PROFIL- MP PROFIL- MP PROFIL- MP •• Il semblerait qu'une chèvre ou bien un bouc, personne ne sait vraiment de quoi il s'agit, se balade dans les couloirs du château. Parfois même, des élèves affirment entendre le rire mesquin de cette maudite bestiole sans jamais pouvoir mettre la main dessus. Le directeur affirme pourtant qu'aucune chèvre ou bouc ne se balade dans les couloirs. Affaire à suivre.

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 Me and the Devil was bathin' side-by-side || P.V.: Angelo

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MessageSujet: Me and the Devil was bathin' side-by-side || P.V.: Angelo   Jeu 2 Fév - 2:43

keep quiet...

La fameuse date approche. Tu le sais. Tu le sens. Au plus profond de toi, il y a quelque chose qui s’agite. Qui t’inquiète. Qui t’ébranle. Qui t’effraye. Cela fait dix ans, maintenant. Et pourtant, tu as toujours aussi peur de cette fameuse date. Dix ans et pourtant, la peine et la douleur sont toujours présentes lorsque vient cette fameuse date. Ce fameux jour. L’anniversaire de la mort d’Aeddan.

Tu n’arrives pas à dormir, ce soir. Cette nuit. Pourtant tu es fatigué. Non pas parce que tu as fait beaucoup de choses de ta journée. Tu n’avais pas les premières années aujourd’hui. Tu n’avais pas non plus le club. Bref. À part rôder dans les couloirs en espérant ne rencontrer aucun élève fauteur de troubles, tu n’as rien fait de ta journée. Tu n’es pas même allé manger. Tu as préféré éviter les gens, aujourd’hui. Tout comme tu préfèreras les éviter demain. Et après-demain. Et potentiellement toute la semaine. Comme tu le fais chaque année, depuis dix ans.

Dix ans…

C’est long dix ans. Et en même temps, si court. Tu as encore l’impression que c’était hier. Son corps inerte qui chute. Tombe. S’écrase. Et toi, incapable de réagir. Incapable de faire quoi que ce soit… impuissant. Tout comme tu te sens impuissant, aujourd’hui, face à ton absence d’envie de vie. Tu n’as pas envie de manger. Tu n’as pas envie de parler à qui que ce soit. Tu n’as même pas envie de voir qui que ce soit. Tu préfères te culpabiliser. Encore et encore. Boire un verre dans tes appartements, affalé dans tes coussins avec ton narguilé allumé. Et c’est ce que tu as fait toute la soirée. Et puis, tu es allé te glisser dans tes draps, bien calé dans tes coussins. Oui, tu adores ça les coussins. Et les draps en satin. Tu aimes ce petit luxe que tu t’offres. Mais là n’est pas la question.

Le fait est que tu t’es tourné, retourné, re-retourné. Et peu importe la position, cela ne te semblait pas confortable. Et le sommeil ne te venait pas. Voilà la raison pour laquelle tu es dans les couloirs, en cette heure tardive, baguette à la main, lumos incanté et idée précise en tête d’où tu te rends et pourquoi : la salle de bains des préfets. L’objectif de tout cela ? Te détendre. Te vider la tête dans le calme et la sérénité d’un bon bain bien chaud, seul. Car à cette heure-ci, il est parfaitement impensable pour toi que quelqu’un d’autre puisse avoir eu la même idée.

Tu te rends donc au cinquième étage du château, quatrième porte à droite après la statue de Boris le Hagard. Les serviettes sont fournies dans la pièce et c’est tant mieux, tu n’as franchement pas l’esprit à t’occuper du reste. Devoir faire sécher tes affaires, voire les faire laver… non, vraiment, tu n’y as pas l’esprit, ces jours-ci…

Une fois devant la porte, tu prononces le mot de passe, tout bas. Un simple murmure, un souffle, même, inaudible tout autour de toi. Discrètement.

« Fraîcheur des pins. »

La porte s’ouvre, te laissant pénétrer le lieu de ta convoitise. Tu te déshabille, dépose tes affaires dans un coin. Aucune chance qu’on te les vole, à cette heure-ci. À moins que Peeves ne décide de te faire une farce. Mais cela t’étonnerait grandement. Et enfin, une fois complètement dénudé, tu te diriges vers la salle de bains. Seulement, ce que tu n’avais pas remarqué en entrant te marque maintenant. Le bruit. Ce n’est pas calme. Ce n’est pas silencieux. Tu peux entendre le bruit des robinets ouverts, déversant à grands fracas leurs eaux colorées ou embullées…

Quelqu’un est ici. Quelqu’un a eu la même idée que toi. Et toi, tu te sens soudainement pétrifié. Pétrifié pour quoi ? À cause de quoi ? As-tu peur, Idris ? Oh. Oui. Tu meurs de trouille à l’idée de devoir adresser la parole à quelqu’un. À un collègue, qui plus est. Sans aucun doute. Puisqu’à cette heure-ci, serait bien sot l’élève qui aurait décidé de se faufiler en douce jusqu’à la salle de bains des préfets. Enfin. Sot. Oui et non. Cela pourrait s’avérer intelligent s’il s’avère que cet élève n’est ni préfet, ni capitaine d’équipe de quidditch. Mais très franchement, tu ne parierais pas sur le fait que ce soit un élève. Sans quoi, le pauvre serait tout de même le plus malchanceux de cette école, car il te semble -il te semble oui- que les professeurs vont rarement se détendre à une heure aussi tardive.

