PROFIL- MP PROFIL- MP PROFIL- MP •• Il semblerait qu'une chèvre ou bien un bouc, personne ne sait vraiment de quoi il s'agit, se balade dans les couloirs du château. Parfois même, des élèves affirment entendre le rire mesquin de cette maudite bestiole sans jamais pouvoir mettre la main dessus. Le directeur affirme pourtant qu'aucune chèvre ou bouc ne se balade dans les couloirs. Affaire à suivre.

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 Recherches de haut vol [Fini]

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Poufsouffle • Cinquième année
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Poufsouffle • Cinquième année
MessageSujet: Recherches de haut vol [Fini]   Sam 28 Jan - 20:13

Parfois il suffit de vouloir éviter que quelque chose se produise pour qu’elle arrive immanquablement. Son père appelait ça le facteur humain, et même s’il ne comprenait pas tout à fait ce que c’était, Val trouvait que son facteur humain commençait à devenir un fardeau. Par exemple, en ce moment essayait de ne pas trop penser au fait qu’Octans et lui s’étaient embrassé, bon c’était sur la joue, mais quand même. Et deux fois en plus, est-ce que c’était vraiment normal, pour deux garçons comme eux, de se faire des bisous ? Non, ce n’était pas vraiment ça la question. Est-ce que c’était normal pour Octans ? Est-ce qu’il faisait ça avec tous ceux qu’il appréciait ? Ça il aimerait bien le savoir.

« Monsieur Tourtebuse ? »

Parce que si ça ne voulait vraiment rien dire, Val n’était pas sûr que ce soit une très bonne chose pour lui que les choses continuent sur cette voie. La façon dont son cœur s’emballait, ses joues qui s’échauffaient, est-ce que cela voulait dire ce qu’il craignait que ça veuille dire, ou est-ce que c’était simplement la surprise qui le faisait réagir plus qu’il ne le voulait ?

« Monsieur Tourtebuse, que voyez-vous ? »
« Pardon ? »

Val croisa le regard lunaire de sa professeure de divination et se rappela soudainement qu’il était en cours. Il se redressa sur son pouf et contempla d’un regard éteint les feuilles de thé qu’il restait au fond de sa tasse. Il voyait avant tout une tâche sombre sur le blanc de la porcelaine, il plissa les yeux.

« Je vois, heu… un cheval… ce qui signifie… des émotions fortes, des désirs passionnés. Attendez, j’ai dû faire une erreur. »

Le jeune homme s’arrêta, fixa les feuilles de thé, puis les définitions de son livre. La professeure regarda par-dessus son épaule.

« Au contraire, cela me paraît très juste. Fiez-vous à votre instinct, Mr Tourtebuse. »

Décidément, ça n’allait pas, Octans était partout, même au fond de sa tasse, il fallait qu’il trouve quelque chose pour s’occuper l’esprit. C’est à la fin du cours qu’il y eut l’illumination, il allait lire, c’était la meilleure thérapie qu’il connaissait. Après avoir attendu que tous les élèves soient partis, il alla voir sa professeure.

« Madame, auriez-vous un livre sur les différentes familles de devins d’Europe ? »
« Cela ne doit pas être très intéressant à lire. Pourquoi rechercher un tel ouvrage ? »

Même si cette femme avait généralement l’air à moitié endormie, elle le fixa comme si elle pouvait lire dans les tréfonds de son âme. Il eut un léger mouvement de recul.

« Heu… L’Histoire me passionne. »
« Malheureusement je ne pense pas que ce genre d’ouvrage existe, les individus touchés par le don de double-vue sont difficiles à trouver, car trop souvent mal compris. Il serait illusoire de chercher à les recenser. »
« Mais… les gens qui écrivent des livres de divination, ce sont des devins, non ? »

Sa professeure ne semblait pas tout à fait convaincue, mais Val se dit que c’était une piste à tenter. À la pause déjeuner, il sauta le repas pour aller à la bibliothèque, trop heureux d’avoir enfin quelque chose pour occuper ses pensées. Il nota les noms de tous les auteurs de tous les livres, avant de se rendre compte que la bibliothèque était bien moins pourvue sur le sujet que la salle de divination elle-même. Il attendit donc avec impatience la fin des cours pour remonter à la tour de divination. Là, Val tenta de pousser la trappe, mais elle était fermée, il frappa plusieurs fois. Rien. Ce n’était peut-être pas plus mal, au moins personne ne lui poserait de questions.

« Alohomora »

Toujours rien, ça c’était plus embêtant. Mais les cours étaient finis, Octans devait être à la bibliothèque. Octans, il y repensait déjà.

« Octans. »

Tout essoufflé d’avoir descendu des milliers de marches au pas de course, Val était malgré tout bien arrivé à la bibliothèque pour y retrouver son ami. Pas le temps d’être ému, il se mit à lui parler très vite mais pas trop fort.

« J’aurais besoin de ton aide pour entrer dans la salle de divination, je voudrais étudier les livres qui s’y trouvent, peut-être qu’il y a de vrai devins parmi leurs auteurs et peut-être que j’arriverais à retrouver leurs traces, je ne sais pas, c’est… une piste à suivre. Mais la porte est fermée et protégée alors je pensais peut-être passer… par les fenêtres. »

Il se stoppa net en s’entendant parler, c’était un plan un peu fou.

« Ce qui est bien sûr une très mauvaise idée, et risqué, et stupide, et je comprendrais que tu ne veuilles pas. »

Maintenant qu’il y pensait, il pouvait sûrement emprunter un balai quelque part sans avoir à déranger Octans. Il aurait pu le faire, mais il avait choisie de courir pour aller le voir. Il était décidément fichu.


