arrête brusquement, prend une profonde inspiration, puis se lance le plus intelligiblement possible.
- Est-ce que vous aimez les étoiles Cass... M. Haloran ?
Il s'est rattrapé de justesse parce qu'il ne sait pas comment le blond le prendrait s'il l'appelait par son prénom. Après tout, il est bibliothécaire alors que lui n'est qu'un simple élève, de dix ans son cadet. Et quand bien même il était malade, cela n'autorisait pas pour autant Endycott à lui manquer de respect. Il savait ce que c'était et refusait de faire partie de ces gens qui traitent avec mépris ceux qui leur sont différents. Tout doucement, il lève la tête, rassuré par le fait que le blond ne cherche pas à croiser son regard. Il lui aurait été encore plus difficile de garder contenance s'il avait dû soutenir ces deux saphirs étincelants. Une comparaison qui ne lui serait d'ailleurs sans doute jamais venue à l'esprit s'il ne s'était pas retrouvé face à Cassandre. Cet homme semblait l'inspirer, de façon un peu étrange, mais il se sentait plus en... phase avec lui qu'avec d'autres personnes. Après tout, ils semblaient avoir un certain nombre de points communs, et notamment cette difficulté à fréquenter et comprendre les gens.

Endycott L. Penwinckles
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur https://www.wattpad.com/user/Aodael
Bibliothécaire
avatar
Animal de Compagnie : Chat noir, Black Jack.
Messages : 21
Bibliothécaire
MessageSujet: Re: Des étoiles dans ses yeux (Cassy/Endy)   Dim 12 Fév - 13:59



Cassandre a repris sa marche. Un pas après l'autre, sans tourner la tête vers son interlocuteur. Non, bien sûr que non, il l'écoute et ne le regarde pas, comme toujours. Comme il le peut il continue ce qu'il fait toujours à cette heure ci : le rangement des livres. C'est sur son planning, il n'aime pas que ça change, ça l'angoisse. Et puis il aime ça, ranger les bouquins. Passant d'allées en allées, à un rythme qu'il est seul à connaître. Bercé par le son de ses pas, par les bruits familiers de la bibliothèque. Les chuchotements des élèves. Quelques rires étranglés. Et le grattement des plumes sur des rouleaux de parchemins, le frémissement des pages que l'on tourne. Il a toujours adoré ça. Et même si ça ralentit son programme, la présence du petit ne le dérange pas plus que ça. Il panique beaucoup moins qu'avant, il parvient à se contrôler. Alors s'il finit en retard, si le programme se décale, il parviendra certainement à le modifier en conséquence. Du moins il l'espère. Il y a toujours ce soupçon d'aléatoire qui se glisse dans ses réactions, qui menace de tout faire exploser à chaque fois. Aussi il ne peut jamais prédire entièrement ce qu'il se passera, mais il sait quoi faire pour se réguler aujourd'hui. Parce qu'il n'a plus 5 ans, il en a 25. Parce qu'il a Black Jack. Lui qui ne voulait pas de ce chaton, il a fini par devenir nécessaire.

"Des bêtises j'en dis à longueur de journée. Je ne suis pas mort pour autant. Si tu as peur, le monde finira par te dévorer."

Bien sûr ça a quelque chose d'effrayant cette immensité qui les entoure. Mais les humains ne sont pas connus pour leur pitié et s'ils repèrent une proie, ils ne le lâchent plus. Il est bien placé pour en parler Cassandre. Il connaît ça, le fait de ne pas savoir se défendre. Il se souvient encore des coups donnés et de la terre dans laquelle on a enfoncé son visage d'enfant. Si jeune et déjà maltraité par la société. Qu'avait-il demandé de plus à part une place tranquille dans cette salle de classe ? Absolument rien, c'est sûrement ça le pire. Un tremblement parcourt ses mains. La pile de livre qu'il tenait si fermement il y a quelques secondes s'écroule dans un fracas assourdissant, il reste là, à les contempler. Sans bouger. Comme un signe de sa propre chute tout droit en enfer. Des souvenirs qu'il a bien du mal à repousser tout au fond de son corps. Dégénéré. Le rythme cardiaque s'accélère brutalement. Cinglé. Ses yeux s'embuent de larmes, il se baisse précipitamment pour tenter de rassembler les ouvrages éparpillés au sol. Débile. Ses mouvements sont désordonnés. Brutaux. Ses doigts s'y reprennent à trois fois avant de parvenir à se saisir du premier livre. Dément. Il étouffe. Brutalisé par des souvenirs. Se replie sur lui même, enfouit son visage entre ses jambes.