Enfin. Tu inspires un grand coup, prend ton courage à deux mains avant de faire irruption, nu comme un ver, dans la salle principale et te diriger d’une démarche féline vers le grand bassin. Tu ne cherches pas du regard l’autre professeur, que tu pourrais, peut-être, qui sait, choquer avec ta tenue d’Adam -mais la nudité n’a jamais été un souci pour toi, peu importe le sexe de la personne qui pouvait te voir ainsi dévêtu- et te glisse dans l’eau onctueusement chaude. Ta tête vient s’appuyer sur le rebord du bassin et un soupire t’échappe alors que tu fermes les yeux pour profiter des bienfaits de l’eau dans laquelle tu viens de t’immerger.

Le silence règne. Outre le vacarme des robinets, cela tombe sous le sens. Mais tu n’entends pas vraiment la présence de l’autre personne ici-présente. Au fond, malgré ta peur, malgré ton envie de rester seule, il y a cette part de toi, bourrée de curiosité, qui te pousse à rouvrir les yeux pour chercher l’autre intrus du regard.

Et tu le trouves, bien rapidement. Et tu retiens un glapissement de surprise -qui t’aurait franchement couvert de ridicule pour les années à venir- alors que tu identifies sans aucune difficulté l’homme présent. Le professeur Velasco. La seule personne que tu espérais sincèrement ne pas croiser aux bains. Ne pas croiser dans une telle tenue. Ne pas croiser… en de tels jours. D’ordinaire, tu es le premier à venir le taquiner, le charier même. Mais actuellement, tu ne t’en sens pas l’énergie. L’envie, oui, peut-être. Mais pas la force. Et pourtant, tu as une réputation à tenir, non ? Tu ne sais pas. Tu ne sais vraiment pas quoi faire actuellement. Alors tu te tais, quelques instants. Jusqu’à ne plus tenir.

« Bonsoir, professeur Velasco. »

Oui, tu donnes du professeur ce soir. Car il ne t’a jamais autorisé à l’appeler par son prénom et que la principale raison pour laquelle tu te passais de son autorisation jusqu’à aujourd’hui était justement cette envie de le taquiner, de voir son visage exprimer autre chose qu’indifférence, dureté ou sévérité. Par souhait, peut-être, d’y voir un air amical… tu ne sais pas trop exactement. Mais ce soir, tu n’es pas d’humeur. Alors tu restes déférent, voire même distant. Cela dit, il ne devrait pas vraiment le remarquer, puisque déjà, d’ordinaire, il ne semble pas vraiment te prêter attention, ne te répondant que par des grognements.

D’ailleurs… voilà que la question qui te taraude si souvent te revient : te méprise-t-il ? As-tu fait quelque chose qui puisse te desservir à ses yeux ? Car il te semble bien qu’il puisse avoir quelques conversations avec d’autres professeurs -le professeur Pringston, te semble-t-il ? Tu n’en mettrais pas ta main à couper. Mais toi, pour lui arracher quelques mots, c’est la croix et la bannière…

Tu soupires longuement, te sens soudainement mal à l’aise. Et pourtant, tes lèvres bougent d’elles-mêmes, dans l’espoir secret de… peut-être, qui sait, lancer une conversation ?

« Que faites-vous ici en une heure si tardive, professeur ? »

Question potentiellement bête. Mais bateau. Du même genre que « il fait beau, aujourd’hui, n’est-ce pas ? » et qui permet ainsi de créer un contact. Mais là… toi… tu as peur qu’il ne se contente de grogner, comme à son habitude…

Enfin. Qui vivra verra… ? Au pire, tu devrais être capable de supporter une petite demi-heure de silence en compagnie de quelqu’un, non ?

… Non ?

Peut-être pas... pas avec cet homme qui t'intrigue autant qu'il te fait peur. Qui t'attires autant qu'il te fait le fuir... tu ne sais jamais comment te décrire, lorsque ton regard se pose sur lui. Lorsqu'il accroche, même, ton regard. Nouveau soupire.

Non. Tu ne seras pas capable de rester silencieux s'il décide de ne pas te répondre... mais ce ne sera qu'un mauvais moment à passer, mon bel Idris. Courage.
1339 words
La mort tombe dans la vie comme une pierre dans un étang : d’abord, éclaboussures, affolements dans les buissons, battements d’ailes et fuites en tout sens. Ensuite, grands cercles sur l’eau, de plus en plus larges. Enfin le calme à nouveau, mais pas du tout le même silence qu’auparavant, un silence, comment dire : assourdissant.