Dernière édition par Val Tourtebuse le Mar 31 Jan - 21:10, édité 1 fois
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Serpentard • Sixième année
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Serpentard • Sixième année
MessageSujet: Re: Recherches de haut vol [Fini]   Dim 29 Jan - 11:28

La bibliothèque est une fois de plus plongée dans le silence. Les bruits qui s'échappent sont faibles, à peine audibles. Celui des pages qui se tournent. Le crissement des plumes sur un rouleau de parchemin. Quelques murmures parfois, agacés de travailler. Mais la pièce est relativement calme, comme elle l'est chaque jour, propice au travail quel qu'il soit. Voilà deux heures que je suis plongé dans mon étude sur les sortilèges informulés, comme demandé par notre professeur de métamorphose. Et peut-être dix que je regarde les oiseaux tourner au dessus de ma tête, le bout de ma plume coincé entre mes lèvres, incapable de me concentrer plus longtemps. Mon devoir est déjà bien avancé de toute façon, et une pause ne fait pas de mal. Le son qui a suivi le sortilège en a surpris plus d'un, m'a valu plusieurs regards agacés, mais une fois les minuscules créatures apparues, ils se sont tus et m'ont laissé faire. On se détend comme on le peut après tout. Ce que je n'avais pas prévu, c'est l'arrivée au grand galop de Val, qui me tire de ma contemplation. Je retiens un grognement, préfère lui donner un sourire, qui disparaît alors que je l'écoute parler à une vitesse qui ne lui est pas familière. Mais où est donc passé son calme ? Laissé dans la salle de divination il faut croire, parce qu'il n'est plus qu'une boule de nerfs proposant des idées farfelues. Mes cils battent plusieurs fois. D'un air étonné.

"Val..." Une courte pause. Puis un sourire. "C'est une très mauvaise idée, risquée et stupide." Mais je ne peux pas l'abandonner. "Mais c'est d'accord. On y va."

C'est amusant le danger, non ? Particulièrement réjouissant. Et si on nous découvre ? Nous aurons une retenue, c'est tout. Mais peut-on reprocher à quelqu'un de vouloir en savoir plus ? Le rouleau de parchemin se replie de lui même lorsque je le relâche, le livre claque entre mes doigts. Mes affaires à nouveau abandonnées aux soins de la bibliothécaire. Ma main retrouve la sienne, mes pas nous conduisent jusqu'au hangar à balais où je récupère le mien.

"Tu es sûr que tu pourras passer par la fenêtre ? Elle n'est pas large. Ne tente pas le diable non plus, d'accord ? Je ne veux pas que tu te blesses."

Comme la dernière fois, je glisse le balais entre ses jambes, l'enfourche à mon tour. Et lorsque je sens ses bras s'accrocher à moi, je retiens à grande peine un frisson. Nous soulève un peu plus brutalement. J'ai beaucoup réfléchi à notre dernière rencontre, je me suis creusé la tête, j'ai voulu comprendre. Mais tout ce que j'ai vu, c'est ma propre solitude lorsque je l'ai laissé devant la grande salle. Lorsque je lui ai rendu sa liberté. Je suis allé me laver, puis j'ai sauté le repas. Préférant serrer Eros dans mes bras, me noyer dans la fin du conte. Pas le cœur à manger seul. Encore une fois. Et l'avoir ainsi contre moi me fait prendre conscience de l'injustice de ce monde car mon seul ami est à Poufsouffle. Mes lèvres se pincent. Je stoppe notre course devant la fenêtre de la classe de divination, sors ma baguette.

"Alohomora."

Le déclic se fait entendre et la lucarne s'entrouvre dans un grincement. Je le regarde disparaître à travers. La poitrine serrée et l'angoisse aux tripes. Parce que lorsque je fais des bêtises habituellement je les fait seul. Pourquoi est-ce lui qui prend tous les risques cette fois ? Je me rapproche d'avantage de l'ouverture, grimpe sur le rebord, me glisse comme je le peux à travers. Mes deux pieds claquant sur le sol tandis que je me glisse à ses côtés, sourcils froncés, l'excitation retombée, rongé par un pressentiment qui ne me plaît guère.

"Fais vite."

Ton presque froid. Je m'agite, ne tiens pas en place. Je la parcours de long en large, la pièce, grinçant des dents, le corps tendu. Je ne tiens pas à ce que Val ait des soucis, bien que ce soit lui l'investigateur de l'idée. Et ça me rend fou de savoir que quelqu'un peut arriver à tout moment, nous surprendre. Je lui jette un regard. Me stoppe un instant, avant de reprendre mes cent pas, lion dans sa cage, étouffé par ma peur. Je sursaute violemment lorsque le bruit d'une clé se fait entendre. Me précipite sur Valérian - qui me semble bien trop loin - en murmurant son prénom, l'attrape par le bras et nous projette presque derrière l'un des épais rideaux pourpres qui encadre la fenêtre. Mon cœur battant la chamade au creux de ma poitrine. Mon corps serré avec force contre lui alors que mes yeux écarquillés cherchent les siens.
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Poufsouffle • Cinquième année
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Poufsouffle • Cinquième année
MessageSujet: Re: Recherches de haut vol [Fini]   Dim 29 Jan - 18:43

Parfois, quand on a une mauvaise idée, on a juste besoin de quelqu’un pour nous dire stop, nous arrêter dans notre élan. Mais visiblement Octans n’était pas ce genre de personnes. Octans aimait les plans insensés basés sur des idées douteuses qui avaient peu de chance de bien se terminer. Il accepta donc presque aussitôt d’accompagner Val dans cette entreprise un peu folle, et tant pis pour les conséquences. Val n’ignorait pas les risques, mais il était persuadé que la salle de divination pourrait l’aider à trouver des réponses sans savoir pourquoi ni comment. Dans ces moments-là, impossible pour lui d’abandonner, il n’en dormirait pas la nuit s’il n’allait pas au bout de son idée.

