PROFIL- MP PROFIL- MP PROFIL- MP •• Il semblerait qu'une chèvre ou bien un bouc, personne ne sait vraiment de quoi il s'agit, se balade dans les couloirs du château. Parfois même, des élèves affirment entendre le rire mesquin de cette maudite bestiole sans jamais pouvoir mettre la main dessus. Le directeur affirme pourtant qu'aucune chèvre ou bouc ne se balade dans les couloirs. Affaire à suivre.

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 Tout ou rien [Fini]

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Poufsouffle • Cinquième année
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Poufsouffle • Cinquième année
MessageSujet: Tout ou rien [Fini]   Lun 30 Jan - 22:11

J+1 Après baiser

C’était le matin, aux aurores, emmitouflé dans sa cape, Val était parti du côté du hangar à balais, dans l’herbe humide de rosée, il ramassa un vieux livre élimé, qu’il ouvrit. « Le grand livre des songes » par Adelaine de Montmoiron. Un nom français, qu’il eut l’impression d’avoir déjà vu quelque part sans se rappeler où. Il soupira, sans Octans pour les partager, ses découvertes avaient un peu moins de piment. Il glissa quand même l’ouvrage dans son sac avant de revenir vers le château.

Que faire ? Son ami occupait toutes ses pensées, pas uniquement à cause de ce qu’il s’était passé entre eux, mais parce qu’il était blessé et seul. Il ne tenait pas à le laisser comme ça, peu importe ses craintes et ses scrupules. À tout hasard, Val partit voir à l’infirmerie s’il n’y était pas, mais elle était fermée à cette heure-là, il arpenta le grand hall un moment, se demandant si Octans allait venir manger et s’il pourrait l’attraper à ce moment-là. Ou alors il pourrait attendre devant la salle commune des Serpentard, en admettant qu’il la trouve.

Finalement, après quelques allées et venues supplémentaires, il décida d’aller s’asseoir dans la grande salle, à la table des Serpentard, au moins comme ça il était sûr de ne pas le rater. D’ailleurs, personne ne le rata lui non plus. Dès que les premiers élèves arrivèrent, les remarques et les moqueries plurent sur le fait qu’il s’était « trompé de table », surtout de la part des Serpentard. C’était fou, quand même, à quel point les gens n’aimait qu’on change leurs habitudes. Pour Val qui ne voyait pas les couleurs, la distinction basée sur sa cravate était d’autant plus ridicule.

Il ignora les brimades des uns et des autres, les yeux rivés vers la porte, attendant sagement de revoir la silhouette familière d’Octans. Val était déterminé à le voir le plus tôt possible, quitte à venir le chercher au fond de son lit. Il voulait lui montrer qu’il était toujours là, que ses paroles de la veille étaient sans importance. Qu’il l’aimait, même si ce n’était pas conforme à la morale.

Il ne vint pas.

J+2 Après baiser

Quel idiot quand même, embrasser Octans et lui dire de s’éloigner de lui dans la minute suivante. C’était tout Val de faire une chose pareille, et ce qui aurait pu être un beau moment avait mal fini. Il s’était senti brisé en entendant la colère dans la voix de son ami, et n’osa pas répondre ni le suivre. Au fond, peut-être que c’était mieux ainsi, l’homosexualité était quand même punie par la loi – bon, la loi moldue, je sais pas trop sinon, mais vu le rejet des loup-garous et autres ça doit pas être la joie non plus à l’époque – en s’éloignant d’Octans, il le protégeait. C’était mieux comme ça, non ? Mais Octans avait répondu à son baiser, alors peut-être qu’il souhaitait aussi être avec lui.

Voilà ce que Val se disait tandis qu’il passait des heures à faire semblant de lire à la bibliothèque pour tomber sur son ami, mais là non plus il ne le vit pas.

J+3 Après baiser

Et bien d’accord, il préférait rester caché plutôt que de voir, soit. Qu’est-ce que ça pouvait faire ? D’accord, ça faisait tout. Val n’écoutait plus en cours, il passait son temps à soupirer, était exécrable avec tous ceux qu’il rencontrait. On ne le reconnaissait plus, mais il s’en fichait. Il lui manquait quelque chose et ce vide était insupportable. Surtout, il s’inquiétait de plus en plus, et si Octans allait juste trop mal pour sortir de son lit ? Il n’aurait jamais dû le laisser filer, mais il avait retenu la leçon, attendez un peu qu’il l’attrape.

Val finit par trouver la salle commune des Serpentard, mais il ne parvint pas à y entrer malgré plusieurs tentatives de se glisser discrètement derrière un élève. La bibliothèque était toujours vide, rien dans la grande salle, nada à l’infirmerie, que pouic au terrain de Quidditch. Il passa même par la volière pour voir s’il n’y avait pas une buse qui traînait. On était dimanche, il n’avait pas pu disparaître ! Val sentit qu’il commençait à perdre patience, ce n’était pas bon, il fallait qu’il se calme. Il enfila sa plus grosse écharpe, ses gants et sa cape, et fila dehors malgré le froid. La nature lui avait toujours fait le plus grand bien, c’était idéal pour se changer les idées.

Il n’y avait pas grand monde dehors et c’était tant mieux, une fine couche de neige craquait sous ses pas. Le jeune homme se dirigea vers la forêt toute de blanche et de noir, et s’y enfonça un peu, suivant un sentier qui serpentait entre les fougères. Contrairement à la plupart des élèves, il n’avait pas peur de s’y aventurer, cela lui rappelait les balades qu’il faisait avant d’entrer à Poudlard, avec ses frères et sœurs. Il lui arrivait de trébucher un peu dans un creux du terrain ou des racines, mais globalement il avançait d’un bon pas. Il savait où il allait.

La forêt s’ouvrit finalement sur une clairière enneigée où plusieurs chevaux ailés vaquaient à leurs occupations. Val adorait aussi les animaux, mais il doit bien avouer que pour ceux-là, il lui avait fallu un temps d’adaptation. Il avait commencé à avancer sa main vers l’un d’eux quand une silhouette humaine le fit sursauter. Il cligna des yeux dans sa direction quelques longues secondes avant de lâcher.

« Octans ? »

C’était lui, il ne rêvait pas, et au dernier endroit où il pensait qu’il serait. Il n’hésita pas et s’approcha de lui à grands pas avant de l’attraper par la manche. Et il ne comptait pas le lâcher cette fois.

« Je t’ai cherché partout ! Je me suis inquiété, tu étais dans un état tellement… Comment vas-tu ? Je n’en reviens pas de te trouver ici. »


Dernière édition par Val Tourtebuse le Jeu 2 Fév - 19:44, édité 1 fois
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Serpentard • Sixième année
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Serpentard • Sixième année
MessageSujet: Re: Tout ou rien [Fini]   Lun 30 Jan - 23:01

Un baiser. Et une fuite vers la salle commune où je me suis réfugié afin de m'enfouir sous mes draps. D'où je n'ai pas bougé pendant deux jours, comateux, rongé par de la fièvre. On a tenté de m'emmener à l'infirmerie. J'ai refusé. Ne voulant pas qu'on me voit comme ça. Qu'il me voit comme ça. Une chute n'aurait pas dû me faire cet effet. Mais c'est mon corps entier qui luttait pour aller mieux. Pour chasser les bleus et les coupures, pour se remettre de toute cette fatigue, de toute cette douleur. Oh oui, j'ai eu mal. Aux bras. Aux jambes. Au moindre muscle qui compose mon corps. Et tout au fond de mon torse. J'ai refusé qu'on me sorte de mon lit pour ne pas le croiser. Restant à délirer contre le matelas. A murmurer des secrets que j'étais le seul à entendre. Les autres étaient en cours. Les autres ne se souciaient plus de moi parce que j'avais fait mon choix, bien qu'altéré par la maladie. Plus mentale que physique. Et il me manquait. Il me manquait terriblement. Il me manque toujours aujourd'hui, alors que je me mets enfin debout plus de quelques secondes pour la première fois en trois jours. Alors que la fièvre est redescendue, que la douleur s'est doucement effacée. Un mauvais souvenir, rien de plus. Qui pourtant marque une étape dans ma vie, bien que je ne souhaite pas le reconnaître ouvertement. On m'a posé des questions sur lui, essayant de me soutirer des informations. On m'a parlé de sa présence à notre table. Mais malgré mon état, je n'ai rien dit. Parce que je ne pouvais pas le trahir.