Ce ne sont que les premiers signes, certes violents, ceux qui annoncent la crise. Il peut encore reprendre le contrôle. Redevenir lui même. Il peut y arriver, il le fait souvent. Mais d'habitude ce n'est pas si soudain. Il la sent mieux arriver. Et puis pourquoi panique t-il ainsi ? Ressasser son enfance, ça lui arrive souvent. Alors quoi ? Sûrement l'accumulation. Cette discussion imprévue, couplée aux souvenirs. Et pour finir la chute des livres qui lui renvoie en pleine face à quel point il peut être incapable. Il y a des jours comme ça ou rien ne va. Pour les autres c'est simplement une succession de minuscules événements qui ne se passent pas comme prévu. Pour lui, c'est beaucoup plus fort. Et il a besoin d'être un titan pour surmonter chaque nouvelle journée.

Il pose ses mains sur ses oreilles. Tente de réguler sa respiration affolée. Le nez de Black Jack rencontre sa joue. Il sursaute. Lâche un gémissement affolé, en se recroquevillant d'avantage. Il le balance, son corps. Doucement, d'avant en arrière. Psalmodiant en chuchotements quelques paroles de chansons afin de se calmer. Il n'a besoin de personne, et surtout pas qu'on le colle, pour se remettre. Juste de sa volonté. Lorsqu'il relève le visage, il semble qu'il se soit passé des heures. Mais non, juste quelques minutes. Plusieurs élèves se sont arrêtés pour l'observer, hésitant. Incertains de la marche à suivre. Appeler l'infirmière ? Ou attendre ? Ils le fixent et il ramène précipitamment les livres à lui, se relevant sur des jambes légèrement tremblantes. Repartir. Doucement.

"Les étoiles... O..Oui ! J'aime les étoiles ! J..Je... Je vais aller m'asseoir quelques minutes. Je continuerai le rangement après."

Il passe une main sur le dos de Black Jack dont les yeux le fixent sans sourciller. Rejoins le bureau derrière lequel il s'assied, déposant un peu trop brutalement les livres sur le bois sombre. Il pourrait s'excuser. Il ne le fait pas. Et ça ne lui vient même pas en tête en fait. Il reste là quelques temps sans bouger. Coudes posés contre la surface de travail, les mains glissées dans les cheveux. Inspirant longuement avant d'expirer. Personne n'ose le déranger. Et il ne sait pas si le petit est resté. Je suis malade... Il l'a dit non ? Mais qui peut imaginer ce que veut dire ce terme ? Malade cache beaucoup de choses...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Serdaigle • Cinquième année
avatar
Messages : 33
Age : 18
Localisation : Bibliothèèèèèèèque ! ♥
Serdaigle • Cinquième année
MessageSujet: Re: Des étoiles dans ses yeux (Cassy/Endy)   Dim 12 Fév - 17:06

Des étoiles dans ses yeux...