« Ne t’en fais pas, je ne suis pas large non plus. »

Les deux garçons décollèrent après avoir récupéré le balai d’Octans et Val se serra contre son ami, les mains autours de sa taille. À nouveau, il oublia le froid, le stress et même l’excitation de leur aventure, il regardait la nuque du Serpentard, ses cheveux si doux qui flottaient au vent. Le vol fut rapide, et déjà il fallait oublier ce moment pour passer aux choses sérieuses. Val se glissa par la fenêtre ouverte, et se dirigea rapidement du côté des larges bibliothèques qui occupaient tout un pan de mur. Pas le temps de noter les noms, il fallait aller vite. Il sortit sa loupe et parcourut rapidement les ouvrages, cherchant un nom qui pourrait lui évoquer quelque chose, n’importe quoi. Il ne voulait pas avoir fait tout ça pour rien.

Octans lui rappela de se dépêcher, il l’entendit à peine, trop concentré qu’il était. Lisbeth O’Leefe, Peter Callaghan, Owen Lestrange… Un vieux livre attira soudainement son regard, il n’était pas bien épais et il dut le sortir pour pouvoir voir le nom de l’auteur tellement la couverture était élimée. Il n’entendit pas la clef qu’on glissait dans la porte et sursauta lorsqu’Octans lui saisit le bras. Quelqu’un entrait, il n’eut pas le temps de paniquer, son ami l’entraînait déjà derrière un rideau où ils se blottirent l’un contre l’autre.

Ah, si seulement ils avaient une cape d’invisibilité, ou la capacité de disparaître dans un trou de souri, la vie serait tellement plus simple. Val en était là de ses pensées quand son regard se posa sur Octans. Mais bien sûr, il murmura.

« Envole-toi loin d’ici. Tu peux filer, pas moi. Je me débrouillerais. »

Si Octans se transformait, la professeure n’y verrait que du feu. Elle croirait qu’un oiseau était entré par la fenêtre par erreur et il serait sauvé. Val réfléchit encore, il se fichait un peu de se faire attraper à ce stade, ou plutôt il était résigné, mais Octans n’y était pour rien, il l’avait juste accompagné.

« Ou alors je me dénonce, et j’essaie de l’occuper pour que tu partes. »

Il se tut, la professeure s’était approchée de la fenêtre ouverte, son regard endormi parut soudain intrigué, et elle regarda autour d’elle. Val n’osait même plus respirer maintenant, il se serra un peu plus contre Octans en priant pour que Merlin les fasse disparaître tous les deux. Son cœur battait tellement fort qu’il avait l’impression que tout le monde pouvait l’entendre, et cette fois son ami n’y était pour rien. Dans ses mains, il serrait toujours le vieux livre qu’il n’avait pas lâché. Il ne savait toujours pas ce que c’était ou qui l’avait écris, ni si cela en valait tous ces risques.
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Serpentard • Sixième année
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Serpentard • Sixième année
MessageSujet: Re: Recherches de haut vol [Fini]   Dim 29 Jan - 21:29

Une main vient envelopper sa nuque. L'autre s'accroche a son col et le maintient fermement contre moi. Un souffle haché qui franchit mes lèvres, marquant mon inquiétude tandis que mes pensées s'agitent en tout sens afin de trouver une solution à notre problème. Et il est de taille. Toutes ces années passées à me glisser en douce dans la réserve juste pour ressentir le frisson de l'interdit, à chaparder quelques objets intéressants ci et là afin de faire tourner en bourrique les autres élèves, pour finalement me retrouver bloqué à ne pas savoir quoi faire alors que nous sommes à deux doigts de nous faire prendre. Et il a raison. Je pourrais m'échapper. Me sauver par la fenêtre encore entrouverte et le laisser se débrouiller. Ce serait digne d'un Serpentard après tout. Mais avec lui j'ignore ce que veut dire la cruauté. Alors je le serre plus fort contre moi. Obligeant son visage à se glisser contre ma gorge tandis que mes doigts lâchent son vêtement, s'emparent de ma baguette. Legilimens. A peine un murmure, juste un souffle posé sur mes lèvres entrouvertes. Parce que lui parler du plan insensé qui me grimpe en tête serait trop dangereux, je préfère m'introduire dans sa tête. Lui montrer les images dont j'ai besoin. Quelque chose que j'invente de toute pièce, mais qu'il devra comprendre et mettre à exécution. Parce qu'il faut que j'essaye. Qu'on essaye. Essayer pour se sortir de là. Pour ne pas qu'on lui cause du tort.

Essayer pour lui, tout simplement.

Je me glisse dans sa tête. Les lèvres pincées sous l'effort. La concentration poussée à son extrême, des vagues de douleur me traversant le crâne. Enserrant mes tempes. Parce que je n'ai jamais rien montré d'aussi précis. D'aussi clair. Toutes les fois où je l'ai fait ce n'était qu'un entraînement sous forme de jeu. Des images floues, lancées comme une bouteille à la mer. Espérant qu'elles arriveraient à bon port. Des tentatives. Des esquisses et des brouillons. Imparfaits. Mais s'améliorant petit à petit. Seulement là ce n'est plus un jeu. Je me dois d'être bon, d'y mettre toute mon énergie pour former quelque chose de convenable. Je lui fais voir un oiseau, s'envolant de derrière le rideau. Moi, sous ma forme animale. La professeure à ses trousses. A mes trousses. Et lui s'échappant par la fenêtre. Si proche. Avec le balais qui l'attend sagement là où nous l'avons laissé. Malgré sa mauvaise vue je crois en lui. Je suis sûr qu'il peut le faire. Même si c'est dangereux. Pour lui comme pour moi. Même si nous manquons de temps. De beaucoup d'autres choses. Valérian... Il va falloir avoir confiance en toi. En nous. Si nous voulons y arriver. Aujourd'hui et demain. Et tous les autres jours qui défileront devant nos yeux. Car le temps ne s'arrête jamais. Même en cet instant, alors que la femme hésite, si proche de nous, entre croire ses yeux qui disent que quelque chose cloche, ou sa raison qui la pousse à croire que la fenêtre a pu s'ouvrir sous un coup de vent.