Je crois bien que je suis encore faible. Mon visage est pâle, mes joues encore chaudes. Aussi il me faut m'envelopper dans mon écharpe, rajouter un pull par dessus celui que j'ai déjà. Et je quitte enfin le dortoir que je n'ai pas cessé d'observer ces trois jours, entre deux rechutes dans le sommeil et des délires qui ne me menaient à rien. L'effet de l'esprit sur le corps est impressionnant. Celui de la fatigue également. Heureusement je m'en tire indemne. Juste légèrement écorché sur la façon dont nous nous sommes quittés. Je pourrais le chercher. Je ne le fais pas. Trop fier sûrement, malgré son absence qui me broie et ma gorge qui se noue rien qu'en pensant à lui. Trop fier pour lui avouer que je me suis habitué à sa présence, à son flot de paroles et à nos étreintes plus nombreuses ces derniers temps. Pour lui dire que j'aimerai encore vivre des aventures auprès de lui, et que non, foutrement non, il n'avait pas le droit de me dire de m'en aller de cette façon. Parce qu'encore une fois, je ne l'ai pas repoussé. Je ne lui en ai pas voulu. Je me mords la lèvre, les yeux rivés sur le sol alors que mes pas me mènent à l'orée de la forêt interdite. Et elle l'est, interdite, mais juste à la lisière, il y a cette petite clairière. Le groupe de Sombrals, auquel j'aime apporter quelques morceaux de viande, avant de m'installer non loin pour étudier quelques heures. Jusqu'à ce que mon corps s'avère transi par le froid et que mes mains soient bleues.

Lorsque j'arrive, l'un des jeunes se précipite vers moi, cherchant au creux de ma main la viande qu'il affectionne tant. Mais il n'y en a pas cette fois-ci, et il s'éloigne en le comprenant. Farouche. Comme les adultes qui me toisent mais me tolèrent à leur côté si je ne leur fais pas de mal. A quoi bon blesser des créatures juste pour le plaisir ? La silhouette squelettique s'éloigne en trottant. Retourne près de sa mère. Et se tendent en se désintéressant de ma présence. Je me retourne, avise ce petit homme qui arrive vers nous. Qui n'a rien à faire là, dans la forêt, alors que le règlement stipule que nous n'en avons pas le droit. Mais surtout, pourquoi ? Pourquoi mes jambes restent résolument plantées dans le sol alors que je pourrais m'enfuir ? Éviter de le croiser ? Pourquoi mes yeux s'écarquillent tandis qu'il avance ? Ma mâchoire se crispe. Je tente un pas en arrière mais la faiblesse me rattrape, me rappelle à l'ordre. Trois jours passés dans la fièvre et les draps trempés juste parce qu'on s'est à moitié disputés. Non vraiment, je n'avais pas envie de le voir là. Et pourtant j'en meurs d'envie. Sincèrement. Alors je me laisse empoigner. Grimaçant lorsque ses doigts effleurent un bleu. Incapable de le retenir comme je n'ai pas su contrôler mon propre corps lors de la chute vertigineuse depuis la classe de divination. Faible.

"J'étais juste..." Ne pas savoir par où commencer. "Je voulais.. Je.." Oscillement. Mensonge, vérité. "J'étais malade." Parce qu'il en entendra parler. "Au fond de mon lit. J'avais de la fièvre." Allez dis-le.

Dis-le. Dis-le qu'il t'as manqué ! Ce n'est pas sorcier. Ce ne sont que quelques mots. Quelques bribes qui ne feront de mal à personne. Il n'y a pas mort d'homme après tout. Tu peux le faire, me souffle mon instinct. Résiste, s'acharne la raison. Elles me font perdre la tête. Je ne les supporte plus. L'ange et le démon, aux rôles constamment inversés, toujours en confrontation quoiqu'il arrive. Elles me font perdre la tête. L'air me manque. Intolérable. Douloureux. Elles me font perdre la tête. Silence !

"J'ai besoin de m'asseoir."

C'est grimacé, soufflé. Dur à avouer. J'ai besoin de me poser, là, maintenant, parce que ça fait 3 jours que je suis enfermé, 3 jours que je ne tiens pas debout. Et là je suis parti, comme ça, comme s'il ne s'était rien passé, comme si je n'avais pas été malade. Comme si mon corps n'avait pas besoin de repos. Je suis parti parce que rester là bas me rendait dingue. Ne pas entendre sa voix également. Entendre la leur, encore plus. Celle de tous ces Serpentards qui se moquent de moi une fois l'inquiétude passée. Je m'accroche automatiquement à son bras. Vacille un peu. Ma tête tourne. J'étouffe. Elles m'étouffent, mes pensées. Mon désir et ma raison. Toujours, toujours.
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Poufsouffle • Cinquième année
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Poufsouffle • Cinquième année
MessageSujet: Re: Tout ou rien [Fini]   Mar 31 Jan - 10:36

Les yeux de Val s’écarquillent lorsqu’il entend la voix faible d’Octans. Il réalise soudainement qu’il ne va pas bien du tout et sent ses entrailles se glacer sous la couche épaisse de vêtements qui le recouvre. Est-ce que c’était toujours à cause de sa chute ? Il chancela et Val vint le maintenir par la taille pour l’aider à tenir debout, il le fit ensuite avancer vers une souche d’arbre non loin de là où il pourra s’asseoir. Val s’était attendu à ce qu’Octans n’aille pas très bien, sa chute remontait à peu de temps, mais là ça dépassait de loin ses pires craintes. Inquiet, il enleva l’un de ses gants et posa sa main sur le front de son camarade. Il était brûlant. La panique le gagna.

« Tu ne devrais pas être dehors avec une fièvre pareille. Pourquoi n’es-tu pas allé à l’infirmerie ? »

Il y eut un silence alors qu’il comprenait.

« C’est à cause de moi, n’est-ce pas ? » Il soupira. « Tu es un crétin, un crétin et un fou pour être venu jusqu’ici tout seul. »

Val eut un mince sourire, puis se fit une petite place sur la souche et passa précautionneusement un bras autour de son épaule. Il avait remarqué ses grimaces pendant qu’il bougeait et ne voulait pas lui faire mal. Ses lèvres se posèrent sur sa joue, et même une fois le baiser terminé, il garda son visage tout proche du sien.

« Je n’aurais pas dû te dire ça l’autre jour, j’ai eu peur. Peur de t’entraîner dans une relation qui puisse te faire du mal. Si nous étions découverts… je ne sais pas ce qui arriverait. La dernière fois que tu m’as suivi ça s’est déjà assez mal terminé comme ça. Je ne veux pas être seulement source de souffrances pour toi. Tu es vraiment bouillant, mon oiseau, est-ce que tu penses pouvoir marcher, maintenant ? Ta fièvre ne va pas s’améliorer en restant ici. »

Il attendrait le temps qu’il faudrait, le porterait s’il le faut, mais Val comptait bien l’emmener à l’infirmerie, de gré ou de force. Lorsqu’Octans put tenir debout, il l’aida donc à se lever et ils prirent lentement le chemin de l’école, Val le maintenant toujours par la taille au cas où. Quelques élèves curieux les regardèrent passer quand ils quittèrent la forêt, mais la plupart étaient trop occupés à se lancer des boules de neige. Après avoir laborieusement monté les marches jusqu’au premier étage, ils arrivèrent finalement à l’infirmerie.