En voyant Cassandre se mettre à trembler et laisser échapper les livres, Endycott sursaute et porte sa main à ses lèvres horrifié. Il se rend bien compte qu'il a fait quelque chose de mal, mais il ne sait pas quoi et ça le torture. Ses yeux s'embuent de larmes de culpabilité parce qu'il se sent idiot, et très mal aussi. Devant lui, Cassandre s'est replié sur lui-même et se balance doucement, augmentant encore le malaise du petit brun qui ne sait pas quoi faire du tout. Le "je suis malade" lui trotte dans la tête mais cela ne lui indique pas pour autant la marche à suivre. Il aimerait aider, réparer son erreur, ramasser les livres que le bibliothécaire peine à réunir, mais il a peur d'aggraver encore la situation alors il fait ce qu'il fait de mieux : il se tord les mains, tellement qu'il risque de se faire mal, et réfléchit -encore- à trouver un truc à faire pour atténuer ce qui agite le blond, lui apporter au moins un peu de secours. Certes, il ne comprend pas ce qui lui arrive, mais il n'y a pas besoin d'être un génie pour voir qu'il ne va pas bien, et que ça n'a pas dû arriver comme ça, par hasard, comme la foudre qui tombe du ciel sur un promeneur inattentif.
Des chuchotements lui font lever la tête et il remarque les élèves qui se sont attroupés, faisant écho à la phrase que Cassandre a prononcée un peu auparavant "si tu as peur, le monde finira par te dévorer" autrement dit, les humains sont comme les animaux, ils font cercle dès que survient la première faiblesse, et ils attendent l'hallali pour attaquer. Cela le met hors de lui, alors il se tourne et fait un geste sec de la main, signifiant que tout va bien et qu'il n'est pas nécessaire de s'attrouper. Bon, ça ne marche pas aussi bien qu'il aurait voulu, il n'a pas le charisme de son frère, mais au moins la plupart des élèves s'en va, assez soulagée de ne pas avoir à gérer cette bizarrerie. Quant aux autres, il s'apprête à les chasser de quelques mots, ces hyènes attroupées auprès de la proie, mais s'arrête juste avant, parce qu'il n'est pas suffisamment sûr de lui pour ça. Et ça le crucifie.
Pendant ce temps, Cassandre est visiblement parvenu à surmonter son malaise et il a réussi à ramasser les livres avant de s'éloigner sans un mot. Comme d'habitude, ne peut s'empêcher de penser Endycott qui pourtant ne le connait presque pas. Alors il hésite une énième fois, incertain de la marche à suivre, puis il lui emboîte encore le pas, à distance respectable, ne voulant pas lui imposer sa présence pour autant. Après tout, c'est très probablement de sa faute si Cassandre s'est trouvé si mal. Il serait vraiment très malin d'en rajouter encore. Alors il reste silencieux pendant que Cassandre revient vers son bureau, pose les livres d'une main tremblante sur le bord et s'assoit, ou plutôt se laisse tomber sur son siège, les yeux toujours baissés.
Endycott reste immobile un moment, rassemblant tout son courage pour parvenir à parler, à forcer les mots qui ne veulent pas franchir si facilement la barrière de ses lèvres. Mais Cassandre lui a dit qu'il ne fallait pas avoir peur, alors il va essayer d'être fort. Prenant une nouvelle inspiration, il se lance en tâchant de garder une voix solide, qui ne tremble pas.
- Est-ce que… ma présence vous dérange ? Je peux partir si c’est ce que vous souhaitez.
Voilà, il l'a dit. Et presque sans bégayer. Maintenant... reste à savoir ce que Cassandre choisira. Parce que, même si Endycott peine à anticiper la réaction des gens, le bibliothécaire est à la fois terriblement prévisible, et totalement imprévisible. Et il ne sait pas si ça l'effraie ou le rassure.

Endycott L. Penwinckles
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur https://www.wattpad.com/user/Aodael
Bibliothécaire
avatar
Animal de Compagnie : Chat noir, Black Jack.
Messages : 21
Bibliothécaire
MessageSujet: Re: Des étoiles dans ses yeux (Cassy/Endy)   Mar 14 Fév - 20:41



Il reste ainsi un moment. Recroquevillé sur sa chaise, les yeux clos et le visage enfoncé au creux de ses mains. Il sent son cœur dont les battements sont toujours affolés, malmener sa poitrine, tente de les calmer par quelques moyens qu'il est seul à connaître. Une chanson dans sa tête. Quelques souvenirs heureux. Et puis enfin il se sent mieux, assez en forme pour reprendre dans quelques instants sa vie là où il l'a laissé. Il lui faut encore quelques secondes bien sûr. Des inspirations profondes. Puis il parvient à se redresser. Jette un rapide coup d'œil autour de lui, avant de se souvenir de la question que le petit lui a posé. Combien de temps ça fait ? Quelques minutes ? Des heures ? Il n'en sait rien, il ne peut pas le dire. Il n'a pas cette notion la Cassandre, celle de la fuite du temps. Alors, avec une lueur d'inquiétude dans ses yeux trop bleus, il lève le visage vers l'élève, constate avec effarement qu'il est toujours là. Deux secondes à peine, durant lesquelles il le regarde, puis de nouveau le voilà ailleurs son regard. Tourné vers ses mains pâles qui gisent sur ses genoux serrés. Il réfléchit. Et décrète que non, la présence du jeune Serdaigle ne le dérange pas. Mais il ne le prononce pas à voix haute, pas tout de suite, parce que le voilà qui pense à plein de choses en même temps. A ses bouquins qu'il doit finir de ranger, a son programme sur lequel il est en retard. Il lui faut s'y remettre tout de suite.