Maintenant.

Je le repousse légèrement, love mon regard contre le sien. Une seconde et déjà s'esquisse un pas en arrière. Mes traits sont tirés sous la fatigue occasionnée par mon précédent sortilège. Mes doigts tremblent un peu. Mais je ne lui laisse pas le temps de m'en empêcher que déjà mon corps se transforme, à une vitesse affolante. Les serres remplacent mes pieds. Le bec mon nez. Ne reste de mes yeux noirs que deux billes d'un brun plus clair.  Les vêtements fusionnent à ma peau que les plumes viennent recouvrir, noires et fauves, soyeuses. Mes bras deviennent des ailes sur lesquelles je pousse maladroitement. Je percute Val. Les efforts successifs me fatiguent, pourtant je résiste, me  précipite de l'autre côté, sous le rideau duquel je m'extirpe, avant que mon ami n'ait pu esquisser le moindre geste. Le regard de la femme se pose sur moi. Automatiquement, elle se dirige vers moi, sourcils froncés. Elle n'a pas le temps de m'attraper qu'enfin je parviens à prendre mon envol, mes ailes battant en de larges mouvements de chaque côté de mon corps. Rapides. Puissantes. Pourtant ponctuées de moments de faiblesse où je pique vers le sol, me rattrape de justesse en évitant au dernier moment une petite table en bois avant de me redresser, de retourner vers le plafond. Mouvements délibérément chaotiques, créant l'illusion que je suis entré par mégarde. Un oiseau normal. Et mes cris attirent suffisamment son attention pour qu'elle avance vers moi. Libérant la fenêtre, s'en désintéressant totalement. Vas y Val... Échappe-toi.


Dernière édition par Octans Svanes le Lun 30 Jan - 8:20, édité 1 fois
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Poufsouffle • Cinquième année
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Poufsouffle • Cinquième année
MessageSujet: Re: Recherches de haut vol [Fini]   Lun 30 Jan - 0:08

La nervosité d’Octans était palpable, et il resserrait de plus en plus son étreinte sur Val. Cela aurait pu être agréable si leur situation n’était pas aussi critique, espérait-il faire croire qu’ils étaient venus flirter dans une salle de classe vide après les cours ? Parce que ça ne semblait pas un très bon plan. Val voulait qu’il se sauve, c’était tout ce qui importait. La tête maintenant dans le cou de son camarade, et tous ses sens aux aguets, il l’entendit distinctement prononcer son incantation. Legilimens ? Octans était capable de lancer un tel sort ? La surprise se mêla à l’inquiétude quand il sentit qu’on entrait dans son esprit, et sur l’instant il se défendit. Mais c’était Octans, il n’agissait certainement pas ainsi pour son plaisir, et s’il devait découvrir à quel point il le troublait, ou d’autres secrets qu’il pouvait avoir, était-ce si grave ?

Val se força à se détendre, il inspira en se laissant aller contre lui, lui laissant le champ libre pour faire ce qu’il était venu faire. Les images ne tardèrent pas à apparaître, le faucon – ou la buse, il avait toujours confondu les deux - volant à tire-d’aile, la professeure à ses trousses, et lui qui s’échappait. C’était étrange, parce que les sensations lui rappelaient ses visions. Sauf que ce n’était pas le futur, c’était le seul plan qu’ils avaient. Un plan qui ne montrait pas ce qui arrivait au faucon une fois qu’il serait parti. Dans une tentative de communication sans doute vaine, Val pensa le plus fort possible à un oiseau s’échappant lui aussi par la fenêtre. Il ne voulait surtout pas qu’il se retrouve coincé ici, mais déjà il sentait leur lien se rompre.

Le jeune Poufsouffle regarda avec inquiétude Octans qui se reculait. N’y avait-il vraiment pas d’autres solutions ? Il avait senti la détermination de son ami lorsqu'il avait partagé ces images avec lui, mais pourtant il brûlait de le rattraper, de le serrer de nouveau contre lui et de rester simplement là à attendre. Trop tard, déjà il se transformait. Val n’avait jamais vu ça, et la rapidité avec laquelle cela se passa le prit au dépourvu. Déjà la buse tentait de prendre son envol, le percutait, et finalement disparaissait derrière l’épais rideau. C’était à lui de jouer, il ne pouvait pas se rater maintenant.

Il se concentra sur les mouvements imprécis de sa professeure, tentant de repérer le moment où elle lui tournerait le dos. Mais la concentration n’avait aucun effet sur le flou total qu’était sa vision. La professeure remarqua l’oiseau et se dirigea droit sur lui, droit sur eux, et il dut se carapater un peu plus derrière le rideau pour être sûr de ne pas se faire remarquer. La terreur le glaça, ses yeux étaient inutiles, il n’avait aucune chance de repérer une ouverture. Mais derrière le rideau, il entendait les cris d’Octans, ses battements d’ailes, les meubles qu’il frôlait. Il faisait tout pour attirer la professeure loin de lui, Val ne pouvait simplement pas laisser tomber. Alors il ferma les yeux, écouta, se concentra, il essaya de faire appel à son instinct, d’avoir confiance dans ce je-ne-sais-quoi qui couvait en lui. Il tenta aussi de raviver les mêmes sensations que celles qui l’avaient traversé lorsqu'Octans s’était lié à lui.

Là.

Val ne sut pas bien si c’était vraiment le bon moment, il n’était pas sûr de comprendre l’élan qui le prit tout à coup, mais il se mit à courir, le regard rivé vers la fenêtre, son objectif. Il ne ressentit pas le besoin de se tourner la tête pour voir si la professeure le voyait ou pas.