Dernière édition par Idris al-Mansûr le Dim 19 Fév - 23:04, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Me and the Devil was bathin' side-by-side || P.V.: Angelo   Dim 19 Fév - 1:10

hot water & sweet perfume

Et l'eau se déversa. Dans un courant semblable, une danse unique et un tourbillon de force, de puissance, elle remplit, s’étala et envahit le grand bassin qui était le principal occupant de cette pièce des plus étrange, mais des plus envoûtante. De son architecture unique, de ses grandes fenêtres de mosaïque où l'un des êtres de ses eaux tumultueuse se mouvait à déplacer ses longs cheveux d'un bord puis de l'autre, rien à dire, cette pièce était belle et bien unique dans l'école de sorcelerie. Peu de gens pouvait y accéder toutefois. Seuls quelques uniques, quelques exceptions avait été choisient pour être les porteurs de son secret, mais tous bon professeur avait le droit à cette havre de paix. C'est d'ailleurs pour cette raison que les robinets étaient ainsi ouvert tard dans la nuit. Sous le regard curieux de la lune, celle-ci le suivant de ses rayons somptueux, la voilà entrain de surveiller l'un des êtres. Ceux dont la forme changent lorsqu'elle se vêtit de sa plus belle robe. Adossé contre le muret, son dos large et fort se frottant contre la surface froide, l'être appartenant à la nuit siffla. Sa bouche en grimasse, il sifflait la douleur qui lui grimpa dans l'échine alors que l'eau chaude et parfumé de la bassine se frottait et recouvrait ses blessures. Ici et là, vieille comme nouvelle, habitude était-il maintenant que le professeur de défense contre les forces du mal de viennent se soulager dans l'eau chaude, dans le calme d'une nuit bien plus courte à son goût. Après tous, qui pourrai avoir l'idée de venir en ses lieux si tard dans la nuit. Personne. Jamais n'avait-il croisé une pauvre âme dans ses couloirs la nuit. Bien qu'il savait que certains élèves étaient plus imbécile de d'autre, le directeur de Serpentard n'eut pas se tracas lorsqu'il s'extirpa pour ce moment de paix véritablement.

Pourtant, en cette nuit froide d'hiver, où une petite neige tombait en silence dehors, se faisant apercevoir à travers les grandes vitres en mosaïque de la chambre de bain des préfets, un bruit ce fit entendre. Simple, mais très révélateur, quelqu'un venait de se glisser dans la chambre de bain envahit par le son de l'eau et l'odeur des multiple parfum. Et ceci fut suffisant pour rendre le lycan de mauvaise humeur. N'était-il pas venir ici pour avoir la paix? N'était-il pas venu pour soulager ses douleurs, ses chatimant corporelle que son être lui offrait à chaque fois que la reine de la nuit se couvrait de sa plus belle robe? N'était-il pas venu ici pour prendre le temps se réfléchir à lui-même? À toute ses questions, la réponse lui courrait dans la fond de la gorge. La ravalant d'un coup sec, sans pitié ni intérêt, il se laissa glisser dans le fond de l'eau. Qu'allait-il bien pouvoir faire maintenant? Grogné et japper contre toute les fois où on le dérangeait? Renvoyez l’intrus d'un ton sec? Même si l’envie était alléchante, la faim n'y était pas. Le désire de la chair ne lui venait pas. Épuisé, mentalement tout comme physiquement, il sortit finalement paresseusement des fin fond du bassin pour jeter un coup d’œil à l'intrus.

Ne le cherchant pas bien longtemps, la pièce n'était pas gigantisme, il se surprit à hausser un sourcil lorsqu'il reconnu la personne s'étant glisser dans l'eau du bassin. Il reconnu bien assez vite sa peau épicé, cette chevelure dansante de jais qui lui était bien caractéristique vu son style et sa franche bien placé, il se surprit à la voir un peu négligé cette fois. Paresse? Semblerait-il, mais ce fut le regard que le professeur de vol lui lança qui le surprit le plus. Bien que cette tenu d'Adam aurait pu en choquer bien plus d'un, Angelo n'en porta point d'intérêt alors qu'il haussa un sourcil alors que ce très cher Idris lui adressa la parole.


« Bonsoir, professeur Velasco. »

Une phrase simple, quelques mots très ordinaire, mais qui semblait cacher un différent ton en cette soirée. Repensant à l'expression qu'il avait pu apercevoir sur le visage du professeur quelques seconde plus tôt, il essaya de l'effacer de son esprit alors qu'il ouvrit la bouche à son tour après avoir entendu la nouvelle phrase de ce cher Professeur al-Mansûr.

« Que faites-vous ici en une heure si tardive, professeur ? »

« Si je puis-je me le permettre, c'est vous qui devriez répondre à cette question, Professeur al-Mansûr. Le sommeil vous manque? » lui répondit-il d'un ton neutre, se décalant légèrement sur le côté pour cacher les bandages ayant été sur son corps de la vue de l'autre professeur, ceux-ci étant sur le rebord du bassin. « Vous m'avez bien surpris en entrant ainsi de la salle. Je m'attendais à un élève empoter ou complètement imbécile, mais un Professeur semble une réponse assez logique à mon étonnement » ajouta-il alors qu'il haussa les épaules, se mordant quelques peu la langue alors que le robinet se trouvant dernière lui s'alluma de nouveau, versant son autre chaude sur sa peau meurtrie.