"Non, tu ne me déranges pas. Merci de ne pas avoir tenté de m'aider."

Il est sincère. S'il avait essayé de lui tendre la main ou de l'aider à se calmer, il n'y serait pas parvenu. Il sait reprendre le contrôle lui même Cassandre, il n'a pas besoin que quelqu'un ne se risque à lui apporter son soutien, parce que c'est un coup à le faire paniquer encore d'avantage. Dans un soupir il se remet sur ses deux jambes, grimace en les sentant encore faibles. Son corps a toujours du mal à suivre, beaucoup plus que sa tête. Il se fatigue tellement vite il faut dire ! Chaque geste du quotidien est pour lui un effort conséquent et parfois, pas souvent mais quand même, il regrette d'être si faible. Tous ces moments où ça ne suit plus.

"Puis-je te demander de prendre une partie des livres et de m'accompagner ?"

Il n'est pas sûr de pouvoir tout porter. Il a plutôt l'impression qu'il va s'écrouler d'un instant à l'autre, à nouveau tout laisser tomber. Il le sait que ça n'arrivera pas bien sûr. Il connaît son corps et ses crises. Mais il hait particulièrement cette sensation et préfère ne pas prendre de risque. Bien sûr il pourrait utiliser la magie, ça pourrait l'aider. Seulement il n'a jamais eu le réflexe Cassandre, de sortir sa baguette, d'exécuter quelques sortilèges afin de se faciliter la vie. Il sait comment on fait, il n'est pas sans ignorer les formules. Mais ce qu'il peut faire avec ses dix doigts, il le fait.

"Comment est-ce que tu l'as eu Midnight Blue ? Black Jack est né dans une ferme pas loin de la maison. Au même endroit que Diego, mon chien. C'était un magnifique terre neuve au poil noir tirant sur le roux, avec de grands yeux orange et un cœur énorme. Mais il est mort maintenant."

Il y a sûrement quelques larmes qui naissent dans les prunelles d'azur malgré le ton de la voix toujours monocorde. Il tressaille doucement et se met en route pour finir son rangement, jette en passant quelques coups d'œil dans les rayons. Son cerveau enregistre le nombre d'élèves qui sont encore là, et il y en a moins qu'avant. Peut-être à cause de sa crise ? Il n'en sait rien, mais l'endroit est plus calme. Les chuchotements moins nombreux, et les rires disparus. Est-ce d'avoir affaire à la différence qui les a rendus plus sombres, ces jeunes gens ? Il n'en sait rien lui, il continue son travail comme si de rien n'était, tranquille désormais. Il se mord néanmoins la lèvre pour s'empêcher de continuer de parler sur son chien, parce que sa maman elle lui a souvent répété que ça n'intéresse pas tout le monde.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Serdaigle • Cinquième année
avatar
Messages : 33
Age : 18
Localisation : Bibliothèèèèèèèque ! ♥
Serdaigle • Cinquième année
MessageSujet: Re: Des étoiles dans ses yeux (Cassy/Endy)   Mar 14 Fév - 21:29

Des étoiles dans ses yeux...