Elle ne te voit pas.

Val le savait, Val se le répéta pour s’en convaincre, le bruit d’une théiere se brisant au sol couvrit celui de ses pas. Pourvu qu’Octans s’en sorte, pourvu qu’il parvienne à sortir lui aussi. Il atteignit la fenêtre et sauta. Sa main libre se saisit de justesse du balai et il chuta sur plusieurs mètres avant de réussir à monter dessus correctement pour en prendre le contrôle. C’est à ce moment-là qu’il se rendit compte qu’il tremblait de tout son corps et que sa tête lui faisait mal. Il ne réalisa pas vraiment qu’il s’en était fallu de peu pour qu’il s’écrase au sol, trop préoccupé qu’il était par le sort d’Octans. Il aurait voulu rester là à guetter sa sortie, mais si la professeure se penchait à la fenêtre, elle le verrait, et tout ça n’aurait servi à rien.

Il se résigna à s’éloigner, tourna un moment du côté de la tour d’astronomie, mais à cette distance il ne voyait qu’un brouillard épais à perte de vu. Il tenta à nouveau de pousser son instinct, ou quoi que ce fut, à lui indiquer ce qu’il se passait, mais il ne récolta qu’une migraine plus vive assortie de nausée. Val descendit finalement pour rejoindre le hangar à balais, il attirera moins l’attention en étant au sol, et il ne pouvait rien faire de plus de toute façon. Ce qui était particulièrement désagréable. Finalement, il prit la direction de l'école à pas lent, serrant son livre contre lui, il ne pouvait qu'espérer que la buse le repère sur le chemin. Ça a une bonne vue, les buses, au moins.
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Serpentard • Sixième année
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Serpentard • Sixième année
MessageSujet: Re: Recherches de haut vol [Fini]   Lun 30 Jan - 10:29

Percuter la théière aurait pu être une diversion de génie. Seulement ce n'est pas voulu. Juste le résultat de la fatigue qui se fait de plus en plus présente, pesant sur mon corps, alourdissant mes ailes. Mes pensées s'affolent. Je jette des regards autour de moi, me précipite vers la fenêtre ouverte. Plus que quelques centimètres et je serais libre. Quelques battements d'aile pour le rejoindre. Mais qu'est-ce qui lui prend de m'attraper par la queue alors que je cherche à sortir ? Un cri de menace vibre dans ma gorge, remonte mon bec et le franchit, tandis que je me retourne et pince les doigts qui me tiennent. Elle crie aussi. Elle a mal. Et moi j'ai peur. Une douleur cuisante vrillant mon arrière train. Mon vol se fait désordonné, je me cogne au rebord de la fenêtre, me précipite dehors. Je pourrais le repérer rapidement si je n'étais pas si affolé. Mais je ne vois nulle part le corps de Val, ma vision s'obscurcissant sous la fatigue. Incapable de redresser mon corps qui s'effondre, engloutissant les mètres qui me séparent du sol. J'assiste, impuissant, à ma chute. M'écrasant sur les pavés de la cour. Broyant mes os, irradiant de douleur alors que je roule à toute vitesse sur une distance bien trop longue. M'échouant dans l'herbe, le souffle court et les yeux fermés. Fermés sur les ténèbres et la souffrance qui me bloque totalement.

Un attroupement se forme. Pas autour d'un humain, non. Autour d'une illusion. Un animal qui n'en est pas vraiment un. Durant des minutes interminables je me laisse reposer là. Le bec dans l'herbe, une goutte de sang y perlant. Serres repliées sous mon ventre et ailes ramenées douloureusement contre mes flancs qui se soulèvent à une vitesse impressionnante. Boum, boum, boum. Mon cœur résonne brutalement contre mes côtes. Ma respiration est difficile, entrecoupée par de faibles cris. Je voudrais qu'il m'entende. Qu'il vienne me chercher. Mais il doit m'attendre ailleurs, se faire du soucis. Peut-être pas. Les doutes me submergent soudainement, causés sans aucun doute par la faiblesse qui entrave mes mouvements. Peut-être est-il déjà retourné à la bibliothèque. Peut-être s'est-il plongé dans l'étude de ce livre qu'il tenait contre lui. Peut-être m'a t-il oublié, volontairement ou non. Des hypothèses. Des théories idiotes qui me font perdre mon temps. Parce que je sais au fond de moi que Val n'est pas ainsi. Seulement il me faut ces minutes de répit pour m'en rappeler.

Les murmures inquiets finissent par me faire sortir de ma rêverie. Je me redresse en tremblant, m'y reprend à plusieurs fois. Une première année retient son souffle au premier rang, finit par s'approcher. Et parce que j'ai besoin d'elle, je me laisse faire. La laisse se saisir de mon corps, caresser ma tête, avant de me lancer. Là, juste ainsi. C'était l'élan dont j'avais besoin pour que mes ailes acceptent de me porter un peu plus longtemps. Pour que je puisse prendre la direction du hangar à balais, où il a dû se rendre presque naturellement. Où je l'aperçois en effet. C'est un baume au cœur. Un soulagement de le trouver. De le voir sain et sauf, sorti de cette maudite salle. Un dernier battement d'ailes. Puis elles se replient le long de mon corps qui fonce sur lui, véritable boulet de canon, percute sa poitrine dans un cri qui se voudrait joyeux. Malgré le sang qui coule sur mes plumes, mon épuisement et la désagréable sensation d'avoir été broyé. Je tremble. Me noie dans sa chaleur. Comme un retour à la maison.
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Poufsouffle • Cinquième année
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Poufsouffle • Cinquième année
MessageSujet: Re: Recherches de haut vol [Fini]   Lun 30 Jan - 11:59

Val tendait l’oreille, espérant repérer le son d’un battement d’aile ou d’un cri d’oiseau. Il lui sembla soudain en percevoir un et il leva la tête. Oui ! Un point dans le ciel se rapprochait rapidement, trop heureux, il lâcha son livre pour réceptionner son ami des deux mains. Pendant un instant ce fut le bonheur, ils s’en étaient tirés, ils avaient réussi. Mais très vite Val senti un liquide chaud lui couler sur les doigts, il retira l’une de ses mains et y vit des tâches sombres. Du sang.