Là, une sorcière replète au visage un peu sévère les fit entrer, Val aida Octans à grimper sur le lit, et allait s’asseoir sur un fauteuil à côté quand l’infirmière le jeta dehors sans ménagement. Il dut patienter dans le couloir le temps des soins avant d’être autorisé à revenir enfin. Octans lui semblait en meilleur état, mais à ses yeux il était de la même couleur que les draps, ce qui n’était pas hyper rassurant non plus. Son premier réflexe fut de poser à nouveau une main sur son front, oui, ça allait déjà mieux niveau température, les remèdes magiques sont super efficace. Il sourit enfin de toutes ses dents et attrapa sa main pour la caresser.

« Et voilà, ce n’était pas si sorcier. »

Octans allait vite se sentir mieux, et puis ils étaient ensemble de nouveau, cela suffisait à faire revenir la bonne humeur de Val. Pendant un moment, il ne pensa plus aux conséquences que pourraient avoir leur relation à l’avenir. Il se contenta de le regarder se reposer, comblé par sa simple présence.
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Serpentard • Sixième année
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Serpentard • Sixième année
MessageSujet: Re: Tout ou rien [Fini]   Mar 31 Jan - 13:02

Sa main. Fraîche sur mon visage bouillant. Sur mon front. Douce et frêle. Contre laquelle je voudrais m'appuyer. Pourquoi ne m'en laisse-t-il pas le temps ? Celui de profiter ? D'envoyer paître ma raison pour satisfaire mes envies ? Pourquoi reste t'il là, à m'observer trembler sous le froid qui me devore, alors qu'il pourrait se blottir contre moi ? Est-ce que je l'effraye ? Est-ce que la maladie lui fait peur tout simplement ? Ce n'est qu'un contrecoup de la chute, il n'y a rien de contagieux ou quoique ce soit. Heureusement, au moment où je vais ouvrir la bouche, lui demander de se mettre près de moi, il le fait de lui même. Alors je m'y autorise. A poser ma tête contre son épaule. A me laisser aller quelques minutes. Comme nous le faisions il y a quelques jours encore. Avant tout ça. Je ferme à demi les yeux, l'écoutant répondre à ses propres questions à la perfection. Oui. Il a raison pour l'infirmerie. Et j'acquiesce d'un simple mouvement de tête,  incapable de plus alors que mes dents claquent les unes contre les autres.

"Je vais bien..."

Non. C'est pire même, je n'ai plus la force de rien. Même pas de lui répondre. Mais ça ira mieux bientôt. Et d'un côté c'est de sa faute. Il me rend faible. Il me rend fort. Je me rends malade pour lui. Je fais des choses que je n'aurais pas fait il y a quelques mois. Toujours pour lui. Parce que c'est une personne formidable et qu'avec lui j'ai l'impression de ne pas être assez. Pour Andrew j'étais un frere. Pour mon père je suis un fils. Mais j'ai toujours été celui qu'on remplace. Celui à qui on ne fait pas confiance. Celui que l'on punit, lorsqu'il se passe quelque chose. Je ne suis jamais assez. Pour personne. Alors comment l'être pour Val ? Je suis incapable de l'être avec les autres. J'ai peur. Tellement, s'il pouvait s'imaginer. Peur qu'il me dise encore de m'en aller encore une fois. Qu'il m'abandonne. Sentiment qu'il s'efface lorsqu'il m'aide à rejoindre l'infirmerie. Qui se renforce lorsque la femme le met à la porte. Je braque mes yeux noirs sur la porte, sans parvenir à la lâcher jusqu'à ce qu'enfin,  il revienne à mes côtés. Prenant ma main. Bien sûr j'hésite quelques secondes. Puis mes doigts se mêlent aux siens, s'accrochent, et je souris légèrement, laissant ce qu'on m'a donné contre la fièvre faire effet, tranquillement.

"Tu restes hein..? Tu ne m'abandonne pas..."

Mes yeux se ferment tous seuls. Je résiste quelques secondes mais c'est peine perdue. Je laisse mes paupières s'abaisser. Elle est douce, sa presence. Chaleureuse et rassurante. Et je ne regrette pas qu'il soit là.  Ni d'être allé me promener alors que ça n'avait rien ni de prudent ni d'intelligent.

"Moi aussi j'ai peur Val..."

Et même si ce n'est qu'un murmure prononcé au milieu de ma somnolence,  c'est la pure vérité. Je suis réellement terrifié. Il peut le voir à mon visage crispé. Aux larmes qui gonflent mes yeux. J'ai tellement peur que ça me pétrifie. Pourtant je prends une grande inspiration et je me jette à l'eau.

"J'ai peur parce que je n'ai pas détesté ce baiser. Mais les convenances et moi ça fait deux... et je n'ai pas envie de te perdre..." Mon discours est chaotique. Illogique. Ce n'est pas grave. "Je ne veux pas que tu t'en ailles loin de moi. Juste parce que je t'attire.. et peut-être que c'est plus que ça,  peut-être que ce n'est pas juste de l'attirance... Je n'en sais rien... Mais je ne veux pas... Je ne veux pas que tu me laisses seul."

Mes doigts serrent les siens avec toute la force dont je dispose. Je grelotte un peu. Rouvre un oeil faiblement pour le fixer lui, lui et ses beaux yeux bleus.


Dernière édition par Octans Svanes le Mar 31 Jan - 17:13, édité 2 fois
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Poufsouffle • Cinquième année
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Poufsouffle • Cinquième année
MessageSujet: Re: Tout ou rien [Fini]   Mar 31 Jan - 16:13

La main d’Octans agrippe la sienne, il le prie de ne pas l’abandonner. Le cœur de Val se serre en sentant sa détresse, il l’avait laissé tomber, il l’avait laissé partir, seul et malade, quelques jours plus tôt. Mais ça ne se reproduira pas. Sa main serre plus celle d’Octans alors que son discours un peu décousu continue, il comprend qu’il lui a fait du mal à nouveau, la solitude et la détresse dans laquelle il l’a laissé. Il le comprend d’autant mieux qu’il avait la même dans son cœur tandis qu’il le cherchait. Plus jamais, il ne voulait plus jamais lui faire vivre ça, le mettre dans un état pareil.

Sa main libre caresse la joue humide de larmes d’Octans, il sourit d’un sourire un peu triste, et sa voix se fait douce.

« Je suis là, je serais toujours là Octans. Tu n’es pas seul. »

Il le regarde s’endormir, rouvrir ses yeux, le pauvre n’en pouvait plus. Val s’étonna qu’il ait pu marcher jusqu’à la clairière en étant si malade, mais c’était une chance puisque ça lui avait permis de le retrouver. Il soutint son regard en silence, repensant à ses paroles, « peut-être que ce n'est pas juste de l'attirance... ». Que ressentait-il exactement pour lui ? Est-ce qu’Octans avait besoin qu’il soit plus précis à ce sujet ? Parce qu’il n’était pas sûr de pouvoir l’être tout de suite. Les choses étaient allées un peu trop vite, et il se sentait encore perdu dans ses sentiments. Mais ce qu’il ressentait était fort, Octans était dans sa tête, dans son cœur, dans tout son corps, d’une façon qu’il ne savait comment exprimer avec des mots. C’était très loin de tout ce qu’il avait connu jusqu’alors. Sera-t-il seulement capable de lui expliquer un jour exactement ce qu’il ressent pour lui ? Il n’en était pas certain.

Octans finit par s’endormir, et Val le contempla un long moment. On aurait dit un ange. Il réajusta les draps pour mieux le couvrir. Et lui, que pensait-il de tout ça ? Il n’avait pas détesté le baiser, et se moquait des convenances, cela ne voulait pas dire que Val l’attirait ou qu’il espérait plus qu’une amitié pour eux. Mais Octans avait besoin de lui, ça, il le lui avait bien fait sentir, et c’était déjà beaucoup. Tout était calme dans l’infirmerie, les hautes fenêtres inondaient la pièce de lumière, et Val se sentit calme enfin. Après tous ces jours d’agitation. Il rapprocha un fauteuil du lit avant de s’y installer en boule, et continua à observer Octans, jusqu’à s’endormir. C’est l’infirmière qui le réveilla lorsqu'elle ouvrit la porte, apportant le repas de midi sur un grand plateau.

« Oh, de la soupe, tu en as chance. »

Il sourit à sa propre ironie et se leva pour aider Octans à se redresser sur le lit.

« Je suis sûr que tu n’as presque rien avalé ses derniers jours. Il faudrait que tu en manges au moins un peu. J’insiste. »

Val couvait son ami des yeux, comme si c’était la chose la plus précieuse qui existait. Le voyant encore affaibli et un peu endormis, il prit la cuillère et la remplie de soupe avant de la porter aux lèvres d’Octans. Il réalisa en le faisant qu’il adorait s’occuper de lui, même s’il préférerait qu’il soit assez en forme pour le faire lui-même.
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Serpentard • Sixième année
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Serpentard • Sixième année
MessageSujet: Re: Tout ou rien [Fini]   Mar 31 Jan - 19:42

Tu n'es pas seul... Un murmure comme une promesse, qui adoucit les songes dans lesquels je plonge peu à peu, presque tendrement. Bercé par sa présence à ses côtés, par la beauté de son regard. S'y noyer. Se glisser dedans. Se perdre. S'enfoncer dans l'océan et ne plus jamais en ressortir. Se laisser engloutir par son immensité, sans crainte. Parce que quand il me regarde ainsi, la peur recule un peu, courbe l'échine. Et même si elle reste présente, même si elle sera là demain et le jour d'après, ça me fait du bien de ne plus la sentir aussi pesante qu'il y a quelques minutes. Elle est ainsi. Elle va et vient au gré des aléas, des paroles prononcées ou d'actes quels qu'ils soient. Nomade, drapée de toutes ses subtilités. Je la hais, la peur. Quelle que soit sa nature. Parce qu'elle ne fait faire que des idioties. Comme partir alors que j'aurais dû lui mettre mon poing dans le nez ou plonger sur ses lèvres. Agir. Autrement que par ce contact éphémère qui n'a fait que me troubler un peu plus. Me perdre. Si seulement les doutes pouvaient s'envoler d'un coup... Mais je ne peux que repenser à mon père et à ce qu'il pensera de moi si je lui annonce que j'ai embrassé un autre homme. Est-ce que je serais assez pour lui à ce moment là ? Ou aura t-il honte de moi ? Je n'en sais rien, et ça aussi ça fait peur.

Pourtant je n'y pense plus, à tout ça, lorsque je plonge dans ses yeux. Et c'est sûrement grâce à cela que je parviens à plonger dans le sommeil. Parce que même s'il crée certaines peurs, il en détruit d'autres. Ma force et ma faiblesse. Définitivement. Même si tout va trop vite entre nous, et que c'est perturbant de se dire qu'avant hier nous étions des inconnus, hier des amis, pour être aujourd'hui deux êtres perdus. Confus. Alors pourquoi je souris lorsque Morphée me rappelle à lui ? Le corps et l'esprit sont vraiment des choses mystérieuses. Sa main me lâche durant mon sommeil, je me crispe légèrement. Et c'est sûrement un peu comme un aveu, mais il ne l'a probablement pas remarqué. Tandis que moi je ne m'en souviendrai pas au réveil. Des réactions naturelles, presque comme des murmures. Perdus dans l'obscurité des songes, dans la grandeur du monde qui nous entoure. De simples détails auxquels on ne prête pas attention et qui pourtant sont de véritables révélations. Je m'éveille au son de la porte qui s'ouvre. Un instant il me semble que c'est lui qui s'en va, aussi la seconde d'après je suis dressé dans mon lit, yeux écarquillés et souffle court, cherchant à tâtons sa main que je ne trouve pas. Et encore quelques grains de sables s'écoulant dans le sablier, avant que je ne me rende compte qu'il est à côté de moi, que ce n'est pas lui qui s'en va mais l'infirmière qui arrive chargée de son plateau.

Et encore lui qui me materne. Toujours. Ça ne me déplaît pas en fait, j'entrouvre même les lèvres à peine la cuillère près d'elles, avalant son contenu. Depuis combien de temps n'ais-je rien mangé ? A part le tissu de l'oreiller que je serrais entre mes dents lorsque la souffrance me vrillait la nuit, que je ne pouvais pas être seul et la relâcher dans quelques sanglots, je n'ai pas vu de nourriture depuis plus de trois jours. Tant pis si cette soupe est immonde. Je grimace un peu au goût mais je ne fais pas la fine bouche, en avale autant que me le permet mon estomac avec l'immonde impression d'être aussi affamé que lorsque j'étais à la rue, mes poings dans mes poches crevées, traînant mes guenilles afin de dénicher de quoi nous remplir la panse. Je ne mange plus, j'englouti ce qu'il veut bien me donner. Manque m'étouffer à un moment, mais ça fait tellement du bien. Je pourrais lui arracher le bol juste pour que ça aille plus vite. Pour satisfaire mon estomac complètement vide.

"Encore..."

Mes yeux le fouillent, l'espoir fait briller mon regard. Parce que oui j'en veux encore de leur soupe immonde. Ou d'autre chose. Juste encore un peu pour me remplir entièrement la panse. Il gronde, mon ventre. J'ai tellement faim que je pourrais dévorer un homme. J'attrape la main de Valérian. Tire un peu dessus pour l'obliger à se rapprocher.

"Je meurs de faim." Ça a quelque chose d'indécent. J'aime ça sur le coup. "Je pourrais bien te dévorer si je n'étais pas qu'un simple oiseau."

Son oiseau. Oui, il l'a redit dans la clairière. Son oiseau. Le seul à m'appeler ainsi et à pouvoir le dire, parce que clairement, personne ne peut se vanter de me posséder. Je souris à cette idée. C'est redevenu naturel, de sourire. Et je pose mon front contre son épaule pendant quelques secondes avant de me détacher pour retomber dans notre position initiale. Ma main ne lâchant pas son poignet, plus souple et douce pourtant autour de la peau. Lui laissant le choix. La décision de partir, ou de rester. D'en découvrir plus avec moi ou non. De redémarrer peut-être une prochaine aventure. Qui sait ?


Dernière édition par Octans Svanes le Mer 1 Fév - 7:52, édité 1 fois
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Poufsouffle • Cinquième année
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Poufsouffle • Cinquième année
MessageSujet: Re: Tout ou rien [Fini]   Mar 31 Jan - 21:03

Octans a faim, ça se voit, il dévore chaque bouchée que Val lui tend avec un appétit qui ferait presque peur. Depuis combien de temps n’a-t-il pas mangé ? Il espérait quand même que ça ne faisait pas trois jours, mais commençait a en douter à ce stade. Il rajouta quelques morceaux de pain dans la soupe pour la rendre un peu plus consistante, et assez rapidement, le bol fut vide. Mais Octans en voulait encore, Val allait lui dire qu’il n’y avait plus de soupe quand il lui attrapa la main, le faisant se rapprocher. Leurs regards se croisent, et le Poufsouffle remarqua une lueur inhabituelle dans les yeux de son ami. Le doute s’installe en lui, parlait-il vraiment de la soupe, ou y avait-il un sous-entendu quelque part ?

Je pourrais te dévorer. Val sentit une étrange chaleur remonter de son ventre, et faisant rougir ses joues. Il y a quelque chose dans le ton d’Octans qui lui fait tourner la tête, mais il n’arrive pas à lire dans son attitude un signe qui justifierait son pressentiment. Si ce n’est cette main qui le tient toujours et ce regard sombre dans lequel il pourrait se noyer.

« Heu… Il n’y a plus de soupe, mais il reste du pain, un morceau de fromage, et une part de cheesecake. »

Ses entrailles se tordent, ce n’est pas ce qu’il voulait dire au plus profond de lui. Non, sa véritable réplique aurait plutôt été dévore-moi, je n’en attends pas moins ou quelque chose dans le style. D’ailleurs, il n’esquissa pas un geste vers le plateau, ne retira pas son poignet des mains d’Octans, il ne le lâcha même pas des yeux. Il se pinça les lèvres une seconde, la bouche soudainement sèche, puis il sortit sa baguette.

« Collaporta. »

La porte de l’infirmerie se ferma dans un bruit de succion, Val la regarda un instant avant de se tourner à nouveau vers Octans, les battements de son cœur s’accélérant déjà. Un mouvement de baguette de plus et le plateau s’envolait pour se poser un peu brutalement sur la table de chevet, il s’assit à sa place sur le lit. La main que tenait Octans s’emmêla dans la sienne et il la repoussa pour l’obliger à s’allonger dans les coussins, son visage au-dessus du sien. Cette fois, il ne tergiversa pas longtemps avant de franchir la distance qui les séparait. Ses lèvres se posèrent sur les siennes, d’abord légèrement puis de façon plus appuyée. Finalement, il entrouvrit les lèvres, et sa langue chercha un contact plus intime encore. Il voulait le dévorer, non ? Qu’il le fasse.

Son souffle se fit court et brûlant, son cœur explosait dans sa poitrine et tous ses sens se concentraient sur cet unique contact. Il ferma les yeux sans même s’en rendre compte, sa vue lui était inutile à ce stade, mais ses mains s’animèrent, se perdant dans ses cheveux toujours aussi fins et doux, dans sa nuque, sur ses épaules. Il haleta, se recula à contre-cœur pour chercher un peu d’air, les joues en feu et les yeux brouillés d’émotions. Mais son front resta collé à celui d’Octans, son souffle dans le sien, et ses mains posées sur lui.

Il planta ses yeux trop bleus dans ceux de son ami, cette fois il ne fuirait pas, il assumerait son geste jusqu’au bout. Parce qu’il se devait d’être fort pour lui, grâce à lui. Ses mains remontèrent vers le visage d’Octans, caressant ses joues du bout des doigts, il sourit.

« C’est peut-être moi qui vais te dévorer, finalement. »
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Serpentard • Sixième année
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Serpentard • Sixième année
MessageSujet: Re: Tout ou rien [Fini]   Mer 1 Fév - 8:49

Il y a dans toute vie des moments si particuliers qu'il devient par la suite impossible de les oublier. Des moments qui n'appartiennent qu'à nous, ou que l'on partage. Je n'aurais jamais pensé qu'un séjour à l'infirmerie puisse être plaisant. Pas ainsi. Mais semer le trouble sur son visage et le doute dans son esprit m'amuse, pourtant ce n'est pas uniquement le but. Il y a toujours des envies de grandeur dans le cœur des hommes. Des désirs d'avoir plus encore que ce que l'on tient déjà. Seulement j'en ai assez de sentir les peurs brûler mes tripes, de ne pas avoir de réponses à ces questions que je me pose. Est-ce que je le désire ? Vu la façon dont ma bouche s'assèche au moment où la porte se verrouille et celle dont mon cœur bat mes côtes à chaque fois que je pense à lui, c'est fort probable. Et si on ne peut pour le moment pas parler d'amour, il y a bien quelque chose entre nous. Qui fait crépiter l'air et naître des frissons. Qui fait que je ne parviens toujours pas à le lâcher des yeux, même si j'ai très envie de suivre la course du plateau dans les airs ou de jeter quelques coups d'œil inquiet vers la porte. Non, je ne peux rien faire, je ne tente même pas de résister alors que mon corps suit naturellement le mouvement vers l'arrière qu'il m'impose. Obnubilé par sa présence, mon esprit criblé dessus. Avide de découvrir la suite, de savoir s'il va franchir le pas, prendre le dessus sur ses propres peurs.

Bam, bam, bam. Mon palpitant, de plus en plus affolé.

Des tremblements parcourent mes membres mais je ne recule pas, ferme doucement les yeux tandis que ses lèvres se lovent contre les miennes. Douces, chaudes, agréables. Comme la première fois. Et rapidement plus affirmées, alors qu'elles me volent mon premier vrai baiser. Celui qui compte pour beaucoup de personnes mais qui n'est que rarement satisfaisant compte tenu de tous les mariages arrangés. Mais je cesse rapidement de penser aux autres, laisse mes bras entourer son cou, ma langue chercher timidement la sienne. C'est contre nature diraient certains. C'est merveilleux, hurle mon esprit. Mon souffle se perd entre ses lèvres, un léger grognement s'échouant tout contre en sentant l'air me manquer. Sans le vouloir j'écorche sa lèvre du bout de mes dents. Une goutte de sang venant éclore au même endroit, minuscule, comme un signe de mon passage. Mon pouce la récupère quasiment aussitôt. Délicat. Mon autre bras fermement enroulé autour de lui pour ne pas le voir s'échapper encore. Et si je tremble encore, ce n'est plus entièrement de peur ou d'appréhension, non, il y a bien plus. Une déferlante de frissons sur ma peau, de vagues de bien être dans mon estomac. La chaleur de sa bouche est toujours posée sur la mienne, comme s'il ne l'avait jamais quittée. Nos souffles se percutent, peinent à retrouver un rythme tranquille, et mes mains quittent finalement leurs places respectives pour se poser sur celles qui couvrent mes joues. La trace de son sang brillant sur ma peau.

Ma langue humidifie mes lèvres, mes doigts caressant les siens avec douceur tandis qu'un sourire éclaire mon visage, en réponse au sien. Dans ce monde de brutes, il est comme une lumière qui ne s'éteint jamais. Un phare qui me guide, me sort de mon quotidien. Il m'éclaire tellement fort. Me rend tellement incertain. Chamboule tout. Mais ce n'est pas grave. Je préfère que ce soit lui plutôt que d'autres. Il me fait du bien. Et même alors que je suis malade, je me sens mieux. Parce qu'il a pris soin de moi, m'a entraîné ici alors que jusqu'à maintenant, j'avais refusé d'y venir. C'était sûrement le bon moment. Ces trois derniers jours ça aurait été trop tôt. Nous n'aurions pas pu réfléchir comme je n'ai cessé de le faire alors même que ma tête me hurlait d'arrêter parce qu'elle n'en pouvait plus.

"Quand j'irais mieux... Tu pourras m'embrasser encore." Je souris. Tendrement. "Mais il va falloir rouvrir cette fichue porte, parce que si quelqu'un veut entrer ça va paraître bizarre."