En voyant la crise passer, les tremblements s'atténuer, Endycott se détend un peu. Il est soulagé de voir que le bibliothécaire parvient à se calmer et à revenir progressivement à la réalité, même si lui danse d'un pied sur l'autre devant le bureau, ne sachant toujours pas s'il doit s'en aller ou non. Et puis la voix du blond s'élève, faible et un peu étranglée, lui disant qu'il ne le dérange pas. Le jeune garçon ne soupçonnait pas la force du soulagement qui l'envahit soudainement en entendant ces mots. C'est bête, mais il se sent plus léger maintenant qu'il sait qu'il n'a pas fait de bêtise. Ce qui ne l'empêche pas de rester à distance respectable du bureau. Ce n'est pas de la peur, non, enfin... si, mais pas envers le bibliothécaire. C'est toujours cette peur, immense et irrationnelle, de faire quelque chose de stupide qui aggraverait subitement et irrémédiablement la situation déjà fragile.
Alors il regarde Cassandre se lever, serrant les dents en le voyant si faible et tremblant, mais il ne bouge pas. Il a de la peine pour lui, beaucoup, mais il ne fait absolument rien pour l'aider. Parce qu'il sait très bien à quel point une aide non désirée peut être mille fois pire qu'une absence de secours. Tout comme il n'a pas pitié de Cassandre. Quelqu'un comme Cassandre n'a que faire de la pitié des gens. En revanche, il est triste pour lui, parce qu'il ne mérite pas de souffrir autant. Personne ne mérite ça, d'être "malade".
Et puis le blond se tourne vers lui et parle à nouveau, pour lui demander son aide. Exactement ce qu'attendait Endycott qui s'empresse d'acquiescer, heureux d'avoir la permission de faire quelque chose pour lui.
- Bien sûr !
Il évite de faire une trop longue phrase, mais il sourit en tendant les bras pour recevoir les livres que le bibliothécaire ne peut pas porter. Les ouvrages reliés de bois et de cuir sont lourds pour ses petits bras frêles, mais il ne grimace pas et ne dit rien, supportant leur poids sans se plaindre. Cassandre repart dans entre les rayonnages, lui-aussi chargé de livres, et Endycott trottine à sa suite, tâchant de ne pas montrer qu'il peine un peu. La question posée par le bibliothécaire le prend une nouvelle fois au dépourvu, l'obligeant à réfléchir. Parce qu'il veut à la fois répondre au sujet de Midny, mais aussi expliquer qu'il comprend, pour le chien. Alors, il pèse ses mots.
- Je suis désolé pour... Diego. Quand mon chien est mort, j'étais très triste. Je n'ai pas mangé pendant deux jours et j'ai pleuré longtemps. Je l'aimais énormément, même si c'était un bâtard, tellement mêlé qu'on ne savait pas quel sang coulait dans ses veines. On l'avait appelé Diamant. Parce qu'il nous était très précieux.
Il cesse un instant de parler et se remémore son chien, cet espèce d'animal peu gracieux, qui jouait avec eux dans le grand jardin du manoir familial, qui se couchait près d'eux le soir et qui ne les quittait presque jamais. Son père l'avait trouvé tout petit dans une décharge et l'avait ramené pour faire plaisir à ses enfants, comme pour les protéger parce qu'il craignait de ne pas toujours être là pour eux. Papa était resté, mais Diamant s'en était allé, de manière héroïque en plus. Il avait absorbé le plus gros du mauvais sort qu'Endycott avait reçu, et sans lui, le jeune garçon savait très bien qu'il aurait perdu plus que la moitié d'un oeil. Son chien l'avait protégé et aimé jusqu'au bout. Chassant ces tristes pensées avant de se mettre à pleurer, ignorant les larmes qui embuaient aussi les yeux de Cassandre, pourtant inconscient de ses propres peines, le jeune garçon se force à penser à quelque chose de plus joyeux, à savoir la première partie de sa question. D'ailleurs, Midny vient frotter tout doucement sa petite tête duveteuse contre sa joue, sentant son chagrin.
- C'est ma grande soeur qui m'a offert Midny. Quand j'ai acheté les fournitures pour ma première année.
Il parle d'une voix douce, pour ne pas laisser entendre que sa gorge est encore un peu nouée.
- Elle a vu que je l'avais aimé au premier regard. Elle savait que nous nous entendrions bien.
Et il se rappelle, ce jour-là dans la boutique. Le tout petit oisillon dans sa cage, ses plumes à peine formées... et ce bleu, si bleu qui l'attirait inexorablement. Un bleu qui était sans conteste sa couleur préférée entre toutes, et entre toutes les nuances de bleu. Un bleu qui, étrangement, n'était pas sans rappeler celui qui colorait les iris du jeune bibliothécaire...