« Octans ! »

Octans était blessé, son estomac se glaça. C’était de sa faute, mais le plus important pour l’instant était d’agir et non de s’apitoyer. Par réflexe, il pensa à se ruer à l’infirmerie, mais alors il devrait expliquer que cet oiseau-là était un élève et s’en serait fini de son secret. Sans parler du fait qu’il n’était pas sûr que l’infirmière pourrait faire quelque chose pour lui sous cette forme. Il décida donc de courir à la salle des professeurs pour trouver celui de soin aux créatures magiques. Après avoir grimpé les marches quatre à quatre, il arriva tout essoufflé à la porte, et frappa sans s’arrêter jusqu’à ce qu’on lui ouvre. Ce fut la professeure de potion qui le fit, en lui lançant un regard noir qu’il ignora complètement.

« Je dois voir le professeur Pringston, mon oiseau est blessé. Il faut faire quelque chose, vite ! »

Il paniquait complètement et les larmes lui montèrent aux yeux, on le fit asseoir en l’enjoignant à se calmer un peu, que ce n’était qu’un oiseau après tout. Et Mr Pringston ausculta la buse, lançant tout une série de sorts pour réparer ses os brisés. Les commentaires qu’il fit sur l’état de santé d’Octans firent blêmir Val, selon lui, l’oiseau avait dû s’écraser au sol, il avait perdu plusieurs plumes, et c’était surprenant qu’il ait pu voler jusqu’à lui. Mais en l’écoutant, ce n’était pas un oiseau que Val voyait, c’était Octans se débattant pour se tirer de ce mauvais pas dans lequel il l’avait entraîné. Après presque une heure de soins, Mr Pringston lui confia Octans en lui disant qu’il aurait besoin de beaucoup de repos pour se remettre, et en lui donnant quelques conseils. Il se contenta de hocher la tête en silence, avant de partir.

Val se sentait inquiet et désemparé, il se demandait si les soins prodigués étaient suffisants, si son ami continuait de souffrir, s’il pouvait encore l’appeler « son ami » après ce qu’il venait de lui faire traverser. Ses pas le conduisirent naturellement vers la salle commune des Poufsouffle, et il prononça le mot de passe. Le dortoir était vide à cette heure, mais toujours aussi confortable et accueillant. La plupart des élèves devaient être parti en direction de la grande salle pour le dîner qui n’allait pas tarder, mais Val n’avait vraiment pas faim. Il se mit en boule sur sa courtepointe en patchwork, Octans toujours serré contre son cœur, et les larmes se mirent à couler sans qu’il ne les retienne.

« Oh Octans, je suis tellement désolé. C’était égoïste de ma part, jamais je n’aurais dû t’entraîner dans cette histoire. J’espère que tu pourras me pardonner un jour. J’ai été tellement stupide. »

Alors que la pénombre tombait dans la chambre, Val se blottit un peu plus contre Octans, et ses lèvres se posèrent sur les plumes de sa tête. Le silence de la pièce n’était troublé que par ses sanglots étouffés.
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Serpentard • Sixième année
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Serpentard • Sixième année
MessageSujet: Re: Recherches de haut vol [Fini]   Lun 30 Jan - 13:55

Boum. Boum. Boum. Des battements plus calmes. Presque tranquilles au milieu de cet océan de souffrance dans lequel je me noie. Les mains de Valérian se veulent douces, je ne ressens pourtant que la pression provoquée sur mon corps. Sa chaleur, rassurante au départ, désormais insupportable. Pourtant je ne bouge pas. Parce que remuer voudrait dire souffrir un peu plus. Et l'inquiéter encore d'avantage. Parce que je refuse qu'il se sente coupable alors que j'étais d'accord avec cette mission suicide. Nous aurions pu nous dénoncer bien sûr. Sortir de notre cachette, avouer notre faute. Mais tout aurait été bien moins charmant et nous pourrons ainsi rire de notre expérience dans quelques années lorsque nous y repenseront. Parce que la vie défile sans qu'on ne la voit et que ce qui nous semblent être des problèmes insurmontables maintenant nous paraîtrons dérisoires dans quelques années. Je reste donc blotti contre son torse. Paupières lourdes, abaissées, serres repliées sous moi afin de ne pas le blesser. Peut-être que je m'évanoui. C'est fort possible. Mon esprit s'enfuit, je perds la notion du temps et celle de l'espace, ou encore celle de la réalité qui m'entoure. Il n'y a plus que la douleur, déferlant en vagues puissantes dans tout mon être. Sa chaleur. Son cœur qui bat trop fort dans sa cage thoracique. Le bruit de ses pas précipités dans le couloir. Et la terreur dans sa voix alors qu'il cherche des soins pour moi. Pour son oiseau.

Si j'avais été sous ma forme humaine, j'aurais sûrement souris.