Et il laissa un léger grognement sortir de son être. Étant déjà bien impatient par la douleur, il serra légèrement les poids alors qu'un frisson le prit dans le dos. La pleine lune venait se passer, mais la bête n'était pas encore tout à fait endormit.

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MessageSujet: Re: Me and the Devil was bathin' side-by-side || P.V.: Angelo   Lun 20 Fév - 3:49

keep quiet...

Tu t’attendais à beaucoup de choses, après avoir découvert l’identité de celui avec qui tu partages ce bain de minuit improvisé : irritation apparente, grognements en guise de réponse, silence de mort, silence pesant, silence blessant… et tu aurais compris. Tu connais la nature du professeur Velasco, quand bien même il n’en ai jamais parlé, tu n’es pas dupe. Tu sais ce par quoi il vient de passer, tu te doutes bien que ta présence n’est pas forcément requise, que tu tombes tel un cheveu sur la soupe. Alors oui, tu aurais compris. Et tu aurais accepté. Tu aurais respecté. Avec beaucoup de difficulté, sûrement -qui sait ? Mais tu l’aurais fait. Tu aurais gardé tes lippes closes, tu l’aurais fui du regard. Tu aurais profité de ce bain en tentant de ne pas te soucier de lui, de ne pas le laisser te perturber plus que tu ne l’es déjà, avant de finir par sortir de l’eau, aller te sécher, te rhabiller et retourner à tes pénates où tu te serais échoué, où tu te serais tourné, retourné, où tu te serais agacé, effondré, où tu aurais fini par pleurer, très sûrement… Non, vraiment, à aucun moment tu ne t’es attendu à ce qu’il te réponde. Et ce qui t’abasourdi le plus, c’est sans doute le fait que sa première réplique ne soit suivie d’une seconde.

Sa voix résonne. Non pas dans cette pièce, où les robinets déversant leurs sources, chamboulant un peu plus l’onde, la recouvrant d’une mousse légère, voile cachant pudiquement votre nudité à chacun, font un vacarme de tous les diables, mais bel et bien dans ta tête, où ses mots repassent encore et encore, en une folle farandole, agitant ton être tout entier, te faisant vibrer de la tête aux pieds.

Voilà pourquoi tu ne souhaitais pas tomber sur lui en un tel moment. Parce qu’il sait te bouleverser tout entier en ne faisant pourtant rien en ce sens. Sa façon d’être, de parler, sa voix, sa prestence, lui, tout simplement, réveillent en toi quelque chose que tu pensais mort depuis maintenant une dizaine d’années. Il te fait sombrer dans les affres du désir. Désir pour un homme que tu n’auras jamais, tu ne le sais que trop bien. Car le professeur Velasco n’est pas de ce bord là. Après tout, il est père. Et père d’une de tes élèves, qui plus est. Et puis, quand même bien, tu ne veux nul autre que celui que la vie t’a arraché des bras.

Aeddan.

Tu te sens coupable, en cet instant. Et tu ne sais même pas pourquoi. Tu n’arrives plus à penser droit, tes sens sont en éveils, les sentiments sont contradictoires. Tu voudrais te rapprocher du professeur. Tu voudrais le fuir. Tu voudrais lui répondre. Tu voudrais te taire. Ta gorge se noue. Ton estomac se serre. Où est la vérité dans tout cela ? Perdu. Tu es complètement perdu. Tu te sens sens dessus dessous. Tu ne te sens pas bien. Tu fermes les yeux l’espace d’un instant, inspire profondément. Et puis, tes lèvres se meuvent, à nouveau, plus vite que tes pensées ne se formulent.

« Vous me voyez navré de troubler votre solitude pourtant recherchée, je suppose… mais non. Je ne trouve pas le sommeil. Pourtant, cette nuit s’y prêterait à merveille, elle est si belle, si douce, si calme… Mais que voulez-vous… les volontés de Morphée sont impénétrables. Et s’il se refuse à moi, peut-être n’ai-je d’autre choix que de l’accepter. »

Tu réponds, essayant de rester le plus calme possible. Pourtant, tu te sens perdre. Tu coules, tu te noies. Mais tu n’as personne pour t’aider à retrouver pied. Personne… ou le crois-tu ? Les yeux fermés, la tête renversée en arrière, posée contre le carrelage derrière toi, tu sens pourtant comme une présence près de toi. Rêve ou réalité ? Tu l’ignores. Mais tu la sens, tu en es presque sûr. Et tu sens comme une main se poser sur ton bras, des doigts se presser sur ta peau, dans une douceur qui t’es pourtant si familière…

Ta vie ne s’est pas arrêtée.

Il te semble percevoir une voix. Une voix que tu ne connais que trop bien, t’étant damné pour pouvoir l’entendre du matin au soir, du soir au matin, chaque jour que dieu faisait… Tu sens un flot d’émotions monter en toi. Culpabilité, encore. Désespoir. Rage. Déception, envers toi-même. Gratitude. Désir.

Ta tête se relève, tes yeux cherchent la silhouette, la trouve. Ton regard se pose sur ce corps musclé, ce corps basané, mais ce corps également meurtri. La chair a été à vif. Elle est maintenant en voie de guérison. Tu distingues quelques traces claires sur cette peau plus foncée que la moyenne. Des cicatrices. Ta gorge se noue. Quelque chose te hurle de te contenir, te ne pas céder, de sortir de là, faire demi tour, aller te réfugier à l’abri de ta chambre. De ne surtout pas ouvrir la bouche, de ne p-…

« Cela fait-il mal ? »

Hélas, il est bien trop tard. Des années que tu refoules tout cela, que tu le boucles à triple tour au plus profond de toi-même, ne te comportant à son égard que comme un collègue à la fâcheuse tendance de casser les pieds… Mais là encore, quelque chose t’empêche de lâcher prise ; Angelo est père. Il a eu une femme. Tu le sais, tu écoutes aux portes. Tu ne devrais pas, c’est vrai. Mais tu ne peux t’en empêcher… tout comme tu ne peux t'empêcher de sauter sur l'occasion pour, enfin, avoir une réelle discussion avec cette homme qui te met à sac de l'intérieur.  

Angelo n’est pas comme toi. Il n’est pas un déviant sexuel, un pervers, un être contre nature qui ne devrait pas exister. Il est quelqu’un de normal. Toi non. Aussi n’acceptera t-il sûrement pas les avances, si tant est que tu te lances, d’une créature répugnante comme toi. Ton cœur se serre, ton estomac aussi. Même pour un simple contact charnel. Tu es presque certain de comment cela se terminerait.

Alors tu dois penser à autre chose. Tu dois absolument trouver autre chose. Tu fermes les yeux, inspire profondément, tout tourne à vive allure dans ton esprit. Que faire ? Que dire ? tu ne sais pas. Tu ne sais plus. Tu as oublié ton masque dans ta chambre… ce soir, tu n’es que le vrai toi-même, le véritable Idris que tu tentes toujours de camoufler sous la jovialité, la bonne humeur constante, les répliques amusantes toujours bien trouvées, toujours bien sorties…

« Dites-moi, professeur Velasco… si vous me le permettez… j’aurais une question un peu… personnelle, voire intime à vous poser… »

Tu ne sais même pas pourquoi tu as commencé à dire cela. Mais tu ne peux pas t’empêcher. Quelque chose t’y pousses. Quelqu’un t’y encourage, tu en es presque sûr… tu soupires. Foutu pour foutu… tu dois sembler déjà bien assez étrange ce soir, voire carrément ennuyeux, lui qui devait sûrement espérer avoir la paix…

« Le vivez-vous mal, le fait d’être différent des autres ? Je sais, c’est brutal, et surement ne voulez-vous pas en parler… auquel cas, n’hésitez pas à me remettre à ma place. Je comprendrais. Et… eh bien… je vous laisserais à votre tranquillité… »  

Ton regard s’est levé vers lui, mais il est vide. Vide de ce que l’on peut y lire d’ordinaire. La joie de vivre, la bonté, la gentillesse, la chaleur. Tout cela a laissé place à la détresse, au désespoir, à la peur. Peur de quoi ? Peur de qui ? Peur de toi. Peur de tout.

Le désir.

" Pardonne moi Aeddan. Mais je vais tenter de tourner la page, si tu me le permets… "

1261 words
La mort tombe dans la vie comme une pierre dans un étang : d’abord, éclaboussures, affolements dans les buissons, battements d’ailes et fuites en tout sens. Ensuite, grands cercles sur l’eau, de plus en plus larges. Enfin le calme à nouveau, mais pas du tout le même silence qu’auparavant, un silence, comment dire : assourdissant.

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MessageSujet: Re: Me and the Devil was bathin' side-by-side || P.V.: Angelo   Jeu 9 Mar - 3:26

hot water & sweet perfume

Et l'eau finit par se taire. Déversant ses dernières gouttes, engouffrant la pièce d'une légère couche de brumeuse délicieusement chaude et attendrissante,  les robinets se turent. Dans un synchronisme totalement parfait, comme lorsque l'on éteint un feu, un silence s’installa de toute son ampleur. Quelques gouttes allant faire leur chemin malicieusement jusqu’à à surface maintenant calme du bassin, la pièce semblait avoir comprit pendant un instant que le moment n'était point au vacarme. Pesant, oppressant et obligeant, il ne pu qu'avoir d'avantage d'effet par le fait qu'il ne se soit installer que lorsque les dernières paroles du Professeur de Vol furent dites.

Lourde, résonnante dans cette grande pièce maintenant silencieuse, les parfums et les bulles ne faisant qu'un avec ce moment où le temps semblait s'être arrêter, un malaise finit par grimper sur le corps de ce cher Velasco. Ayant quelques secondes au pavanant démontré sa douleur, son irritation et son malaise au traitement que son corps lui apportait, il se sentait maintenant prit dans un pièce dont la clé n'existait plus. Un goût amer sur la langue, un goût salé dans la gorge, il garda tous enfouie. Son torse se redressant, son manque de tact le tirant par les cheveux, il ne réussit par à tenir ce silence alors qu'il se détourna du regard de l'autre professeur. Ses poids se fermant, son visage changeant, d'un geste, il attrapa sa baguette et ordonna manuellement que l'eau se déverse de nouveau.

Et cela fonctionna. De nouveau, l'eau chaude se fit entendre. Les éclats, les bruits continue et le flots infini. Il se rassurait. Il se disait que cela était beaucoup mieux que de devoir affronté le silence qu'il détestait tant. Ce silence de mort, ce silence de regret et d'obligation. Ce silence qui l'avait accompagné depuis ce jour, il y a dix ans de cela. Il ne voulait plus l'entendre, il ne voulait plus le vivre. Bien qu'il ne soit que bien battit, bien qu'il ne semble pas fléchir, droit comme un arbre, fort comme un bœuf, solide comme la roche, alors que la lune lui faisait une clin d’œil par la vitre, ce très cher Angelo ne semblait pas aussi imposant. Légèrement pencher vers l'avant, ses avant bras s'étant poser contre le rebord du bassin, donnant que son dos en réponse à l'autre basané de la pièce, de nombreuses et très longues secondes s’écoulèrent au rythme de l'eau alors que les paroles d'Idris lui revenait en tête.

« Vous me voyez navré de troubler votre solitude pourtant recherchée, je suppose… mais non. Je ne trouve pas le sommeil. Pourtant, cette nuit s’y prêterait à merveille, elle est si belle, si douce, si calme… Mais que voulez-vous… les volontés de Morphée sont impénétrables. Et s’il se refuse à moi, peut-être n’ai-je d’autre choix que de l’accepter. »

Des paroles simples. Des mots formant une excuse. Bien qu'il semblait dire la vérité, Angelo pouvait sentir une pointe de différence dans sa voix. Une tristesse? Un malaise?

« Cela fait-il mal ? »

Parcontre, celle-ci le pris par les tripes. Surpris, ne l'ayant pas laisser paraître au premier abord, ce ne fut que maintenant qu'il en prit tous le sens. Le savait-il? Avait-il demander cette question par pur hasard à cause de son état? Avait-il eu note de ce qu'il avait pris comme entente avec le directeur? Savait-il qu'il se transformait en bête sanguinaire toute les pleines lunes? Savait-il pour son passé? Savait-il pour sa femme? Et le goût amer lui tomba directement dans la gorge. Son visage se tordant, ses sourcils se fonçant dans un expression de dégoût et de colère, sa bouche se faisant de plus en plus mince, il se retourna. Doucement, lentement, il décolla ses bras du rebord et refit face à son partenaire de baignade. Les dents serrer, le regard de feu, le lycan s’apprêta à lui poser toute les questions qui arrivait en cascade dans son crâne lorsque les dernières paroles lui revinrent.

« Dites-moi, professeur Velasco… si vous me le permettez… j’aurais une question un peu… personnelle, voire intime à vous poser… »

« Le vivez-vous mal, le fait d’être différent des autres ? Je sais, c’est brutal, et sûrement ne voulez-vous pas en parler… auquel cas, n’hésitez pas à me remettre à ma place. Je comprendrais. Et… eh bien… je vous laisserais à votre tranquillité… »  

Des mots doux, des mots plein de sens, des mots qui te transperçait comme une flèche en plein cœur. Tu le sentais battre dans ton torse, se vider de son sang alors que ton être se remplit de nostalgie. Tu la sens. Tu sens ses mains te saisir les tripes. Tu la sens te détruire les poumons et te serrer la gorge. Il désire sa clémence, mais une douce voix te rappel doucement que rien de cela ne te fera tomber. Elle te rappel la raison pour laquelle tu es ce que tu es maintenant et te souffle ses baisers à ton oreille alors que ton expression de colère glisse doucement toute comme l'eau encore présent dans tes cheveux ébènes. Elle te caresses de tous son être alors que la réalité te revint doucement. Pour toi même, tu remercia doucement celle ayant été et étant toujours ta lumière durant les nuits de pleine lunes et tu quitta son petit monde pour finalement revenir sur cette terre maudite. Tes yeux observant le professeur te faisant face, son corps paresseusement accoter contre le rebord, tu prend une longue inspiration avant d'offrir un réponse d'un ton neutre, mais sans pour autant être froid.

« ….Il n'y a rien de plus souffrant de ne pouvoir dire ce que l'on garde. » dit-il, sifflant ses paroles d'une seule respiration. « Si vous désirez tant m'entendre, parfait, mais je ne veux point croisé votre regard. Vos expression, vos plaisanterie, gardez les pour vous, Professeur al-Mansûr. Comme vous pouvez le voir, je ne suis point d'humeur à vous entendre blablatez des absurdités alors vous êtes maintenant prévenu » finit-il d'un ton légèrement amer avant de reprendre. « …….si cela n'était que de la douleur, ne n'aurait point de problème à me familiariser avec cette énervante malédiction. Si vous avez bien lu vos livre, vous savez donc que rien n'est plus fort que la faim d'une bête. Cette faim, elle est toujours présente. Dans la gorge, dans le ventre, dans les veines, dans les tripes, tous désire, tous s’acharne. Tous cri, tous surplit, tous détruit ... » dit-il alors qu'il serra doucement les doigts, ses dents grinçant entre elles. «  Alors non. Ce n'est point une chose facile à vivre… »

Et le loup mordit de nouveau sa langue. En avait-il trop dit?

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MessageSujet: Re: Me and the Devil was bathin' side-by-side || P.V.: Angelo   Dim 12 Mar - 3:19

keep quiet...

L’espace d’un instant les jets d’eau s’interrompt. Juste l’espace d’un instant. Cela te permet de souffle, de profiter du silence, du calme. Mais le professeur Velasco leur ordonne de se relancer, et alors, le vacarme de l’eau qui se déverse reprend. Tu soupires, doucement, fermes les yeux. Tu te laisses aller dans le bain, te laisses même sombrer, quelques secondes, sous la surface, jusqu’à ne plus avoir d’air dans tes poumons, jusqu’à ce que ceux-ci te brûlent, te supplient de ressortir, d’inspirer, d’expirer, de respirer. Tu leur obéis, alors, happe l’air à grandes goulées. Puis ton attention se refixe sur ton collègue. Tu n’attends plus de réponse de sa part, en réalité. Le silence plane trop, trop longtemps, trop lourd. Tu t’apprêtes même à sortir, lorsque finalement, il prend la parole.

Et tu sens alors ton cœur tambouriner contre ta poitrine. En l’espace de cinq ans, jamais vous n’avez eu de réelle conversation. Toujours à sens unique. Toujours toi qui lui parlais, mais plus pour le taquiner qu’autre chose. Là, c’est différent. Tu n’as jamais été aussi sérieux, avec lui. Et il te le rend.

« … Il n'y a rien de plus souffrant de ne pouvoir dire ce que l'on garde. »

Cette simple phrase te coupe le souffle. Elle est criante de réalité. Et tu ne te sens plus seul. Plus seul au sein de ces murs. Plus seul parmi tous ces visages insouciants qui sillonnent l’école à longueur de journée. Parmi ces fantômes que tu vois sans les voir. À qui tu souris, des journées durant, à qui tu enseignes, également. Et même parmi tes collègues… tu inspires profondément, expires.

« Si vous désirez tant m'entendre, parfait, mais je ne veux point croisé votre regard. Vos expression, vos plaisanterie, gardez les pour vous, Professeur al-Mansûr. Comme vous pouvez le voir, je ne suis point d'humeur à vous entendre blablatez des absurdités alors vous êtes maintenant prévenu »

Tu sens ta gorge se serrer, ton cœur aussi. Tu aurais pourtant dû te douter que le professeur de défense contre les forces du mal ne doit pas avoir la meilleure image de toi, vue que tu as passé toutes ces années à le taquiner à longueur de temps, plutôt que de vouloir réellement entamer une conversation avec lui. En même temps… il t’est plutôt difficile d’essayer réellement de parler avec quelqu’un dont l’amabilité envers ta personne semble aussi égale que celle d’un troll mal léché… Tu baisses la tête, le déleste du poids de ton regard. Tes entrailles se serrent. Tu te demandes si tu n’es pas allé trop loin avec ta question, si tu ne l’as justement pas cherché, cette pique qui te blesse plus qu’elle ne le devrait. Tu te sens comme en équilibre au bord d’une falaise. Et tu penches dangereusement vers le vide. Tu fatigues émotionnellement. Tu n’es pas fort, ce soir. Tu trembles, sans le vouloir et ce, malgré l’eau chaude et réconfortante du bain.

« …….si cela n'était que de la douleur, ne n'aurait point de problème à me familiariser avec cette énervante malédiction. Si vous avez bien lu vos livre, vous savez donc que rien n'est plus fort que la faim d'une bête. Cette faim, elle est toujours présente. Dans la gorge, dans le ventre, dans les veines, dans les tripes, tous désire, tous s’acharne. Tous cri, tous supplie, tous détruit ... »

Tu es estomaqué. Tu ne t’attendais pas à cela. Pas à une réponse aussi complète et longue. Tu penches, Idris. Encore plus. Alors tu te mords la lèvre inférieure, la tête toujours baissée. Tu fermes les yeux, fort. Très fort. Tu ne sais pas quoi dire. Ni quoi faire. Silence ou parole ? Rester ou partir ? Tu sombres. Tu te sens te briser un peu plus chaque seconde qui passe. Mais tu ne veux pas laisser le professeur Velasco voir cela. Pas lui. Surtout pas lui….

« Alors non. Ce n'est point une chose facile à vivre… »

Respire, Idris. Inspire. Expire. Tu soupires. Tu te passes une main sur le visage, te tourne, pour cacher ton état déplorable, lamentable. Tu es pitoyable, ce soir, Idris. Déchiré. Brisé. En mille morceaux. Tu as du vague à l’âme. Tu as l’âme en morceau, le cœur en charpies. Tu n’arrives pas à te contenir. Les larmes roulent sur tes joues et tu n’arrives pas à identifier pourquoi. Alors tu te laisses aller, les coudes posés sur le rebord du bassin, les mains cachant ton visage. Pourquoi tu as parlé ? Pourquoi tu as lancé la conversation ? Si tu pars maintenant, tu le vexeras sans doute. Après tout, il s’est confié. Il t’a parlé sans détour. Il t’a exprimé ce qu’il ressentait. Il… t’a fait confiance, sur ce coup-là. Et tu n’as pas le droit de le décevoir. Tu te l’interdis. Tu ne le peux pas. Pas ici, pas maintenant. Mais tu te sens si faible, ce soir…

Tu inspires profondément, tentes de te calmer. Petit à petit. Tu sèches tes larmes, tu te frictionnes le visage. Et tu finis par lui faire face de nouveau, le visage encore et toujours baissé. Soumission. Obéissance. Pas de regard. Pas d’expression. Pas de plaisanterie. Rien.

« Mes livres, je les ai bien lus, professeur… »

Tu commences doucement, simple susurrement, sans aucun doute couvert par le brouhaha de l’eau qui continue de se déverser.

« Sans quoi je ne serais pas votre remplaçant… mais… je vous remercie de… »

De quoi, au juste ? Tu cherches tes mots. Tu butes sur les idées que tu veux exprimer. Tu te perds. Tu sombres.

« De m’avoir confié cela. Vous n’aviez pas l’obligation de me répondre. Et je vous en remercie de l’avoir fait. De m’avoir… fait confiance, si je puis dire. Je… bon dieu… je ne sais que vous dire de plus… Simplement… merci. »

Tu remets tes cheveux en place, relève lentement le visage vers lui, tes yeux rougis également.

« Je ne me sens plus seul. »

Tu conclus, tout simplement. Plus seul à porter ta propre malédiction. Quand bien même la tienne n’est pas aussi lourde. En réalité, de quel droit te permets tu de te comparer à cet homme, ce père de famille qui lutte contre sa nature imposée ? Aucun. Tu n’en as aucunement le droit. Et tu ne t’en rends compte qu’à présent. Le poids qui pèse sur tes épaules, il n’est dû à rien d’autre qu’à toi-même. Car tu refuses de le laisser partir. De faire le deuil. D’accepter la réalité : Aeddan est mort, il ne reviendra jamais. Cela fait dix ans. Dix ans que c’est fait. Et ton homosexualité, dont tu as si peur au point d’avoir appris l’occlumentie pour t’en cacher, n’est pas un secret, un fardeau aussi lourd que celui que porte le Serpentard.

Lâche prise. Accepte. Et tout ira mieux. Tu le sais depuis des années. Et pourtant, tu n’y arrives pas. Tu es ton propre bourreau. Inspire. Expire. Soupire.

« Et… vous savez professeur… je n’avais aucunement l’envie ni l’intention de plaisanter, ce soir… »

Tu as parlé, sans le vouloir, sans le savoir. Et maintenant, tu te sens mal. Tu t’accables, encore. Car tu penses l’avoir dérangé. Tu baisses la tête, une dernière fois, avant de te lever.

« Je devrais vous laisser… ma présence n’est pas nécessaire… mais je suis heureux d’avoir pu partager un semblant de réelle conversation avec vous… le premier depuis toutes ces années… »

Ni désirée, tu le supposes. Et tu te sens mal. Tu te fais du mal. Tu sens des bras s’enrouler autour de tes épaules, des lèvres venir embrasser tes yeux auxquelles pointent de nouvelles larmes. Tu es fragile, Idris. Bien plus que ce que tu ne peux désirer montrer. Tu aurais envie de te confier, de parler à quelqu’un de ce que tu ressens depuis toutes ces années. Mais tu n’as personne. Et ce n’est sûrement pas le professeur Velasco qui va vouloir ouvrir un bureau des plaintes pour ta personne. Toi. Le cafard ennuyant qui passe son temps à l’agacer. Toi, le professeur incompétent, inutile. Toi. Toi à qui on refuse même le droit de démissionner. Tu soupires. Tu n’es qu’un raté. Tu le sais. Tu le sens. Tu ne vas pas bien. Mais tu n’as personne pour t’épauler.

Tu soupires, une dernière fois. Tu lui accordes un dernier regard. Un dernier sourire qui ne reflète que le désespoir qui hurle en toi. Un dernier signe de tête.

Pourtant tu espères. Tu espères qu’il te retienne. Qu’il te demande de rester. Même pour rien. Juste pour être là. Pour discuter…

« … Si l’envie vous prends … j’ai … un excellent remède aux maux. Cela s’appelle l’alcool… alors… n’hésitez pas à passer. Quand vous le désirez. À mes appartements. Même si vous ne voulez pas parler. Juste boire. »

Tu cherches à gagner du temps. Parce que tu as bien plus envie de rester que de partir.

Inspire. Expire. Soupire…


1490 words
La mort tombe dans la vie comme une pierre dans un étang : d’abord, éclaboussures, affolements dans les buissons, battements d’ailes et fuites en tout sens. Ensuite, grands cercles sur l’eau, de plus en plus larges. Enfin le calme à nouveau, mais pas du tout le même silence qu’auparavant, un silence, comment dire : assourdissant.

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