Endycott L. Penwinckles
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur https://www.wattpad.com/user/Aodael
Bibliothécaire
avatar
Animal de Compagnie : Chat noir, Black Jack.
Messages : 21
Bibliothécaire
MessageSujet: Re: Des étoiles dans ses yeux (Cassy/Endy)   Mer 15 Fév - 17:59



Le petit a eu un chien lui aussi. C'est la première information qui lui vient, et la première qui fait sens aussi brutalement dans son esprit. Il écoute tout ce qu'il lui dit, la poitrine serrée, la gorge nouée. Lui aussi il a pleuré pour Diego. Souvent. Et il serrait fort, si fort entre ses doigts la balle avec laquelle il jouait souvent. La peluche qu'il lui avait donné et contre laquelle il aimait poser le museau pour s'endormir. Et la couverture délavée, qui portait son odeur. Il sentait bon Diego. Il l'avait toujours trouvé et il aurait pu rester des heures le nez enfoui dans le pelage épais. Il y a un moment de silence. Personne ne parle, ni lui ni le jeune homme. Il ignore que l'autre est triste, que ce silence n'est pas simplement destiné à le laisser assimiler. C'est compliqué pour lui de l'imaginer, le fait que les autres puissent souffrir. Terriblement abstrait. Et puis il tique sur quelques mots employés, penche la tête, ouvre grand ses yeux.

"Est-ce qu'il brillait ?"

Il marque une pause. Avant de lever le nez vers le plafond sans qu'il n'y ai pourtant rien à y observer. Il réfléchit. Un chien qui brille il n'en a absolument jamais vu Cassandre, mais pourquoi est-ce que ça ne pourrait pas exister ? Après tout la magie a toujours été autour de lui. Le balais nettoyait seul la maison et les aiguilles tricotaient sans l'aide de personne des pulls pour son papa. Il détestait ses pulls d'ailleurs. Parce que la laine, il n'avait jamais pu la supporter. Alors un chien qui brille ça ne le dérange pas plus que ça.

"Il devait briller, s'il était précieux. "

Il range le dernier livre qu'il tenait dans ses bras, attrape ceux qui traînent dans ceux de Endycott pour les remettre eux aussi à leur place. Quelques minutes après, tâche terminée, il s'en retourne vers la chaise de son bureau, s'empare de la fichette de Créatures Magiques afin de la remplir correctement. C'est ça aussi son travail après tout, et il a volé bien trop de temps à ce garçon. Il la lui donne dans un sourire forcé comme le font d'habitude les gens du monde, ne croise toujours pas son regard. Il essaie pourtant, parfois. Il lève le regard, le baisse aussitôt. Incapable de rester plus de quelques secondes sur ces traits qui donnent beaucoup trop d'informations. Ça le perd, ça l'angoisse. Il s'agace et ne comprends pas. Alors il garde la tête baissée pour éviter de paniquer, de recevoir trop de stimulus d'un coup sans être capable les interpréter. Il se concentre sur les tâches qu'il a à faire, et ça lui plaît ainsi. Tant qu'on ne lui reproche rien, il ne tentera pas de changer. Et puis pourquoi serait-ce encore à lui de souffrir afin de s'adapter ? Pourquoi est-il le seul à faire des efforts ? Il déteste ça. Il en a déjà fait beaucoup trop pour devenir comme les autres, normal. Mais ces autres, ils ne s'en rendent pas compte. Ils ne voient que sa différence actuelle et pas les pas de géant qu'il a déjà parcouru.

"Moi je n'ai pas de sœur. Ni de frère. Mes parents avaient peur qu'un nouvel enfant ne soit comme moi, différent. Malade."

Il ramène trop les choses à lui Cassandre, mais il n'en a pas conscience. Ça aussi pourtant c'est un progrès, car avant il n'aurait pas pu entretenir cette conversation. Avant, il se serait enfermé dans sa tête et n'en serait sorti que pour parler d'une chose qu'il aime, ce qu'il aurait pu faire durant des heures. Comme ça ne suit pas les règles, les autres enfants ne l'aimaient pas. On l'a forcé à changer. A s'intéresser. Il essaie de poser des questions et de se sentir curieux envers les autres. Mais parfois, encore aujourd'hui, il s'enferme et oublie qu'il y a quelqu'un en face de lui, bien trop fatigué pour continuer. Il faut l'excuser, c'est encore une chose qui l'épuise de tenir une conversation. De réfléchir à ce qu'il peut dire. Pour ne pas trop parler de ce qu'il aime ou de lui-même. Pour ne pas passer pour débile ou dément. Pour que l'autre ne le rejette pas trop fort, qu'au pire il parte en le trouvant juste un peu bizarre. Oui il fait tout ça Cassandre, quand il prend trop de temps pour répondre.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Serdaigle • Cinquième année
avatar
Messages : 33
Age : 18
Localisation : Bibliothèèèèèèèque ! ♥
Serdaigle • Cinquième année
MessageSujet: Re: Des étoiles dans ses yeux (Cassy/Endy)   Jeu 16 Fév - 12:46

Des étoiles dans ses yeux...