Toutefois je me contente de me laisser aller entre les mains du professeur. Laisse choir ma tête sur la table où on m'a posé, sans plus réagir. La fatigue surplombant tout. Morphée m'arrachant au monde alors que les sorts réparent doucement mon corps. Il y a un moment où je retrouve le torse de Val. Je le sens, sans avoir besoin d'ouvrir les yeux, depuis le fond de mes rêves. Je sens sa façon de me tenir, à la fois ferme et délicate. Et je l'entends encore. Son cœur. Boum, boum, boum, boum. Toujours tellement rapide. Je ne reviens à moi qu'après avoir été déposé sur quelque chose de doux et moelleux. Un lit. Le sien. Je n'aurais jamais pensé m'y inviter de cette façon. Ni le faire pleurer si tôt. Je m'y étais préparé bien sûr, du fait que je ne sois pas toujours une personne agréable ou même gentille. Mais je n'ai jamais voulu qu'il s'en veuille à ce point. Qu'il se sente responsable de tout ce qu'il s'est passé, alors que ce n'était que la conséquence certes désastreuse de l'utilisation de la legilimancie qui m'a demandé trop d'énergie d'un coup. Je voudrais lui dire tout ça. Le prendre dans mes bras. L'attirer contre moi pour qu'il cesse de pleurer. Mais je n'ai que mes ailes, réparées mais néanmoins douloureuses, mon corps affaibli, mon bec que les cris ne parviennent plus à franchir.

Je le laisse pleurer. De longues minutes. Appuyé sur lui autant qu'il s'appuie sur moi. Avant de reprendre ma forme originale pour passer lentement mon bras contre sa taille. Des larmes au creux de mes yeux noirs, brillant également sur mes joues. Je crois bien n'avoir jamais connu cette douleur, ces courbatures qui me déchirent au moindre mouvement. Il y a sûrement des bleus et des coupures sur ma peau d'albâtre d'habitude impeccable. Du sang. Des blessures superficielles. Pourtant ce ne sont pas elles qui me font le plus mal, mais bien celle qui me broie la poitrine lorsque j'entends ses sanglots. Que je vois son visage maculée de sillons trempés, laissés là par les perles salées. Je voudrais le rassurer, mais j'ignore comment faire, ou si je suis encore capable de parler ce soir. Alors je me penche vers lui et pose mes lèvres sur sa joue, cherchant à les essuyer comme je le peux. Maladroit et faible. Mais bien là pour lui.

"Il n'y a rien à pardonner..."

Je souffle ces quelques mots, bien incapable de plus. Je cherche à le serrer contre moi mais n'y parvenant pas, je me contente de caresser sa nuque du bout des doigts, mon nez contre le sien, nos souffles mêlés. Têtes bêches et prunelles lovées dans les siennes. Espérant que ce regard lui montre tout. Le fait qu'il n'y ait pas besoin de pardon. Que je continue de l'apprécier. Qu'il reste mon ami, surtout et avant tout.
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Poufsouffle • Cinquième année
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Poufsouffle • Cinquième année
MessageSujet: Re: Recherches de haut vol [Fini]   Lun 30 Jan - 15:57

Les battements du cœur de Val ne se calmait pas même s’il n’était plus occupé à courir. Ses mains tremblaient en enserrant le plumage d’Octans, puis son corps d’humain lorsqu’il se transforma à nouveau. Le Poufsouffle ne put alors que constater le piteux état dans lequel il était, en plus de son air épuisé, il discernait des coupures et des bleus là où sa peau était visible. Val s’attendait à ce qu’il lui en veuille, qu’il lui reproche cette situation causée par son plan catastrophique, mais déjà Octans séchait ses larmes, l’embrassait, passait ses mains dans sa nuque en murmurant des paroles de réconfort.

Ils étaient si proches à présent que leurs fronts se touchaient et que leurs souffles se mêlaient l’un à l’autre. Val se perdit dans le regard sombre qu’Octans posait sur lui, n’osant plus esquisser un geste de peur de briser l’instant. Son cœur battait dans sa poitrine comme s’il cherchait à en sortir, toutes les émotions qu’il avait tenté de fuir lui revinrent d’un seul coup. Ses joues s’enflammèrent graduellement, des papillons se mirent à flotter dans son ventre. Est-ce que tout cela était vraiment en train de se produire ? Est-ce qu’il était vraiment en train d’enlacer Octans dans la pénombre de son dortoir vide ? Parce que si c’était un rêve, il n’était pas sûr de vouloir qu’il s’arrête un jour. Il suffirait de presque rien, quelques centimètres pour… Non, comment pouvait-il penser à ça alors que son ami devait souffrir le martyr. Il n’était vraiment pas net parfois.

Pourtant, après de longues secondes à s’observer en silence, il n’y tint plus. Avec une lenteur calculée, pour laisser le temps à Octans de reculer s’il le voulait, Val franchit la petite distance qui séparait leurs lèvres et déposa un baiser timide sur sa bouche. Ce fut comme une explosion dans son esprit, tout à coup il eut beaucoup trop chaud, et son souffle se fit court comme s’il revenait d’un marathon. Il se recula, rouge comme une tomate, et se racla la gorge d’un air gêné.

« Je… je devrais t’emmener à l’infirmerie, ils auront sûrement quelque chose pour la douleur. Il faut qu’il t’ausculte de toute façon. Et puis tu dois avoir faim, ou soif, la cuisine est juste à côté, je peux peut-être aller te chercher quelque chose ? Une couverture, il te faudrait une couverture, je suis bête, j’aurais dû te mettre dans le lit. Je suis vraiment, vraiment bête. »

Oui, il était bête, mais ce n’était pas vraiment le sujet. Son regard sondait celui d’Octans tandis qu’il parlait, il y cherchait une trace de rejet, de dégoût, de peur peut-être. N’importe quoi pour lui prouver qu’il avait eu tort, pour le forcer à calmer ce feu qui brûlait dans son cœur. Ça ne pouvait pas marcher, ils étaient deux garçons, et ils avaient manqués de se tuer stupidement par sa faute. Pourquoi fallait-il qu’Octans ne lui en veuille pas ? Pourquoi était-il si doux, calme et attentionné envers lui ? Il ne méritait pas sa gentillesse, elle éveillait chez lui des désirs sales, contre-natures. Il valait sans doute mieux que leur amitié prenne fin ici même, pour Octans, pour qu’il puisse vivre normalement, loin de ses désirs barbares, même si ça lui briserait le cœur.

« Je n’aurais pas dû faire ça. Ce que je ressens pour toi, c’est mal. Tu devrais sans doute t’éloigner de moi à l’avenir. »

Sa voix était plate, résignée,Val se redressa sur le lit et se prit la tête dans les mains. Il ne pleurait plus, mais se sentait terriblement honteux. Il détestait ce qu’il était au fond de lui. S’il avait pu contrôler ses désirs, il les aurait bridés complètement pour devenir quelqu’un… quelqu’un qui peut recevoir le baiser d’un autre garçon sans que son cœur s’enflamme.
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Serpentard • Sixième année
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Serpentard • Sixième année
MessageSujet: Re: Recherches de haut vol [Fini]   Lun 30 Jan - 18:33

Son regard. Le mien. La proximité. Nos torses collés. Nos cœurs. Battant à l'unisson. Boum, boum. La douceur d'un instant. Le silence, entrecoupé seulement par nos souffles mêlés. Boum, boum. Un rythme endiablé. Redoutable. Presque terrifiant. Alors que les secondes se dérobent juste là. Sous nos corps trop proches. Nos têtes penchées l'une vers l'autre. Et nos regards, toujours. Simplement l'un contre l'autre. Comme des jumeaux. Des amis. Des confidents. Juste avant que ça ne soit plus. Le rapprochement. Puis le baiser. Il est doux, délicat. Il m'a laissé le temps, celui de m'enfuir, de le repousser, de refuser ce qu'il attendait. Mais je me laisse faire. Parce que ça n'a pas l'air désagréable. Et que malgré les convenances, je suis loin de trouver cela répugnant. Il réduit encore la distance. Abats les frontières. Affole encore un peu mon cœur, alors qu'enfin ses lèvres se posent sur les miennes. Ce n'est qu'un frisson. A peine un murmure posé contre ma bouche. Je voudrais fermer les yeux. Glisser dans les ténèbres juste pour quelques minutes. Fuir. Oui, ce serait le fuir. Au lieu de ça je l'affronte. Braque mon regard contre le sien, savoure chaque sensation. La douceur de ses lèvres et leur chaleur. Les frissons qui se nouent à ma nuque, se glissent le long de mon corps. Ma curiosité qui m'en demande plus, ma raison qui me dit non. Et finalement lui. Qui s'éloigne avant que je n'ai pu bouger. Qui me fuit, oui. C'est clairement son attention. Je l'effraie, ou plutôt la morale le rappelle à l'ordre.

Il se recule. Joues rouges, gêne incrustée dans sa voix. Sa voix qui s'affole, cherche des excuses maladroites, données à travers tout autre chose. Les battements de mon cœur claquent contre mes côtes. Je retiens à grande peine mon poing qui désire foncer vers son nez. Pas pour le baiser, non. Pour sa fuite. Pour le fait qu'il me demande de partir, alors que je n'ai pas hurlé. Que je n'ai pas émis la moindre protestation. Est-ce qu'il m'en veut ? Je n'en sais rien. Pourtant je me lève, le corps endolori, lourd, tiraillé de part et d'autre. L'esprit secoué, les joues empourprées d'une colère qui ne fait que monter. M'éloigner de lui. Le laisser. Gommer notre amitié, juste parce qu'il n'assume pas ce geste qu'il a eu envers moi, un autre adolescent. Un homme. Parce que c'est ainsi que je le vois. Pas comme un monstre ou un fou, pas non plus comme un sodomite comme pourraient le dire les amis de mon père, une moue dégoûtée sur leurs faces grasses. Non, il est un homme. Simplement un homme. Et ça me met en colère qu'il puisse croire que je vais le repousser parce qu'il m'a embrassé, alors que j'ai vécu 7 années dans la rue. Alors que j'ai vu les gens ignorer le cadavre de mon frère, parce que ce n'était qu'un orphelin. S'il y a bien quelque chose qui me dégoûte, c'est tous ces bourgeois et autres personnes pleines d'argent qui ignoraient ma détresse et m'auraient laissés mourir dans la rue.

"D'accord. Tu souhaites que je m'en aille, soit. Je vais m'en aller. Mais pas parce que tu m'as embrassé Valérian. Juste parce que tu me le demande. Je vais te laisser réfléchir à ce qu'il vient de se passer, te rendre compte que je ne t'ai pas repoussé. Et peut-être qu'après ça tu pourras penser correctement."

Venir me chercher. Et ne pas m'abandonner juste pour quelques secondes arrachées à Chronos. Peut-être qu'il se rendra compte que je peux rester à ses côtés. Apprendre. Je suis sûrement plus ouvert d'esprit que la plupart de mes compagnons, avantage d'avoir passé mes tendres années dans la rue. J'ai découvert bon nombre de choses. Mais sûrement pas l'amitié. L'amour. Que ce soit avec une femme. Un homme. Avec n'importe qui. Parce que ce n'est pas le sexe de la personne qui compte, n'est-ce pas ? C'est ce qui le compose. Son caractère, sa façon d'être.

"Je ne vais pas hurler en te traitant de sodomite à travers les couloirs, si c'est ça que tu crains. Je ne serais pas mieux, puisque je ne t'ai pas repoussé."

Un sourire. Un peu triste, pâle peut-être. Couplé à la souffrance toujours présente, nous pourrions faire l'objet d'une tragédie. Pourtant je m'approche de lui, chemin inverse où j'aurais voulu aller. Pose ma main sur sa nuque, l'attire contre mes lèvres. Quelques secondes à moi aussi. Avant de faire demi tour, de quitter le dortoir et la salle commune le plus rapidement possible. Au rythme des battements de mon cœur, encore une fois.
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