Je ris. Un peu. Doucement. Avant de me décaler pour lui faire une place dans mon lit, ne voulant pas qu'il s'en aille. Mais il a sûrement cours... Seulement je ne lui pose pas la question, parce que je n'ai pas envie qu'il s'en aille.
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Poufsouffle • Cinquième année
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Poufsouffle • Cinquième année
MessageSujet: Re: Tout ou rien [Fini]   Mer 1 Fév - 16:34

Val s’accrochait aux secondes qu’il passait tout contre Octans, il savait que ça ne pouvait pas durer. Il n’avait pas oublié qu’ils étaient en plein milieu de l’infirmerie et que n’importe qui pouvait débarquer à tout instant. Il hocha la tête en l’écoutant parler, passa sa langue sur ses lèvres et fut surprit par le léger goût de sang. Il ne s’était pas aperçu que monsieur l’avait mordu. Il sourit, l’embrasser encore, il y comptait bien, malgré les risques et les coups de dents inattendus, s’il l’avait pu il l’aurait fait tout de suite. Surtout après l’avoir vu rire comme ça, Val ne se souvenait pas avoir déjà entendu son rire auparavant. Il était adorable. Mais au lieu de lui sauter au cou, il sortit sa baguette à nouveau et rouvrit la porte d’un petit Alohomora. Il allait retourner dans le fauteuil quand Octans lui fit de la place dans le lit. Avec un sourire un peu plus grand il vint s’installer contre lui. Ils étaient un peu serrés, mais ce n’était pas déplaisant.

« J’espère que tu iras mieux très vite alors. »

Il reprit la main d’Octans et se mit à jouer avec ses doigts, le temps aurait pu s’arrêter là qu’il ne s’en serait pas rendu compte. Il se sentait bien, apaisé, comblé par la simple présence de son ami. Il s’interrogeait moins sur la réciprocité des sentiments qu’il pouvait avoir pour lui. Si Octans avait accepté un tel baiser, c’est qu’il devait au moins lui plaire un peu, non ? Il lui semblait légitime de le penser, ce n’était pas un jeu. Il bascula sa tête dans son cou pendant un moment, les yeux vers le plafond, profitant simplement d’être contre lui, avant de finalement la redresser pour le regarder.

« Je dois t’empêcher de te reposer, non ? Tu avais l’air tellement épuisé tout à l’heure. Il vaudrait peut-être mieux que je te laisse dormir tranquillement. »

C’est vrai, ça, Val l’avait même empêché de finir son plateau-repas alors qu’il paraissait complètement affamé. Ce n’était pas très sérieux. En même temps, il ne bougea pas, préférant attendre qu’on lui dise de s’en aller. Il ne voulait pas donner l’impression de vouloir partir, parce que ce n’était pas du tout le cas.

« Et puis, il reste à manger si tu as vraiment faim. Est-ce que tu as bien mangé ces derniers jours ? Si tu ne peux pas prendre soin de toi, je vais le faire à ta place, méfie-toi. »

Il ne lui manquait plus qu’un costume d’infirmier et c’était parfait, Val n’avait pas l’intention de laisser son drôle d’oiseau dépérir maintenant qu’il l’avait retrouvé.

« Je pourrais aussi te ramener des livres ou quelque chose, je ne sais pas combien de temps l’infirmière compte te garder, mais tu me parais encore bien pâle. »

À tout hasard, il repassa sa main sur son front, mais la fièvre semblait être maintenant de l’histoire ancienne, c’était déjà ça.
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Serpentard • Sixième année
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Serpentard • Sixième année
MessageSujet: Re: Tout ou rien [Fini]   Mer 1 Fév - 17:59

Il trouve presque naturellement sa place auprès de moi, blotti contre mon corps, comme s'il y avait toujours eu le droit. Il suffirait d'un regard pour le comprendre, que l'avoir contre moi c'est presque comme rentrer à la maison. Son visage non loin de mon cou. Nos mains mêlées et simplement cette proximité. Lui et moi. Moi et lui. Enveloppés par une bulle qui nous sépare du reste du monde, une protection où il n'y aurait que nous. Elle éclate malheureusement si facilement. Il suffit d'une parole extérieure, d'une porte qui claque, et l'instant magique s'évapore pour laisser place à la dureté et à la froideur de la vie. Peut-être que c'est pour ça qu'on me l'a envoyé. Il est tombé comme seul peut tomber un ange, ses ailes salvatrices ouvertes sur moi, ses lèvres étirées en le plus beau des sourires. J'aurais aimé pouvoir le rencontrer avant et embellir d'avantage mon passé, mais je ne peux pas changer ma vie, et je ne regrette rien. Je n'ai pas été malheureux, ces dernières années. En fait je ne l'ai été que quelques mois, lorsque je cherchais dans mes rêves ou mes souvenirs le visage de mon frère et toutes ces fois où je me suis réveillé au milieu d'un cauchemar, hurlant et tremblant dans les draps trempés de ma propre sueur. Même la solitude ne m'effrayait pas autant. Puis elle a pris plus de place. Encore et encore. Jusqu'à devenir insupportable. Étouffante.

« J'aime quand tu es là... Ça me fait du bien. »

Encore plus forts, les battements du cœur. Et une pointe d'angoisse dans la voix. Comment lui dire que je ne veux pas qu'il s'en aille sans paraître égoïste ? Ça devrait être facile. En fait ça l'est sûrement pour tous les autres, mais pas pour moi. Et je me torture la tête un moment, avant de comprendre qu'il est déjà passé à autre chose. Qu'il n'a plus tenté de s'en aller. Et oui, même si je suis fatigué, même si j'ai encore un peu faim, j'ai envie – besoin – qu'il reste à mes côtés. Mon front s'appuie contre sa main, comme j'ai voulu le faire un peu plus tôt dans la forêt. Je me noie dans sa chaleur, lâche un soupir de bien être en basculant sur le flanc pour glisser une jambe par dessus les siennes. Mon bras gauche sur sa taille. De façon à le garder précieusement serré contre moi.

« On mange le dessert ?  » Oui on. « J'ai encore faim. Je n'ai pas mangé depuis trois jours, j'étais incapable de me lever. » Une moue adorable plaquée sur mon visage, sûrement pour l'amadouer. « J'ai laissé les contes de Beedle le Barde dans ma chambre... J'aurais pu te les lire. »

Ce sera pour une prochaine fois. Car il y en aura d'autres des prochaines fois. N'est-ce pas ? Je le regarde sans bouger, un moment. Le menton posé contre son torse, avant de me redresser pour attraper l'assiette. Elle tangue entre mes doigts et menace de se renverser, mais arrive finalement à bon port, augmentant la force du sourire qui a pris place sur ma bouche. Il me donne envie de me surpasser, de faire au mieux, même si ce geste n'a absolument rien d'extraordinaire. Je plante la cuillère dans le gâteau, l'amène à sa bouche. La laisse toucher ses lèvres, avant de brutalement la ramener vers moi pour gober ce qui se trouvait dedans, malice blottie dans les yeux. La seconde bouchée, je la lui laisse, blotti contre son torse, affalé sur lui. A la bonne hauteur pour déposer un rapide baiser à la commissure de ses lèvres, avant de lui tendre l'assiette comme pour lui confier la tâche de nous nourrir. Parce que j'aime bien qu'il s'occupe de moi.
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Poufsouffle • Cinquième année
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Poufsouffle • Cinquième année
MessageSujet: Re: Tout ou rien [Fini]   Mer 1 Fév - 21:50

J'aime quand tu es là. Val l’avait senti, dans les gestes et les regards d’Octans, mais l’entendre dire, c’était quelque chose. Parce que son ami n’était pas bavard, chacun de ses mots était précieux. Octans s’enroule autour de lui, le capture, il se laisse faire. Manger le gâteau ? Oui, ils pouvaient, Val n’avait pas mangé à midi et déjà il le sentait, il imaginait mal ce que devait ressentir son ami après trois jours de jeûne, et malade en plus. Il devait être bien plus solide que lui.

« Trois jours… ? »

Il n’eut pas le temps d’être choqué que déjà Octans passait à autre chose, parlant à nouveau des contes de Beedle le Barde. Val éclata de rire.

« Tu tiens vraiment à me les raconter, n’est-ce pas ? Un jour on le fera, c’est promis. »

Octans était adorable, et quand Val pensait qu’il ne pouvait l’être davantage, il surpassait ses espérances. Il était maintenant plus ou moins sur lui, et le gâteau ne tarda pas à se retrouver entre eux. Val ouvrit la bouche pour en recevoir une cuillerée, mais se la fit piquer l’instant d’après. Il sourit devant l’air joueur d’Octans et se redressa un peu. La becquée suivante, il ne lui laissa pas le temps de s’échapper qu’il la prenait dans sa bouche. Puis ce fut à son tour de les nourrir, il s’amusa lui aussi à faire reculer la cuillère au dernier moment, ou a lui mettre de la crème sur le nez. Rire et baisers se mêlèrent, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de gâteau.

« Monsieur Tourtebuse ! »

Val se redressa soudainement, surprit, puis sortit précipitamment du lit en voyant arriver l’infirmière. Elle le toisa d’un air sévère alors qu’il réarrangeait ses vêtements froissés, maugréant quelque chose à propos des jeunes qui ne savent pas se tenir, même en présence de malades. Voilà, le doux moment de partage qu’ils avaient vécu prenait brutalement fin. L’infirmière ne lui demanda cependant pas de partir, elle apportait juste de nouvelles mixtures à avaler pour Octans, maintenant qu’il avait fini son repas. Mais vu ses regards et ses marmonnements, il n’était pas vraiment bienvenu autour du malade. Quand elle fut partie, Val reprit la main d’Octans et lui sourit.

« Je vais aller te chercher des choses pour t’occuper, et à manger. On ne sait jamais, si elle décide de vraiment me mettre dehors, tu ne te retrouveras pas sans rien, au moins. »

Il lui fit une bise sur la joue et parti d’un pas rapide, direction le dortoir des Poufsouffle, là il fouilla dans ses affaires pour y trouver des choses intéressantes. Il n’y en avait pas beaucoup, mais il prit quelques livres et son échiquier. Il passa ensuite par la cuisine où les elfes de maison lui remplirent les bras de desserts divers, et finalement il retourna à l’infirmerie les bras chargés de ses trésors, après une vingtaine de minutes d’escapade. Il posa tout en tas sur la table de chevet qui se retrouva très chargée. Puis regarda Octans, attendant de voir s’il était endormi ou éveillé avant de lui parler.
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Serpentard • Sixième année
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Serpentard • Sixième année
MessageSujet: Re: Tout ou rien [Fini]   Jeu 2 Fév - 10:22

Son éclat de rire est à son image. Franc et magnifique. Plein de vie. Il gomme la surprise qui allait se blottir en lui à ma réponse, crée d'étranges frissons au creux de mon estomac alors que mes lèvres se tordent, comme une réponse à ce son, en un nouveau sourire. J'ai le sentiment de ne faire que ça depuis quelques jours. Sourire, tout le temps, sans jamais m'arrêter. Sourire pour ses gestes ou face à son bonheur, pour le rendre heureux, le rassurer, ou juste par sincérité. Et j'aime être ainsi. Plongé dans un monde différent, avoir la tête ailleurs, emplie de beaux moments. Oublier le reste. La froideur du lit que je retrouverai ce soir ou demain et celle des autres élèves. Le fait qu'il ne sera pas là parce qu'il est à Poufsouffle et que je suis à Serpentard. Je frissonne et m'oblige à me concentrer sur lui et uniquement sur lui, tentant d'attraper le dessert au milieu d'un rire, grimpant allègrement dessus afin de m'aider. Puis la joie se brise au profit d'un mélange entre colère, gêne et inquiétude. Aucune honte de mon côté, la lueur de défi qui brille dans mes yeux en est la preuve alors que je regarde la femme qui a prononcé son nom comme s'il avait fait quelque chose de mal. Ce n'est pas le cas. Je retiens à grande peine un claquement de langue agacé, me renfrogne et m'enfonce dans mon oreiller en avalant ce qu'elle m'a apporté, bon gré mal gré. Je tire la langue alors qu'elle s'en va. Pose un baiser sur le dos de la main de Valérian en lui adressant un sourire navré.

Je ne veux pas qu'il s'en aille. Même s'il le fait pour moi.

Je n'ai pas envie. Pas envie d'être seul. De ne plus entendre son rire. De ne plus sentir sa chaleur. Mon regard le suit jusqu'à la porte. Si je n'avais pas peur de m'écrouler à peine debout, je me lancerai à sa suite. Pourtant je ne bouge pas. Bercé par le temps qui s'enfuit. Tic tac, tic tac. Qui m'emporte doucement alors que l'espoir s'amenuise. Reviens. Je ne lâche pas des yeux l'endroit où il a disparu. Reviens... Ma poitrine se serre, mes cils battent lentement, se battent à nouveau avec la fatigue qui se fait de plus en plus lourde. Rev... Je n'en vois pas plus. Fatigué par notre agitation, celle que j'ai moi même causée. Emporté par le calme qui règne sur la pièce. M'enfonçant encore une fois dans le sommeil, la respiration profonde, déconnecté du monde. Combien de temps est-ce que je dors ? Je n'en sais rien, je récupère doucement. Peut-être qu'elle avait raison l'infirmière. J'ai besoin de me reposer. Mais comment résister à l'envie de parler avec lui ? De se gorger de ses rires et des fourmillements de mon estomac à chaque baiser ? Des palpitations de mon cœur ? Il faudrait être surhumain pour le faire. Ne rien ressentir, ce qui n'est pas le cas. Il me semble que je me roule en boule, caché en partie sous la couette. Et lorsque je reviens à moi, le soleil est largement descendu dans le ciel. Les rayons sont plus chaleureux, baignant la pièce d'une lueur rougeoyante. Je jette un regard inquiet vers la porte, toujours close, avec l'impression de m'être perdu dans l'espace temps.

Sans oser me retourner, partagé entre la peur que Valérian ne soit pas revenu, et la gêne qu'il ait gâché tant de temps à m'attendre. Je finis par le faire et la première chose sur laquelle tombe mes yeux est la montagne de gâteaux qui m'attend. Mes lèvres s'ouvrent de surprise, je lève un regard un peu affolé vers lui, joues rougissant.

"Mon dieu Valérian !" Toujours cet accent en prononçant son prénom. Avec le -an à l'anglaise. "Tu n'aurais pas du ! Mais c'est adorable, merci. Et moi en remerciement je dors pendant des heures... Pardonne moi."

Je peine à me redresser, un peu dans les vapes. Mes doigts viennent frotter mes yeux et j'étouffe un bâillement dans le creux de ma main. Avant de me saisir vivement d'un paquet violet, un sourire se lovant sur ma bouche. Voilà des années que je n'en ai pas mangé. Depuis une expérience malheureuse où la fille qui était assise en face de moi dans le Poudlard express a attrapé le chocolat et l'a mangé avant moi.

"Des chocogrenouilles ! Tu es le meilleur Val !"

J'ouvre l'une des petites boites et la bestiole de chocolat remue, coassant, avant de bondir sur le lit. Je l'attrape rapidement, croque dedans, lui jetant un regard brillant malgré la fatigue qui luit encore dedans. Dormir seulement quelques heures n'est pas toujours bon. Un regard à la carte suffit à me faire rire, je la tourne vers lui pour qu'il puisse admirer la créature posée dessus, un Botruc, bien trop adorable pour notre santé mentale.
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Poufsouffle • Cinquième année
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MessageSujet: Re: Tout ou rien [Fini]   Jeu 2 Fév - 18:25

Octans s’était endormi, Val sourit en le regardant avant de venir s’asseoir sur le fauteuil, posant son sac plein de livres par terre en faisant le moins de bruit possible. À nouveau, il le regarda simplement dormir, écoutant son souffle apaisé. Il rêvassa un peu, imaginant un monde où ils pourraient être ensemble, où ils seraient dans la même maison, et où personne ne les jugerait en les voyant tous les deux.

Mais ce monde-là n’était pas le leur, et une vague de tristesse le pris alors qu’il se disait que ces moments passés dans l’infirmerie n’étaient qu’un aparté, et qu’au-dehors, la dure réalité les attendait au tournant. Il se dit que s’il avait fait rire, et sourire Octans comme jamais auparavant, il lui avait aussi fait du mal. Trois jours, il avait passé trois jours enfermé dans sa chambre, n’osant même pas aller à l’infirmerie pour ne pas le croiser. Les choses auraient très bien pu mal finir s’ils ne s’étaient pas retrouvé dans cette clairière.

Toutes ses craintes s’envolèrent cependant quand son ami se réveilla, quand il entendit sa surprise, son prénom si délicieusement prononcé. Un peu ensommeillé, il s’étira sur son fauteuil comme un chat, et son sourire revint, aussi radieux que s’il ne l’avait jamais quitté.

« Je suis bien content que tu te sois reposé au contraire, tu en avais bien besoin. Et je ne savais pas quel dessert tu préférais, alors j’ai pris un peu de tout. »

Amusé, Val tenta de lui piquer la chocogrenouille quand elle sauta sur le lit, mais il ne fut pas assez rapide et perdit la partie. Mais quelle importance ? Octans riait encore, et c’était grâce à lui. Il se sentit gonfler de fierté, touché droit au cœur, et laissa aller sa tête contre son ventre, le regardant du coin de l’œil. Il prit un ton faussement boudeur.

« Tu aurais pu m’en laisser un morceau. Bon, j’en ai peut-être mangé une ou deux pendant que tu dormais, mais ce n’est pas une raison. »

Val le regarda manger encore un moment, avant de se rappeler qu’il avait d’autres choses à lui donner. Il se décolla de lui et sortit les livres de son sac.

« Je n’ai pas de livre de contes, désolé, moi, je préfère les romans d’aventures, surtout quand il y a des dragons, ou des sirènes, ou des hydres à huit têtes. Enfin voilà, j’espère que cela te conviendra quand même, c’est juste pour t’occuper un peu. J’ai aussi amené mon échiquier, tu sais jouer au échec ? J’adore ce jeu, par contre mes pions sont vraiment trop bavards, et les noirs sont un peu vulgaires parfois, enfin, je crois qu’ils sont rouges en réalité, mais on s’y habitue, à force. »

En plus des gâteaux, Octans se retrouva donc avec une pile de livres posée sur le ventre, et une boite ornée d’un motif en damier qui remuait légèrement, et dans laquelle on entendait de petites voix qui disait des choses comme « Je crois que Val nous a donné à quelqu’un. », « Non, il n’aurait pas fait ça ! », « Aïe, tu m’écrases ! ». Val donna un petit coup sur la boite et le silence se fit, il eut un rire léger.

« Ils sont comme ça tout le temps, mon père voulait les ramener au magasin, mais moi, ils m’amusaient. »

Il espérait quand même qu’ils n’allaient pas trop embêter Octans, mais se demandait surtout quel genre de loisir plaisait à son ami. En dehors des livres et des balades en forêt, il ignorait tout de ses goûts en la matière.
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Serpentard • Sixième année
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MessageSujet: Re: Tout ou rien [Fini]   Jeu 2 Fév - 19:29

"Moi je n'ai aucun cadeau pour toi... "

C'est murmuré. Quelques paroles pleines de honte, parce que je n'ai rien. Rien à lui donner, à lui offrir plutôt, alors qu'il est plus que prévenant et qu'il a pris un peu de son temps afin d'aller me chercher tout ce qu'il faut pour ne pas que je finisse dévoré par l'ennui durant les prochaines heures à passer dans ce lit, jusqu'à ce que j'ai enfin le feu vert pour m'en aller. Bientôt j'espère. Je ne compte pas rester à croupir ici, j'ai bien trop de choses à faire. En premier lieu, rattraper mon retard au niveau des cours serait une bonne chose, trois jours manqués ce n'est pas rien quand même. Et puis peut-être aller à Pré-au-lard, lui chercher des bonbons du coup. Parce que ça ne peut pas être à sens unique, et ça me rend mal de me dire qu'il serait prêt à aller me chercher la lune si je le demandais alors que je ne lui renvoie pas la pareille. En fait je ne fais que lui apporter des problèmes. Je lui ai fait peur en me blessant. Je suis tombé malade. Que m'arrivera t-il encore ? Vais-je finir piétiné par un sombral ? Être capturé par les centaures ? Le faire pleurer encore ? Je ne veux plus voir ça, un spectacle aussi immonde et douloureux. Ses yeux d'azur emplis de larmes, rien que pour moi. A cause de moi et de mes bêtises.

"Tu peux prendre un autre chocogrenouille si tu veux. Ou un gâteau comme tu veux. Mais je n'aurais jamais assez de place pour tout ça !"

Ses cadeaux sont fous, comme lui. Et je serre très précieusement la boite contre moi, posant la joue dessus en ne cessant de le regarder. Le cœur léger, rien qu'à le voir près de moi. Je tends une main et la passe dans ses cheveux. Glisse le long de son visage, blotti sa joue contre ma paume, caressant du bout de mon pouce le haut de la pommette, la commissure des lèvres. Une lueur de tendresse sur les miennes.

"Merci pour tout Val. Ils me tiendront compagnie cette nuit, tes pions qui parlent. Mais j'espère bien qu'on n'aura pas le temps de les utiliser, je compte bien avoir le droit de quitter cet endroit dès demain matin." La caresse glisse contre son cou. "Tu devrais aller te reposer un peu aussi d'accord ? Et va en cours demain. Je ne veux pas que tu ais de soucis."

J'attrape son haut, tire pour l'amener vers moi. Dépose un baiser plus appuyé sur sa bouche avant de nous séparer, souriant. Il me manquera. C'est absolument certain. Mais je ne plaisantais pas en disant que je vais pouvoir discuter avec les pions. Après tout, ils pourront peut-être m'en apprendre plus non ? Je l'observe à nouveau partir puis dépose délicatement la boite près de mon lit, attrapant le livre pour en commencer la lecture. L'infirmière me dérange quelques minutes après pour le repas que je prends sans discuter, avant de me blottir dans les draps. J'avale quelques chapitres. M'endort finalement, le bouquin posé contre le torse. Au matin, après un bon petit déjeuner, on me donne l'autorisation de sortir, mes cadeaux sont transférés près de mon lit. La fièvre est descendue comme elle était revenue, mes forces de retour également. Sûrement que me nourrir a du me faire du bien. J'ai à peine franchi les portes qu'un miaulement indigné me parvient, suivi de près par le bruit de pattes trottant dans ma direction.

"Eros..."

J'attrape la boule de poil entre mes bras, vient embrasser sa tête velue avant de le laisser me renifler le nez, la bouche, d'autres parties de mon visage, récoltant un coup de langue sur la joue. Je ris. Direction la salle commune des serpentards, la bestiole aux ronronnements bruyants roulée contre mon torse.
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