-Est-ce qu'il brillait ?
La question reste un instant en suspens, Endycott ne comprend absolument pas de quoi il parle, cette fois. Et puis Cassandre complète sa phrase et le jeune homme réalise qu'il parle de Diamant. Il se mord les lèvres pour ne pas rire en imaginant son chien couvert de paillettes ou bien entièrement taillé dans une pierre précieuse, étincelant de mille feux comme le lustre du grand hall de chez lui. Oh, ça ne lui aurait tellement pas correspondu ! Mais comme Cassandre se vexerait probablement en le voyant rire, pensant qu'il se moquait de lui, Endycott se retient et se contente d'un petit sourire.
- Non. Il ne brillait pas vraiment. Mais je l'aimais quand même.
Distraitement, il regarde le bibliothécaire ranger les livres et prendre ceux qu'il supporte péniblement depuis tout à l'heure, soupirant d'aise lorsque ce poids lui est ôté. Machinalement, il tourne les poignets pour faire circuler le sang, puis réalise que Cassandre est reparti, une fois de plus. En trottinant, il le suit, loupant la moitié de la phrase suivante. Il est question de frères et sœurs. C'est triste de ne pas en avoir. Lui, il aime beaucoup ses deux grands frères et sa grande sœur, alors il lui est facile d'imaginer que ça puisse être triste d'être un fils unique.
Et puis ils atteignent le bureau où Cassandre prend place et Endycott comprend aussi qu'il a atteint les limites que le blond pouvait supporter. Il va devoir partir. Mais il n'est pas certain d'en avoir envie, il apprécie la compagnie étrange de ce jeune homme pas comme les autres. Malade. Un bien grand mot. Il est juste différent. Mais lui ça ne le dérange pas.
Ce qui est certain, en revanche, c'est que Cassandre est fatigué, éprouvé par sa crise, et qu'il est temps de le laisser en paix. Sa présence lui a suffisamment pesé pour le moment. Alors il attend avec un doux sourire que le bibliothécaire lui tende ses livres avec la fiche. Les ouvrages, au nombre de deux, sont confortablement lourds dans ses mains et il en caresse la couverture, oubliant un court instant l'endroit où il se trouve. Cela sera de la bonne lecture, qu'il va probablement dévorer très vite. Mais peu importe, il reviendra en emprunter d'autres, comme il l'a toujours fait. Avec peut-être l'idée réconfortante de trouver quelqu'un à écouter en la personne de Cassandre qui, même s'il est souvent dur à suivre, reste plutôt passionnant.
- Merci M. Haloran. Je reviendrai probablement en emprunter d'autres demain ou dans la semaine. Au revoir.
Et, pour ne pas lui imposer sa présence plus longtemps, il incline la tête et tourne les talons, quittant la bibliothèque aussi silencieusement que d'ordinaire, tellement discret que la plupart des élèves ne le remarquent pas, comme s'il faisait partie intégrante du décor. Mais, au fond de lui, il est content parce que le jeune bibliothécaire lui a accordé du temps et de l'attention. Ce n'est pas grand chose. Mais pour lui c'est énorme.

Endycott L. Penwinckles
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur https://www.wattpad.com/user/Aodael
Contenu sponsorisé
MessageSujet: Re: Des étoiles dans ses yeux (Cassy/Endy)   

Revenir en haut Aller en bas
 
Des étoiles dans ses yeux (Cassy/Endy)
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Les étoiles dans tes yeux danseront ce soir...
» [Validée]ne le regardez pas dans les yeux!
» >>. J'ai cru voir une flamme dans tes yeux... [PV Nuage de Citron et Nuage d'Ecureuil]
» me noyer ? plutôt dans tes yeux qu'ici... [ A ]
» Des flammes dans les yeux [PV : Darth Mortuus]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Fidelitas, Poudlard 1850 :: Poudlard :: quatrième étage :: Bibliothèque-
Sauter vers: